vignette|Cimetière militaire du kibboutz Yad Mordechai, Israël.
Un cimetière militaire est un lieu où sont inhumés les soldats morts lors d'une guerre, on y rencontre aussi parfois des tombes de civils. Généralement implantés sur ou à proximité des champs de bataille, les cimetières militaires sont créés et gérés par l'armée, une administration publique, une agence ou association publique ou privée. Les tombes sont des sépultures de guerre, ordinairement d'une apparence uniforme, matérialisées par une stèle ou une croix. Les cimetières militaires comportent les tombes individuelles, des tombes communes, un ou des ossuaires parfois un mur des disparus où sont inscrits le nom des personnes dont le corps n'a pas été retrouvé.
Fonctions Les cimetières militaires remplissent plusieurs fonctions ; ils peuvent être : des lieux de sépultures pour les victimes de guerre et lieux de recueillement pour leur famille et leurs proches ; des lieux de souvenir et de commémorations patriotiques où peut être exercé le devoir de mémoire ; des lieux de mémoire des conflits pour les générations actuelles et les générations futures qui rappelle l'atrocité des guerres et pour les écoliers et les étudiants de toutes nations, c'est l'endroit où l'on peut sentir l'esprit de l'humanité, de la réconciliation et de la protection de la vie. Les « soldats inconnus » enterrés, portent témoignage du deuil qui n'a pu être fait par des personnes qui n'ont jamais rien pu savoir du sort de leurs proches.
Typologie On distingue plusieurs types de cimetières militaires : les nécropoles internationales où reposent des soldats de plusieurs nationalités avec ou sans mémorial ; les nécropoles nationales où se situent généralement un mémorial et des sculptures qui peuvent être monumentales où reposent des soldats d'une seule nationalité avec parfois des tombes d'autres nationalités en petit nombre ; les cimetières militaires prolongement de cimetières civils ; les carrés militaires au sein de cimetières civils.
Ils consistent souvent en de simples quadrillages réguliers de tombes individuelles identiques uniquement repérées par une croix latine (ou autre motif conforme à la confession religieuse du soldat inhumé). Le nom du défunt est gravé sur la pierre, ainsi que la date de la mort, quand ils sont connus.
Histoire Avant la Première Guerre mondiale Antiquité Dès l’Antiquité, l’inhumation des soldats morts au combat est prise en compte. Après la bataille de Chéronée, vainqueurs et vaincus enterrent leurs morts selon les rites religieux. Les légions romaines enterrent leurs morts, soit individuellement, avec des pierres tombales, à proximité des camps, soit dans des tombes collectives.
Moyen Âge et Époque moderne Au Moyen Âge et à l'époque moderne, les cadavres des soldats sont le plus souvent laissés sur les champs de bataille en pâture aux détrousseurs et aux animaux sauvages ou jetés dans des fosses communes. Seuls les chefs militaires (connétable, maréchal...) ont droit à des sépultures dans des églises comme Le Prince noir, Du Guesclin, Louis de Sancerre, John Talbot... Turenne, Vauban etc. Le Cimetière des Invalides à Berlin créé en 1748 par Frédéric II est devenu le panthéon militaire de l'Allemagne. Le Dôme et la crypte des Invalides à Paris sont devenus le panthéon militaire de la France sous Napoléon .
Époque contemporaine Le cimetière militaire contemporain (espaces composés de formes simples répétitives, où chaque soldat mort est honoré d'une tombe individuelle sans distinction de hiérarchie, d'origine sociale ou de religion) apparaît au parallèlement avec le développement de la conscription et de la guerre de masse.
Le premier cimetière militaire français de ce type apparaît en Algérie, à Sidi-Ferruch, en 1830, au moment de sa conquête par l'armée française.
Au cours de la Guerre de Crimée (1853-1856), les Français perdent un grand nombre de soldats, environ . Il est décidé de les enterrer par unité et par hiérarchie dans des fosses communes, jusqu'à ce que l'État français décide le rassemblement de , regroupées dans des tombes communes par unité, dans le cimetière français de Sébastopol construit entre 1870 et 1880, cimetière militaire qui devient la plus grande sépulture militaire française à l’étranger. Le Traité de Paris de 1856, prévoit la préservation des cimetières militaires de Crimée.
Aux États-Unis, pendant la guerre de Sécession (1861-1865), les premiers cimetières nationaux s'organisent tels que nous les connaissons : tombes individuelles avec des stèles marquées des mêmes signes.
Le traité de Francfort qui met fin à la guerre franco-allemande de 1870 prévoit, dans son , que les deux États contractants s’engagent à respecter toutes les tombes des soldats morts (soldats qui ont désormais « droit au repos permanent »).
À la fin de la guerre des Boers (1901-1903), l’Empire britannique institue l’usage d’enterrer ses combattants – 80 % des morts étant des engagés civils volontaires – dans des tombes individuelles regroupées dans de petits cimetières créés près des champs de bataille. Recouverts de pelouses et de fleurs, ces lieux d'inhumation dans une atmosphère paisible expriment une culture non-militariste et s'opposent à la conception rationaliste américaine de vastes regroupements des corps dans d'immenses cimetières.
En Russie, pour le de la Bataille de Bolchoï-Stakhov et du passage de la Bérézina, le , la construction d'un monument près du village de Brili fut entreprise. Les cendres de deux mille combattants russes de l’armée du Danube reposent sous des tertres funéraires dans des fosses communes.
Après la Première Guerre mondiale Les combats de la Première Guerre mondiale ont fait tant de victimes que des cimetières provisoires avec tombes individuelles et ossuaires ont été créées à proximité du front. Dans des l'entre-deux-guerres les cimetières militaires par nationalité le plus souvent ont été créés, les dépouilles des cimetières provisoires y étant transférées. Il existe également des carrés militaires dans les cimetières communaux civils.
La Seconde Guerre mondiale étant encore plus meurtrière que la première, les cimetières provisoires constitués à la hâte ont laissé place après 1945 à de vastes nécropoles le plus souvent. Le regroupement des sépultures s'est poursuivi jusqu'à la fin du .
Cimetières militaires des conflits contemporains Afrique Algérie La nécropole nationale française du Petit Lac à Oran rassemble en ossuaires et individuelles. Cimetière de la Légion étrangère à Sidi Bel Abbès Cimetière militaire de Mers el-Kébir Cimetière El Alia à Oued Smar près d'Alger Cimetière militaire de Sidi Ferruch (cimetière de la conquête) : Cimetière Hussein-Dey à Alger Cimetière Saint-Eugène à Alger Cimetière de Constantine
Cameroun Cimetière militaire français de Douala : individuelles, ossuaire.
République du Congo Cimetière militaire français de Brazzaville : de la Seconde Guerre mondiale.
Djibouti Cimetière militaire de Gabode à Djibouti
Égypte Cimetière militaire britannique d'El-Alamein. Cimetière militaire français de Port-Saïd : individuelles de la Première Guerre mondiale. Monument aux morts turcs de Sidi Bishr : de la Première Guerre mondiale y sont enterrés.
Érythrée Cimetière militaire de Massawa
Éthiopie Cimetière militaire international de Gulélé à Addis-Abeba : tombes de soldats du Commonwealth et italiens tombés lors des campagnes d'Abyssinie de 1895, 1935 et 1941. Cimetière militaire italien de Keren : tombe de soldats tombés lors de la Bataille de Keren Cimetière militaire britannique de Keren.
Libye Cimetière militaire britannique de Benghazi : dont auxquelles s'ajoutent des tombes indiennes, sud-africaines, australiennes, neo-zélandaises et canadiennes. Cimetière militaire français de Tobrouk : sépultures de soldats tombés à Bir Hakeim, des Français libres morts pendant la bataille, à l’exception des corps rapatriés en France, les quatre premiers soldats français tombés en Cyrénaïque, le , et les six morts de la bataille de Koufra menée par le général Leclerc. Cimetière militaire du Commonwealth de Tobrouk Cimetière militaire allemand de Tobrouk
Mali Carré militaire français du cimetière de Coura à Bamako
Madagascar vignette|cimitieres des militaires français Antsiranana (Diego-Suarez)Cimetière militaire français de Diego Suarez à Antsiranana : individuelles de soldats tombés au cours des combats de 1942. Cimetière militaire français de Mahajanga : en ossuaire et individuelles Cimetière militaire français d'Antananarivo : individuelles et un ossuaire. Cimetière militaire français de Toamasina : individuelles
Maroc Cimetière militaire français d'Agadir : Cimetière militaire international de Ben M'Sick à Casablanca : , françaises (), allemandes et britanniques Cimetière militaire français de Fès : Cimetière militaire français de Kénitra : Cimetière militaire français de Marrakech : Cimetière militaire français de Meknès : Cimetière militaire français de Rabat :
Sénégal Cimetière militaire français de Bel Air à Dakar : individuelles Cimetière militaire de Guet N'Dar à Saint-Louis : de la Seconde Guerre mondiale. Cimetière militaire français de Rufisque : individuelles.
Tchad Cimetière militaire français de N'Djaména : individuelles. Zouar : cimetière militaire réhabilité par l'armée française : 30 tombes.
Togo Cimetière militaire de Wahala : de tirailleurs africains (Sénégal, Mali, Ghana), britannique, français et un sous-officier allemand tombés lors des combats du reposent dans cette nécropole.
Tunisie Cimetière américain de Carthage : Cimetière militaire tunisien d'Haffouz : Cimetière militaire tunisien de Tar Ech-Chena : Cimetière militaire de Gammarth : sépultures, ossuaire () et columbarium ()
Asie Birmanie Cimetière militaire international de Taukkyan : de soldats alliés.
Chine Cimetière militaire de Stanley à Hong Kong : du Commonwealth de la Seconde Guerre mondiale y sont inhumés ou commémorés. ne sont pas identifiées, mais de nombreux monuments commémoratifs rendent hommage aux victimes qui y sont enterrées.
Corée du Sud Cimetière militaire français de Busan : individuelles de la guerre de Corée.
Indonésie Cimetière militaire du Commonwealth de Tantui à Kota Ambon (Moluques) Cimetière militaire néerlandais de Candi à Semarang, Mont Ungaran (île de Java).
Iran Cimetière militaire polonais de Bandar-e Anzali.
Israël Cimetière national des Forces de défense d'Israël du Mont Herzl à Jérusalem : tombes de soldats et de policiers morts dans l'exercice de leurs fonctions. Le Jardin des soldats disparus : monument commémoratif pour les soldats dont la sépulture est inconnue. Mémorial des victimes juives et israéliennes du terrorisme de 1851 à nos jours. Mémorial aux soldats juifs qui ont combattu pour l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale. Mémorial aux soldats juifs qui ont combattu pour l'armée polonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Mémorial aux soldats juifs qui ont combattu pour l'armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale en Palestine mandataire. Monument des habitants du quartier juif de la vieille ville de Jérusalem tombés en 1948. Mémorial des juifs éthiopiens (Falashas) assassinés lors de leur émigration vers Israël. Cimetière militaire de Kiryat Shaul à Tel Aviv-Jaffa. Cimetière militaire de Haïfa. Cimetière militaire français de Saint-Jean d'Acre.
Japon Cimetière militaire français de Yokohama : en ossuaire de l'expédition de 1860 (seconde guerre de l'opium).
Laos Cimetière militaire français de Vientiane : individuelles.
Liban Cimetière militaire français de Marjayoun : plus de de soldats français tués pendant la Seconde Guerre mondiale. Cimetière militaire français de Beyrouth : individuelles de soldats morts pendant la campagne de Syrie de 1941. Cimetière militaire britannique de Beyrouth