thumb|Blason de Luzarches Luzarches est une commune française, située dans le département du Val-d'Oise et la région Île-de-France. Présents dès le Paléolithique, les hommes ont laissé peu de traces de leur présence à cette époque. Au Néolithique et à l'âge du fer, et à l'époque romaine, les vestiges de la présence humaine sont plus nombreux. Cependant, la première mention écrite de l'existence d'un lieu nommé Luzarches (Lusarca) se trouve dans un acte de Thierry III, daté du 30 juin 679, les rois francs possédant un palais à Luzarches. Au Moyen Age, un château fort et une église furent érigés autour du village qui furent le berceau de la ville actuelle.
Préhistoire
Dès le Paléolithique inférieur (soit de à av.J.-C.), des hommes ont traversé la contrée de Luzarches sans y résider ; des rares outils de pierre ont été retrouvés de cette époque. Du Paléolithique moyen (soit de à ), les traces ne sont guère plus nombreuses. Ensuite il paraît que les êtres humains étaient absents de la zone considérée jusqu'à av. J.-C. environ. Avec l'adoucissement du climat devenant propice à l'agriculture, le Néolithique voit le développement de la culture Seine-Oise-Marne et la sédentarisation de l'homme. La densité des monuments mégalithiques dans les environs de Luzarches, telle que l'on pouvait encore la constater dans la première moitié du , permet la conclusion que la population y était non négligeable10-11. Les témoignages de cette culture ont ensuite disparu de la commune de Luzarches, les menhirs présentant des obstacles à l'agriculture et les dolmens ont servi pour faire du pavé pour la ville de ParisCf. Alexandre Hahn, Monuments celtiques des environs de Luzarches, 7, Boucquin, Paris 1867, 14 p.. Alexandre Hahn et Gustave Millescamps ont encore pu fouiller une allée couverte dans la vallée d'Ysieux en 1864 et 1873, à l'est de Luzarches, au lieu-dit le Grand Compan. Elle renfermait une centaine de squelettes, repliés et écrasés, et aux alentours, des instruments de pierre et d'os (trois haches, quatre couteaux, trois pointes de flèche, quatre poinçons en os, etc.). On supposait qu'il s'agissait du contenu de sépultures plus anciennes qui avait été déposé icicompte rendu des séances ; communication d'une lettre d'Alexandre Hahn in Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, éditions H. Champion, Paris 1874, p. 65-67, .
Pendant l'âge du bronze (soit de à 700 av. J.-C.), le site de Luzarches fut également peuplé, comme nous le savons par une cachette de fondeur de bronze découverte par hasard vers 1850 entre les bois de la Noue et de Beauvilliers, au nord-ouest du bourg12. Il contenait au total quatre-vingt-deux fragments, dont trente-deux épées et divers objets de défense. Une datation exacte n'a pas été effectuéeCf. Matériaux pour l’histoire primitive et naturelle de l’homme, revue mensuelle, sixième année, deuxième série, Ch. Reinwald, Paris 1870, p. 150., .
Du premier âge du fer (soit de 700 à 450 av. J.-C.), le sol de Luzarches n'a pas encore livré de vestiges. En revanche, le second âge du fer voit l'avènement celtique avec la civilisation de la Tène. Les Parisii, peuple gaulois, s'installent dans le nord-est de l'actuel Val-d'Oise14. On suppose qu'au moins un oppidum fut érigé à Luzarches, de par la situation avantageuse de la butte Saint-Côme et en raison du passage d'une route importante ; un autre aurait pu se situer à l'emplacement de l'église24. Rien ne permet cependant de corroborer ces hypothèses.
Antiquité La domination romaine en Gaule devient prépondérante sous le règne de Jules César, de sorte que les anciens peuples gaulois sont assimilés et adoptent la civilisation romaine. Cette époque est la première pour laquelle nous avons la certitude que le site du bourg actuel de Luzarches fut peuplé, mais nous ne savons pas quelle appellation l'on avait donné à ce lieu. Un camp militaire ou castrum fut établie sur la butte de Saint-Côme, surmontant de soixante mètres la vallée et facile à défendre. Vers le milieu du , ses anciens limites furent encore visibles sur le terrain. Le camp surveillait la route romaine précédant l'actuelle RD 316 qui, au milieu des années 1950, traversait Luzarches. En 1863, plusieurs tombes romaines y ont été découvertes, avec des débris de plusieurs objets permettant une datation du ou de notre ère, soit de la fin de l'Empire romain dans l'ancienne Gaule30-31. Il est possible que Luzarches fut un vicus. En 1980, quatre villae furent découvertes autour de Luzarches, dont une, située à Hérivaux, a été systématiquement fouillée. Les résultats témoignent de la prospérité des habitants : murs décorés, cave aux pierres régulières, tête de Vénus et bases de colonnes de la galerie de la façade. L'on suppose que ces villae ont été détruites en leur majorité lors des incursions barbares dès la fin du 16-17.
Moyen Âge
Haut Moyen Âge
Le haut Moyen Âge commence avec le règne du roi franc Clovis et l'époque mérovingienne, caractérisée par la royauté itinérante. Luzarches fut apparemment l'une des nombreuses possessions royales et lors de leur passage, les rois y rendaient la justice. Des actes établis à ces occasions, conservés aux Archives nationales, mentionnent pour la première fois Luzarches (Lusarca) explicitement : ainsi l'acte de Thierry III du 30 juin 679Selon J.M. Rat / R. Baure (p. 19) ; A. Hahn mentionne l'année 680 sans préciser la date. et l'acte de Clovis III du 1 novembre 692. Commençant par la formule « Lusarca, in palacio nostro... », il faut toutefois se garder d'y voir des indices pour l'existence d'un château royalErreur commise aussi par J.M. Rat / R. Baure (p. 20). ; l'on sait que les rois transportaient constamment avec eux-mêmes leur chapelle Saint-Martin34. Il reste incertain si Lusarca désignait un lieu-dit ou un village.
Une mention antérieure de Luzarches figure dans le Breviaire d'Évreux qui parle de l'assassinat de Saint-Éterne, sur la route de entre Villiers-le-Bel et Luzarches en 653 : des doutes persistent cependant sur l'authenticité de ce récit, l'existence d'Éterne d'Évreux n'étant pas prouvée et le Saint-Éterne vénéré à Villiers-le-Bel et Luzarches ne correspond peut-être pas au premier.
A. Hahn et G. Millescamps ont fouillé un autre site en octobre 1874 au lieu-dit le Noyer à la Drouarde mais appelé populairement le Cimetière (près du hameau de Thimécourt). En l'occurrence, il s'agissait d'un ensemble de cent quarante tombes, datant cette fois de l'époque mérovingienne (soit entre 400 et 750 ap. J.-C.) et contenant de nombreux objets funéraires, dont des vases, des haches, des francisques, des poignards, des couteaux, des épées, des boucles en bronze et en fer ainsi que des bijouxBulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, , p. 66-67.. L'existence de ce cimetière permet l'hypothèse de l'existence d'un village, qui cependant reste incertaine jusqu'à la mention de l'église (dédiée apparemment à 33La présence d'une église conduit habituellement vers la présomption de l'existence d'un village. Cette première église Saint-Barthélemy s'élevait au même endroit que l'église paroissiale actuelle.) en 775 dans un acte de Charlemagne, dont le roi fait don à l'abbaye de Saint-Denis21. Cette donation porte également sur des terres, prés, pâturages, vignes, bois, maisons, édifices, eaux, cours d'eau, moulins, serfs, colons34-35. Après le partage de Verdun en 843, Luzarches se trouve en Francie occidentale.
Moyen Âge central
Nous ne savons pratiquement rien de l'histoire de Luzarches de la fin du jusqu'au milieu du , quand, en 1054, le comté de Clermont est érigé37-38. Le premier comte de Clermont se nommait Renaud (Raredus) et fut le premier seigneur de Luzarches dont l'identité nous est connue. Luzarches servait d'avant-poste du comté en direction de l'Île-de-France38, et le château d'En-haut fut soit construit, soit fortifié. Le donjon semble dater de cette période, à en juger d'après sa forme carrée. C'est le début de l'époque féodale. Outre le château, il y avait une église à l'emplacement de l'église actuelle, et quelques maisons23-25. La dite église est reconstruite ou remplacéeRien sur la première église ne nous est connu, et les circonstances de son remplacement ou de sa reconstruction restent également dans l'ombre, de même que les conditions de la construction des parties romanes de l'église actuelle. par un nouvel édifice sous le premier comte de Clermont, le chœur de l'église actuelle datant de cette période. - Après le décès de Renaud, son fils Hugues lui succède en 1090. Participant à la première croisade, il confie la garde du château à l'époux de sa fille Emma, Mathieu I, comte de Beaumont-sur-Oise. Or, à son retour, Mathieu refusait de rendre le château à son beau-père, et une guerreCet épisode est connu comme le siège de Luzarches, bien que de courte durée, vraisemblablement en 1102. avec l'appui du fils du roi Philippe, Louis, fut nécessaire pour l'en chasser. Mais lors de l'attaque du château de Chambly où Mathieu s'était réfugié, Hugues fut fait prisonnier. Mathieu demanda ensuite le pardon à Louis, répara le mal fait à Hugues et put garder la moitié de la seigneurie de Luzarches qui fut la dot qu'Emma avait apporté en mariage39-40.
En 1140, Ascelin, seigneur de Marly, fonde l'abbaye d'Hérivaux, qui allait devenir une paroisse indépendante au siècle suivant et n'avait que peu de liens avec Luzarches. Vers le milieu du siècle, la chapelle Saint-Côme est ajoutée à l'église. - Du côté des comtes de Clermont, Hugues sera remplacé par Renaud II et ce dernier par Gui. Lorsque la sœur de ce dernier épouse un autre Gui en 1152, Gui III de la famille des Bouteiller de Senlis, la moitié de la seigneurie appartenant à la famille de Clermont est divisée entre Renaud II (toujours vivant) et Gui le Bouteiller. Luzarches a désormais trois seigneurs30. C'est la famille des Bouteiller qui fait vraisemblablement construire le château d'En-Bas, appelé également château de la Motte72, et qui fut achevé au plus tard en 1220. En 1188, la seigneurie des Bouteiller passe à Gui IV et en 1221, à son frère Raoul42.