L’église Saint-Étienne est une église de style classique d'origine romane située sur le territoire de la commune belge de Court-Saint-Étienne, dans la province du Brabant wallon.

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Historique De l'église romane du , l'église Saint-Étienne conserve peut-être, dans les parties basses de la tour, certains vestiges de ses origines romanes.

En 1565, vu le mauvais état de la vieille église romane, les abbayes de Villers-la-Ville et d'Aywières, qui en percevaient la dîme, la firent abattre et remplacer par une église gothique : la nef fut reconstruite en 1565 et le chœur en 1569..

En 1568 éclate la Guerre de Quatre-Vingts Ans provoquée par la révolte des Pays-Bas septentrionaux contre le royaume d'Espagne : ce conflit allait avoir de sérieux impacts sur l'église Saint-Étienne.

Le premier impact se fait sentir dès 1568 : le on cache la châsse de saint Étienne et les vases précieux de l'église dans les bois de Hassoit par crainte des calvinistes..

Le second impact de la Guerre de Quatre-Vingts Ans, bien plus grave, eut lieu en 1584 lorsque l'église et la cure furent incendiées par des soldats calvinistes qui étaient en garnison à Vilvorde.. De cette église gothique subsiste une robuste tour carrée, dont le revêtement en pierre a été renouvelé vers 1830..

La nef et le chœur furent reconstruits en 1618.. Vers la même époque, Louis de Provins, seigneur de Court-Saint-Étienne de 1619 à 1632 repoussa victorieusement, à la tête de ses paysans, les attaques hollandaises

La nef et le chœur furent rasés peu après 1773 et rebâtis en brique, pierre calcaire et pierre blanchePanneau apposé devant l'église par le SPW Département du Patrimoine lors des travaux de restauration de 2011.

On distingue donc trois styles très différents dans l'église Saint-Étienne : le style roman : le noyau de la tour occidentale. la tourelle romane. ; le style gothique : l'étage supérieur de la tour ; le style classique : la nef et le chœur reconstruits vers 1780 ; la façade occidentale de la tour, refaite en 1830.

Déclarées bien national en 1794 mais restées invendues en 1797, la cure et l'église appartiennent à la Commune depuis 1805..

Statut patrimonial L'ensemble formé par l'église, le presbytère, le cimetière et leurs abords fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le ..

Restaurations L'enfeu baroque de Louis de Provins a été restauré en 1898 par la commune.

Les toitures de l'église ont fait l'objet d'une restauration en 2011.

Architecture extérieure La tour et la tourelle romane vignette|droite| vignette|droite| L'église présente à l'ouest une puissante tour-porche.

Le noyau de la tour est probablement roman et date sans doute du : ses moellons de schiste apparaissent sur les deux tiers inférieurs des faces latérales de la tour. Accolée à la face nord de la tour se trouve une élégante tourelle ronde renfermant l'escalier qui mène au jubé, vestige de l'église romane, édifiée en moellons de grès blanc dont la couleur claire contraste avec le schiste sombre de la tour.

Le dernier étage de la tour fut construit à l'époque gothique : sa maçonnerie de grès assemblé en petit appareil apparaît encore à l'étage supérieur des faces latérales de la tour, percé de baies campanaires ogivales à abat-sons.

La façade avant de la tour fut habillée de pierre bleue au , probablement à l'époque où la nef fut réédifiée en style classique. Cette façade est percée d'une porte de style classique dont l'arc surbaissé est ornée d'une élégante clé d'arc et sommé d'un fin entablement surmonté d'une fenêtre d'imposte semi-circulaire. Plus haut, la façade, ornée de nombreuses ancres de façade, est percée d'un oculus et d'une baie campanaire ogivale à abat-sons surmontée de l'horloge. La base de la tour porte plusieurs marques de tâcheron.

La tour est surmontée d'une flèche octogonale des , couverte d'ardoises et percée de quatre lucarnes.

Les façades latérales vignette|droite|redresse| Chacune des façades latérales est percée de cinq grandes fenêtres de style classique à arc surbaissé présentant un encadrement réalisé en pierre bleue.

Les façades possèdent un soubassement composé de deux assises de blocs de pierre bleue surmontées de deux assises de blocs de grès.

Le chevet et la sacristie L'édifice se termine à l'est par un imposant chevet pentagonal mis en valeur par ses chaînages d'angle en pierre bleue.

Le chœur est éclairé par de grandes fenêtres de style classique en tous points semblables à celles de la nef.

Le chevet est prolongé par une sacristie qui se trouve dans l'axe du chœur et présente les mêmes caractéristiques que l'ensemble de l'édifice : briques rouges, soubassement en blocs de grès et de pierre bleue, chaînages d'angle, fenêtres classiques encadrées de pierre bleue.

Architecture et décoration intérieure

Plan et style L'édifice présente un plan basilical sans transept, avec un vestibule surmonté de l'orgue à l'ouest, une nef de cinq travées flanquée de deux collatéraux, et un chœur prolongé par une abside à trois pans à l'est.

L'église est de style classique, les colonnes relevant de l'ordre toscan, « l'ordre antique le plus simple et d'ailleurs le plus fréquemment employé dans les églises villageoises de l'époque » selon DuquenneXavier Duquenne, Ottignies. L'église Saint-Rémi. Wavrensia, t. 34, Wavre, 1985, ..

Le vestibule vignette|droite| Après avoir monté une rampe en pente portant le nom poétique de « Promenade des Choristes Disparu(e)s », on accède à l'édifice par la porte de style classique, précédée d'une large dalle de pierre bleue.

Cette porte s'ouvre sur le vestibule situé sous la tour, dans lequel une statue de la Vierge à l'Enfant accueille fidèles et visiteurs.

Portée jadis par un piédestal en bois orné d'une croix pattée, la statue de la Vierge est maintenant juchée sur un tronc d'arbre noueux très décoratif.

La tenue vestimentaire de la Vierge change au fil des années : beige, jaune et orange en 2011, blanche et jaune en 2012, d'un blanc immaculé en 2013 et 2014, bleue en 2017.

La nef Description générale de la nef vignette|droite|redresse| La nef, très lumineuse et d'un style classique très pur, compte cinq travées.

Elle est séparée des collatéraux par de grandes colonnes rondes en pierre bleue (petit granit) sommées de chapiteaux toscans. et portées par des bases octogonales surmontées d'anneaux toriques.

Les arcs en plein cintre portés par ces colonnes, à l'intrados orné de moulures rectangulaires, sont également réalisés en pierre bleue et tranchent avec la couleur crème de la nef et des collatéraux. Chacun de ces arcs est couronné d'une clé d'arc saillante sculptée.

La nef est surmontée d'un plafond plat qui se prolonge jusqu'au chœur. Ce plafond est délimité en plusieurs compartiments par des moulures. Son compartiment central est orné d'un décor en stuc constitué d'une triple moulure octogonale encadrant une rosette de feuillages.

Le pavement de la nef est en pierre bleue (petit granit).

La chaire de vérité Au milieu de la nef, du côté droit, se dresse une chaire de vérité en chêne de style Louis XV qui provient d'une autre église, comme les lambris du chœur.

La chaire de forme carrée, adossée à une colonne et à laquelle un escalier tournant donne accès, est surmontée d'un abat-voix orné de la représentation du Saint-Esprit entouré de rayons de lumière, et cantonné de lambrequins peints en bleu et rehaussés de dorures. Sa cuve est décorée de guirlandes et de rosettes dorées ornées de feuillages ainsi que d'une très belle grappe de raisins à sa base.

Le banc en chêne vignette|droite|redresse=0.5| Le fond de la nef est orné de deux bancs en chêne du . (probablement les bancs de communion déplacés depuis le chœur lors de l'ajout d'un autel orienté vers les fidèles dans l'esprit du concile Vatican II). Chaque section de ces bancs présente un cartouche encadré de gerbes de blé et de sarments de vigne et orné d'un motif comme l'agneau pascal ou l'Arche d'alliance.

Le bénitier de 1623 vignette|droite|redresse| À gauche, au pied de la dernière colonne de la nef avant le chœur se dresse un ancien bénitier en pierre bleue de de haut, « de même style que la cuve baptismale, mais mieux dessiné » selon Pilloy-Cortvriendt.

Cet ancien bénitier, qui porte maintenant une statue de la Vierge à l'Enfant, est frappé sur sa cuve d'un écu gravé Piere Voien 1623.

Les orgues Le fond de la nef est occupé par la tribune d'orgues, ornée d'une balustrade en chêne et supportée par deux colonnes en chêne aux chapiteaux composites (combinaison de chapiteau ionique et de chapiteau corinthien).

Les premières orgues de l'église furent offertes par le comte d'Auxy de Neuville en 1856 mais les orgues actuelles datent de 1928.

Le chœur Description générale du chœur Le chœur comporte une seule travée de chœur et se termine par une abside à trois pans.

Aussi large et aussi haut que la nef, il en partage le plafond plat et ne possède donc pas d'arc triomphal.

Comme il possède par ailleurs le même type de fenêtres que la nef et est peint dans la même couleur crème, la transition entre la nef et le chœur est marquée plus par l'ornementation (les lambris) que par l'architecture.

Le maître-autel et la cuve baptismale vignette|droite| Le maître-autel date approximativement de 1750..

Réalisé en bois peint imitant le marbre (les hautes colonnes blanches qui encadrent le retable sont d'ailleurs ouvertes à l'arrière), il est composé d'une table d'autel surmontée d'un retable plat orné d'un calvaire gothique de la fin du et encadrée de quatre colonnes dont les chapiteaux composites dorés supportent un large entablement sommé d'un baldaquin à volutes encadrant la statue de saint Étienne logée dans une niche surmontée du Saint-Esprit.

Le Christ de ce calvaire a les bras tendus à la verticale, presque perpendiculaires au patibulum, comme en d'autres temps le « Christ janséniste », si tant est que celui-ci ait existéJacques de Landsberg, L'art en croix: le thème de la crucifixion dans l'histoire de l'art, La Renaissance du Livre, 2001, ..

En avant du maître-autel, au centre d'une étoile en mosaïque, se dresse la cuve baptismale en pierre bleue de 1565, recouverte d'un couvercle en laiton du . Cette cuve baptismale se trouvait jadis dans le baptistère, au fond de l'église mais a été déplacée vers le chœur durant la seconde moitié du .

Face à la nef est érigé un petit autel rectangulaire orienté vers les fidèles, dans l'esprit du concile Vatican II. Cet autel en bois est orné en son centre d'un petit cartouche rectangulaire sculpté représentant l'agneau pascal.

Les lambris et les statues de saints vignette|droite| vignette|droite| Les murs du chœur sont ornés de lambris en chêne de style Louis XV, qui proviennent d'une autre église comme la chaire de vérité.

Ces lambris sont formés d'une alternance de panneaux ornés moulurés ornés de guirlandes dorées et de pilastres ornés à leur sommet d'un motif doré combinant rosette, feuilles d'acanthe et guirlandes de feuillages.

Les lambris du chœur se prolongent sur la face antérieure des pilastres toscans qui soutiennent la retombée des arcs de la nef, de part et d'autre du chœur. Ils portent à cet endroit des niches en chêne sculpté peint abritant, à gauche, une statue du représentant saint Étienne, patron de l'église, et, à droite, une statue du représentant saint Éloi, patron des métallurgistes (la métallurgie ayant toujours été très présente à Court-Saint-Étienne, bien avant les usines Émile Henricot), représenté avec ses attributs, la crosse de l'évêque et le marteau du maréchal-ferrant (mais l'enclume traditionnelle manque).

Les collatéraux vignette|droite|redresse| Les collatéraux, moins hauts que la nef, sont percés de cinq fenêtres, une par travée.

Ces fenêtres sont ornées de vitraux blancs, légèrement teintés de vert, à l'exception de celui qui se situe à droite, à hauteur de la chaire de vérité, qui est richement coloré.