Le Grand Prix automobile du Canada 2011 (Formula 1 Grand Prix du Canada 2011), disputé le sur le circuit Gilles-Villeneuve, à Montréal, est la épreuve du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950, la septième manche du championnat 2011 et la quarante-et-unième édition de l'épreuve comptant pour le championnat du monde.
La course est marquée par des conditions climatiques extrêmes qui entraînent son interruption pendant plus de deux heures, ainsi que six interventions de la voiture de sécurité. L'épreuve, qui dure au total plus de quatre heures (très exactement 4 h 4 min 39 s 537, soit historiquement la plus longue durée d'un Grand Prix), est remportée par le Britannique Jenson Button. Sebastian Vettel, pilote Red Bull Racing et leader du championnat du monde, termine deuxième après être parti de la pole position et avoir mené soixante-huit des soixante-dix tours de course. Son coéquipier Mark Webber complète le podium. À l'issue de la course, Button se classe deuxième au championnat du monde des pilotes tandis que Vettel conforte sa première place, avec 161 points sur 175 possibles. À la fin du Grand Prix, dix-sept des vingt-cinq pilotes en lice au championnat du monde ont marqué au moins un point.
Chez les constructeurs, Red Bull Racing conserve la tête du championnat des constructeurs avec 255 points, devant McLaren et Ferrari. À l'issue de la course, neuf des douze écuries engagées au championnat ont marqué des points, Lotus, Virgin et HRT n'en ayant pas encore inscrit.
Contexte avant le Grand Prix Succès populaire du Grand Prix du Canada
Montréal se réjouit du retour de la Formule 1 pour promouvoir son image à l'étranger
Sébastien Fauré, président de l'agence de publicité Bleublancrouge se réjouit du retour de l'étape canadienne au calendrier du championnat du monde. Selon lui,
souligne Romain Roult, chargé de cours en géographie à l'Université du Québec à Montréal et chercheur du groupe de recherche sur les espaces festifs. Romain Roult poursuit en déclarant que Montréal serait particulièrement perdante si elle perdait à nouveau l'organisation du Grand Prix, comme en 2009 au profit d'Istanbul puisque l'organisation d'un tel événement lui permet de se différencier des autres villes comparables d'Amérique du Nord :
Pierre Balloffet, professeur de marketing à HEC Montréal, insiste sur l'importance médiatique du Grand Prix pour la notoriété de Montréal dans le monde : Il nuance toutefois ses propos en indiquant que si la ville perd une telle vitrine, cela n'entraînerait pas paour autant une dégradation de l'image de la métropole :
Ben Woo, vice-président de BBF productions, un des promoteurs des animations montréalaises autour du Grand Prix estime que le Grand Prix donne une visibilité internationale au Québec et à Montréal :
Animations en marge du Grand Prix du Canada thumb|alt=Photographie de la rue Crescent à l'occasion du Grand Prix du Canada en 2011|La rue Crescent à l'occasion du Grand Prix du Canada en 2011.
Les festivités entourant le Grand Prix du Canada ont été lancées en grande pompe avec une « soirée glamour » à la gare Windsor réunissant notamment des pilotes, comme Michael Schumacher et des membres de la jet-set québécoise. Du côté de la rue Peel, des dizaines de modèles de Ferrari sont exposés entre les terrasses des restaurants..
Sur la Rue Crescent, une exposition de véhicules de course et de collection a été organisée, l'animation étant complétée par des reconstitutions d'arrêts au stands et par la présences de simulateurs de course automobile : déclare un des badauds qui participait à l'animation de la rue. Selon Ben Woo, vice-président de BBF productions, promoteur de l'événement depuis 1999, la fermeture de la rue Crescent durant le week-end du Grand Prix attire chaque année 500 000 personnes :
Le jeudi matin, sur le circuit Gilles-Villeneuve une opération « portes ouvertes » attire curieux qui peuvent visiter les garages où les équipes techniques leur présentent les monoplaces. Des séances d'autographes et de photographies sont organisées avec les pilotes. Certains passionnés attendent pendant deux à trois heures debout au soleil, pour approcher leurs idoles.. François Dumontier, promoteur du Grand Prix, se réjouit de l'organisation de cette journée spéciale : .
Plusieurs autres courses automobiles sont organisées sur le Circuit Gilles-Villeneuve en soutien du Grand Prix : la série Coupe Porsche GT3, la série Ferrari Challenge avec la Ferrari 458 Italia, la Formule Ford Québec et une compétition historique d'anciennes monoplaces de Formule 1 des années 1970 et 1980.
Impact financier du Grand Prix du Canada thumb|left|alt=Photographie d'un panneau du circuit Gilles Villeneuve|Le circuit Gilles Villeneuve fait le plein à l'occasion du Grand Prix du Canada.
Octane, organisateur du Grand Prix du Canada, révèle le que toutes les places en tribune de l'édition 2011 du Grand Prix du Canada sont vendues. À partir de 17 heures, le vendredi, seules les places en « admission générale », pour une journée (de 30 à 80 dollars canadiens selon les jours) ou pour les trois jours de course (100 dollars), sont encore disponibles à la vente. La journée « portes ouvertes » a attiré plus de visiteurs sur l'île Notre-Dame. François Dumontier, président du Grand Prix du Canada et dOctane, déclare :
Environ spectateurs assistent aux trois jours de compétition sur le circuit Gilles Villeneuve. Ces amateurs de Formule 1 génèrent au moins 35 millions de dollars canadiens pendant toute la durée de l'événement, d'autres retombées financières provenant d'activités extérieures au Grand Prix. Les commerçants de la métropole québécoise encaissent plusieurs dizaines de millions de dollars canadiens durant les jours qui encadrent le week-end de course. Selon des experts, les touristes séjournant à Montréal à cette période de l'année génèrent des retombées financières de l'ordre de 75 à 90 millions de dollars canadiens..
Sylvain Lefebvre, directeur du groupe de recherche sur les espaces festifs à l'Université du Québec à Montréal, annonce : Le professeur estime les retombées totales de 75 à 85 millions de dollars canadiens tandis que Tourisme Montréal les évalue à 90 millions en ajoutant les dépenses des Montréalais à celles des touristes.. Tourisme Montréal estime que 20 % des dépenses touristiques sont dévolues à l'hébergement, 25 % à la restauration, 24 % aux transports, 10 % à l'achat de billets d'entrée pour le circuit et 21 % à divers achats divers dans des commerces de détail. Pour Gérald Tremblay, le maire de Montréal, il s'agit de la preuve que l'événement vaut la subvention gouvernementale de 15 millions de dollars remise annuellement à Bernie Ecclestone pour assurer le prix du plateau tandis que Sylvain Lefebvre souligne que la Formule 1 profite surtout à l'industrie du luxe :
Le taux d'occupation des hôtels de Montréal est compris entre 90 et 95 % pendant la tenue de l'événement, c'est la semaine la plus occupée de l'année. William Brown, vice-président principal de l'''Association des hôtels du grand Montréal déclare : Le Grand Prix de Bahreïn est réintroduit, puis annulé thumb|upright|alt=Photographie de manifestants bahreïniens campant autour de la place de la Perle|Les manifestations à Bahreïn conduisent à l'annulation du Grand Prix.
Initialement, le calendrier 2011 comporte vingt épreuves mais le Grand Prix de Bahrein, manche inaugurale de la saison qui devait se dérouler le , est dans un premier temps annulé le en raison de la vague de contestation sociale et politique débutée en .
À la suite d'une mission d'enquête effectuée à la demande de Jean Todt, président de la FIA, Carlos Gracia, vice-président de la FIA, se rend à Bahreïn le pour évaluer la situation dans le pays. À l'issue de diverses réunions avec le ministère de l'Intérieur, le Ministère de la Culture et du Tourisme, la Fédération Automobile de Bahreïn et le Circuit International de Bahreïn, le Conseil Mondial du Sport Automobile accepte de réintégrer le Grand Prix de Bahreïn au calendrier du championnat du monde de Formule 1 2011. Le , le Grand Prix de Bahreïn est réintroduit et reporté au par le Conseil Mondial du Sport Automobile de la FIA à la place du Grand Prix d'Inde. Le sheikh Fawaz al-Khalifa, directeur des informations du royaume de Bahreïn, confirme le jour même que la FIA a attribué la date du au Grand Prix de Bahreïn.
La réintroduction de l'épreuve suscite le mécontentement de nombreux pilotes, dirigeants d'écuries et personnalités du sport automobile ne voyant pas d'un bon œil l'organisation d'un Grand Prix dans un pays en proie à une crise politique.
Damon Hill, président du , prend position contre l'organisation du Grand Prix en considérant que le sens moral doit l'emporter sur les millions de dollars en jeu. Hill en veut particulièrement à Bernie Ecclestone qui soutient l'organisation du Grand Prix :
Max Mosley, ancien président de la FIA, déclare également
thumb|alt=Photo du circuit de Sahkir à Bahreïn.|Bahreïn n'accueillera pas la Formule 1 en 2011.
Mark Webber, pilote Red Bull Racing, annonce :
En réaction à l'ensemble des critiques quant à la tenue du Grand Prix, Jean Todt, président de la FIA et Bernie Ecclestone envisagent alors d'annuler l'épreuve. Le , les organisateurs du Grand Prix de Bahreïn annoncent qu'ils renoncent à organiser leur Grand Prix. Le Grand Prix d'Inde, programmé le sous réserve d'homologation de la FIA et remplacé à cette date par le Grand Prix de Barheïn, reprend finalement sa date initiale avec l'annulation de ce dernier.
Le Grand Prix d'Austin en difficulté thumb|left|alt=Photographie du chantier du circuit d'Austin|Le chantier du circuit d'Austin qui doit accueillir le Grand Prix des États-Unis en 2012. Austin doit accueillir son premier Grand Prix des États-Unis en 2012, lors du week-end du . Ce choix a été guidé par les contingences logistiques afin de coupler le déplacement avec celui pour le Grand Prix du Canada. Le quotidien local annonce toutefois qu'à cette période de l'année, la température peut être problématique pour les pilotes : le , il faisait à Austin. Nick Craw, membre de la FIA, reconnaît que la date retenue n'est pas idéale et pourrait être changée :
Peu après cette annonce, les organisateurs du Grand Prix des États-Unis déclarent, par l'entremise de leur avocat Richard Suttle, que la ville d'Austin a toujours le pouvoir d'annuler la course si elle ne souhaite pas prendre la responsabilité du projet et l'approuver vis-à-vis du gouvernement du Texas. En effet, le conseil municipal d'Austin a découvert qu'en cas d'absence de validation du projet de sa part, les organisateurs ne pourront pas toucher les 25 millions de dollars de subvention de l'état du Texas. Si la ville d'Austin signe, elle devra en outre verser 4 millions de dollars annuels, une somme prise en charge par les organisateurs la première année avant d'être financée par les taxes récoltées par le tourisme lié au circuit les années suivantes.
Un gros risque a donc été pris par les organisateurs : déclare Richard Suttle. La décision du conseil municipal doit être rendue fin juin afin que les organisateurs puissent verser à Bernie Ecclestone avant fin juillet la somme de 40 millions de dollars nécessaire à l'organisation de la course de 2012.
DRS À l'occasion du Grand Prix du Canada, et pour la première fois de la saison, deux zones sont définies pour permettre l'utilisation de l'aileron arrière ajustable. La FIA a en effet décidé de profiter des deux lignes droites du circuit pour faciliter les dépassements. Il n'y aura qu'un seul point de détection, valable pour les deux zones dans lesquelles sera autorisé le DRS (« »).