thumb|upright|Guillelmites Le couvent des Guillemins de Liège est l'ancien château de la Motte, occupé par les frères guillemins, bénédictins de l'ordre de Saint-Guillaume, dès le . C'est ce couvent qui donna son nom au quartier dans lequel il s'est installé ainsi qu'à la gare de Liège-Guillemins construite sur ses terres.
Description Situation Le couvent, qui a donné son nom au quartier, était situé au Nord de la place de Bronckart, non loin de l'emplacement de l'ancienne gare de Liège-Guillemins démolie en 2007. La propriété était considérable : plus de 10 hectares de terres, lui donnant l'aspect d'un prieuré rural aux portes de la ville. Elle était longée par une voie qui va du d'Avroy à SclessinArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, , vers la Meuse la propriété était bordée de petites fermesArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, 225, 243, 264 et n'avait accès au fleuve que par un passage d'une terre dont les frères guillemins avaient la propriété, mais qu'ils avaient donnée à trescensArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins , . La propriété s'étendait jusqu’à Sainte-Véronique, jusqu'à la ruelle reliant la Meuse à cette église.
Le bâtiment L'entrée du couvent se trouvait au début de la rue HemricourtGobert Théodore, ibidem, t. 5, actuelle, le bâtiment principal étant au Nord de la place de Bronckart, dans la partie méridionale de la rue Fabry. En 1738, Pierre Lambert de Saumery faisait toujours valoir cet avantage précisant que le couvent était , et que le couvent .
Historique Une maison forte, origine du couvent Griseal de Bierset, chanoine et chantre de la cathédrale, fonda entre 1246 et 1280Il n'y a pas d'accord sur la date entre Jacques de Hemricourt (1246), Jean de Brusthem (1250), Jean Chapeauville (1250), Corneille Zantfliet (1280) et les Bollandistes (1281) vide Théodore Gobert, Liège à travers les âges, t. 5, et 511 & t. 2, et 311 près de Sainte-Véronique un hospice pour huit prêtres infirmes. Mais il causa, pendant plus de vingt ans, pas mal de soucis aux évêques du diocèse. Il ne comprenait plus que sept religieux qui n'observaient pas bien leur règle ; la communauté était endettée. En 1287, Jean de Flandre, évêque de Liège, changea la destination de cet hospice en y installant des religieux de l'Ordre de Saint-Guillaume suivant la règle de saint Benoît, qu'il fit venir du monastère de Bernardfagne en CondrozLe monastère fut remplacé au par le petit séminaire de Saint-Roch, seul couvent de guillemins de la Principauté de Liège avec celui de Bois-le-Duc. Cette petite fondation acquit au fil du temps le statut de prieuré, tiré à part de la Bibliothèque Ulysse Capitaine D 17776, Bxl Galerie Ravenstein, 1967. Les communautés de Bernardfagne et de Liège furent régies d'abord par un seul prieur. Par la suite, les religieux d'Avroy ayant manifesté leur désir d'avoir un chef spécifique, le couvent liégeois est transformé en prieuré.
Le couvent de la Motte Jusque durant le , leur établissement fut appelé maison-forte de Bierset, ensuite maison de la Motteune motte signifiait anciennement un monticule, butte artificielle ou naturelle sur lesquelles on faisait reposer des châteaux : Théodore Gobert, ibidem, t. 5, dès 1328Archives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, et jusqu'en 1638Archives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemenins, : domus Beatae Mariae de Motta juxta Leodium. C'est le nom sous lequel cette propriété était désignée longtemps avant d'être le siège d'un couvent1396 : maison quondist delle Motte, del Ordenne sain Guilhalme, seante près delle eglise d'Avroy ; Archives de l'État à Liège, Échevin de Liège, 19 juillet. Elle se dressait sur un tertre formé des terres qui avaient été extraites de l'étang qui environnait la demeure seigneuriale. Dressé au milieu d'un étang dans le vaste territoire d'Avroy, le manoir de Gérard de Bierset, décédé le Gerardi de Berses, cantoris ecclesie nostre : Acte du 5 février 1266 (n. st.) du chapitre de Saint Lambert CESL, t.2, , selon ses vœux, avait cédé sa propriété au chapitre de Saint-Lambert et souhaitait y maintenir le prestige du sacerdoce à treize prêtres âgés et sans revenus. À son décès, il avait choisi huit ecclésiastiques, impotents ou pauvres en retraiteJean d'Outremeuse, t. 5, . Les eaux de la colline, et notamment les ruisseaux du Bois-d'Avroy et du Bois-l'Évêque, continuèrent à abreuver le fossé les siècles suivants1590 : fossé du Jardin des guillemins, Archives de l'État à Liège, Rendages proclamatoires, r. 6, f. 199. Dès 1319, les frères du couvent delle Motte avait obtenu de la Cour d'Avroy, un record touchant l'emploi de ces eauxArchives de l'État à Liège, Chambre de Finances, Guillemins.
Ressources, donations et protecteurs Les chartes montrent que tout autour de leur monastère, ils possédaient un bon nombre de maisons pour lesquelles ils devaient des cens aux propriétaires fonciers et des droits en héritages sur une petite centaine. Quatre testamentsArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, , 62, 145 & 216, 252 figurent dans le chartrier des GuilleminsHerman de Zanctes en 1371, Jean de Londoz en 1381, Jacques de Foron en 1436, Johan Dotée en 1515 : les clauses spécifiques sont décrites par de biens plus éloignés. Tout d'abord que la famille de Bierset et ses alliées maintinrent longtemps leur protection au couvent et financèrent les premiers travauxArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, 1443..
L'évêque Jean d'Arckel et La Bastrée thumb|La Bastrée en 1850 Il semble malgré tout que le bâtiment ne fut pas terminé rapidement, puisqu'en 1358, certaines institutions religieuses et le chapitre de la collégiale Sainte-Croix durent intervenir par des moyens financiers pour achever le cloîtreChapitre de Saint Lambert, t. 1, . Ensuite, en 1365, le prince-évêque Jean d'Arckel leur octroya les revenus de l'église Sainte-Véronique toute proche, avec le consentement de l'abbaye de Saint-Laurent, dont relevait cette cure, moyennant l'hébergement du religieux appelé à desservir la paroisse et leur présence à l'abbaye les jours de la Saint-Laurent et de la Dédicace. Enfin, ils devaient assister aux obsèques des moinesCharte de l'Abbaye Saint-Laurent, 6 novembre 1365, in Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, t.2, . Jean d'Arckel se reposait souvent dans ce couvent, et après sa mort, son cœur reposa longtemps dans un vase en plomb à l'entrée du chœur où une épitaphe rappelait à sa mémoire, reproduit l'épitaphe. Jean d'Arckel, appréciant le couvent et manifestant une prédilection particulière pour ses environs, va construire le manoir de la Bastrée à quelques centaines de mètres. Possession au siècle suivant de la famille De Limbourg, ensuite habité par le bourgmestre de Liège, Gérard Carolien Bourgmestre de Liège en 1631 et 1642, époux de Marie Tabolet, il subit de nombreuses transformations. Appelé au le Waux-Hall des Guillemins, il sera lui aussi démoli mais en 1904, après avoir servi de carrosserie. Lors de la démolition on a pu constater que les murs de sa tour étaient d'1 mètre 70.
Ressources du sous-sol Les Guillemins ont signé un certain nombre de documents relatifs à des exploitations de charbonnagesArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, , 52, 75, 95, 100, 114, 149, 182, 245 ou faisant allusion à des mines : quatre documents vide supra – : 12 mars 1436, Testament de Jacques de Foron Fosse de Grand Preit – : 13 juin 1520, Rencharge des échevins de Liège – : 27 juin 1523, Jugement des Voir-jurés des Charbonnages nomment certains ouvrages précis de houillerie, le premier date de 1357, 4 août 1357 : une areine près de la vigne de Chivre d'Or à Tilleur. Ils se réservaient en général un tiers de la productionArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins : , a charge pour le locataire du terrain de réparer les dommages causés à la surface par l'exploitation évalués par les voir-jurés des charbonnages.
Quelques bienfaiteurs En 1395, le prieur Guillaume de Champs, décédé cette année, portait le titre enviable, selon son épitaphe, de Provincial de France et de pater spiritualis des princes-évêques Jean d'Arckel et Jean de Bavière, ce qui démontre l'estime qui pouvait être attachée à l'établissement d'Avroy. En 1390, les Guillemins sollicitent des échevins de Liège, une cour jurée composée d'un mayeur et de sept tenants jurés parce quils ont en la Cité et en d'autres lieux diverses cens et rentes et de nombreux masuirsArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, En 1436, un autre notable, Jacques de Fouron avait, avant de décéder, souhaité être inhumé face à la statue de la Vierge, située au milieu du sanctuaireBulletin Société de langue et de Littérature Wallonnes, t.6, .
Jean de Heinsberg et le cardinal Érard de La Marck Pour célébrer sa première messe à Liège, le prince-évêque Jean de Heinsberg choisit leur sanctuaire et le cardinal Érard de La Marck appréciait y séjournerThéodore Gobert, ibidem, t. 5, . Les prieurs Gilles de Xhendremael décédé en 1532 et Pierre Le Brun, décédé en 1548 sont d'ailleurs honorés du titre de confesseur du prince-évêque.
Testaments De nombreux testaments en leur faveur sont attestés au cours des siècles et viennent enrichir leur patrimoineRelevés en 1369, Denis de Chamont, chanoine de Saint-Pierre ; 1373, Johan Asson de Waroux ; 1381, Jean de Londoz ; 1384 Herman de Zantes ; 1388, Jacques de Wonc, chanoine de Saint-Jean ; 1449, Wery de Tilleur ; 1496 et 1497, Henri de Seraing ; 1515, Johan Dotée ; 1540, Margaretha Van Swarevelt ; 1555, Jehan de Villers, chanoine de Notre-Dame de Maastricht : vide . En 1510Archives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, liasse 42, 4 juillet, l'échevin Johan de Bearewar, cousin d'Ernoult de Bearewar qui avait tué Pirotte, le huileur de Saint-Gilles et qui avait été condamné à payer une rente de cinq muids d'épeautre à l'église des Guillemins de Liège, fait transporter à la décharge de celui-ci trois muids et trois setiers de rente au profit du monastère.
Compagnie Notre-Dame La Compagnie Notre-Dame du métier des merciers, société religieuse et charitable avait son siège dans l'église du couvent des Guillemins dès le Bulletin Société de langue et de littérature wallonnes, t. 50, 1908, p. 235.
D'autres artisans En 1351, les Guillemins font appel à maître Gérard et son fils Lambier dit Braibechons, dont le délicat métier est graveur de sceauxArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, n°16. En 1368, ils font appel à maître Gossewien, fondeur de cloches et Renier de Fexhe, enlumineurArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, n°41. Un document du est relatif à l'exécution testamentaire de maître Loren, le poindeurArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, n°94. Enfin en 1480 est signé un certain Jehan le Bonbardier, et en 1533, un Johan Loraine, librairierArchives de l'État à Liège, Chartrier des Guillemins, n°273.
Jean de Mandeville Aux , on montrait, comme des reliques, des objets ayant appartenu à Jean de Mandeville, mort en 1372, auteur d'un ouvrage intitulé le Livre des merveilles du monde qu'il aurait rédigé à l'issue d'un voyage de 34 ans en Égypte, et dans différents pays d'Asie, jusqu'en Chine. Mandeville aurait achevé sa vie dans le couvent où il aurait écrit son romanMaurice Delbouille et Jean Renson, Mélanges de linguistique romane et de philologie médiévale, 1964, p. 422. Lors de sa visite à Liège en 1663, le botaniste anglais, John Ray écrit avoir vu sa pierre tombale dans l'église, et sa selle, ses éperons et un mors de bride conservés dans la sacristie..
Passage de Charles le Téméraire en 1468 Dégâts dans huit bâtiments