Les Zelanti () sont les cardinaux conservateurs et les prélats de l'Église catholique qui défendaient à Rome, du au , de manière intransigeante, les prérogatives du Saint-Siège.

Origine du terme Mot italien utilisé depuis le , zelanti est issu du bas-latin zelare qui signifie « agir avec zèle », « avoir du zèle pour, aimer, s'emporter de zèle pour », (en particulier en parlant de Dieu), « avoir un soin jaloux »Cardinal de Retz, Œuvres, éd. R. Chantelauze, t. 7, p. 449. Littéralement, zelanti signifie « les [partisans] zélés »Cardinal de Retz, Œuvres, éd. R. Chantelauze, t. 7, 1679, p. 449.

Connotation La connotation du terme a beaucoup évolué au travers des siècles.

Dans sa signification originelle, au les zelanti étaient les Franciscains opposés à tout changement ou assouplissement des Règles formulée par saint François d'Assise en 1221 et 1223. Très exigeantes, ces règles obligent les frères de l'Ordre à faire le vœu de pauvreté, d'humilité, et à adopter un équilibre entre la contemplation et l'action ainsi que des missions chez les païens et autres infidèles. Leur adoption divise les membres du clergé en deux branches : les Zelanti, ou spirituels d'une part, et les Relaxati, connus plus tard sous le nom de Conventuels, de l'autre. L'origine des Fraticelli et les raisons de leur expansion à l'intérieur et à l'extérieur de l'ordre des Franciscains se trouve dans l'histoire des zelanti ou « spirituels ».

Au , les zelanti sont les partisans des jésuites dans la lutte et les intrigues politiques qui aboutissent à la suppression de la Compagnie de Jésus par le pape Clément XIV en 1773. Lors du conclave de 1769, le Collège des cardinaux est divisé en deux camps: les zelanti en faveur de la Curie et des jésuites d'une part, et un camp plus proche des souverains séculier et opposés aux jésuites. Parmi les zelanti figurent un certain nombre de cardinaux italiens issus de la Curie et opposés à l'influence séculière sur le gouvernement de l’Église. Cependant, le parti des zelanti n'était pas homogène et il était parcouru de courants « modérés » et « radicaux ».

Pendant le pontificat de Pie VII, les zelanti étaient les cardinaux les plus radicaux et réactionnaires, opposés au politicani. Ils voulaient que le gouvernement de l’Église soit hautement centralisé et s'opposaient de manière véhémente aux réformes et au processus de sécularisation issu de la Révolution française que les plus libéraux voulaient étendre aux États pontificaux. Les politicani, bien que non libéraux, étaient bien plus modérés et favorisaient une approche conciliatoire dans le traitement des problèmes liés aux nouvelles idéologies apparues avec la révolution industrielle, au début du . Les zelanti et les modérés s'opposèrent à nouveau lors du conclave de 1823 et du conclave de 1829.

Littérature

François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. 3, 1848, p. 489.

François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, t. 3, 1848, p.490

Stendhal, Abbesse Castro, 1839, p.227

Notes et références

Articles connexes Intransigeantisme

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