La gare de La Chapelle-Saint-Mesmin est une halte ferroviaire française de la ligne de Paris-Austerlitz à Bordeaux-Saint-Jean, située sur le territoire de la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le département du Loiret, en région Centre-Val de Loire.

C'est une halte de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par des trains régionaux du réseau TER Centre-Val de Loire.

Situation ferroviaire Établie à d'altitude, la gare de La Chapelle-Saint-Mesmin est située au point kilométrique (PK) 128,315 de la ligne de Paris-Austerlitz à Bordeaux-Saint-Jean, entre les gares des Aubrais et de Chaingy-Fourneaux-Plage.

La longueur de la voie ferrée sur le territoire de la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin entre celles d'Ingré (au nord-est) et de Chaingy (au sud-ouest) est de .

Histoire vignette|gauche|La gare en 1916.

Les premières études du tracé Nantes-Orléans réalisées par la compagnie Jucqueau-Galbrun débutent dès 1836..

En , la chambre des députés adopte définitivement l'implantation de la ligne de chemin de fer Orléans-ToursArticle du Journal du Loiret du 20 avril 1842, page 1.. Début , les marchés de terrassements sont tous adjugésJournal L'Orléanais du .. Les demandes d'expropriations pour cause d'utilité publique sont enregistrées le . Les actes de vente des parcelles expropriées sont réalisés entre 1844 et 1846. On compte expropriées (dont de vigne et de terre), l'emprise totale de la ligne portant sur Bulletin annuel du GHL chapellois n° 4 de mars 1987, article de Jacques Maviel (sources : archives départementales et municipales, série S Travaux Publics, Journal du Loiret 1844-1846, annuaire du Loiret 1843-1859, bulletin de la Société archéologique du Loiret n°73 de juillet 1986).. Les travaux de terrassement et de pose des voies, exécutés par une centaine d'ouvriers, se déroulent en 1845 afin que le chemin de fer puisse arriver en 1846 à ..

Il est décidé d'implanter la gare (de ), d'une longueur de , à l'est du chemin de la Gabellière. L'architecte du Département, Louis ClouetLouis Waldemar Clouet, également architecte diocésain, a été aussi l'un des architectes du Petit séminaire de La Chapelle-Saint-Mesmin Louis Clouet, né en 1813, architecte du département et diocésain, est chargé de sa construction ainsi que de toutes celles de la ligneJournal du Loiret du 11 mars 1846, page 5.. Deux ponts ferroviaires sont édifiés, l’un franchissant la rue de la Gabellière (près de la gare) et l’autre le chemin du Petit Pont.

Le , la locomotive, chargée de transporter le sable et les matériaux nécessaires à la mise en service de la ligne, déraille au niveau du hameau de la Perrière et occasionne quelques dégâtsLe journal Le Foyer du ..

Les premiers essais ont lieu le avec six voitures transportant une centaine de personnes.

La construction de toutes les maisons des garde-barrières de la ligne Orléans-Tours est achevée en Le journal L'Orléanais du . et la pose des rails est presque partout terminée en Journal du Loiret du , page 2..

En , une fraude au matériel est découverte : des traverses de rail en chêne ont été frauduleusement remplacées par des traverses en sapinLe Journal du Loiret du 4 février 1846, page 2.. Les traverses en sapin seront en définitive remplacées le mois suivant.

Le voyage inaugural de la section Orléans – Tours se déroule le en présence du duc de Nemours et du duc de Montpensier.

L'ouverture, par la Compagnie du chemin de fer d'Orléans à Bordeaux, de la section d'Orléans à Tours, débute par le service des voyageurs le puis le service des marchandises le suivantLivre : Le rail en France, les 80 premières lignes, par François et Maguy Palau, auteurs-éditeurs, juin 1995, page 116.. La section Orléans – Tours compte quatorze stations de chemin de ferOrléans, La Chapelle Saint-Mesmin, Saint-Ay, Meung, Beaugency, Mer, Menars, Blois, Chouzy, Onzain, Amboise, Vouvray, Montlouis, Tours Le Journal du Loiret du 25 mars 1846, page 2.. Son étendue est de . Pendant les quatre années de sa construction, de terrassements ont été exécutés et d'art ont été édifiés. Le coût total de la section s'élève à la somme de de francsLe Journal du Loiret du 1 avril 1846, page 3..

Les passagers peuvent alors voyager dans trois types de véhicules : en , dans des voitures couvertes et garnies ; en , dans des voitures couvertes et non garnies ; en , dans des voitures découvertes. Faisant suite aux plaintes de la part de nombreux passagersJournal du Loiret, 2 novembre 1844, page 2. (ce que la presse dénommera « la fièvre du chemin de fer »Journal du Loiret du 26 mars 1845, page 3.), ces dernières voitures, en fait des wagons-tombereaux, seront supprimées quelques années plus tard du fait de leur inconfort relatif.

À compter du , le courrier postal est désormais délivré par chemin de fer dans la gare ainsi que dans toutes celles des localités du parcours de la section Orléans – ToursJournal L'Orléanais du ..

À cette époque, il existe, de l'est vers l'ouest, quatre « barrières », appelées aujourd'hui passages à niveau (PN) : la barrière des Hauts Champs, la barrière de Croquechâtaigne (actuellement rue d’Ingré au PN n° 95), la barrière de Montaut et la barrière de la Perrière, celle-ci étant surveillée jour et nuit par un garde-barrière dont le poste est tenu par la femme d’un cheminotLa barrière de Mégreville, comptée comme dans le recensement de l'année 1936, bénéficie également à cette époque de la présence d'une garde-barrière, in .. Faisant suite à la demande de la SNCF en 1977, la municipalité consentDélibération du conseil municipal du . à faire supprimer les trois derniers PN en échange du remplacement du PN 95 par la construction d’un pont ferroviaire. Ce pont est mis en service en Délibération municipale du .. Un pont routier est édifié en 1850 pour assurer la continuité du chemin d’Orentay devenu depuis une voie communaleEn vertu d'une délibération municipale du , ce pont est élargi en 1932, en partie aux frais de la commune, pour une chaussée de de largeur et deux trottoirs de chacun.. Le passage pour piétons à Mégreville est fermé en 1976.

Le , le préfet du Loiret autorise, par ordonnance, la compagnie de chemin de fer à disposer de « wagons à salon pour fumeurs »Le Journal du Loiret du ..

En , à l'occasion de son retour de Tours vers Orléans, le « prince-président », futur Napoléon III, répond, depuis la portière de son wagon, aux acclamations des habitants rassemblés sur le quai de la gare décorée d'un arc de triomphe, en feuillages et en fleurs, réalisé par la municipalité..

À la suite de la capitulation du maréchal Bazaine à Metz le pendant la guerre franco-allemande de 1870, les troupes bavaroises sont renforcées par les contingents prussiens venus de Metz qui arrivent le à La Chapelle par la rue d'Ingré. Ils avancent vers Orléans jusqu'au lieu-dit la Roche où les batteries françaises placées à la ferme Saint-Gabriel tirent quelques coups de canon, ce qui fait revenir les Prussiens jusqu'au lieu-dit la GuideLa Guide est un quartier situé au centre de la commune de La Chapelle. ; c'est à ce moment-là que le train où se trouve Léon Gambetta, ministre de la Guerre et de l'Intérieur, venant de Tours pour se rendre à Orléans, s'arrête à la gare de La Chapelle, à environ du lieu-dit Croquechâtaigne et doit faire marche arrière pour éviter un tir prussien nourri...

En 1900, le service d'été du trafic ferroviaire de la gare prévoyait quotidiennement cinq trajets vers Orléans et cinq trajets vers Blois (Archives du GHL).

La gare sera également ouverte au service des marchandises à la fin des années 1920 et utilisée, à cette fin, essentiellement par l'entreprise Dessaux, implantée au nord des voies, qui sera rachetée par l’entreprise Saint-Gobain en 1934Bulletin annuel du GHL de La Chapelle Saint-Mesmin n° 23 (2006), « Patrimoine : La Gare de la Chapelle », article de Pierre Moreau.. À cette époque, il existe à proximité, rue de la Gabellière, un établissement dénommé Café de la GareAujourd'hui (en 2021), le café a fermé ses portes mais la maison existe toujours (source : archives municipales).. vignette|Quai de la gare avec son abri en . L'implantation de la gare accentue progressivement l'urbanisation de la commune qui devient un lieu de villégiature. La section Orléans-Tours fait progressivement disparaître la batellerie. De ce fait, dès les premières semaines de sa mise en service, les compagnies de bateaux à vapeur de Loire doivent réduire fortement leur prix d'embarquementle Journal du Loiret du 13 mai 1846, page 2., puis cesser, après quelques semaines, leurs activitésJournal L'Orléanais du 17 juin 1846.. En outre, le transport ferroviaire, ajouté à l'agrément des bords de Loire, est propice à l'édification, entre 1840 et 1860, de nouvelles villas et de manoirs pour les propriétaires d'Orléans et même de Paris (Villas des Ormes, de la Carbonnière, des Lilas, de l'Ermitage, des Tourelles).

En 1898, la gare de La Chapelle réalise des recettes annuelles d'un montant de . Elle est classée 24e sur les 62 gares du département du Loiret en termes de fréquentation. En 1899, monsieur André est nommé chef de gare en remplacement de monsieur Aufrère, admis à la retraite (Archives du GHL).

À l'occasion du recensement de 1936, le nombre d'employés de la ligne Paris – Orléans affectés à la gare de La Chapelle Saint-Mesmin s'élève à Le chef de gare, un électricien, un aide-électricien, un soudeur, un ajusteur, un serrurier, ainsi que les cinq gardes-barrières, in ..

En , compte tenu du refus de la municipalité d'en faire l'acquisitionDélibération municipale du , la démolitionBulletin annuel du GHL de La Chapelle Saint-Mesmin N° 24 (2007) par la SNCF du bâtiment historique de la gare a donné lieu à une forte mobilisation des Chapellois pour sauver en vain leur gare. L'arrêt subsiste ainsi qu'un parking et un parc à vélos.

Cette ligne de chemin de fer, qui traverse de part en part le territoire de la commune, suivant plus ou moins parallèlement le tracé de l'autoroute A10 à une distance d'environ un kilomètre plus au nord (et qui constitue une frontière naturelle avec la commune voisine d'Ingré), est toujours considérée aujourd'hui comme une véritable coupure avec le centre bourg pour les habitants des quartiers situés entre ces deux réseaux (Les Forges, l'Autruche, Pailly, les Chesnats, Orentay et Maison Rouge).

Fréquentation De 2015 à 2022, selon les estimations de la SNCF, la fréquentation annuelle de la gare s'élève aux nombres indiqués dans le tableau ci-dessous..

Année20152016201720182019202020212022Voyageurs

Service des voyageurs Accueil Halte de la SNCF, c'est un point d'arrêt non géré (PANG) à entrée libre..

Desserte La halte est desservie en semaine par six TER Centre-Val de Loire en direction de la gare d'Orléans et par quatre TER qui effectuent des missions omnibus entre les gares de Blois - Chambord et d'Orléans.

Le trajet La Chapelle/Orléans centre-ville s'effectue en 8 minutesAccès, La Chapelle-Saint-Mesmin sur le site officiel de la commune.

Elle est l'une des quatre gares d'Orléans Métropole intégrées au TER-Bus, qui permet d'utiliser les TER entre ces quatre gares avec un titre de transport urbain..

Intermodalité La gare est desservie par les transports de l'agglomération orléanaise (TAO), par la (à l'arrêt La Chapelle-Gare).

Un parc pour les vélos et un parking pour les véhicules sont aménagés à ses abords.

Notes et références

Sources . Voir aussi

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