Jean-Louis Giovannoni est un écrivain et poète français, né à Paris , le , d'un père infirmier-panseur corse et d'une mère aide-soignante d'origine italienne.
Biographie Jean-Louis Giovannoni obtient le diplôme d'assistant social en 1974. Il commence par s'occuper de personnes âgées de plus quatre-vingts ans vivant à leur domicile. Mais c'est surtout sur un secteur de soins psychiatriques pour adultes (EPS Maison Blanche (hôpital psychiatrique) qu'il va exercer, pendant plus de trente-cinq ans, son métier. Il a été élève et membre de l’équipe de la psychiatre Hélène Chaigneau (Psychothérapie Institutionnelle), décédée en 2010.
Il se définit comme autodidacte,auprès de Lionel Destremau en 1995 : « Je suis profondément autodidacte, tout simplement parce que je n’ai pas fait d’études poussées ».
Il fonde en 1972, avec un groupe de jeunes travailleurs sociaux, la revue Champ social, publiée par les Éditions Solin. Il crée en 1977, avec Raphaële George (Ghislaine Amon), la revue Les Cahiers du double qu'ils codirigent tous deux jusqu'en 1981.
Il effectue des lectures de poésie dans les prisons. ; tient, pendant plus de deux ans, des ateliers d'écriture avec des malades mentaux dans un groupe d'entraide mutuelle (GEM) à Reims et plus tard avec des jeunes autistes, dans le cadre d'un établissement et service d'aide par le travail (ESAT) artistique et culturel parisien. Il anime régulièrement, depuis quelques années, des ateliers d'écriture dans des écoles primaires, collèges et lycées et intervient dans divers contextes, comme en 2023 à l'École Nationale d'Architecture Paris Val de Seine. Il dit penser la poésie comme « transmission ».
De 2005 à 2007, il est membre du comité de rédaction de la revue Le Nouveau Recueil.. Il reçoit le prix Georges Perros en 2010 et il est président de la Maison des écrivains et de la littérature (Mel) de à ..
De à , il est en résidence d'auteur de la Région Île-de-France au lycée professionnel Paul-Bert de Maisons-Alfort, en collaboration avec L'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort (ENVA) le Musée Fragonard et le lycée Eugène-Delacroix où il anime des Ateliers d'écriture avec les lycéens mais aussi avec le personnel et des élèves de l’École Vétérinaire ; il met en place des lectures (Daniel Mesguich) et des rencontres littéraires et artistiques (Line de Fages), ainsi qu'une exposition de la peintre Stéphanie Ferrat au Musée Fragonard.Vidéo de la lecture du Journal d'un veau par Daniel Mesguich : https://vimeo.com/339398528.
Jean-Louis Giovannoni publie également les textes de Raphaële George, alimente le site internet qui lui est consacré. et a notamment préparé en 2025 un dossier consacré à son œuvre, Hommage à Raphaële Georges : 1951-1985, publié sur le site Poesibao« Hommage à Raphaële George : 1951-1985 », hors série iii, https://www.poesibao.fr/poesibao-iii-hors-serie-n3-raphaele-george/.
Œuvre Jean-Louis Giovannoni publie son premier recueil, Garder le mort, en 1975. Écrit suite à la mort de sa mère, le recueil est salué par la critique et fait l’objet de multiples rééditionsIl est réédité six fois : https://www.editionsunes.fr/catalogue/jean-louis-giovannoni/garder-le-mort/ . Bernard Noël y salue une « espèce d’atroce sérénitéPierre Vilar, « Jean-Louis Giovannoni », Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours (dir. Michel Jarrety), Paris, Presses universitaires de France, 2001, p. 299. ».
Ce n’est que six ans plus tard, en 1981, que paraît la plaquette Le Visage volé, premier livre publié par les éditions Unes fondées à cette occasion par Jean-Pierre Sintive« Jean-Louis Giovannoni, Le Visage volé », https://www.editionsunes.fr/catalogue/jean-louis-giovannoni/le-visage-vol%C3%A9/.
La critique a tendance à distinguer deux « périodes » dans l'œuvre de Jean-Louis GiovannoniYves di Manno et Isabelle Garron parlent de « virage important » (Un Nouveau monde, Poésies en France. 1960-2020, Paris, Flammarion, p. 780). On peut également citer Arno Bertina, « Les coudées franches (à propos de Jean-Louis Giovannoni) », Singularités du sujet, huit études sur la poésie contemporaine, Paris, Prétexte éditeur, coll. « Critique », 2002, p. 58., la première composée de textes fragmentaires ou aphoristiques, la seconde, plus hybride (roman intérieur, récit, essai), rompant avec une forme d’ascétisme. Jean-Louis Giovannoni affirme ainsi à Gisèle Berkman en 2013 à propos de cette distance vis-à-vis de son écriture fragmentaire : « j’ai surtout ouvert les vannes« Entretien avec Gisèle Berkman, enregistré au séminaire de Gisèle Berkman sur le thème : Que peut encore l'écriture ? », 19 avril 2013, https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fgrandemenuiserie.fr%2Fspip.php%3Farticle65#federation=archive.wikiwix.com ». La publication en 2021 du Visage volé, par la périodicité qu’elle met en avant, tend à aller dans ce sens. L’anthologie est en effet sous-titrée « Poésies complètes 1981-1991 ». Dans la préface de ce recueil, son éditeur François Heusbourg écrit : « la poésie occupe la place centrale de l’œuvre de Giovannoni, avant de laisser place à des pratiques plus hybrides, entre prose et poème, dans les années 1990, et par la suite à des proses plus denses, jusqu’à ses “romans intérieursFrançois Heusbourg, « Le visage hanté : volée d’oiseaux dans le labyrinthe », Le Visage volé, Jean-Louis Giovannoni, Nice, Unes, 2021, p. 11.” ».
Plusieurs commentateurs relativisent une telle bipartition. C’est notamment le cas de Gisèle BerkmanMais aussi de Pierre Vilar (« Vestiaire, bestiaire : estiaire », Jean-Louis Giovannoni. Les Gestes des mots, op. cit., p. 196). : elle considère qu'une telle affirmation repose entièrement sur le fait qu'on assimile l'écriture de Jean-Louis Giovannoni à la « première période » que l'on définit à tort de métaphysique, ce qu'elle récuse. Son œuvre se développe certes sous des formes stylistiques différentes, mais elle n'en reste pas moins traversée par les mêmes obsessions : la matérialité, le corps, l'altérité, le dedans, le dehors, l'appui, la perte... Ce qui caractérise surtout l'écriture de Jean-Louis Giovannoni, c'est sa condensation et son intensitéGisèle Berkman, « Préface », Ce lieu que les pierres regardent, Variations, Pas japonais et L’Invention de l’espace, Castellare-di-Casinca, Lettres vives, coll. « Terre de poésie », p. 7-8. Il en va de même de Lionel Destremau (« Petit partage de la toile cirée », Jean-Louis Giovannoni, L’Atelier contemporain, n° 1, printemps-été 2000., p. 316)..
En 2024, un Choix de poèmes de Jean-Louis Giovannoni inaugure la collection de poche des éditions Unes, comme premier poète publié chez ce même éditeur« Jean-Louis Giovannoni. Choix de poèmes », https://www.editionsunes.fr/catalogue/jean-louis-giovannoni/choix-de-po%C3%A8mes-jean-louis-giovannoni/.
Publications
Récits et proses La Boucherie, Éditions Œ, (supplément de la revue Sgraffite N° 11/12), Marseille, 1982. L'Absence réelle, avec Raphaële George, Le Muy, France, Éditions Unes, 1986, 48 p, ; (rééd. avec des inédits de Raphaële George : Double intérieur), Éditions Lettres Vives, 2014, 127p Le Bon morceau, phot. Marc Trivier, Paris, France, prière d'insérer de Pierre Vilar, Éditions Les Autodidactes, 1992. L’Élection, phot. Marc Trivier, Bruxelles, Belgique, Didier Devillez éditeur, 104 p., 1994 ., 1996, Journal d'un veau : roman intérieur, Montolieu, France, prière d'insérer de Pierre Vilar, tirage de tête de Gilbert Pastor, Deyrolle éditeur, 1996 ; (rééd) Éditions Léo Scheer, (avec une préface inédite de l'auteur), Paris, France, 2005, ., 187p Traité de la toile cirée, essai, Bruxelles, Belgique, Deyrolle éditeur/Didier Devillez éditeur, 1998, 104 p. . Le Lai du solitaire : roman intérieur, Paris, France, Éditions Léo Scheer, 2005, 150 p. S'emparer, (avec Des monstres et prodiges d'Ambroise Paré), Paris, France, collection : anciens modernes, Éditions 1:1, 2007, 80 p , Voyages à Saint-Maur, récit, Seyssel, France, Éditions Champ Vallon, 2014, 104 p . Sous le seuil, récit, Nice, France, Éditions Unes, 2016, 128 p. L'Échangeur souterrain de la gare Saint-Lazare : roman intérieur, Nice, France, Éditions Unes, 2020, 80 p. Au présent de tous les temps , correspondances, Jean-Louis Giovannoni & Bernard Noël, avant-propos de Nicolas Pesquès, Nice, France, Éditions Unes, 2022, 208 p. Le Grand vivier, journal : récolte 2020-2021, Nice, France, Éditions Unes, 2023, 176 p.
Poésie Garder le mort, (préface de Jean-Luc Maxence), France, Paris, Éditions Athanor, collection « Jean-Luc Maxence », 80 p, 1975 et 1976. . in Les Choses naissent et se referment aussitôt, Le Muy, France, Éditions Unes, 1985; , Le Muy, France, prière d'insérer de Bernard Noël, Éditions Unes, 1991, 74 p. - avec une préface de Bernard Noël, suivi de Mère, Les Cabannes, France, Éditions Fissile, 2009, 99 p. ; édition, avec une version préparatoire et des poèmes inédits, Nice, France, Éditions Unes, 2017, 96 p. Les Mots sont des vêtements endormis, Le Muy, France, Éditions Unes, 1983, non pag. Ce lieu que les pierres regardent (préface Roger Munier), Paris, France, Éditions Lettres Vives, coll. « Terre de poésie », 1984, 64 p, Les choses naissent et se referment aussitôt, (poèmes de 1974 à 1984), Le Muy, France, Éditions Unes, 1985, 210 p. L'Immobile est un geste, (poèmes de 1982 à 1989), Le Muy, France, Éditions Unes, 1989, 120 p. Pas japonais, Le Muy, prière d'insérer de Pierre Vilar, France, Éditions Unes, 1991, 64 p. L'Invention de l'espace, Castellare-di-Casinca, France, Éditions Lettres Vives, coll. « Terre de poésie », 1992, 61 p. Chambre intérieure, peint. de Gilbert Pastor, Le Muy, France, Éditions Unes, 1996, , 88 p. Greffe avec ill. de Vincent Verdeguer, Draguignan, France, Éditions Unes, 1999, non pag. . Danse dedans, Paris, France, Éditions Prétexte, 2005, 99 p. T'es où ? Je te vois !, bilingue : français-anglais, Gigondas, France, Éditions Atelier des Grames, 2009, 68 p. Ce lieu que les pierres regardent, suivi de Variations, Pas japonais et L'Invention de l'espace, préf. de Gisèle Berkman, Castellare-di-Casinca, France, Éditions Lettres Vives, coll. « Terre de poésie », 2009, 200 p. Ne bouge pas!, phot. de Marc Trivier, Bruxelles, Belgique, Éditions La Pierre d’Alun, avec un CD-audio du texte lu par l'auteur 2011. Envisager, ill. de Gilbert Pastor, Castellare-di-Casinca, France, Éditions Lettres Vives, coll. « Terre de poésie », 2011, 140 p. . Issue de retour, Nice, France, Éditions Unes, 2013, 72 p Les mots sont des vêtements endormis, (rééd.), Nice, France, Éditions Unes, préface de François Heusbourg, postface de l'auteur avec des fragments inédits, 2014, 81p L'air cicatrise vite, Nice, France, Éditions Unes, 2019, 64p. Le visage volé, Poésies complètes 1981-1991 (reprenant Les choses naissent et se referment aussitôt (Sans Garder le mort) + L'Immobile est un geste et de nombreux inédits), préface de François Heusbourg, tirage de tête : une gravure Jaume Plensa, Nice, Editions Unes, 2021, 240p. Tout corps entame, avec reproductions de gravures de Philippe Duthilleul, Baume-les-Dames, Éditions Æncrages & Co, 2023, 56 p. Choix de poèmes, collection poche-poésie, Nice, France, Éditions Unes, 2024, 128 p. Ici déjà plus, Nice, Unes, 2026, 96 p.
Bibliophilie et tirages limités Le Visage Volé, Trans-en-Provence, France, Éditions Unes, 1981, non pag. Le Corps immobile, Trans-en-Provence, France, Éditions Unes, 1982, non pag. Au fond de l'air, Trans-en-Provence, France, Éditions Unes, 1982, non pag. On naît et disparaît à même l'espace, Béthune, France, Éditions Brandes, 1985, non pag. La Main de Raphaële George, Béthune, France, Éditions Brandes, 1986, non pag. Le Passeur, Le Muy, France, Éditions Unes, 1987, non pag. Entre le sol, peintures de Ghislaine Amon, Le Muy, France Éditions Unes, 1995, non pag. Enclaves envisagées, photogravures de Catherine Bolle, Lausanne/Pully, Pierre Magnenat/Éditions Raymond Meyer, 1997, 9 pl. et 3 f.