Pol Bury, né à Haine-Saint-Pierre le et mort à Paris le Relevé des fichiers de l'Insee, est un peintre et sculpteur belge.
Il a pratiqué le dessin, la peinture, la sculpture, la gravure mais également l’écriture, la création de bijoux, la construction de fontaines, et la réalisation de plusieurs courts-métrages expérimentaux.. Il est considéré comme un artiste contemporain majeur du et est reconnu internationalement. Ce sont surtout ses reliefs et ses sculptures cinétiques qui ont donné à l’artiste sa place dans l’histoire de l’art. Maître du mouvement lent, il maîtrise le temps dans ses réalisations mobiles, ses fontaines qui dégagent à la fois quelque chose de troublant et une grande sérénité, amusent et animent tout espace où l’eau peut jouer : ville ou campagne, parc historique ou espace contemporain... Qu’elles soient à tubes ou à bulles, en acier, en cuivre ou en une autre matière, les fontaines de Bury font appel au génie créateur de l’artiste et à son imagination technique et mathématique.
Biographie vignette|redresse=1.25|Sculptures de Pol Bury au début du boulevard du Roi Albert II à Bruxelles. vignette|redresse=1|Sculpture de Pol Bury devant l'immeuble Régent 44 à Bruxelles. À , en 1938, Pol Bury commence des études artistiques, de peinture et de dessin, à l’Académie royale des Beaux-Arts de Mons. À la même époque, il rencontre le poète Achille Chavée, un maître à penser du surréalisme en Wallonie. Le poète fait entrer Pol Bury dans le groupe surréaliste « Rupture » qu'il a fondé en 1934. Influencé par Yves Tanguy, Pol adhère, comme de nombreux membres du groupe, à l’idéologie communiste et peint ses premiers tableaux surréalistes. Après sa rencontre avec René Magritte, il travaille en 1940 pour la revue L'Invention collective de Magritte et Raoul Ubac, et participe à l’Exposition internationale du surréalisme en 1945.
En 1946, il oriente sa peinture vers l'abstraction. Il dépasse la manière de peindre représentative, thématique et fixe des surréalistes et réfléchit sur les possibilités picturales de la couleur et de la forme. L’incompréhension de ses amis surréalistes le force à les quitter. Il entre alors dans le groupe de La Jeune Peinture Belge (fondé en 1945) qui se dissout en 1948, puis entre dans le groupe Surréaliste révolutionnaire fondé par Christian Dotremont et Joseph Noiret en 1947, qui fusionne vite avec CoBrA. De 1948 à 1951, il contribue à la rédaction et l’illustration de la revue Cobra, et participe aux expositions du groupe. En 1950, une visite de l'exposition d'Alexander Calder à la galerie Maeght l'influence grandement et l'incitera plus tard à s'adonner à la sculpture. En 1952, Pol Bury est un des fondateurs du groupe Art Abstrait qui correspond mieux à ses recherches artistiques du moment, basées sur son approche admirative de l’œuvre de Mondrian. Certaines de ses peintures s'approchent aussi du style de Miró.
En 1953, il abandonne peu à peu la peinture et réalise ses premiers Plans mobiles, des panneaux dont l’aspect dépend de l’angle de vue. Durant cette même année, il crée, avec André Balthazar, l’Académie de MontbliardUne institution d’où sortira plus tard le Daily-Bul, une revue qui deviendra une maison d’édition ainsi que la revue du Daily-Bul, qui deviendra maison d’édition à La Louvière en 1959.
Les nouvelles œuvres de Pol Bury, qui apparaissent en 1955, s'inscrivant dans le cinétisme, sont des œuvres en mouvement ; le mouvement étant un « symbole de précision et de calme d’une méditation en action ». Bury participe même à l'exposition Le Mouvement à la galerie Denise René en 1955. Avec des matériaux choisis, le bois, le liège, l’acier inoxydable, le laiton et le cuivre, il réalise ses Multiplans, en utilisant divers éléments, des boules, des disques, ainsi que des jeux de lumière. De 1959 à 1963, il crée la série des « ponctuations ».
Il s’installe en 1961 à Paris où il fait sa première exposition personnelle dans la galerie d'Iris Clert en 1962. En 1963, Bury commence sa grande série des Volumes ouverts et fermés. L'année suivante, il part pour les États-Unis où il enseigne six mois à l'université de Berkeley et trois mois au Minneapolis College of Art and Design. vignette|Mélangeur (1961) En 1964, il représente la Belgique à la Biennale de Venise. Il expose en 1966 des lithographies à la librairie La Hune à Paris. Le critique Otto Hahn, dans L'Express, écrit à leur propos : Otto Hahn, Sélection expositions, L'Express du 3-9 octobre 1966, ..
Au cours des années 1970, deux rétrospectives de son œuvre circulent respectivement à travers les États-Unis et l’Europe.
Au début des années 1970, pour la Fondation Maeght, il co-réalise quatre courts-métrages expérimentaux avec le réalisateur, photographe et écrivain français, Clovis Prévost. : Une leçon de géométrie plane (1971)., 8 500 tonnes de fer (1971)., 135 km/h (1972). et 25 tonnes de colonnes (1973).. vignette|Plaque boulevard Raspail ( arrondissement de Paris), où il vit de 1968 à 2005. En 1976, il crée sa première fontaine hydraulique. S’inscrivant toujours dans le mouvement cinétique, ses sculptures, autrefois silencieuses, font maintenant du bruit. Pol Bury n’a cessé de concevoir de nouvelles fontaines en acier, toutes plus surprenantes les unes que les autres, utilisant des formes simples, cylindres, sphères, demi-sphères, triangles, pour différentes institutions et lieux tels que le musée Guggenheim de New York ou les jardins du Palais-Royal de Paris. Dans ces fontaines, l’eau est utilisée pour défaire l’équilibre instable des volumes d’acier.
Il publie Les horribles mouvements de l'immobilitéÉditions Carmen Martinez, Paris en 1977, recueil de textes écrits à partir de 1959, intitulé ainsi en hommage à une phrase de BalzacCitation de Balzac en début d'ouvrage : (Théorie de la Démarche). Dans le premier chapitre consacré au Point, il écrit :
Il fut élu régent de Cinématoglyphe du Collège de 'Pataphysique.
Pol Bury meurt le à Paris., alors qu’une importante exposition de ses fontaines est en cours au château de SeneffeSite du château de Seneffe.. Il avait lui-même choisi ce lieu, estimant que :
Il est inhumé au cimetière de Perdreauville, commune où il résidait. Hommages En 2014, le réalisateur belge Arthur Ghenne. lui consacre un film documentaire de moyen métrage, Pol Bury, la poésie de la lenteur (57 min, 2014)., produit par la cinémathèque de la Communauté française de Belgique.
Une autre rétrospective lui est consacrée en 2015 à la Fondation EDF de Paris.
En 2022, le Centre Daily-Bul & C° et le MiLL de La Louvière initient une série d'évènements autour du centenaire de la naissance de Pol Bury.
Sculptures Sculpture monumentale (1969), Université de l'Iowa, États-Unis. Moving ceiling, sculpture de cylindres en acier, station de métro Bourse (1976), Bruxelles, Belgique. La Fontaine (1978), Fondation Maeght, Saint-Paul de Vence, France. Capteurs de ciel (1983), rue de Ligne (coin rue Montagne de l'Oratoire), Bruxelles, Belgique. Sept Sphères dans une demi-sphère, fontaine (1984), Fondation Pierre-Gianadda, parc de sculptures, Martigny, Suisse. Sphérades, sculptures de sphères, double fontaine (1985) dans la Galerie d'Orléans du Palais-Royal, à Paris, France.. Sculpture de sphères en équilibre devant le palais de justice d’Avignon, France. Sculpture de sphères place Romagné à Conflans-Sainte-Honorine, France. Juin 1995, dit aussi La Fontaine de Pol Bury (1995), boulevard du Roi Albert II, Bruxelles, Belgique. La sculpture du parc Gilson, La Louvière, Belgique. Fontaine 64 carrés, Le Grand-Hornu, Mons, Belgique.
Collections publiques
Musée Gaspar à Arlon. Collections de l'Institut archéologique du Luxembourg, lithographies..
Livres illustrés Pol Bury, de colonnes., Catalogue d'exposition, broché sous couverture illustrée, 88 p., (), Fondation Maeght éditeur, Saint-Paul-de-Vence, 1973. . Pierre Descargues, Eugène Ionesco, Pol Bury, Derrière le miroir n°228, Maeght Éditeur, 1978. André Balthazar, Lignes, Brandes, 1979. Pierre Descargues, Gravités malignes et autres causes de l'harmonie des sphères dans l'œuvre de Pol Bury, Le Daily-Bul, 1980. Pierre Descargues, Pol Bury. Miroirs et fontaines, Galerie Adrien Maeght, 1985. Pierre Descargues, Les Fontaines de Pol Bury, Le Daily Bul, 1986. Pol Bury, 896 têtes ramollies, Plein Chant, Bassac, 1989. La deuxième partie de Pathologie de la vie sociale d'Honoré de Balzac : Théorie de la démarche, en 1990. Pol Bury, La Gravité des images, coll. « L'art en écrit », éditions Jannink, Paris, 1996. Pol Bury, le temps en mouvement, Fonds Mercator, Bozar books (Palais des beaux-arts de Bruxelles), 2017 ..
Essais Pol Bury, Les caves du Botanique, Bruxelles, Les Éditions du Botanique, 1986, 179 p. Le syndrome de Pontier, Paris, Allia, 2015, 24 p., (gratuit) .
Filmographie Réalisateur Une leçon de géométrie plane (coréalisé avec Clovis Prévost), court-métrage, France, 1971. 8 500 tonnes de fer (coréalisé avec Clovis Prévost), court-métrage, 15 min, France, 1971. 135 km/h (coréalisé avec Clovis Prévost), court-métrage, 13 min, France, 1972. 25 tonnes de colonnes (coréalisé avec Clovis Prévost), court-métrage, France, 1973.
Documentaires Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain, module « L'art cinétique », (avec Pol Bury : lui-même), France, 1995. Pol Bury, côté jardin., réalisé par Reinhart Cosaert pour la Galerie Patrick Derom, court-métrage, 26 min, Belgique, 2009. Pol Bury, la poésie de la lenteur, (avec Pol Bury : lui-même, images d'archives), réalisé par Arthur Ghenne, moyen-métrage, 57 min, Belgique, 2014.
Vidéos La fontaine de Paul Bury à l'auditorium de Flaine. (avec Pol Bury : lui-même), court-métrage vidéo de Lawrence O'Toole, 4 min, France, Pol Bury: Time in Motion, A Tour with Gilles Marquenie., court-métrage vidéo de Bozar Brussels, 3 min 32 s, Belgique, 2017.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie sélective Ernest Pirotte, Rets, Bury, Carette, Delahaut, Van Hoeydonck, Vandenbranden, édition Galerie Le Rouge et le Noir, Charleroi, 1957. Pierre Descargues, Gravités malignes et autres causes de l'harmonie des sphères dans l'œuvre de Pol Bury, éditions Daily Bul, La Louvière (Belgique), 1980. Pierre Descargues, Pol Bury - Miroirs et Fontaines, éditions galerie Adrien Maeght, Paris, 1985. Pierre Descargues, Les Fontaines de Pol Bury, éditions Daily Bul, La Louvière (Belgique), 1986. Irène, Scut, Magritte et C°, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, 1996, 558 p. Xavier Canonne, Le Surréalisme en Belgique, 1924-2000, Fonds Mercator, Bruxelles, 2006 ; Actes Sud, Paris, 2007, 352 p. . Bouvard et Pécuchet précurseurs des avant-gardes, Caen, Envois L'Échoppe, 1987 . Daniel Marchesseau, [et al.], Pol Bury, "Instants donnés", de sculpture, Flammarion, Paris, 2015. Michel Ragon, Pol Bury dans la revue Cimaise, no 90, janvier-, . Frédérique Martin-Scherrer, Bibliographie raisonnée de Pol Bury, Portail de l'IMEC (Institut Mémoires de l'Édition Contemporaine). Frédérique Martin-Scherrer, Pol Bury, collection " Les Papiers", Portail "Matières premières", IMEC (Institut Mémoires de l'Édition Contemporaine). Frédérique Martin-Scherrer, Pol Bury. Livres et écrits, CFC-éditions et Le Centre Daily-Bul & C°, 2022, 272 p. .
Articles connexes Surréalisme en Belgique.
Liste de sculpteurs belges.
Liens externes
Photos d'œuvres de Pol Bury ( sur deux pages) Article sur Pol Bury, dans Projections, , 2011 Pol Bury dans Artcyclopedia « Pol Bury » sur l'encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain
Catégorie:Culture wallonne Catégorie:Naissance en avril 1922 Catégorie:Naissance à La Louvière Catégorie:Régent du Collège de 'Pataphysique Catégorie:Peintre du mouvement Cobra Catégorie:Plasticien belge contemporain Catégorie:Artiste contemporain belge Catégorie:Artiste belge francophone Catégorie:Artiste du métro de Bruxelles Catégorie:Peintre abstrait belge Catégorie:Peintre belge du XXe siècle