Les Joueurs de skat (en allemand ) est un tableau peint par Otto Dix en 1920. Il représente des invalides de la Première Guerre mondiale. Il est conservé à la Neue Nationalgalerie de Berlin. Il a aussi porté le titre, plus tardif, de (Mutilés de guerre jouant aux cartes)Fritz Löffler, Otto Dix, Bongers, 1981, 18. Il appartient au courant artistique appelé Nouvelle ObjectivitéBrigid S. Barton, Otto Dix and Die neue Sachlichkeit, 1918-1925, UMI Research Press, 1981, 51.

Le tableau Le tableau (huile et collage sur toile, ) représente trois anciens combattants. Des gueules cassées mutilées de la Première Guerre mondiale jouant à un jeu de cartes, le skat, très populaire en Allemagne. Il fait partie d'une série de quatre tableaux peints en 1920 : La Rue de Prague, Le Marchand d'allumettes (), Les Joueurs de skat et La Barricade ()Richard Leeman, Images politiques, Centre Pierre Francastel, 2004, 21.

À la fin de la guerre, soldats allemands étaient mutilés, dont Richard J. Evans, The Coming of the Third Reich, Penguin Books, 2005, 105. Otto Dix avait aperçu trois mutilés de guerre jouant aux cartes dans l'arrière-salle d'un café de Dresde. Il en a fait aussitôt un dessin préparatoire. Dans la peinture, il a encore accentué le caractère horrifique de la scène : par exemple, il supprime les deux moignons de jambe du personnage de droite dont il ne reste plus que le torse, habillé d'une veste bleue. Un des joueurs tient ses cartes dans sa bouche, le deuxième avec ses orteils, le dernier avec une main mécaniqueSabine Rewald, Ian Buruma et Matthias Eberle, Glitter and Doom: German Portraits from the 1920s, New York, The Metropolitan Museum of Art, 2006, 57. Une partie de la tête du joueur de gauche est brûlée, sa jambe gauche est remplacée par un bâton.

Le joueur de droite a une mâchoire inférieure mécanique, formée par un fragment de paquet de cigarettes où Dix a écrit : «  » (prothèse de mâchoire inférieure, marque Dix) et entouré une photo de lui-même par : «  » (seulement valable avec le portrait de l'inventeur)Juliana D. Kreinik, The Canvas and the Camera in Weimar Germany: A New Objectivity in Painting and Photography of the 1920s, ProQuest, 2008, 94. Derrière les trois joueurs, sont suspendus trois journaux : le Dresdner Anzeiger, le Dresdner Neueste Nachrichten, le Berliner Tageblatt, « Otto Dix, Die Skatspieler: Eine Neuerwerbung fur die Nationalgalerie », Jahrbuch Preussischer Kulturbesitz, 32, 1995, 364. À l'intérieur de la lampe, on distingue une tête de mortMatthew Winer Israel, Kill for Peace: American Artists Against the Vietnam War, University of Texas Press, 2013, p. 123.

Le tableau, caché par un ami, survécut au bombardement de Dresde en . Un collectionneur l'achète en 1959 et le prête à la Galerie der Stadt de Stuttgart. Ses héritiers le vendent en 1995 à la Nationalgalerie de Berlin, laquelle a fait un appel aux dons pour pouvoir l'acquérirRoland März, 52-55.

En 2014, l'œuvre est prêtée à la à Schwäbisch Hall dans le cadre d'un prêt de collections d'une année pour l'exposition .

Notes et références

Liens externes

Le tableau sur Google images

Catégorie:Tableau d'Otto Dix Catégorie:Tableau réalisé en 1920 Catégorie:Jeu de cartes dans la peinture Catégorie:Nouvelle objectivité Catégorie:Café dans la peinture Catégorie:Œuvre d'Otto Dix dans l'Union européenne Catégorie:Œuvre conservée à la Neue Nationalgalerie