vignette|Char 1972 - Thème Le Cheval. vignette|upright=1.2|Augustine Orlhac Reine des Reines de Paris (1909) avec son char participant au défilé fleuri de Saumur le Photo du Char d'Augustine Orlhac, Reine des Reines de Paris 1909, prise à l'entrée de la rue du Marché-Noir à Saumur durant la cavalcade du 16 mai 1909..
Le Défilé fleuri de Saumur était un corso qui s'est tenu du à 1990 à Saumur, en Maine-et-Loire.
Les fêtes à Saumur
Avec le carrousel de l'École de cavalerie (le premier en 1828, le en 2012), le défilé fleuri fut à Saumur l'une des fêtes qui a le plus marqué l'Histoire contemporaine de la ville.
Histoire
Origine des défilés festifs à Saumur
Le défilé fleuri de Saumur provient d'une tradition de défilés festifs, pratiqués irrégulièrement depuis 1803. La trace la plus ancienne d'un défilé festif retrouvée dans les archives municipales date du 26 Ventôse an (Mi-Carême du ). À cette époque le journaliste Bonnemère relate dans la presse une cavalcade dont le déroulement rappelle celui des défilés modernes (avec musiques - groupes dansants - chars).
Du à la Seconde Guerre mondiale
vignette|gauche|119px|Augustine OrlhacPhoto de A. Braunstein (recadrée), Le Souvenir Programme de la Cavalcade du Comité des Fêtes de Paris et de l'Association Générale des Étudiants, cliché de la Vie Illustrée, Paris 1909, page 4 de couverture.
Une des informations les plus anciennes concerne le défilé fleuri de 1897. La cavalcade devait avoir lieu le , elle fut annulée et reportée au 21 à cause de pluies diluviennes.
: Création du Comité des Fêtes de Saumur. Victor Boret fils en est le secrétaire général.
Les plus anciens documents photographiques concernent le défilé fleuri du . Cette année-là, l'organisation fut coproduite avec le comité des fêtes de la ville de Paris. Augustine Orlhac, reine des reines de Paris, élue pour la Mi-Carême, trônait sur un char parisien qui évoquait l'aviation.
Le comité organisa des fêtes diverses : cavalcades et défilés fleuris, festivals de gymnastique, rassemblements de pompiers, fêtes folkloriques, meetings aériens. Le quartier des Ponts, situé sur une île entre les deux bras de la Loire, organisait son propre défilé à l'occasion de la « Fête des Ponts » avec ses mirlitons. Ces mirlitons étaient incorporés dans de faux instruments aux formes étranges, souvent façonnés par d’habiles ferblantiers : les bigophones ou bigotphones. Pas besoin de connaître la musique pour en jouer, il suffisait de connaître la mélodie. Ces instruments connurent le même succès à Cholet pour la Mi-Carême.
Après la Seconde Guerre mondiale, la cavalcade de 1946
Le premier défilé (première cavalcade) de Saumur de l'après-guerre eut lieu en 1946. Il célébrait la paix retrouvée et évoquait des faits d'actualité, par exemple « la Reconstruction », thème d'autant plus sensible que Saumur avait subi de nombreux bombardements dévastateurs. Tickets pour les textiles, papier, pointes... Et trente chars prirent le départ, le plus souvent tirés par des chevaux. Pas de défilé en 1947, mais la décision de faire de cette cavalcade une fête des fleurs dès l'année suivanteProgramme 1966 (Programme 1966, page 5).
Les défilés fleuris ou « fêtes des fleurs », 1948 - 1990
De 1948 à 1990, les cavalcades traversèrent la ville de Saumur (long parcours modifié et raccourci à partir des années 1970) avec musiques, groupes et chars, tous ornementés avec des fleurs en papier crépon - environ vingt mille fleurs pour un char. Les différents quartiers de la ville et communes proches (Bagneux, Dampierre, St-Hilaire St Florent, St Lambert), furent chargés de la réalisation d'un char chacun et de la préparation du groupe qui l'accompagnerait. Un thème général fut défini par le comité, chaque char devant suivre ce thème. Les défilés eurent lieu d'abord en mai puis un dimanche de fin juin. Les premiers défilés passaient devant ce qu’il restait des ruines des quartiers-nord de Saumur très affectés par les bombardements ainsi que devant des baraquements provisoires. Puis ce fut la reconstruction qui s’échelonna pendant une dizaine d’années (quartier de la Gare, quartier de la Croix-Verte, quartier des Ponts). Des prix furent institués pour récompenser les quartiers les plus entreprenants. La conséquence de cette émulation fut une sorte de patriotisme de quartier qui atteint son paroxysme en 1960. (Programme 1966)
Des générations de créateurs anonymes
Les bénévoles qui s’engageaient dans l’aventure avaient connu la guerre. Leur enthousiasme était à la mesure des épreuves qu’ils avaient traversées. Même si le nombre d’heures de travail était supérieur à celui d’aujourd’hui avec moins de jours de vacances, tous ces créateurs anonymes trouvaient le temps de s’adonner à leur passion en palliant la pénurie par l’ingéniosité. Quel que soit le sujet choisi, comment ne pas admirer ces couleurs à profusion dans une ville encore toute terne et grise, quand le cinéma et les livres n’en étaient aussi qu’au noir et blanc ?
Les femmes préfèrent la fabrication des fleurs ou des costumes qui peut se faire à la maison, loin des hangars aux aspects souvent sombres. C’est là que les hommes assemblent et soudent presque secrètement les éléments des chars à l’abri des regards indiscrets des autres quartiers. Mais la plupart du temps, ce sont aussi les femmes qui collent les fleurs sur les cartons ou les glissent habilement et les fixent avec du fil de fer dans les grillages.
Le temps passant, dès les années 1960, de nouvelles générations rejoignent ou remplacent les précédentes et même des arrivants qui découvrent le défilé fleuri avec curiosité et intérêt. Mais alors les loisirs commencent à se multiplier en même temps que l’abondance se substitue à la pénurie et que la couleur s’impose partout. Construire de grands chars avec des techniques compliquées n’est plus forcément une priorité.
Financement
Les années 1950-60 marquent l’apogée du défilé fleuri de Saumur. Le défilé fleuri connut une autre période faste de 1977 à 1984. Les artisans et commerçants, nombreux et variés dans les villes, jouaient un rôle essentiel dans le financement et l’organisation de la fête. Ils mettaient la main à la pâte et leurs vitrines illustraient le thème de l’année. Dans les années 1970-80, une affichette précisa « commerçant participant ». À partir des années 1980, les commerçants et artisans, concurrencés par les « Grandes surfaces », moins nombreux qu’auparavant en centre-ville, furent moins impliqués dans la fête. Il fallut trouver d’autres sources de financement, davantage sous forme de subventions.
Un dimanche du Défilé fleuri Les drapeaux En travers des rues, flottaient des guirlandes de petits drapeaux jaunes et bleus, couleurs du Comité des Fêtes de Saumur, mais fragiles au vent. Mis en place sur le quartier des Ponts pour la visite du président de la république, le Général de Gaulle, à Saumur le Le général de Gaulle se rend à Saumur (via La Daguenière, La Bohalle, Saint-Mathurin, Les Rosiers, Saint-Clément et Saint-Martin) où il prononce un discours.. Un mois plus tard, pour le défilé fleuri, il n'en restait plus que les fils porteurs. Il fallut se résoudre à tout changer. Des mâts en bois placés à tous les angles de rues portaient des drapeaux tricolores ou bleus et jaunes ainsi que des corbeilles de fleurs naturelles placées à mi-hauteur, surtout place de la Bilange et place Maupassant. À partir des années 1980, sur de nouveaux mâts en fibres synthétiques, les oriflammes bleues et rouges, aux couleurs de l’Anjou. La veille et le matin L’effervescence avait commencé la veille par un concert de la musique municipale, plus tard de formations participant au défilé. Le dimanche matin, c’était la sortie des chars, comme des papillons déchirant leur chrysalide. Il fallait souvent finir de les déplier, de les construire à l’extérieur, surtout pour les parties en hauteur. Derniers collages sous le regard ébahi des voisins et des amis, de ceux ou celles qui avaient confectionné des fleurs sans jamais savoir ce qu’elles allaient devenir. Malheur si le temps était menaçant, c’était autant de retard pris pour l’après-midi. Avant le défilé Après le déjeuner vite fait, les chars et les groupes convergeaient vers le quartier de la Gare et de la Croix-Verte. Avec un peu de chance, on pouvait ainsi découvrir ainsi les chars silencieux qui se rendaient au « rassemblement », entourés de ses anges-gardiens-constructeurs. Le défilé Des années 1950 aux années 1960, une caravane publicitaire précéda le défilé, distribuant toutes sortes de gâteries mais surtout des chapeaux en papier, bienvenus les jours de grand soleil qui virent des évanouissements jalonner le parcours dans une foule très dense. Lʼenvoi dʼune fusée de feu dʼartifice à lʼentrée du pont des Cadets (14h30) annonçait le départ du défilé. Jusquʼen 1966, une escorte motocycliste de la gendarmerieProgramme 1966, page 9, en grande tenue dʼapparat, précéda le défilé qui s'achevait par l'entrée des reines à la Mairie entre 18h30 et 19h. Les programmes Le Comité des Fêtes avait ses propres vendeurs de confettis portant le brassard jaune et bleu. Ce sont eux qui vendaient aussi le programme cartonné, au prix de 1,50 F en 1966 (38 pages, en 1966) ; 10 F en 1983 + une tombola ; 12 F en 1984 ; 15 F en 1990, tous abondamment illustrés par des publicités locales, exemple : « Réfrigérateurs Kelvinator, rue St Nicolas » (programme 1966, page 24), « Blanchaud, entreprise du Saumurois, à Chacé, spécialisée dans la lyophilisation », le plus souvent en de couverture. Formats du programme 1990 : , (Imprimerie du Progrès, Saumur ; imprimerie Lemercier, Longué ; Buro-Modern, Saumur). Les spectateurs Comme on le voit sur les anciennes photos, le public très nombreux n’assistait au défilé fleuri comme au carnaval à Nantes ou à Cholet. Il se tenait sagement sur les trottoirs en habits du dimanche. Certains assistaient au défilé fleuri avec la même ferveur que pour le cortège de la Fête-Dieu. D’ailleurs l’Église s’en est mêlée en invitant ses ouailles à ne pas se laisser « entraîner dans des excès » au cours de ces jours de fête.
Des spectateurs venaient de loin pour le voir. Certains d’entre eux louaient des chambres à l'hôtel BudanProgramme 1996, page 24 (En 2012, ce n'est plus un hôtel). pour avoir la meilleure vue possible sur le pont Cessart où s'avançait le cortège. Les tribunes payantes étaient installées place de la Bilange, auprès d'une fontaine ornée jusque dans les années 1970 d'un hippocampe. Cette fontaine n'existe plus. Aux confettis s’ajoutaient les serpentins en papier. Un manège était installé avenue du Général de Gaulle. Il était un point de ralliement pour tous les enfants du quartier avant et après le défilé. Une odeur de cacahuètes fraîchement grillées montait à proximité. Leur succès étaient assuré ainsi que la vente d’autre friandises, rares encore dans les années 1950. Les bars sortaient tables et bancs, les photographes faisaient l’une de leurs meilleures journées de l’année avec la vente des pellicules photographiques, plus tard des appareils « jetables ». Puis ce fut le temps des caméras « super 8 » avant l’arrivée de la vidéo (1988). Les moteurs Les véhicules qui portaient la plupart des chars, vieilles automobiles reconverties, avaient des moteurs quelquefois récalcitrants. Il n'était donc pas rare de recourir à la dépanneuse de service pour tirer tel ou tel char. La mise en place de l'attelage pouvait prendre du temps, mais c’était tout à l’honneur du dépanneur de service de remorquer un char. Les reines