Les élections législatives de 2011 au Maroc ont eu lieu le ., à la suite d'un référendum constitutionnel le de la même année. qui a débouché sur une réforme de la Constitution.
Le Parti de la justice et du développement (islamiste modéré) les a remportées avec 27,08 % des suffrages exprimés, ce qui lui permet d'avoir 107 sièges sur 395.. La participation a été de 45,40 %. Conformément à l'article 47 de la Constitution, qui prévoit que le roi choisisse le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections, Mohammed VI a nommé le secrétaire général du PJD, Abdel-Ilah Benkiran, à ce poste le ..
Contexte
Historique Ces élections devaient avoir lieu en , mais vu les protestations dans le monde arabe et les réformes prévues, elles ont finalement été avancées de onze mois et fait l'objet d'une lutte sans précédent entre les partis politiques qui se sont vu attribuer à la suite de la réforme constitutionnelle.
Selon Richard Miniter, membre de l'institut américain Hudson, les partis politiques les mieux placés pour arriver en tête, avec des résultats aux alentours des 10 % et donc très peu d'écart, seraient dans l'ordre : le Rassemblement national des indépendants (RNI), l'Istiqlal, le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de la justice et du développement (PJD).. Mais pensent que la configuration du champ politique marocain est en cours de transformation à cause du mouvement de protestation du , du Printemps arabe et aussi de la situation actuelle socio-économique du Maroc. Le ministère de l'Intérieur aura un rôle important à jouer en matière de neutralité afin de garantir la libre concurrence entre les partis aux législatives. Cependant, le principal obstacle demeure l'abstentionnisme des citoyens marocains, à moins que la présentation de nouveaux visages dans certaines circonscriptions participe à attirer les électeurs.
Devant la presse à Rabat, les observateurs ont indiqué qu'ils ont été informés de "pressions sur les personnes qui ont appelé au boycott du vote", notamment le Mouvement du , qui réclame depuis des mois des réformes politiques. "Nous demandons aux autorités marocaines de faire la lumière sur ces allégations et d'en informer l'opinion publique", ont précisé les 15 observateurs envoyés par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
Un des enjeux principaux de ces élections est le taux de participation, car celui-ci mesure l’adhésion, le rejet ou la désapprobation du système politique en général.
Élections législatives de 2007
Élections locales de 2009
Protestations populaires de 2011
Référendum du juillet
Principaux partis en lice
Formation Idéologie Chef de file Résultats de 2007 Parti de l'Istiqlal (PI) Conservatisme,nationalisme Abdelhamid Chabat 10,7 % des voix52 députés Parti de la justice et du développement (PJD) IslamismeConservatisme Abdel-Ilah Benkiran 10,9 % des voix46 députés Mouvement populaire (MP) Bérbérisme Ruralisme Mohand Laenser 9,3 % des voix41 députés Union constitutionnelle (UC) Centrisme,libéralisme économique Mohamed Abied 7,3 % des voix27 députés Union socialiste des forces populaires (USFP) Social-démocratie, socialisme Driss Lachgar 8,9 % des voix38 députés Rassemblement national des indépendants (RNI) Libéralisme, Social-libéralisme Salaheddine Mezouar 9,7 % des voix39 députés Parti du progrès et du socialisme (PPS) Progressisme , Socialisme Mohamed Nabil Benabdallah 5,4 % des voix17 députés Parti authenticité et modernité (PAM) Modernisme , Makhzénisme Mustapha Bakkoury Constitué en 200821 % aux élections locales de 2009
Campagne
Des formations islamistes ou d’extrême gauche ont appelé à boycotter les urnes.
Une première stratégie utilisée a été de recruter, pour la distribution des tracts, des femmes démunies (souvent des mères célibataires, veuves ou divorcées). Elles se sont avérées utiles en renvoyant une image socialement positive des candidats qui associent leurs campagnes à des œuvres sociales.
La seconde stratégie fut un retour à la mobilisation ethnique dans certains quartiers urbains. Ainsi à Rabat, du fait de la forte concentration de personnes issues de la tribu saharienne des Ayt Oussa dans le quartier de Takadoum, le candidat USFP Driss Lachgar a sollicité le soutien du président de la commune d’Assa (lieu des origines historiques de cette communauté), Ouassi Hamdi, lui-même USFP et candidat à la députation dans la province d’Assa-Zag.
Des associations culturelles d’Assa ont ainsi été conviées à organiser un festival quelques jours avant les élections. L’effet festival a concerné quelques centaines d’électeurs supplémentaires qui se sont révélés décisifs, permettant à Driss Lachgar de se placer de justesse derrière le PJD et le PAM faisant de lui le seul élu USFP de la capitale et l’un des cinq élus USFP dans une préfecture
Réglementation et mode de scrutin
Un nombre de textes de loi, publiés au Bulletin officiel sources au site officiel du SGG : B.O. , régissent les élections au Maroc, on peut citer : La loi organique .11 relative à la chambre des représentants promulguée par le dahir .11.165 du 16 kaada 1432 (). La loi organique .11 relative aux partis politiques promulguée par le dahir .11.166 du 24 kaada 1432 (). La loi .11 fixant les conditions et les modalités de l’observation indépendante et neutre des élections promulguée par le dahir .11.162 du kaada 1432 (). Le décret .11.603 du 21 kaada 1432 () portant création des circonscriptions électorales locales pour l’élection des membres de la Chambre des représentants et fixant le nombre de sièges attribués à chacune d’elles. Le mode de scrutin adopté pour les élections législatives au Maroc est le scrutin proportionnel plurinominal. Ce mode de scrutin a été critiqué par un certain nombre de dirigeants politiques marocains. Il ne permet pas de dégager une majorité politique comme c'est le cas dans des pays démocratiques tel que la France. Ils ont avancé que ce mode de scrutin contribue à la "balkanisation" du paysage politique marocain.. Mode de scrutin La répartition est à la proportionnelle avec un seuil de représentativité de 6 %.
On procède comme dans cet exemple: Une circonscription de quatre sièges avec cinq partis politiques : A, B, C, D, E. Ces listes ont obtenu respectivement , , 1 500,3 500, suffrages. Pour participer à la répartition il faut atteindre les 6 % de représentativité fixé à 6 % des suffrages exprimés. Dans ce cas, c'est * 6 % = . Les listes C et D sont automatiquement exclues. Nous avons maintenant 165 000/4=41 250 c'est le quotient électoral. Chaque liste ayant atteint le quotient a droit à un siège. Puisqu'on est dans le système du scrutin à la proportionnelle selon la règle du plus fort reste, la liste A () n'aura pas de siège mais verra toutes ses voix comptabilisés comme reste. La liste B obtient un siège () avec un reste de ). Quant à la liste E (), elle obtient un siège avec un reste de . Les deux sièges restant seront donc attribués respectivement à la liste E avec un reste de et à la liste A avec un reste de . La liste E obtient 2 sièges et La liste B et A 1 siège chacun. Toutefois, il y a des listes additionnelles concernant les femmes, le même mode de calcul est alors appliqué à la liste.
Circonscriptions électorales
Le découpage du territoire a donné 92 circonscriptions électorales.
Numéro Préfecture ou province Nom de la circonscription Nombre de sièges Nombre de listes candidates Noms des candidats élus (appartenance politique) 1 Rabat Rabat Océan 4 10. Mohamed Réda Benkhaldoun (PJD) Abdellatif Ben Yaacoub (PJD) Abdelkader Tatou (MP) Mohamed Madhoun (PAM) 2 Rabat Rabat Chellah 3 - Driss Lachgar (USFP) Abdeslam Balaji (PJD) Brahim Joummani (PAM) 3 Salé Salé Médina 4 - Abdel-Ilah Benkiran (PJD) Mohammed Zouiten (PJD) Noureddine Lazrak (RNI) Rachid Abdi (PAM) 4 Salé Salé El Jadida 3 - Abdelkader Amara (PJD) Khlifi Qdadra (UC) Omar Sentissi (Isiqlal) 5 Skhirat-Témara - 4 - Mouh Rajdali (PJD) Iâtimad Zahidi (PJD) Brahim Chkili (PAM) Hassan Arif (UC) 6 Khemisset Khémisset Oulmès 3 - Abdellah Benhammou (PJD) Mohamed Lahmouch (MP) Mohammed Achrourou (MAP) 7 Khemisset Tiflet Rommani 3 - Bouâmrou Tighouane (Istiqlal) Hassan Filali (RNI) Rahou Lahlaâ (PAM) 8 Casablanca-Anfa Casablanca-Anfa 4 - Abdessamad Haikar (PJD) Abdelhaq EnNajhi (PJD) Ouadiâ Benabdellah (RNI) Yasmina Baddou (Istiqlal) 9 Al Fida Mers-Sultan - 3 - Mohammed Khairi (PJD) Abdelouahab Raji (PJD) Md Touimi Benjelloun (RNI) 10 Aïn-Sebaâ-Hay Mohammadi - 4 - Abdelaziz Laâmari (PJD) Redouane Zaïdi (PJD) Abdellatif Hachich (UC) Hassan Benomar (RNI) 11 Hay Hassani - 3 - Mohamed Najib Amor (PJD) Ahmed Jeddar (PJD) Bouchetta Jamaï Ghazlani (Istiqlal) 12 Aïn Chock - 3 - Rachid Qabil (PJD) Abdellatif Naciri (PJD) Abdelhak Chafik (MP) 13 Sidi Bernoussi - 3 - Mohamed Yatim (PJD) Abdelmjid Ait Adila (PJD) Ahmed Brija (MAP) 14 Ben M'sik - 3 - Abdelmajid Joubij (PJD) Mohammed Joudar (UC) Karim Ghellab (Istiqlal) 15 Moulay Rachid - 3 - Mohammed Ben Abdessadeq (PJD) Mohammed Haddadi (RNI) Rahal Jebli (UC) 16 Nouaceur - 3 - Noureddine Rafiq (Istiqlal) Abdellatif Rachid(PJD) Abdelkrim Choukri (PAM) 17 Mediouna - 2 - Mohamed Mestaoui (Istiqlal) Salah eddine Aboulghali (PAM) 18 Mohammedia - 3 - Saâdeddine El Othmani (PJD) Moussa Ghalladh (PJD) Mohamed Atouani (RNI) 19 Agadir Ida-Outanane - 4 - Issa Mqiqi (PJD) Abdellah Oubari (PJD) Tariq El Kabbaj (USFP) Abdellah Abrni (RNI) 20 Inezgane-Aït Melloul - 3 - Ramdane Bouâchra (PJD) Abderrahmane Noureddine (PJD) Hassan Adardour (USFP) 21 Chtouka-Aït Baha - 3 - Said Dour (Istiqlal) Mohammed Lachgar (PJD) Abderrahim Moussaîf (PAM) 22 Taroudant Taroudant-Nord 4 - Hamid El Bahja (RNI) Abdellatif Ouahbi (PAM) Habib El Boubekraoui (PI) 23 Taroudant Taroudant-Sud 3 - Abdessamad Kayouh (PI) Lahcen Amrouch (PI) Mohamed Ourriche (PJD) Mohamed Bouhdoud (RNI) 24 Tiznit - 2 - Aziz AkhannouchLe janvier 2012, il a déposé sa démission auprès du bureau politique de son parti. De ce fait, son second dans la liste RNI prendra sa place de député. (RNI) Lahcen Bounouari (USFP) 25 Ouarzazate - 3 - Abdellah Hanti (PPS) Houcine Bouhsini (Istiqlal) Abdellah Ait Chouaîb (PJD) 26 Zagora - 3 - Mimoun Amiri (Istiqlal) Hammad Ait Baha (RNI) Said Naciri (PAM) 27 Tinghir - 3 - Ali Abassou (Istiqlal) Ahmed Sedqi (PJD) Mouha Bourqalen (PAM) 28 Sidi Ifni - 2 - Mohamed Issam (PJD) Mohamed Belfkih (USFP) - 29 Hoceïma - 5 - Souad CHKHI (PJD) Mohamed Boudra (PAM) Nourdin Moudiane (PI) Mohamed El Aaraj (MP) Abdelhak Amghar (USFP) 30 Taza - 5 - Abdelkhalek Karrouti (USFP) Jamal Masôudi (PJD) Khalil Sediqui (MP) Fouad Gharib (PAM) (Ghazi Ajtiyou (PUD) 31 Taounate Taounate-Tissa 3 - Abdellah Drissi El Bouzidi (PPS)