thumb|Photo de l’incendie de Smyrne, le 14 septembre 1922. thumb|Incendie de Smyrne, 1922, par Ovide Curtovitch. Huile sur toile, Musée Benaki, Athènes. L’incendie de Smyrne, que les Grecs appellent la catastrophe de Smyrne (en ), est un événement de la deuxième guerre gréco-turque. Il détruit la majeure partie de la cité portuaire de Smyrne, aujourd’hui Izmir, en septembre 1922, et cause la mort de plusieurs milliers de chrétiens anatoliens.
Selon plusieurs témoins oculaires, l’incendie aurait éclaté dans le quartier arménien quatre jours après la reconquête de Smyrne par les nationalistes turcs, le George Horton, The Blight of Asia: An Account of the Systematic Extermination of Christian Populations by Mohammedans and of the Culpability of Certain Great Powers; with the True Story of the Burning of Smyrna, Sterndale Classics and Taderon Press, Londres, 2003, p. 96.. Le feu, qui ravage les quartiers chrétiens mais épargne les quartiers juifs et musulmans, s’accompagne de massacres.
En une semaine, l’incendie détruit presque tout le quartier chrétien (konak) et y fait près de The New York Times: "Only Ruins Left In Smyrna" (16-09-1922). L’origine de cet incendie est fortement disputée : les Grecs et les Arméniens en imputent la responsabilité aux pillards turcs, tandis que les Turcs accusent les chrétiens de s’être livrés à une politique de terre brûlée pour empêcher que leurs biens n’échoient aux musulmans. Mais les témoignages, notamment celui de George Horton, affirment que le quartier arménien était gardé par les troupes turques qui y interdisaient la libre circulationPaul Dumont, Mustafa Kemal invente la Turquie moderne, 1919-1924, Bruxelles 1983, p. 127, mentionne les deux versions possibles quant aux causes de l’incendie..
La destruction des quartiers chrétiens chasse de chez eux Edward Hale Bierstadt, Helen Davidson Creighton, The great betrayal: a survey of the near East problem, R. M. McBride & company, 1924, p. 218. à U.S. Red Cross Feeding, Refugees, Japan Times and Mail, 10 novembre 1922. autres Micrasiates, qui doivent trouver refuge, dans des conditions très dures, sur la côte durant deux semaines. C’est en effet seulement le que des navires de la flotte grecque sont, en partie grâce aux dénonciations par le consul américain Horton de l’indifférence internationale face à ce qu’il qualifie de génocide, autorisés à revenir à Smyrne.
Jusqu’au ces navires évacuent car outre les , près de de toute l’Ionie ont également été acculés à la côte. C'est un prélude à l’échange de populations musulmanes et chrétiennes qui a lieu entre la Turquie et la Grèce l’année suivante, selon les dispositions du traité de Lausanne (1923). Dans son ouvrage paru en 1926, The Blight of Asia, Horton accuse l’armée turque d’avoir sciemment provoqué la destruction de Smyrne pour rendre impossibles tout retour ou indemnisation des réfugiés expulsés. D’après les historiens, entre Mark Biondich, The Balkans: Revolution, War, and Political Violence Since 1878, Oxford University Press, 2011, p. 92 et Grecs et Arméniens ont péri dans ces événements, p. 233..
Dans la fiction Smyrna, My Beloved (en grec: Σμύρνη μου αγαπημένη), film de Grigoris Karantinakis (2021) L'Oiseau bleu d'Erzeroum, roman de Ian Manook, Albin Michel, 2021
Articles connexes Izmir Occupation de Smyrne par la Grèce Guerre gréco-turque (1919-1922)
Références
Bibliographie Giles Milton : Le Paradis perdu: 1922, la destruction de Smyrne la tolérante, 2013, Éd Libretto, , Hervé Georgelin (dir.), La fin de Smyrne, du cosmopolitisme aux nationalismes, éd. du CNRS, 2005,
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