L’église Saint-Sauveur de Casesnoves est une ancienne église romane située à Ille-sur-Têt, dans le département français des Pyrénées-Orientales en région Occitanie.
Localisation
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Né dans les Pyrénées, le fleuve côtier Têt s'écoule vers l'est, dans une vallée particulièrement encaissée avant de traverser la large plaine du Roussillon et de se jeter dans la mer Méditerranée.
L'ancien hameau abandonné de est l'un des premiers villages situés au bord de la Têt après l'entrée de celle-ci dans la plaine. Il se trouve sur la rive gauche du fleuve, sur un cône de déjection apporté par le ravin de Casesnoves, accolé à des falaises. Le village est situé à une altitude de alors que le plateau le surplombant culmine rapidement aux alentours de . Les riches terres alluviales de la vallée de la Têt sont le domaine des vergers. Le plateau, ancien territoire d'élevage, est en grande partie couvert de landes et de forêts ouvertesCarte IGN, via Geoportail.
L'église Saint-Sauveur de se trouve dans cet ancien village, à deux kilomètres à l'ouest du centre ville d'Ille-sur-Têt, la commune dont elle dépend, et à moins de trois kilomètres de Rodès et Bouleternère.
Toponymie Le mot provient du latin qui signifie « huttes neuves », puis « maisons neuves », via le catalan.. La forme apparaît pour la première fois en 1076.. Les formes Casanoves, Cazenoves sont parfois rencontrées. Casenoves est également fréquemment utilisé au , notamment par l'administration ou le poète local Joseph-Sébastien Pons qui a écrit. :
Si les textes anciens mentionnent tous une église dédiée au Saint Sauveur., titulature reprise par les documents officiels contemporains et les spécialistes, la tradition était, au et au début du , de la voir consacrée aux saints espagnols Just et Pasteur.. Cette tradition est reprise par J.-S. Pons.
Historique Casesnoves fait son apparition dans l'Histoire au , dans un texte mentionnant le Villarunculo de Casasnovas en 1076. L'église est construite aux alentours 1050 et la tour carrée sans doute à la fin de ce siècle. Il est possible que les travaux de construction de l'église au aient été réalisés en deux fois, avec une première construction au début du siècle et une surélévation à la fin..
L'édifice initial est de petite taille, formé d'une travée de chœur encadrée d'une abside semi-circulaire et d'une nef rectangulaire unique.. L'accès est assuré par une petite porte. L'intérieur de l'église est décoré de peintures peu après, sans doute au début du .
Le premier texte connu mentionnant la chapelle date de 1288. est un acte citant un dénommé Ramon Joan, prêtre et chapelain de cette église..
Des travaux sont entrepris au : la nef est prolongée vers l'ouest et surmontée à son extrémité d'un clocher-mur, une chapelle est ajoutée au nord., la porte, située au sud, est murée et remplacée par un portail situé dans la nouvelle partie du bâtiment.. La nouvelle chapelle latérale est également décorée de peintures. À cette époque, l'église est entourée d'un cimetière.
Au cours des , la population du village de Casesnoves décline très fortement.. En 1561, la paroisse de Casesnoves est incorporée à celle d'Ille. Destituée de son statut d'église paroissiale, la chapelle de Casesnoves reste un lieu de culte jusqu'à la Révolution française, pendant laquelle elle est vendue en tant que bien national.. Comme beaucoup d'églises rurales comparables, Saint-Sauveur est réutilisée comme entrepôt agricole par deux familles propriétaires..
Vers 1840, un calice en étain datant du et une boite en bois contenant des reliques sont découverts dans l'église. Ils sont donnés, peu avant 1890, au musée de Cluny, à Paris..
En 1953, l'historien Marcel Durliat, mandaté par le président du conseil général des Pyrénées-Orientales Louis Noguères pour faire l'inventaire du patrimoine roussillonnais, redécouvre les peintures murales romanes de cette église.. Au vu de leur état de conservation exceptionnel, Marcel Durliat décide de faire protéger ces peintures au titre des monuments historiques. Il prévient le maire d'Ille-sur-Têt de son intention. Dès , Marcel Simon, un antiquaire, entre en contact avec le maire, achète les peintures et, en , les arrache puis les emporte. Début , Marcel Durliat apprend cet arrachage qu'il dénonce dans un article du quotidien local L'Indépendant. L'affaire fait grand bruit, entrainant en signe d'opposition la démission de tout le conseil municipal d'Ille-sur-Têt puis celle du maire.
L'église en sa totalité fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le ..
Marcel Simon est plusieurs fois condamné, mais il affirme avoir déjà vendu les peintures et refuse de donner le nom de l'acheteur..
Les fragments des peintures réapparaissent en Suisse en 1978 pour une exposition au musée d'Art et d'Histoire de Genève. De nouveaux procès sont lancés contre les propriétaires suisses (la fondation Abegg) dont le fondateur avait acheté les peintures légalement en 1955 sans connaitre leur provenance.
En 1990, la commune d'Ille-sur-Têt achète l'église et lance une campagne de travaux de restauration du bâtiment, complétée par une deuxième campagne en 1992 : les murs sont consolidés et la toiture rénovée.
L'église Architecture L'église de Casesnoves est un édifice de petite taille, à nef unique et à chevet semi-circulaire, édifié en moellons et recouvert de lauzes.
L'église de Casesnoves possède un chevet de style roman lombard à abside unique, reposant sur un petit soubassement haut de deux assises seulement mais nettement plus large que l'abside.
Cette abside, percée de quelques trous de boulin (trous destinés à ancrer les échafaudages), présente une décoration de bandes lombardes composées d'arcatures et de deux lésènes placées aux extrémités (dont celle de gauche est masquée par un contrefort).
L'abside est percée d'une fenêtre unique, à simple ébrasement, surmontée d'un arc en plein cintre composé de moellons posés sur champ.
La façade occidentale est surmontée d'un clocher-mur comprenant trois pointes.
Peintures murales
Calice et boite Un calice en étain et une boite en bois décorés de rinceaux sont découverts dans l'église vers 1840. Le calice est daté du , la boite contenait des reliques. Ils sont donnés au musée de Cluny.
Le , Alfred Darcel fait le compte-rendu suivant devant le Comité des travaux historiques et scientifiques, rapporté par Robert de Lasteyrie :
Le calice est toujours conservé au musée de Cluny.
Références
Annexes
Bibliographie
Fiches et documents officiels
Articles connexes Liste des monuments historiques des Pyrénées-Orientales Liste des églises romanes des Pyrénées-Orientales Fondation Abegg Hospici d'Illa Ille-sur-Têt
Liens externes
Sauveur, Casesnoves Ille-sur-Têt, Casesnoves Catégorie:Monument historique dans les Pyrénées-Orientales Catégorie:Monument historique inscrit en 1955 Catégorie:Patrimoine du XIe siècle Catégorie:Monument à Ille-sur-Têt Casesnoves