La bataille de la colline 60 () est un combat qui s'est déroulé du au entre les troupes britanniques et allemandes au lieu-dit au sud-est d'Ypres, sur le site bordé par les bois des hospices Gasthuisbossen (Ypres) et le parc provincial du Palingbeek Le site de Hill 60 (mémorial) , Ypres (Belgique), qui constitua le front de l'Ouest au cours de la Première Guerre mondiale. est capturée par la division d'infanterie allemande lors de la première bataille d'Ypres. Les troupes françaises entreprennent des préparatifs pour attaquer le site. Celles-ci sont relevées par la d'infanterie britannique puis par la d'infanterie britannique, qui continuent les préparatifs. Le plan est retravaillé et devient plus ambitieux, visant à prendre et à conserver . Cette conservation est cependant conditionnée par la prise d'une autre colline Caterpillar à proximité.
est une des rares zones non gorgées d'eau dans laquelle des galeries de mines peuvent être creusées. Les Français ont commencé des galeries de sur , prolongées par les troupes britanniques qui emploient des mineurs expérimentés de Northumberland et du Pays de Galles. L'attaque débute le ; après l'explosion des mines britanniques, la colline est rapidement capturée pour des pertes britanniques de sept blessés. La nouvelle position forme un saillant dans les lignes allemandes rendant son occupation couteuse en vie humaine. Durant le mois d'avril, les Allemands et les Britanniques s'accusent mutuellement d'utiliser des gaz toxiques dans les combats. Les tentatives allemandes de reconquête de commencent au mois de mai. Les Allemands soutenus par des tirs d'obus à gaz attaquent la position ; à la deuxième tentative elle est reprise, le . Cette position reste ensuite aux mains des troupes allemandes jusqu'à la bataille de Messines de .
Description du champ de bataille Le terrain au Sud de Zillebeke s'élève progressivement pour atteindre une crête entre les villages de Zwarteleen et de Zandvoorde. Deux routes sont orientées du nord-ouest au sud-est et relient Ypres à Verbrandenmoelen et Hollebeke, et Zillebeke à Zwartelen et Zandvoorde. La voie de chemin de fer entre Ypres et Comines suit un trajet parallèle aux deux routes à de Zillebeke ; lors de sa construction, la crête est arasée. Les déblais sont déposés à l'est de la ligne de chemin de fer, formant deux collines artificielles, un long monticule au sommet de la crête appelé Caterpillar et un second à proximité de Zillebeke appelé Dump. À l'ouest de la voie ferrée, le dernier sommet, point culminant du reste de la crête, mesure de long pour de haut, il est nommé . De ce sommet, les observateurs ont une vue sur les étendues entre Zillebeke et Ypres.
Forces en présence Lors de la Première bataille d'Ypres, la ligne de front est tenue par une troupe hétéroclite de fantassins et de cavaliers français et britanniques, puis par des troupes françaises. En , la d'infanterie britannique relève les troupes françaises de ce secteur, puis la d'infanterie britannique occupe la position.
est occupée, depuis le , par les hommes du d'infanterie de la division d'infanterie allemande qui aménagent défensivement le site.
Préparatifs Pour la première fois depuis le début du conflit, les Britanniques envisagent de miner les positions allemandes pour s'en emparer. Le major-général , commandant de la d'infanterie britannique propose la mise en place de six mines sous les positions allemandes pour le mois d' ; ces préparatifs sont poursuivis après la relève de la division par la d'infanterie britannique. La de tunneliers poursuit au mois de mars le percement de trois tunnels en direction des lignes allemandes. À la fin des travaux le , la longueur totale des galeries est de ; au nord de , deux chambres de mines contiennent chacune d'explosifs. Au centre de la position deux chambres sont créées contenant chacune d'explosifs. Au sud de la position, les travaux ont été ralentis voire arrêtés quand un tunnel allemand a été détecté, une chambre est cependant remplie de de fulmicoton.
Le , l'artillerie britannique a identifié les points fortifiés de la position et les voies d'accès à l'aide de photographies aériennes. Les troupes britanniques de la d'infanterie chargées de l'attaque montent en première ligne durant la nuit. Le du RFC est chargé d'interdire le survol de la zone à l'aviation allemande.
Déroulement de la bataille 17 - : prise de par les Britanniques Le à , les Britanniques déclenchent l'explosion de deux premières mines suivie par les suivantes dix secondes plus tard qui projettent des débris jusqu'à de haut dans un rayon de , provoquant quelques blessés chez les assaillants de la . La garnison allemande formée d'une compagnie du d'infanterie est pratiquement éliminée, les rares survivants sont désorientés, se rendent ou sont submergés et sont tués ; allemands sont faits prisonniers au cours de l'opération pour pour les troupes britanniques. Vers , deux tranchées de communication sont creusées entre les anciennes lignes et les nouveaux postes conquis. L'artillerie allemande ne reste pas silencieuse et commence à bombarder autour de , puis à partir de du matin elle vise directement .
Le les troupes allemandes de la division d'infanterie allemande contre-attaquent par trois fois sans résultats, avec de fortes pertes. Cependant, les tirs par l'artillerie allemande d'obus explosifs, d'obus à gaz et les tirs de mitrailleuses en provenance de Caterpillar obligent les soldats britanniques à se replier derrière la crête de la colline, excepté sur le flanc droit de la position où le repli est encore plus prononcé. À , une nouvelle attaque britannique forte de deux bataillons permet l'occupation de la totalité de la colline.
La d'infanterie est relevée par la à l'aube du . L'artillerie allemande maintient un bombardement qui s'intensifie sur la colline le . Le , les troupes allemandes de la division d'infanterie allemande attaquent à la grenade à deux reprises vers et sans résultats sur un terrain bouleversé par les bombardements. À partir du , les divisions des et d'armée britannique préparent des simulations d'attaques de part et d'autre de la position de pour limiter la pression allemande ; ces simulations sont ajournées le après l'attaque au gaz allemande de la d'infanterie française sur la face nord du saillant d'Ypres.
- : contre-attaques allemandes et retour au statu quo Le , les hommes de la division d'infanterie allemande lancent une nouvelle attaque. Elle est précédée d'un bombardement par l'artillerie lourde puis par la libération à d'une vague de dichlore à moins de des positions britanniques sur un front de . La vague de gaz progresse rapidement, la plupart des troupes britanniques sur n'ont pas le temps d'appliquer leurs protections improvisées. Dans le même temps l'artillerie allemande bombarde les voies d'accès britannique à la colline, l'infanterie allemande attaque par les flancs la position à la grenade. La garnison britannique arrive cependant à tirer sur les assaillants suffisamment longtemps pour que les renforts franchissent le barrage d'artillerie allemand, traversent le nuage de gaz. Dans le même temps plusieurs unités allemandes ont progressé trop rapidement et se sont trouvées dans la zone de barrage allemand. Cette attaque allemande est finalement repoussée au prix de fortes pertes pour les unités britanniques de .
Le , la d'infanterie britannique est en première ligne et occupe et un secteur de tranchées long de de part et d'autre de la colline. À , les Allemands libèrent une nouvelle vague de dichlore de part et d'autre de la colline, le vent déplace la vague le long de la ligne de défense britannique et ne la traverse pas, une seule sentinelle est capable de sonner l'alerte aux gaz, les autres étant trop intoxiquées. Les plans de défense britannique en cas d'attaque de gaz sont de déplacer les réserves vers les positions de flanc de attaquées les jours précédents, mais la présence du nuage de gaz et sa densité n'ont pas permis l'arrivée de renfort. Malgré le changement de protection durant l'attaque au gaz, la garnison britannique est intoxiquée, les troupes allemandes arrivent plus tard et occupent les pentes inférieures de la colline. Les renforts britanniques sont lancés dans la bataille, deux bataillons sont envoyés au sommet de , à les Allemands libèrent une nouvelle vague de dichlore à partir du flanc nord-est de la position.
Le flanc droit des Britanniques vers Zwarteleen est submergé, augmentant la partie de tranchées prise par les Allemands. Sur le flanc gauche, les Britanniques se maintiennent jusqu'à l'arrivée d'un bataillon en renfort vers ; ils contre-attaquent immédiatement et peuvent reprendre quelques tranchées sans repousser les Allemands du sommet de la colline. À , les Allemands libèrent une nouvelle vague de dichlore sans conséquence pour les défenseurs et attaquent, ils sont repoussés par des tirs d'infanterie. À , la d'infanterie britannique entre en ligne avec pour ordre de reprendre la colline. Après de bombardement, l'attaque est déclenchée à , mais l'obscurité, l'état du terrain et la vigilance des troupes allemandes bloquent toute avancée. Un groupe britannique parvient cependant au sommet, mais il doit se replier vers du matin devant l'intensité des feux en provenance du Caterpillar. Le , les soldats allemands et britanniques améliorent leurs positions en creusant de nouvelles tranchées. À l'aube du , deux compagnies britanniques soutenues par des grenadiers attaquent la colline, les hommes sont tous tués ou capturés.
Opérations aériennes Le du RFC débute les patrouilles aériennes le à avec des Avro 504 et des entre le mont Kemmel et Ypres jusqu'à 19 h 15 et interdit le ciel aux avions allemands. L'artillerie britannique pratique des tirs de contre-batterie grâce aux pilotes qui identifient les positions des batteries allemandes camouflées par l'éclair du tir. Le , le procédé est amélioré par l'emploi de stations lumineuses dans les avions et d'observateurs au quartier-général de la d'infanterie pour permettre une meilleure réactivité. Au cours de la journée, les avions britanniques repoussent un avion allemand d'observation. À , observent les départs de tirs de l'artillerie allemande et parviennent à identifier de batteries qui sont alors contre-battues, diminuant l'activité de l'artillerie allemande.
Les jours suivants, dès qu'un avion britannique survole la ligne de front, l'artillerie allemande ralentit ou arrête ses tirs pour les reprendre dès la nuit tombée ou lorsque les avions disparaissent. Le , le prend des photographies aériennes de et les fournit au commandant de bataillon chargé de l'attaque, mais l'attaque échoue et les opérations aériennes prennent fin.
Analyse et bilan Analyse Les Allemands ont préparé l'attaque aux gaz en enfouissant le long de la ligne de front du corps d'armée des bouteilles de gaz. L'attaque britannique du a fait craindre à l'état-major allemand que des bouteilles ne soient aux mains des Britanniques. Les Allemands accusent alors les Britanniques d'avoir utilisé des gaz de combat, cette accusation est également lancée par les Britanniques. Ces différentes accusations ont servi de justification à l'utilisation des gaz de combat sur le nord du saillant d'Ypres le , puis sur la totalité du saillant jusqu'au mois de mai.
Plusieurs officiers britanniques ont émis des doutes sur le bien fondé tactique de transformer un raid en une occupation de . Ces doutes se sont révélés fondés devant le coût humain de la conservation de la colline et sa perte rapide dès que les Allemands ont pu lancer une contre-attaque organisée.