béguines et bégard Lambert le Bègue, fondateur de l'église saint-Christophe est-il à l'origine du mouvement et du nom de béguine ? Il semble que certaines publications récentes modifient cette assertion et la renvoient à une légendeJ. Goossens, De kwestie van Lambertus "li bèges", overleden 1177, AWLsK, Klasse der letteren, année 46, n° 110....
Le béguinage Saint-Christophe de Liège situé rue Frère-Michel, entre la rue Jonfosse, la rue Sur-la-Fontaine et la rue Saint-Gilles, est un cas particulier. C'est un « collège de béguinages ». Il est dirigé par quatre prieures et se compose au départ d'une mosaïque de petits convents qui disposent d'une dotation particulière : les béguinages sont des membres du Collège Saint-Christophe. Les béguines des convents sont une centaine en 1533. Cent-vingt-sept béguines en 1740 en fait de loin le plus grand béguinage de LiègeHelin Étienne, La population des paroisses liégeoises aux et siècles, 1959, 432 p., p. 317. Il n'a pas d'église spécifique, associé à l'église Saint-Christophe de Liège. Le béguinage Saint-Christophe gère également l'hôpital Tirebourse, la léproserie de Florichamps, le Potage d'åble, maison d'entraide, et au gère une école.
Situation À la fin du Moyen Âge, l'aspect du quartier Saint-Christophe, dans le faubourg d'Avroy, était bien différent de celui qu'il sera au . À cette époque, un bras de la Sauvenière se détachait, la rivière delle Fontaine Saint-Lambert, située au milieu de l'actuelle rue Sur-la-Fontaine qui enserrait ainsi une île ou plusieurs ruisseaux aboutissaient. Comme tous les béguinages du Moyen Âge, il était aux portes de la ville, ici la porte d'Avroy, en dehors des murs de la Cité, ici la Cité de Liège, et à proximité d'un cours d'eau, ici l'areine de Gersonfontaine qui se jetait dans la Rivière delle fontaine Saint-Lambert et souvent près d'un hôpital, en l'occurrence les maisons hospitalières Tirebourse et Florichamp, eux aussi hors de l'enceinte de la Cité... Du bas Moyen Âge à la révolution liégeoise L'Île-aux-Bégards - L'Île-aux-Béguines Contrairement aux béguinages flamands, le béguinage du n'avait pas encore d'enceinte. Ce n'est qu'à partir du que tous les convents de Saint-Christophe seront enfermés dans une enceinte. . On sortait de la Cité de Liège hors château pour accéder au rivage d'Avroy où l'on pouvait accéder par les Porte et Tour des Bégards à une île formée par un bras de la Sauvenière. Appelée au l'Île au béguines, la toponymie laisse à croire qu'elle s'appelait primitivement Île au bégardsrefnec.
Un ensemble de vingt-cinq Convents Saint-Christophe avait donc, en son collège, de multiples maisons conventuelles qui relevaient d'une organisation unique, mais qui étaient disséminées dans le même quartier. On retrouve ces convents ou béguinages au Moyen Âge à Liège quasi tous autour de Saint-Christophe, où leur fondateur probable, Lambert le Bègue, avait vécu. À la fin du Moyen Âge, ils ne porteront plus que le nom commun de Béguinage Saint-Christophe : le receveur, faisant le relevé des distributions de grains à toutes les béguines, parle de conventGOBERT les tenait pour des béguinages distincts. La liste de 1553, sur un total de 92 béguines, en cite 80 groupées dans les conventsPour les douze autres, aucune habitation n'est signalée..
Incendie du faubourg en 1468 La prise de Liège en 1468, fut désastreuse pour le béguinage. Sous les ordres de Frédéric de Gosselar, seigneur de Wittem, le faubourg d'Avroy, comprenant toute la rive gauche du bras de la Meuse, la Sauvenière, est incendié. Les cloches de l'église sont emmenées à Abbeville et une partie du trésor disparaît, car l'année suivante, le pape Paul II accordait des indulgences aux fidèles qui aideraient à la restitution des livres et ornements, ainsi qu'à ceux qui participeraient à la restauration des édifices Sainte-Marie et Saint-Christophe. Le Béguinage de La-Rose est transformé en jardin, certains sont détruits, et de nouveaux apparaissent.
Disparition de l'Île-aux-Béguines L'île aux béguines disparaît, le ruisseau étant comblé la rue ne s'appelle plus que Sur-la-Fontaine Saint-Lambert. Quant au ruisseau séparant Liège et Avroy, qui de l'emplacement de la rue Grandgagnage en longeant l'hôpital Tirebourse, allait rejoindre le bras de la Meuse, la Sauvenière, vers la rue Lonhienne actuelle, malgré les travaux d'entretien du béguinage qui avait un ouvrier spécialisé pour ce faire, il commence à se tarir, même en recevant l'eau de l'areine de Gersonfontaine. Un conseiller de la cité de Liège, Mathieu Lambrecht, et Constant de Confloixhe avaient été autorisés à capter l'eau en amont de Tirebourse pour actionner leur moulin près de la fontaine Saint-Lambert, au bout de cette même rue, au coin de la rue Lonhienne. Grave préjudice pour les béguines qui n'avaient plus d'écoulement d'eaux ménagères, et qui portèrent l'affaire devant le tribunal des XXII et le conseil ordinaire de la cité. Les béguines eurent gain de cause auprès d'Ernest de Bavière, mais cela n'empêcha pas le ruisseau de disparaître au siècle suivant quand l'areine de Gersonfontaine fut détournéeArchives de l'État à Liège, Cartulaire de l'Hôpital Tirebourse et Saint-Christophe, reg. 8, f° 55 v°, 56.
Regroupement des convents Le béguinage va se regrouper sans que l'on puisse discerner les étapes. En 1568, 45 maisons sont incendiées rue Sur-la-Fontaine. Le béguinage abandonne les convents de la rue Sur-la-Fontaine, de même que ceux de la rue Saint-Christophe, l'actuelle Rue Saint-Gilles, et s'installe rue Neuve, qui deviendront au rue des Béguinages et rue Tirebourse, à l'écart des grands passages. Ce ne fut pourtant pas suffisant pour éviter les troubles des habitants du quartier.
Construction de l'enceinte du béguinage Le recteur du béguinage, Arnould de Loncin, commence les travaux d'enceinte du béguinage et y inclut des portes. Les habitants du quartier les démolissant au fur et à mesure de leur érection, le bailli d'Avroy, Claude de Lamet, fut sollicitéAEL, Conseil privé, Dépêches, vol 21, f° 2, v° 3. Le Conseil de la Cité s'y opposait, précisant que la servitude avait toujours existé, mais après avoir visité les lieux, autorisa à fermer les trois "avenues", avec meurailles et portes fermantes, ..., à condition qu'icelles portes ne se tiendrons fermées depuis l'aube du jour jusques à la nuicte ... . Le béguinages reçut donc, dès 1623 portes et murs. Pour se venger, les habitants ne perdirent pas une occasion d'entrer dans l'enceinte du béguinage avec flûtes et tambours, dansant et criants. Le Conseil de la Cité fut une fois de plus requis et en 1635, il interdit toute manifestation, prenant les béguines sous sa protectionAEL, Hôpital Tirebourse et Saint-Christophe, liasse 2, acte du 12 juin 1635. Une des portes fermait la rue des Chapelains, à l'angle de la rue Fassin. Une autre fermait la rue de l'Aîtex, la rue Carlier actuelle, qui longeait le cimetière. La troisième devait être du côté de la rue Tirebourse et de la rue Frère-Michel. À la fin du un recteur, François Guidon, veut supprimer les portes pour n'en garder qu'une, pour mieux surveiller les entrées. Les portes subsistèrent et Maximilien-Henri de Bavière, dans son règlement de 1686, fixa les heures de fermeturesà six heures en hiver, sept heures au printemps et huit heures en été AEL Tirebourse, liasse 10, n° 166, pièce 29.
Développement du béguinage thumb|upright=1.2|Intérieur d'un convent au , Musée du Béguinage de Turnhout, Belgique
À l'intérieur de son enceinte, le béguinage continue de se développer. Douze nouvelles maisons sont construites en 1680. Au , de nombreux terrains sont cédés à des béguines à charge de bâtir des bâtiments de même hauteur et de même aspect, qui donneront cette allure uniforme que l'on devine d'après le plan de 1827Ce plan, fait d'après le relevé cadastral de 1827 indique les possessions du béguinage à cette époque.AEL, fonds français, préfecture, liasse 558, acte du 22 février 1813 par souci d'embellissement, les maisons trop vieilles sont démolies, on en acheva une nouvelle quinzaine entre 1725 et 1760, du côté de Tirebourse et de la rue Frère-MichelAEL, Hopital Tirebourse, reg 17..
Les deux allées se coupaient presque à angle droit, celle du Béguinage, anciennement nommée rue Neuve, et celle menant à Tirebourse. C'était de petites maisons au toit d'ardoises, généralement d'un étage, et précédées d'un jardinet. Les béguines occupaient seules, ou avec quelque parente ou étrangère admise, les quatre pièces qui les composaient. Quelques bâtiments, plus vastes, étaient réservés aux prieures, ou abritaient tout un groupe de sœurs qui n'occupaient chacune qu'une seule pièce.
Les murs et portes sont d'un entretien coûteux, les serrures sont souvent facilement forcées, et du côté de la rue Frère Michel les habitants amoncèlent les déchets qui permettent aux voleurs d'escalader l'enceinte. Les murs sont cependant souvent mitoyens et sont donc souvent réaménagés à frais partagés. Georges-Louis de Berghes met fin à ce désordre par un édit en septembre 1739Edit du 12 septembre 1739, in .. Si on avait beaucoup construit, il restait encore dans l'enceinte des jardins et des vergers. Ceux qui entouraient l'hôpital Tirebourse, du côté de Jonfosse, étaient loués à des étrangers.
Destruction de Tirebourse L'hôpital Tirebourse fut démoli en 1776 et reconstruit plus à l'intérieur du béguinage, son emplacement fut aménagé en nouveaux jardins et loués. Du même côté, une prairie servait à blanchir le linge de l'église, de l'hôpital et des béguines. On y accédait par la maison d'une des prieures qui devait livrer passage. Un autre jardin, appelé le grand jardin, longeait la rue Frère-Michel et fut loué, à la fin du à la famille d'une béguineAEL, Hôpital Tirebourse et Saint-Christophe, reg 18, pp. 26 à 189
Un béguinage sans église L'église était antérieure à l'établissement des premières béguines dans le quartier : elle existait déjà en 1159. Elle dépendait primitivement de la cure d'Avroy, Sainte-Véronne. Mais, dès avant 1183, Saint Christophe était déjà érigé en paroisse. Les béguines vont se grouper autour, et c'est sans doute à cause de cette proximité qu'elles n'auront jamais une église particulière ni l'autonomie spirituelle que la majorité des béguinages de Flandres obtinrent à un moment plus ou moins avancé de leur évolution. Saint-Christophe aura toujours ce caractère spécifique d'être à la fois béguinal et paroissial. Trop petite au , elle fut reconstruite dans un style de transition romano-gothique proche de son état actuel.
Les eaux usées Le problème de l'écoulement des eaux était toujours aussi grave à cette époque qu'au . Un canal collecteur aboutissait rue Sur-la-Fontaine, l'entrée était couverte de pierres. Il se remplissait vite, et il fallait sans cesse le faire vider et nettoyer. De petites ouvertures ou postis étaient pratiquées dans les murs des jardins des béguines et près de l'église pour faciliter l'écoulement en cas de débordement. Il semble que l’évêque lui-même se préoccupa de ce problème puisqu'en 1779 on fit à sa demande des transformations pour les décharges des eaux de pluieAEL, Hôpital Tirebourse, reg. p. 74, 140, 147, 149, 272, 336, 337..
Velbrück installe une école François-Charles de Velbrück, qui avait décidé d'ouvrir des écoles gratuites dans différents couvents, désigna une maison de prieure du côté de Tirebourse pour servir de local à l'intérieur de l'enceinte.
Droit de passage de l'Abbaye de Saint-Laurent