L'abbaye d'Heylissem est un établissement monastique en activité du à la Révolution française.

Elle est fondée vers 1130 par le seigneur Renier pour accueillir des chanoines prémontrés à Hélécine, en Belgique, dans la province du Brabant wallon. Le domaine foncier de l'abbaye s'agrandit tout au long des , son exploitation servant à entretenir les paroisses des environs. Au , le duc de Brabant autorise la construction d'une enceinte fortifiée.

Alors que les sont des siècles paisibles pour l'abbaye, les guerres de Religion des entraînent le passage fréquent de troupes françaises, espagnoles ou hollandaises. L'abbaye, ses paroisses et ses fermes subissent alors de graves dégâts, pillages, saccages ou incendies.

Au , la paix retrouvée permet à la communauté de se relever. En 1768, l'architecte Laurent-Benoît Dewez reconstruit entièrement l'abbaye. Un haras produisant une race réputée de chevaux de carrosse y est créé. Les religieux doivent cependant quitter leur couvent en 1796 du fait du pouvoir révolutionnaire français. Les biens sont vendus, passant entre diverses mains, les ailes latérales du bâtiment étant démolies, tout comme le chœur de l'église et les bâtiments conventuels, pour faire place à une usine moderne.

En 1962, les comtes d'Oultremont, qui y résident depuis 1919, vendent la propriété à la province de Brabant. Après de nouvelles transformations, le château de style néoclassique présenté comme Domaine provincial d'Hélécine est ouvert au public.

Géographie L'abbaye d'Heylissem est situé à Hélécine (Heylissem en néerlandais), en Belgique, dans la province du Brabant wallon, à 8 km au sud-est de la ville de Tirlemont. À l'origine, les religieux s’installent sur la terre que le seigneur Renier leur donne au bord de la petite Gette.

Histoire Au , tout seigneur ayant à cœur le bien spirituel de ses sujets demandait l’aide des prémontrés, un nouvel ordre religieux fondé en 1120, à l’expansion rapide, combinant de manière originale la vie de chœur avec l’engagement pastoral. Ainsi le fait Renier de Zétrud-Lumay, avec l’aide de son frère Gerland, abbé de Floreffe. Vers 1130, il fait appel aux prémontrés de l'abbaye de Floreffe.

Fondation et approbation Les chanoines acceptent l’offre et s’installent sur la terre que le seigneur Renier leur donne au bord de la petite Gette. À l’origine le monastère est mixte, c’est-à-dire qu'il comprend deux communautés distinctes, une de chanoines et l’autre de chanoinesses. En 1142, la communauté féminine déménage à Cologne. En 1145, la fondation est approuvée par le pape Eugène III.

Les donations de terres étant nombreuses, le domaine foncier de l’abbaye s’agrandit tout au long des . Son exploitation, tout en contrôlant et en canalisant la petite Gette, sert à entretenir les paroisses qui sont confiées aux chanoines. À la fin du , ce domaine de huit cents hectares inclut douze fermes et neuf moulins. Au , le duc de Brabant les autorise à construire une enceinte fortifiée. Une quinzaine de paroisses de la région de Jodoigne et de Tirlemont dépendent de l’abbaye. Elles en dépendront jusqu’à la Révolution française.

Siècles paisibles Les sont des siècles paisibles pour l'abbaye. Jean III, duc de Brabant, y séjourne douze jours en 1332Émile Poumon, Abbayes de Belgique, Office de Publicité, S.A., éditeurs, Bruxelles, 1954, ..

Siècles éprouvants Les sont des siècles éprouvant pour l'abbaye. Les guerres de Religion et le passage fréquent de troupes françaises, espagnoles ou hollandaises font que l’abbaye, ses paroisses et ses fermes subissent souvent de graves dégâts et que la vie en général est désorganisée. Par trois fois, elle est pillée et incendiéePar exemple, reconstruite par l'abbé Guillaume Vandermolen au début du , elle est ensuite brûlée (1568) puis saccagée (1635), et encore restaurée dans le style de la Renaissance flamande par l'abbé Jean Raulet (1646). et la communauté doit se réfugier dans les villes voisines : à Léau en 1568, et pour une quinzaine d’années à Tirlemont, de 1690 à 1704. Une gravure d'Antoine Sandérus datant de 1659 montre cependant une Helissem celebris et antiqua abbatia, de belle allure.

Renouveau et reconstruction Au , la paix retrouvée permet à la communauté de se relever. Ils sont une quarantaine de chanoines réguliers à Heylissem. L’étendue du domaine augmente encore avec l’achat de terres, en 1749, à Kumtich, appartenant à l’Abbaye bénédictine de Kornelimünster. Des fermes supplémentaires entrent ainsi dans le patrimoine d’Heylissem, dont Stocquoy (Jodoigne), Chapeauveau (Opheylissem), Seumay (Perwez) et la Dîme (Jandrain).

En 1768, le père abbé d’Heylissem Jean-Michel Gosin fait appel au célèbre architecte Laurent-Benoît Dewez pour reconstruire entièrement l’abbaye. Le projet est réalisé en une douzaine d’année. Le palais abbatial a alors une très large façade néoclassique. Une coupole de grande dimension et de 47 mètres de haut couvre la nef de l’église, qui est consacrée en 1780.

Mais les religieux sont à peine installés dans leurs nouveaux bâtiments qu'ils doivent les quitter. Le , en effet les 25 chanoines sont expulsés manu militari de l’abbaye par le pouvoir révolutionnaire français.

De l’abbaye au château Les biens sont mis en vente en lots morcelésLe palais abbatial est vendu comme bien national pour aux frères Tiberghien, dont Pierre-François Tiberghien, qui y installent une filature (1796)., et les bâtiments de l’abbaye passent en diverses mains qui les utilisent parfois comme simple carrière de belles pierres taillées. D’abord, en 1800, une filature textile dirigée par un industriel français s’y installe. Elle fait faillite. À partir de 1821, c'est une distillerie d’eau de vie à base de pommes de terre et une usine sucrière qui prennent place. L’entreprise de Gustave van den Bossche à Tirlemont prospérant, les ailes latérales du bâtiment sont démolies pour faire place à une usine moderne.

En 1870, son fils souhaite donner un aspect de château au palais abbatial, sous la forme d'un long bâtiment d’est en ouest, ayant en son centre ce qui reste de l’ancienne église abbatiale. Il confie ce projet à l’architecte Alphonse Balat. La façade est légèrement transformée, lui donnant un aspect plus aristocratique, et le dôme, d’allure trop ecclésiastique, est baissé d’une dizaine de mètres. Jusqu’en 1876, les statues des quatre Évangélistes surmontaient encore l’attique de la façade. Les ailes latérales de la cour d'honneur sont transformées en dépendances et en écuries. Un parc est aménagé.

Par héritage le domaine passe à la famille d'Oultremont. En 1962, les comtes d’Oultremont, qui y résident depuis 1919, vendent la propriété à la province de Brabant. Après de nouvelles transformations, respectant cette fois le caractère historique des lieux, le château est ouvert au public comme Domaine provincial d’Hélécine.

Aspects patrimoniaux Le dôme central, visible sur le dessus du château, qui est une coupole de grande dimension et de 47 mètres de haut, couronnait autrefois la nef de l'église abbatiale. Le palais abbatial (1780) est un long bâtiment rectangulaire flanqué, au centre, d'un attique supporté par quatre pilastres corinthiens et, au milieu de chaque aile, d'un fronton triangulaire armorié. L'escalier de l'ancien palais abbatial est tout à fait remarquable. La pierre de Gobertange a été utilisée à l'abbaye d'Heylissem.. Les parties communes, la ferme et l'ancien moulin abbatial, alimenté par les eaux de la Petite Gette, évoquent l'époque des moines, qui possédaient, au , l'un des haras les plus fameux de la provinceJoseph Delmelle, Abbayes et béguinages de Belgique, Rossel Édition, Bruxelles, 1973, ..

Liste des abbés vignette|droite|redresse|Moine d'Heylissem. Gerard, cité comme abbé en 1153. Albert, décédé en 1199

Ensuite, une liste des abbés ayant dirigé Heylissem est la suivanteMonasticon belge, tome IV, 3e volume, Ordre de Prémontré : Siger Claes (Nicolai) dit Amours, abbé 1457-1500 Jean van Buyten, abbé vers 1500-1507 Guillaume du Moulin, dit Van der Molen, abbé 1508-1544 Renier Panisgrave, abbé 1544-1553 Embert Nivelaer (°Arendonk), abbé 1553-1557 Gilles Bernaerts, abbé 1557-1581 Balthasar Lovens, abbé 1582-1587 Jean Bernaerts dit Braze, abbé 1588-1612 Jean de Frayteur, abbé oct. 1612-1645 Jean Raulet (Rauweletz, Rauletz, Rawletz), abbé 1645-1661 Lambert Bals, abbé 1662-1688 Hugues del Phalise, abbé 1688-1689 Gauthier Chabotteau (°1637), ..-1713 Gabriel Brion (°Corbais, 1678), abbé 1716-1733 Milon Defossez (°Namur, 1679), abbé 1733-1761 Michel Gosin (°Huppaye, 1712), abbé 1761-1773 Pierre Dave (°Thynes-lez-Dinant, 1720), abbé 1774-1790 François-Joseph Demanet (°Court-St-Etienne, 1740), abbé 1790-1795, décédé en 1809

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Liste des monastères en Belgique Liste des édifices norbertins en Belgique

Bibliographie

Monasticon belge, tome IV, 3e volume, Ordre de Prémontré.

Liens externes

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