La famille de Saisy de Kerampuil est une famille de la noblesse bretonne d'ancienne extractionRégis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au XXIe siècle, 2002, page 171. Elle tire son nom de son alliance entre deux maisons; celles de Saisy et de Kerampuil. Chevalier (), .

Noblesse

La filiation noble et suivie de la famille de Saisy de Kerampuil remonte à l'année 1446Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au , 2002, page 171.

Histoire Originaire du Nivernais, la famille de Saisy n'apparaît en Bretagne que vers le milieu du . Elle s'y implante par suite d'un mariage avec l'héritière de Kerampuil.

La famille de Saisy fait parler d'elle dès le et participe aux croisadesBulletin de la Société archéologique du Finistère, Vol. 22, 1895 : Pierre de Saisy, chevalier, est compagnon d'arme de Simon de Montfort dans la guerre des AlbigeoisIl est cité dans le recueil des historiens des Gaulles (T. XIX, p.150) et plusieurs fois par l'auteur anonyme de L'histoire de la guerre des Albigeois, . On trouve aussi Simon de Saisy, probable petit-fils de Pierre, chevalier, rendant hommage au comte de Nevers en 1296 pour des biens dans les châtellenies de Montreuillon et de DonzyLa guêpe dans le blason des Saisy est le signe de l'hérésie, et semble avoir été prise par les descendants de Pierre de Saisy comme souvenir du rôle qu'il joua ans la guerre des Albigeois.. Ollivier et Roland de Saisy figurent dans les montres de 1351. Alain de Saisy (†1379), fils d'Ollivier ou de Roland, est écuyer, homme d'arme et compagnon de Du Guesclin. Il est seigneur de Kerampuil. On ne sut jamais qui d'Ollivier, de Rolland ou d'Alain, épousa l'héritière de Kerampuil. Il n'est même mention, nulle part, d'aucun membre de la famille Kerampuil, dont le nom a été joint à celui de la famille de Saisy. Ne reste d'elle que son blason, De gueule à trois pigeons d'argent. Frère d'arme de Jean de Kerloüet (le fameux Carlonnet), il est peut-être son beau-frère. Dans la Chronique de Bertrand Du Guesclin on peut lire à propos de Alain de Saisy :

et encore :

Kerloüet et Alain de Saisy sont faits prisonniers par les Anglais en 1369, lors d'un combat au pont de Lussac (Poitou), délivrés quelque temps après rançons. Alain de Saisy prêta serment au duc en 1371 et 1372. Il faut également parler des lettres du roi Charles V à Du Guesclin, son connétable, pour accorder sur sa demande les récompenses les plus considérables à son écuyer de renom. Il reçut ainsi les terres, châteaux et forteresses de Mortemart, de Vivonne, de Saint-Victurien et autres lieux, en rémunération « de partie des bons et agréables services », le roi ayant confisqué les dits biens à Aimery de Rochechouart, «rebelle ennemie et désobéissant du Roi monseigneur». On a lieu de croire qu'à la mort d'Alain de Saisy, ces biens furent restitués, moyennant compensation. Ces lettres, découvertes seulement en 1886, sont certainement le plus beau titre des Saisy de Kerampuil. Charles V récompense Kerloüet par dix-huit cents livres d'or et Alain de Saisy de mille livres d'or.

« Ce qu'il y a de probable, c'est que d'après la chronique anonyme et celle de Cuvellier, après la mort de Kerloüet [en 1371], Alain de Saisy était devenu le principal instrument de la conquête du Poitou, et c'est pour cela sans doute que le Roi voulut lui créer une situation considérable. »Note du comte Paul de Saisy de Kerampuil, son descendant (15 mai 1886).

Alain a pour petit-fils Guillaume de Saisy, seigneur de Kerampuil, qui épouse vers 1413 Méance de Trémédern, fille de Jean, chevalier banneret de Bretagne et de Jeanne du Plessix. L'un de ses fils, un autre Guillaume, épouse Fleurine Le Scanff, fille de messire Charles Le Scanff, écuyer du duc de Bretagne puis chevalier, capitaine de Vanves (1430), et d'Aliènore de La Jumellière. Pierre de Saisy (†1461), son frère juveigneur, devient seigneur de Kerampuil après sa mort. Il est l'époux de Marguerite de Renquier. Son héritier principal et noble est Pierre II de Saisy. Marié à Germaine de Kervennec (1476), il laisse deux filles, Jeanne et Catherine, respectivement épouses de Guillaume de Kergorvo (1471) et de Guillaume de Toulbodou (1494). Pierre II (†1517) est le premier de la famille à prendre le nom de Kerampuil, que ses descendants s'habituèrent à porter jusqu'à la fin du . Ainsi, il comparaît en archer à la montre de l'évêché de Cornouailles en 1479 sous le nom de Kerampuil.

Ses fils sont Jean et Hervé de Kerampuil, abbé et restaurateur de l'Abbaye de Saint-Maurice (près Quimperlé). Ce dernier fait faire une croix de vermeil qui se conservait dans son église. Leur sœur Jeanne est mariée à Yves de Kergoet, fils de Pierre, prisonnier en 1488 à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, et de Marguerithe de Köethual, seigneur et dame du Rest. Jean seigneur de Kerampuil épouse en 1526 Marie de Kerprigent, fille et héritière principale de Yvon, seigneur de Goazanvot (près Locarn) et de demoiselle Jehanne de Beaucours. Ils donnent Jean du nom, Pierre et Gilles.

Jean II († vers 1603) épouse Susanne du Rufflay (†1568) en 1547, dame de Boisriou (en Cavan), fille de Pierre et de Perinne de Languenvez. Par sa mère, Susanne descend de Guillaume Budes, chevalier, seigneur d'Uzel et aïeul du maréchal de France Jean-Baptiste Budes de Guébriant, et de Jeanne du Guesclin, tant du célèbre Bertrand et de son frère Olivier. Jean II est conseiller du roi et procureur à la cour de Carhaix. Pierre, puîné, est appelé Monsieur de Goazanvot. Il épouse Anne de Bothon, dame et héritière de Brunolo (en Motreff), fille de Louis, seigneur de Brunolo et de Isabeau de Coëtgoureden. Pierre de Kerampuil, procureur à la cour de Carhaix, meurt en juillet 1595 après avoir vu le manoir de Brunolo pillé et ravagé pendant les guerres de la Ligue, tant en ses meubles, que joyaux, lettres et titres. Son beau-père Louis de Bothon, est fait prisonnier, rançonné et meurt au milieu du désastre (1591). Il laisse un fils, Michel de Kerampuil (†1604), qui figure les armes à la main durant ces temps de troubles, et dont une curieuse enquête nous informe qu'il se trouvait à la prise et au saccage de la ville de Carhaix, mais pour y empêcher tout le mal qu'il put. Le sieur de La Tramblaye, l'un des chefs des Royaux, fut courroucé contre lui à cause de la courtoisie et de l'humanité qu'il usait à l'endroit des habitants. Il épousa Françoise de Botherel de la maison de Villegeffroy. Gilles de Kerampuil, troisième fils de Jean , né vers 1530. Il fut probablement élevé à Paris comme son frère Jean. Il entre dans les ordres et devient chanoine de la collégiale de Carhaix et recteur de diverses paroisses. Parmi elles, celle de Cléden-Poher lui doit un beau calvaire à personnage de 1575, portant ses armes, sans doute aussi ses remarquables hauts et bas-reliefs du grand autel, et peut-être l'élégant clocher de son église. Homme de science, archéologue, on lui doit notamment des Heures Bretonnes, dont un rarissime exemplaire est conservé à la bibliothèque nationale.

Henry, du nom, seigneur de Kerampuil, fils aîné, héritier principal et noble de Jean I et de Jeanne du Rufflay est, comme son père, conseiller du roi et procureur à la cour de Carhaix. Il épouse demoiselle Jehanne Euzeunou, dame du Lézert, avec qui il a deux fils : Pierre III et Charles (†1653), sieur de la Haye. Ce dernier à un fils, Charles II, sieur de La Haye, mort en 1675 et dernier de cette branche. Sa sœur Françoise, dame de La Haye († vers 1670, dite mère Marie de Saint-Joseph, fut supérieure du monastère de Carhaix.

Pierre III de Kerampuil (†1633), fils aîné et héritier principal de Henry du nom, épouse en premières noces Jehanne de Kergrist, héritière principal et noble de Treuscöet, décédée en 1627, laissant deux fils, Henry II et Jean III. Pierre III devient sénéchal de Carhaix dès 1630. Il se remarie avec demoiselle Françoise Le Borgne, sœur de Jean, chevalier de l'Ordre du roi, remariée à messire Olivier de Lamprat, conseiller du roi puis sénéchal à Carahaix, puis remariée à messire Guy Autret, chevalier de l'Ordre du roi. Ils ont une fille, Marie-Josèphe, qui épouse, (1647), Guy Autret, chevalier, et (1653), Pierre du Disquay, chevalier.

De son premier mariage avec Jeanne de Kergrist, Pierre III de Kerampuil laisse deux fils, Henry (1) et Jean (2).

Jean (†1652), seigneur de Treuscoët, épouse en 1648 Renée Mocam, fille de Pierre, sieur de Pérennou, sénéchal, et de Renée de la Boëxière. Ils ont deux fils, Sébastien et Henry qui meurt jeune. Sébastien (†1690), filleul de Sébastien de Rosmadec, marquis de Molac, embrasse l'état ecclésiastique et devint un "saint prêtre". Henry II (†1700), seigneur de Kermapuil, chevalier. Orphelin de père et de mère dès le berceau, sans aucun grand-parent, il épouse à l'âge de vingt ans, en 1646, demoiselle Catherine Le Veyer, fille de feu Claude, seigneur du Ster etc. et de dame Suzanne de Pénancoët (la tante de Louise Renée de Penancoët de Keroual. Il reste à la merci d'une toute jeune belle-mère ambitieuse et coquette. Son épouse meurt vers 1675 et le laisse engagé dans des affaires très embarrassantes, et sa fortune compromise par une caution faite au frère de sa femme, Jean Le Veyer, sr. du Ster, lequel dissipa ses biens. Il s'ensuivit des pertes énormes et des chagrins incessants qui l'amenèrent à embrasser l'état ecclésiastique. Sa belle-fille, épouse de Guillaume, sauve Kerampuil de peu. Ses enfants sont : Guillaume II, qui suit, Marie-Renée (1651-1728) épouse en 1693 messire Hamon Le Jacobin, sr. de Keremprat (†1697), sénéchal des régaires de l'évêché de Léon. Ils n'ont pas eu d'enfant. Alain (1654-?), filleul de messire Alain Barbier, chevalier, il dut mourir prématurément. Jean-Eustache (1656-?), chevalier. Il y a lieu de croire qu'il fut moine bénédictin sous le nom de frère Constantin de Sainte-Catherine. Françoise, religieuse hospitalière à Carhaix sous le nom de mère Notre-Dame des Anges. Charles-Toussaint, né en 1663, il meurt jeune.

Guillaume II, seigneur de Kerampuil (†1686), chevalier, appelé seigneur de Léonville. Il fut le dernier connu sous le seul nom de Kerampuil. Il épouse en 1679 damoiselle Jacquette Le Lart (†1709), fille de Hervé, chevalier, sr. du Roz etc. et de dame Catherine Le Clerc. Leurs enfants sont (1.1) Henry-Albert, (2.1) Marie-Sébastienne (1681-1693) et (3.1) Charles-René.

Branche de Henry-Albert de Saisy de Kerampuil

Henry-Albert de Saisy de Kerampuil (1680-1748) est conseiller au parlement de Bretagne à partir de 1712. Il épouse en 1711 Anne-Périnne Colin de La Biochaye (†1721), fille de feu messire Pierre Colin, chevalier, seigneur de la Biochaye et de dame Anne-Élisabeth de la Mouche, sa veuve. Il se remarie en 1733 à Jacquette-Guyonne Malescot de Villeneuve, veuve de Jean de Guersanz, Lieutenant des vaisseaux du roi. De son premier mariage sont issus :

Charles-Robert, qui suit, Marie-Renée (1715-1796), épouse en 1746 haut et puissant messire Jean-Jacques-Claude de Kersauson, marquis dudit lieu (†1776), fils aîné de messire Jacques-Gilles, marquis de Kersauson, conseiller au parlement, et de sa deuxième femme, Bonnaventure-Julienne-Marie-Angélique de Brezal. La marquise de Kersauson meurt en 1796, après avoir vu la Révolution changer sa vie somptueuse du château de Brezal en une vie toute d'angoisse et de privations. De ce mariage sont nées trois filles : (3) Joséphine, sans alliance; (1) Marie Yvonne, épouse (1775) noble et puissant messire Hyacinthe-Joseph-Jacques de Tinténiac, officier d'infanterie au régiment du roi, fils de François-Hyacinthe, seigneur marquis de Tinténiac, baron de Quimerch, chevalier de Saint-Louis; et (2) Marie-Julienne-Joseph de Kersauson, épouse (1775) haut et puissant messire René-François-Joseph, marquis de Montboucher, fils de Guy-Joseph-Amador, Lieutenant-colonel de dragons et chevalier de St-Louis. Claude-Gabrielle de Saisy de Kerampuil (1717-1749) Pierre-Sébastien de Saisy de Kerampuil (1721-1722)