La division parachutiste ( DP) est une ancienne unité de l'armée de terre française, à dominante infanterie, composée de troupes aéroportées et spécialisée dans le combat aéroporté et l'assaut par air. Constituée en 1956, elle interviendra principalement lors de l'expédition de Suez en Égypte et lors de la guerre d'Algérie. Elle est dissoute en 1961 à la suite du putsch des généraux.
Création et différentes dénominations
: création à partir du GPI (groupement parachutiste d’intervention) de la parachutisteIn Histoire des parachutistes français, page 452, Le GPI, basé en Afrique du Nord, comprenait la CQG (compagnie de quartier général), la CTAP (compagnie de transmission parachutiste), la CGAP (compagnie du génie parachutiste), le GAP (groupe d'artillerie parachutiste), le RCP et le REP.. : dissolution de l'unité.
À l'issue du putsch des généraux en Algérie (), les et divisions parachutistes sont dissoutes et forment, le , avec la division d'infanterie ( DI), la légère d'intervention ( DLI)In Histoire des parachutistes français, page 544 qui deviendra plus tard la parachutiste ( BP).
Historique des garnisons, campagnes et batailles
La DP intervient en Afrique du Nord pendant la guerre d'Algérie, notamment durant la bataille d'Alger (1957) et lors de l'expédition sur le canal de Suez (1956) en Égypte.
Constitutions successives Le , la division parachutiste est créée à partir des unités du GPI et ne comprend alors que 4 régiments d'infanterie parachutiste :
thumb|Organigramme de la DP le Éléments organiques et de soutien : de quartier général ( CQG) de transmission ( CT) Peloton ALAT Groupe de transport 507 (GT 507) de génie aéroporté ( CGAP) de réparation divisionnaire ( CRD) médicale ( CM) SRI Infanterie parachutiste: REP ( étranger de parachutistes) RCP ( de chasseurs parachutistes) RPC ( de parachutistes coloniaux) RPC ( de parachutistes coloniaux) Artillerie parachutiste GAP
Au cours du temps la division subit des remaniements et de nouvelles unités viennent grossir ses rangs : Le , le de dragons parachutistes ( RDP) est rattaché à la divisionIn Histoire des parachutistes français, page 512 et 513. Le , le régiment de parachutistes coloniaux ( RPC), en provenance du Maroc, intègre la divisionIn Histoire des parachutistes français, page 488. Le , le RCP quitte la division et permute avec le de chasseurs parachutistes ( RCP).
Le , les régiments de parachutistes coloniaux (RPC) changent d'appellation et deviennent des régiments parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) tout en conservant leur numéro d’ordre.
Opération Mousquetaire À peine constituée, la DP est désignée pour intervenir lors de l'opération Mousquetaire dans le cadre de la crise du canal de Suez avec la mécanique rapide.
Pour cette opération, la division est renforcée et atteint un effectif de hommesIn Histoire des parachutistes français, page 462 : un escadron du REC (149 h - 17 chars AMX 13) et de 10 LVT Alligator (40 h) renforce le REP peloton de 6 jeeps Delahaye armées de missile SS 10 d'artillerie antiaérienne ( GAAL - 860 h)
L'opération aéroportée débute le avec le largage du RPCIn Suez pages 210 à 241. À 7h30, 487 hommes conduits par le colonel Château-Jobert sautent sur Port-Saïd (drop zone ) puis, à 15h15, les 503 parachutistes du lieutenant-colonel Fossey-François sont à leur tour largués sur Port-Fouad (drop zone ).
Le lendemain, une opération amphibie vient compléter l'attaque et voit le débarquement du REP sur les deux localitésIn Suez pages 242 à 265.
L'intervention militaire est un succès, mais sous la pression internationale, la France et le Royaume-Uni sont contraintes d'évacuer l’Égypte le .
Bataille d'Alger et pratique de la torture
À la suite de la vague d'attentats terroristes à Alger qui font de nombreuses victimes civilesIn Le livre blanc de l'armée française en Algérie, page 37, sont dénombrés en algérie entre novembre 1954 et mai 1957, attentats contre des civils et contre les forces de l'ordre, soit l'assassinat de Musulmans et Européens, Robert Lacoste, le ministre résident en Algérie, confie en au général Massu la totalité des pouvoirs de police dans la zone d'Alger. Les parachutistes perquisitionnent, arrêtent et interrogent. Le , Larbi Ben M’hidi est arrêté par des hommes du 3e Régiment de Parachutistes Coloniaux. Refusant de parler, il est pendu dans la nuit du 3 au par le commandant et futur général Aussaresses, alors patrons des services de renseignements de la division. Grâce au renseignement et surtout au recours systématique à la torture, Massu prend l'avantage. En , le FLN d'Alger est moribond et les attentats réduits à néantBernard Droz, Evelyne Lever, Histoire de la guerre d'Algérie, Points Histoire, éd.du Seuil, 1982 .
Des officiers de la DP sont mis en cause par Henri Alleg comme étant ceux qui ont pratiqué la torture sur lui et Maurice Audin. Dans La Question, Henri Alleg fait dire à l'un de ces officiers :
Cette affirmation du caractère systématique des actes de torture, largement diffusée par le Parti communisteIn Le livre blanc de l'armée française en Algérie, pages 10 et 37, est combattue par des militaires qui ont combattu en Algérie. Pour le colonel Godard, l'un des acteurs de la bataille d'Alger, In Le livre blanc de l'armée française en Algérie, page 117. De même, Hélie de Saint Marc, déporté et ancien chef de corps par intérim du REP, à la question répond : et de continuer In Le livre blanc de l'armée française en Algérie, pages 22 et 23.
Mais le général Massu lui-même, en 2000, lors d'un entretien donné au quotidien Le Monde du , déclare que « le principe de la torture était accepté ; cette action, assurément répréhensible, était couverte, voire ordonnée, par les autorités civiles, qui étaient parfaitement au courant ». Il ajoute : .
Le général Aussaresses dans son ouvrage Services spéciaux : Algérie 1955-1957 paru en 2001 reconnait avoir pratiqué la torture en Algérie, la jugeant même légitimeLe Monde, 23 novembre 2000, Aussaresses "je me suis résolu a la torture"... Dans ce même ouvrage, il précise avoir donné l'ordre à ses hommes de tuer le militant et combattant Larbi Ben M'hidi et l'avocat et militant algérien Ali Boumendjel, leurs morts étant ensuite maquillées en suicide.
La division intervient également dans la disparition de Slimane Asselah.
Opération Jumelles L'opération Jumelles est une opération militaire menée par l'armée française durant la guerre d'Algérie contre la wilaya III dans le cadre du plan Challe. Elle se déroule du au . L'armée française mobilise hommes dont la demi-brigade de fusiliers marins (DBFM), le 5e régiment étranger d'infanterie (REI), la Division de parachutistes (DP), des avions et des hélicoptères et l'appui des services de renseignements du 2e bureau, afin de ratisser la wilaya et d'éradiquer totalement l'ALN par des combats continus. Un des artisans du succès de cette opération Jumelles fut le capitaine Georges Catala chef du B2 "Opération-Renseignement" de la DP (ancien commandant du escadron du 13 RDP en 1958 basé à Tamda).
Bataille des Frontières
Trois des cinq régiments d'infanterie parachutiste de la division ( RCP, REP et RPC), participent de janvier à , à la bataille des Frontières qui permet d'enrayer l'aide accordée au FLN par la Tunisie qui vient d'accéder à son indépendance.
Pour ce faire, le général Salan, commandant supérieur en Algérie, confie cinq régiments parachutistes au général Vanuxem qui commande la zone est-constantinois (ZEC). Durant 5 mois, ces unités vont intercepter les bandes rebelles qui ont réussi à franchir le barrage électrifié de la ligne Challe. Les pertes de l'ALN sont estimées à hommes et armes ont été récupérées pendant la batailleIn Histoire des parachutistes français, pages 501 à 508.
Putsch des généraux
Pendant le putsch des généraux, le , des éléments de la DP, unité réputée , , se rallie aux putschistes (à l'exception du RPIMA du lieutenant-colonel Guy Le Borgne). Comme dans la majorité des unités d'Algérie, le ralliement n'est pas sans ambiguïté, et l'attitude des officiers souvent expectative. La position du chef du corps, le général Saint Hillier est tout en clair-obscurSelon une expression de son biographe , , dont la pertinence est soulignée par Maurice Vaïsse, : dans un premier temps arrêté et remplacé à la tête de la division par le colonel Ceccaldi, il est rapidement libéré et cherche à reprendre son commandement sans pour autant approuver les putschistes.
À l'issue du putsch, les trois divisions de réserve ( DP, DP et DI) sont dissoutes, et forment le la DLI et trois brigades de réserve générale, une pour chacun des trois corps d'Algérie, qui sont des unités mixtes où coexistent parachutistes et troupes d'infanterie.
Le REP, seule unité de la division sanctionnée à l'issue du putch, est dissous le et ses effectifs sont principalement affectés au RE
Chefs de corps 1956 - 1959 : général Massu ( au ). 1959 - 1960 : général Gracieux (jusqu'au ). 1960 - 1961 : général Saint-Hillier (jusqu'au ).
Insigne: Rectangle parti de 3 couleurs (les bérets) portant en cœur un aigle plongeant noir.
Faits d'armes
Brigadier Claude Berard, de 1958 à 1960, PMAH commandé par le capitaine Jean Gervais, groupement parachutiste d'intervention, équipage "Charly" : Notre groupement était rattaché à la division la plus opérationnelle d'Algérie. En seulement cinq ans nos équipages ont gagné 79 situations. Cette efficacité n'était pas due au nombre puisque nous étions environ 60 hommes. Les postes n'étaient donc pas bien définis. Il était pour nous difficile de résister mais je continuais à me porter volontaire pour les missions. Je me rappelle avoir gardé un avion dans les gorges de Palestro à la suite du crash d'un L18. Les gorges étaient un endroit très risqué et nous n'étions que deux. Mais l'opération qui était sûrement la plus risquée est celle d'un transfert d'une citerne d'essence de de la Reghaia jusqu'à Médéa en passant par les gorges de la Chiffa. Nous étions deux : le chauffeur et moi. Nous n'avions pas d'escorte, nous ne pensions pas revenir à notre base en vie, et pourtant nous avons réussi. Ces deux exemples ne sont qu'une infime partie de tout ce que notre peloton a pu faire.
Personnalités ayant servi au sein de l'unité Général Massu, commandant de la division. Commandant Aussaresses, chef des services de renseignement de la division en 1957. Lieutenant-colonel Bigeard, chef de corps du RPC. Lieutenant-colonel Mayer, chef de corps du RCP. Lieutenant-colonel Jeanpierre, chef de corps du REP, tué au combat à la tête du régiment le près de Guelma. Commandant Hélie de Saint Marc, commandant en second du REP. Colonel Château-Jobert, chef de corps du RPC. Commandant Pouget, chef d'escadron dans la section de pliage des parachutes de la compagnie de commandement. Capitaine Faulques, sert comme officier de renseignement au sein du REP. Capitaine Graziani, est muté en au Bureau durant la bataille d'Alger et rejoint le RPC en . Jean-Marie Le Pen, sert quelques mois au REP comme lieutenant de réserve rappelé, pendant l'intervention franco-britannique à Suez, en , et une partie de la bataille d'Alger. Adjudant Zga, sert au RCP comme garde du corps du Lieutenant-colonel Bigeard.
Voir aussi Articles connexes Liste d'unités parachutistes françaises Torture pendant la guerre d'Algérie Putsch des généraux
Sources et bibliographie Collectif, Histoire des parachutistes français, Société de Production Littéraire, 1975. .
Notes et références
Catégorie:Division parachutiste de l'Armée de terre française Catégorie:Unité d'infanterie française dissoute Parachutistes Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1956 Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1961 Catégorie:Guerre d'Algérie