Matilde Viscontini Dembowski (Milan, - Milan, ) est une patriote italienne, membre des Carbonari, célèbre pour avoir été le grand amour malheureux de Stendhal.
Biographie Née dans une famille de la haute bourgeoisie milanaise, de Charles et Louise Viscontini Marliani, elle épouse Jan Dembowski (1773-1823), officier de l'armée napoléonienne, en 1807, dont elle a deux fils, Carlo, né en 1808 et Ercole en 1812. Jan Dembowski participe à la Guerre d'Espagne de 1808 à 1810. Il est promu général et fait baron. Mais le mariage n'est pas heureux : son mari se révèle V. Del Litto, préface à De l'amour de Stendhal, Gallimard 1980. En 1814, Matilde s'enfuit en Suisse, à Berne, avec son fils Ercole et demande la séparation. Son fils aîné, Carlo, était à cette époque pensionnaire à Volterra.
Alors que Matilde attend la décision de justice, le procureur de Berne mène une enquête sur sa vie passée. Un rapport de 1816 fait état de rumeurs circulant à Milan selon lesquelles, lorsque son mari était en Espagne, elle aurait eu Michel Crouzet, Stendhal ou Monsieur moi-même, Flammarion 2008, . Certains supposent que cet amant serait Ugo Foscolo, résidant à cette époque précisément en Suisse. Mais, comme en témoigne leur correspondance, leur relation était purement amicale, et elle fut profondément affectée par ces médisances.
En , Matilde retourne à Milan pour voir son fils Carlo. Son mari tente de reprendre le plus jeune, Ercole. Il faudra l'intervention du gouverneur de Lombardie, Ferdinand Bubna, pour qu'elle puisse le garder. En 1817 la séparation officielle est prononcée mais Matilde doit vivre dans la maison de son époux. Ce n'est qu'en qu'elle peut s'installer avec ses deux fils dans un appartement de la Place Belgioioso, près de son frère.
C'est en qu'elle rencontre Stendhal, qui lui est présenté par Giuseppe Vismara. Il voit en elle . Son admiration pour celle qu'il appelle Métilde le paralyse de timidité et de maladresse : Stendhal, Lettre à Matilde du 7 juin 1819, De l'amour, Gallimard 1980. Dans un premier temps Mathilde se montre touchée par cette adoration silencieuse. Mais subitement, elle se refroidit, probablement parce que sa cousine, Francesca Traversi, aurait dépeint Stendhal comme un séducteur. Au printemps 1819 Stendhal ruine tous ses espoirs en suivant déguisé, Mathilde qui était allée voir ses fils à Volterra. Elle ne lui pardonnera pas, il écrira De l'amour.
En décembre 1821, au cours du soulèvement des Carbonari contre l'occupant autrichien, elle est arrêtée et interrogée, notamment en raison de sa relation avec Giuseppe Vismara. .
Elle meurt le . La comtesse Frecavalli dira d'elle : Mémoires d'Alexandre-Philippe Andryane, Carbonaro Français.
Stendhal, quant à lui, notera sur un exemplaire de De l’amour : Cité par Philippe Berthier, in Stendhal, Éditions de Fallois, 2010, p. 293..
Notes et références
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