Les élections législatives de 1902 ont eu lieu les et .
Contexte
Le scrutin de 1902 est un des plus bipolarisés de toute la Troisième République. Il voit s'affronter deux camps dont la ligne de partage s'est décidée après le reclassement de 1899, juste après le coup de canne du baron de Christiani sur la tête du président de la République à Auteuil, le . En effet, cette goutte d'eau fit déborder le vase des menées nationalistes qui agitaient la France depuis la montée en force des défenseurs de Dreyfus. Lors du vote de confiance au ministère formé le au nom de la défense républicaine par le républicain modéré Pierre Waldeck-Rousseau, les républicains de gouvernement (ex-opportunistes s'étant eux-mêmes rebaptisés progressistes, arrivés premiers aux élections de 1893 avec sur 574, première force de la majorité gouvernementale de l'époque) éclatent entre ministériels et antiministériels. Pendant trois ans, le gouvernement Waldeck-Rousseau mène la bataille contre les ligues nationalistes, met au pas l'armée et lance des représailles contre l'Église et particulièrement les congrégations, étroitement mêlées à l'antidreyfusisme. Sa politique anticléricale et la loi sur les associations de 1901 vont fixer, pour plusieurs années, cette ligne de partage passant désormais au sein du camp républicain.
Pour les élections de 1902, la gauche (première utilisation moderne du mot) se constitue en Bloc des gauches, allant des socialistes ministériels (à l'image de Alexandre Millerand) aux ex-progressistes restés avec Waldeck et rebaptisés provisoirement « républicains » (les futurs républicains de gauche), en passant par les républicains socialistes ou socialistes indépendants, les radicaux socialistes et la plupart des radicaux.
Le camp antiministériel commencera chez les rares radicaux hostiles au gouvernement, parmi lesquels Paul Doumer et quelques radicaux du Massif central, et ira jusqu'aux nationalistes, en passant par les progressistes (anciens progressistes passés dans l'opposition et ayant conservé l'appellation), les ex-ralliés (en principe regroupés dans l'Action libérale constituée en parti en 1901, comme les radicaux), les monarchistes et les conservateurs sans épithète.
Système électoral Les élections se déroulent au scrutin uninominal à deux tours par arrondissements (loi du 13 février 1889).
Résultats +Résultats des législatives françaises de 1902. Partis Voix % Sièges Parti républicain radical1 842 38721,90129 Fédération républicaine1 766 33021,00122 Conservateurs1 715 26220,39115 Radicaux indépendants1 489 05217,70104 Alliance républicaine démocratique883 33610,5062 Socialistes614 1297,3043 Parti nationaliste102 2281,2214Total100,00589 Abstentions 23,93 Inscrits / participation 76,07
Analyse
La division des républicains de gouvernement et le passage à l'opposition des progressistes ne permet pas au camp antiministériel (à ne pas confondre avec la droite, qui désigne les groupes parlementaires non républicains ; les progressistes restent intransigeants sur le principe républicain) de l'emporter, même s'il arrive très près en voix du camp ministériel (seulement de différence), essentiellement grâce aux progrès nationalistes. Mais ce sont les radicaux qui progressent le plus. Ceux-ci constituent désormais la principale force politique en France et, surtout, ils se retrouvent au centre de la coalition au pouvoir, le Bloc des gauches. Prenant acte de la victoire radicale et parce que ne désirant pas un tête-à-tête avec eux, le modéré Pierre Waldeck-Rousseau laisse la place à Émile Combes à la présidence du Conseil. Le gouvernement Combes s'illustrera par son anticléricalisme qui le conduira à faire voter la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905.
Les socialistes se retirent du Bloc des gauches en 1904, à la suite du congrès de l'Internationale socialiste d'Amsterdam.
législature Durée de la législature : - .
Président de la République : Émile Loubet (jusqu'au ), Armand Fallières ensuite.
Président de la Chambre des députés : vignette|L. Bourgeois président de la Chambre des députés, Le Petit Journal 15 juin 1902. Léon Bourgeois (-) ; Henri Brisson (-) ; Paul Doumer (-).
+ Gouvernement Dates (Durée) Président du Conseil Composition initiale 1sans_cadre|95x95px|Le nouveau ministère en 1902 Gouvernement Combes du au ( et ) Émile Combes (Parti républicain radical) 11 ministres1 sous-secrétaire d'État 2sans_cadre|115x115px|Maurice Rouvier Gouvernement Rouvier II du au (1 an et )Maurice Rouvier (Alliance républicaine démocratique) 11 ministres3 sous-secrétaires d'ÉtatGouvernement Rouvier III du au () 11 ministres2 sous-secrétaires d'État 3sans_cadre|80px|Ferdinand SarrienGouvernement Sarrien du au ()Ferdinand Sarrien (Parti républicain radical) 11 ministres3 sous-secrétaires d'État
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Troisième République Liste des élections législatives françaises (Troisième République)
Liens externes La carte des élus en 1902, outre-mer compris, selon leur couleur politique Roi et Président
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