Frédéric de Greslan est un homme politique français anti-indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, né à Bordeaux (Gironde) le . Membre de Calédonie ensemble, il est conseiller municipal de Nouméa de 2008 à 2014, puis conseiller municipal de Païta de 2014 à 2020, élu à l'Assemblée de la Province Sud de 2009 à 2012 et au Congrès de la Nouvelle-Calédonie de 2011 à 2012, avant de devenir membre du gouvernement local le à 2018.

Origines familiales Frédéric de Greslan est membre d’une vieille famille néo-calédonienne issue de la « colonisation bourbonnaise » (venue de La Réunion et arrivée en Nouvelle-Calédonie dans les années 1860, elle est initialement originaire de Nantes avec une tradition pour les métiers de droit depuis le ). Il est le descendant direct, à la cinquième génération, de Prosper de Greslan, procureur du roi à partir de 1839 puis député de La Réunion de 1849 à 1852. Le fils aîné de ce dernier, et trisaïeul de Frédéric de Greslan, Évenor (1839-1900) vient pour la première fois en Nouvelle-Calédonie en 1863 et obtient une concession gratuite de 500 ha à Dumbéa en 1865 (augmentée à 2 300 ha dès 1872) : il s’y installe avec une importante main d’œuvre (37 « Malabars », ou indiens d’origine et ouvriers, puis va être le premier à employer des travailleurs indonésiens à partir des années 1890) pour y fonder une usine et une exploitation sucrière. Un des membres fondateurs de l’ « Union calédonienne », loge franc-maçonne néo-calédonienne rattachée au Grand Orient de France en 1869, puis est élu au conseil général de la colonie de 1885 à 1889. Son épouse, Minnie Martha Beck (1852-1921), était originaire d’Australie-Méridionale. Leur fils aîné, et arrière-grand-père de Frédéric de Greslan, Prosper (1875-1930), est le premier de la famille à être né en Nouvelle-Calédonie, dirige une briqueterie et a épousé Lucie Metzdorf (1873-1910), arrivée dans l’archipel en 1879 avec ses parents, l’ingénieur des mines brugeois Charles I Metzdorf (décédé en 1884) et la wallonne Sophie Mazine. Ils ont ensemble trois enfants, dont un seul fils, Guy (1903-1975), exploitant d’une scierie et grand-père de Frédéric. Il s’est marié pour sa part avec Irène Tissier (1907-1989), fille d’un chef cantonnier originaire de Châteauroux dans l’Indre et recensé comme employé à DumbéaSource : Geneanet..

Frédéric de Greslan est lui-même le premier des trois fils de Michel de Greslan (né en 1937), deuxième enfant et seul fils de Guy et Irène, chirurgien maxillo-faciale, stomatologue et chirurgien plasticien et esthétique à NouméaFiche de Michel de Greslan sur le site Doctoralia JONC du 12/04/1988, p.585.Frédéric de Greslan est né à Bordeaux où son père termine ses études de médecine. Il est également apparenté à deux autres hommes politiques : Évenor de Greslan (né en 1908, cousin germain de son grand-père), syndicaliste puis homme politique qui a siégé à l’Assemblée territoriale de 1957 à 1972 puis de 1974 à 1977 et un militant successif de l’Union calédonienne (UC, mouvement centriste et autonomiste qui a pour slogan « Deux couleurs, un seul peuple » et qui domine la vie politique local de 1953 à 1972) jusqu’en 1971, du Mouvement libéral calédonien (MLC, anti-indépendantiste mais restant autonomiste) de 1971 à 1978 puis de la Fédération socialiste calédonienne (FSC, scission des anti-indépendantistes du Parti socialiste calédonien) créée en 1979 ; Claude Fournier, par alliance (né en 1937, il est le gendre du précédent), lui aussi élu de l’Assemblée territoriale de 1972 à 1979 sous les couleurs de plusieurs partis de gauche : le Mouvement populaire calédonien (MPC, de tendance ouvriériste) de 1972 à 1976 puis du Parti socialiste calédonien (PSC) de 1976 à 1979, il est le principal fondateur en 1979 de la FSCP. O’REILLY, ‘’Calédoniens’’, , 1980, p. 159-160].

Formation et carrière d’avocat

Frédéric de Greslan fait ses études de droit en France métropolitaine, à Bordeaux puis à Paris. Il prête serment en 1989 dans la capitale nationale, travaillant dans un premier temps pour un cabinet spécialisé dans le droit des affaires. Il revient en Nouvelle-Calédonie en 1992, et s’oriente alors progressivement vers le droit pénal« Le procès hors-norme », ‘’Les Nouvelles Calédoniennes’’, 27/11/2007. Il se fait connaître en plaidant dans plusieurs affaires très médiatisées, notamment pour leurs fortes implications politiques, et est cité par le magazine ‘’L’Express’’ du parmi son palmarès des « 50 qui font bouger la Nouvelle-Calédonie » : l’hebdomadaire le présente comme « le défenseur des citoyens en butte au pouvoir local »« Les 50 qui font bouger la Nouvelle-Calédonie », ‘’L’Express’’, 10/05/2001. Il entre régulièrement en confrontation dans ces procès avec le parti majoritaire localement, le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR, devenu le Rassemblement-UMP en 2004), et son président Jacques Lafleur.

Il s’est notamment illustré en étant le défenseur de : Bruno Van Peteghem, fondateur d'une association de riverains de Port Moselle à Nouméa qui s'est opposé à partir de 1994 à la construction dans son quartier d'un immeuble de 74 logements à forte valeur ajoutée sur le domaine maritime de l'État et sans autorisation. Accusant la ville de Nouméa et la Province Sud de chercher à rentabiliser une opération de remblai déficitaire, il met particulièrement en cause Henri Lafleur. Henri Lafleur est alors administrateur autant de la Société d'économie mixte chargée du remblaiement que de la société opérant le projet immobilier ainsi qu'adjoint au maire de la commune. En la cour administrative d'appel de Paris annule le permis de construire et, en , Henri Lafleur est mis en examen pour délit d'ingérence à la requête des actionnaires de sa société de promotion immobilière. Relaxé en première instance, il est condamné en appel en à un an de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilitéP. Frédière, « Reconnu coupable d'ingérence dans l'affaire de la Baie de la Moselle Henri Lafleur condamné à deux ans d'inéligibilité », Les Nouvelles Calédoniennes, 24/05/2000, in Kanaky On Line, son pourvoi en Cassation étant rejeté le « Présentation des principales infractions susceptibles d'être commises au sein des sociétés d'économie mixtes locales - Orientation de politiques pénales », BO du ministère de la Justice, n°89, 3 : Circulaires de la direction des affaires criminelles et des grâces - Signalisation des circulaires du janvier au 31 mars 2003, 12/02/2003. Mais les logements incriminés sont déjà construits et habités, Bruno Van Peteghem, son association et leur avocat Frédéric de Greslan réclament alors leur démolition à plusieurs reprises, trois permis de construire étant successivement cassés par décision judiciaire sans que les immeubles soient détruits. Le tribunal administratif de Nouméa finit cependant par rejeter en les demandes de démolition et d'indemnisation des riverains. Laurent Vili, un jeune Wallisien accusé d'être l'assassin du Kanak Jean-Marie Goyeta (tué en lors des « évènements de Saint-Louis » au Mont-Dore qui ont vu s’affronter violemment, sur fond de conflits fonciers, ethniques et coutumiers, les Polynésiens du lotissement de l’Ave Maria et les Mélanésiens de la tribu voisine entre 2001 et 2004). Laurent Vili a toujours clamé son innocence, tout en obtenant en Métropole de nombreux soutiens au sein du monde du rugby à XV (surtout au sein du Montpellier HRC, son ancien club)« Manif et contre-manif autour de l’affaire Vili », Les Nouvelles Calédoniennes, 22/05/2003. Frédéric de Greslan, associé à Gilles Gauer du barreau de Montpellier, obtient finalement l’acquittement de Laurent Vili le « Laurent Vili rejugé pour homicide », ‘’Sport.fr’’, confirmé en appel le suivantP. CHATEL, « Laurent Vili deux fois acquitté », ‘’Les Nouvelles Calédoniennes’’, 06/12/2008, ‘’in’’ Sophie M., « Laurent Vili deux fois acquitté titre les ‘’Nouvelles Calédoniennes’’, blog officiel du Comité de soutien à Laurent Vili, 06/12/2008. la famille de Mika Kusama, jeune touriste japonaise retrouvée assassinée, dénudée et le corps calciné, le sur le rocher de la baie de Kanuméra à l’île des Pins, trois jours après que sa disparition a été signalée par la gérante du gîte-relais où elle était installée pour son séjour. L’horreur du crime a beaucoup marqué l’opinion publique en Nouvelle-Calédonie. Frédéric de Greslan concentre rapidement ses attaques, comme le ministère public, sur les frères Antoine et Ambroise Kohnu, deux Kanak de la tribu voisine de Comagna et dont le clan revendiquait la propriété du rocher (où plusieurs incidents avec des touristes s’étaient déjà produits par le passé), arrêtés le lendemain de la découverte du corps de la victimeChronologie : une semaine en mai 2002, site du Comité de soutien aux frères Kohnu et mis en accusation le . Un comité de soutien en faveur des accusés se constitue rapidement, animé notamment par la Ligue des droits de l’homme en Nouvelle-Calédonie (LDH-NC). Le procès d’assises en première instance aboutit à l’acquittement d’Ambroise Kohnu mais à la condamnation à 15 ans de réclusion criminelle pour son frère aîné Antoine en Chronologie : six ans de 2002 à 2008, site du Comité de soutien aux frères Kohnu, jugement cassé pour vice de procédure. Lors du second procès, les deux frères Kohnu sont cette fois acquittés le . Frédéric de Greslan estime à la suite de cette décision que : « La justice ne sort pas grandie de cette affaire »« Deux frères kanaks acquittés au procès du meurtre d’une japonaise », ‘’Intime conviction’’, 12/05/2009. Philippe Gomès, homme politique de Nouvelle-Calédonie, confrère politique de Frédéric De Greslan, accusé et condamné pour prise illégale d'intérêts en 2022. C'est la deuxième fois que Philippe Gomès est accusé du même crime, il l'avait déjà été dans le cadre de l'affaire SPOT. Cette fois, il s'agit de l'affaire NCE - Nouvelle-Calédonie Énergie, Frédéric De Greslan, son conseil devant le Tribunal Correctionnel, plaide alors "l’intérêt général et l’urgence absolue". Frédéric De Greslan perd et Philippe Gomès est condamné à deux millions de francs d'amende, avec sursis. Frédéric De Greslan commentera à l'annonce de cette condamnation : "C'est une décision qui n'est pas satisfaisante pour nous parce qu'il y a une condamnation. Mais on voit que c'est vraiment une condamnation de principe : une amende avec sursis et pas d'inéligibilité". Anticor, l’association nationale contre la corruption et pour l’éthique en politique, s'estime satisfaite de cette condamnation mai souligne cependant que "l'attitude de l'élu a été extrêmement regrettable."

Carrière politique