Durant la Seconde Guerre mondiale, en France, le maquis de Saint-Mards-en-Othe se trouvait au bois de Villiers, près du bois de l'Alleu., dans l'Aube, à un peu plus de de Troyes, et à de Saint-Florentin)La distance de Troyes à Saint-Mards-en-Othe est de à vol d'oiseau.. En , il fut déplacé à La Lisière-des-Bois, un hameau de Saint-Mards-en-Othe.

Après le débarquement de Normandie du , les Allemands, cherchent à éliminer les maquis, craignant la menace qu'ils font peser sur les lignes de communication et de ravitaillement de leurs armées face à l'avance des Alliés. L'attaque du maquis de Saint-Mards, le , compte parmi les premières opérations de ratissage dans cette région, la forêt d'Othe à cheval sur l'Aube et l'Yonne étant un point névralgique de la Résistance intérieure française.

Formation des maquis À la fin des années 1930 bien avant le remembrement, le Pays d'Othe est une région naturelle de France de collines boisées, et bloc crayeux qui s'étire sur de long et de large, et dont le point culminant est de à Maraye-en-Othe . C' est un pays rural, peu densément peuplé abritant une population essentiellement agricole pratiquant une polyculture où les labours céréaliers s’accompagnent de vergers, de pommiers à cidre, d’élevage bovin et de betteraves à sucre, « À la ville » les usines textiles sont à Estissac, et surtout à Aix-en-Othe capitale du Pays d'Othe.

Dans ce pays boisé et enclavé, |la guerre voit les besoins en bois augmenter pour le chauffage et pour l'alimentation des automobiles fonctionnant au gazogènes. Sur ces terres restées à l'écart des axes de communication, la Résistance est bien présente : réunions, entrepôts de tabac clandestins Raymond Hosatte attaque un militaire allemand dans la rue à Troyes, le 21 décembre 1940. Il est fusillé à Montgueux il est le premier résistant aubois fusillé ... En outre, le tissu forestier a la capacité de protéger les maquisards des repérages aériens de la Luftwaffe.

Avec l'instauration du service du travail obligatoire (STO) par la loi du , la Résistance prend enfin corps et les premières actions ont lieu principalement, à partir de la ferme de Gabriel Couillard. ; ferme sur le territoire de La Lisière des bois, hameau de Saint-Mards-en-Othe (au hameau des Boulins, Ernest René Ménessier est arrêté le , le maquis des Boulins étant sous les ordres des lieutenants Collot et FlamandLe maquis du hameau des Boulins au nord-est de Maraye en Othe est sous les ordres des lieutenants Collot et Flamand. Le 12 juin, le groupement compte , mais à la suite d'une dénonciation le groupe est attaqué, décroche et rejoint le maquis de la Grande-Jaronnée à la limite de l'Yonne pdf Les FTPF / maquis à ne pas confondre avec celui de Rigny-la-Nonneuse.Ernest Ménessier était radio et s'occupait des parachutages. Une rue de Maraye-en-Othe porte le nom d'Ernest Ménessier et cette notice bibliographique de l'amicale de Flossenburg porte son nom. Le site de l'arrêté du 22 mars 2018 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès le donne mort à Flossenburg : texte : Mennessier (Ernest, René), né le 23 novembre 1894 à Maray-en-Othe [sic (Aube), décédé le 20 août 1944 à Flossenburg (Allemagne)].www.lesmortsdanslescamps donne l'écriture du nom suivante : Mennessier (Ernest, René /et/ né le 23 novembre 1894 à Maray-en-Othe (Aube), décédé le 20 août 1944 à Flossenburg (Allemagne) et le site lesmortsdanslescamps indique le : lien au Journal Officiel. et au hameau La Perrière de Maraye-en-Othe ; à Vauchassis ; à Bucey-en-Othe)

Des parachutages avaient eu lieu près de Troyes à Rouilly-Saint-Loup, à Prugny ; des résistants avaient été arrêtés. En 1943, un responsable résistant, Édouard Baudiot dit Marius, cultivateur à Torvilliers, ne se fait pas prendre, il est alors chargé par Jean Moulin de chercher d'autres endroits où parachuter : la région de Saint-Mards-en-Othe est finalement choisie comme nouveau lieu de parachutage. Baudiot fait la connaissance de Gabriel Couillard dit Bihel et de Fernand Ibanez dit Nando (clandestin dès 1940, il participe activement à la structuration de la résistance en Pays d'Othe).. La ferme des Couillard à la Lisière-des-Bois sert beaucoup à la Résistance qui s'organise peu à peu en maquis. Les premiers maquisards arrivés appartiennent surtout au Bureau des opérations aériennes (BOA)Le BOA est créé par Jean Moulin en avril 1943 pour organiser les parachutages en zone Nord... Le premier maquis se trouve au lieu-dit « le Petit Pommier d'Argent » ; un deuxième, dans les bois communaux de Saint-Mards-en-Othe au bout d'un terrain de parachutage puis un troisième dans le Bois de Villiers près de Maraye-en-Othe et à la fin les deux maquis [St-Mards et Villiers] sont regroupés au début de car il y a des « mouches » qui risquent de les dénoncer. Ce maquis est alors dirigé par Jean-Marie Raynaud, dit Francœur qui est responsable régional du BOA..

Les maquis ne sont pas « fixes » : ils sont temporaires. Les maquisards dormant dans des lits de feuillages et de branchages investissent la forêt ; et l'intendance est assurée par ceux restés aux villages et aux fermes. Quant aux soins, un médecin résistant, Bardin, d'Aix-en-Othe se déplaceLes demandes de soins sont faites par une femme, toujours la même qui se déplace au cabinet en demandant une visite à domicile pour un de ses enfants, tous les appels par téléphone étaient rejetés, il y eut plusieurs tentatives d'appels téléphoniques douteux, sans doute de la Gestapo.. Le BOA retient alors trois terrains autour de Saint-Mards-en-Othe (au Champion, à La Lisière des Bois, à Vaucouard) faciles d'accès, plats, larges de et longs de , entourés de bois pour se dissimuler. Dix-sept parachutages sont effectués en tout soit de matériel. À chacun d'eux correspond une phrase code, annoncée à la radio, confirmée ensuite le soir, et désignant le lieu choisi pour l'opération du jour. Le contenu des containers est distribué entre la forêt d'Othe, Troyes et Paris. Ils sont envoyés à Paris, dans des carmions des Ponts et Chaussées, et aussi de la Compagnie des Grands MoulinsFélix Mazure, Hubert Mazure, Deux lycéens chez les Fantômes de Patton, FeniXX - 189 pages (numérisation de l'ouvrage de 1946)..

Il était interdit de redistribuer du matériel aux francs-tireurs et partisans pour des raisons d'appartenance politique mais parfois, les dirigeants du BOA donnaient du matériel à leur voisin bourguignon (Baudiot et Francœur refusent de suivre les directives du Bureau central de renseignements et d'action (ou B.C.R.A.) interdisant de fournir des armes aux F.T.P)Robert Bailly, Occupation hitlérienne et résistance dans l'Yonne (et zones limitrophes), A.N.A.C.R.-Yonne, 1984, Saint-Mards-en-Othe est un village de France avec un monument commémoratif du BOA et du FTP« Entourée de hêtres se dresse une stèle de pierre surmontée d'une plaque sur laquelle est gravé : « FTPF-BOA à ceux qui choisirent le combat de la Résistance pour la liberté de la France. Vous qui passez, souvenez-vous ». » L'Est-Éclair du 19 juin 2009 (cette page n'existe plus, on peut cependant y accéder par la fonction Archive).Voir aussi : Un exemple de Résistance civile : l’aide apportée par la population aux aviateurs alliés de Sébastien Touffu et Jean-Marie Le Nours.

La ferme des Couillard accueille en tout seize aviateurs de différentes nationalités dont les avions avaient été abattus en mission : Australiens, Britanniques, Indiens, Américains et Canadiens rejoignent la RésistanceADIRP de l'Aube >>> « Ce fut le destin de Robert Brown et de Charles Roberson. Ils allèrent de la ferme des Jeanson à Baudement, à celle de Varsovie (maquis Camuset) puis à Marcilly-sur-Seine (maison de l’instituteur) et enfin au maquis du Pays d’Othe » Malheureusement ils furent déportés à Buchenwald, mais en revinrent. Quand les maquisards ne réceptionnent pas des « saboteurs » de la Royal Air Force, tel Robert Rodriguez, qui partent détruire les communications de Troyes et sa région (opération ROSE) Bernard O'Connor, Sabotage in France, LULU Press INC, 2015.

Juin 1944, recentrage au Bois de Villiers et attaque allemande Une importante activité de sabotage des voies ferrées et des dépôts d'essence de Troyes et de son agglomération avait été menée auparavant par le maquis FTP de Sevy près de Chailley dans l'Yonne. Plus tard, en 1944, Robert Loffroy. veut élargir la libération de villages jusqu'à Aix-en-Othe ; il en est dissuadé à Bérulle, lors d'un entretien avec les maquisards de Saint-Mards le ; il donne l'ordre d'évacuer les villages qui avaient été « libérés ». Mi-, l’État-major FTP ordonne au maquis de Suy de préparer son départ pour rallier un important rassemblement en voie de constitution à Saint-Mards-en-Othe. Cent quatre-vingt maquisards quittent les bois de Sévy dans l’après-midi du . Une colonne à pied, sous la direction de Gagnière, prend la direction de Saint-Mards-en-Othe, distant d’une quinzaine de kilomètres, accompagnée de quelques véhicules, camions et voitures. En fin d’après-midi, le transfert s’achève sans que les forces allemandes ne soient intervenues.. Le lendemain, à l'aube arrivent les maquisards de Rigny-la-Nonneuse.. Le , le maquis du bois des Boulins à Rigny est attaqué : la ferme des Boulins est incendiée mais la quasi-totalité des hommes réussit à rejoindre le maquis de Saint-MardsAndré Beury, 1940-1944 dans l'Aube. La Libération, A. Beury éditeur, 1994..

thumb|right|Carte de l'attaque du maquis, le (Cliquer pour agrandir). Le Sipo-SD troyen et ses agents français montent une opération contre le maquis. Grâce à ses age9nts français, les Allemands connaissent l'emplacement des maquisards, et leurs forces. Les rénégats Pigné, Debeaune et Kerseck guident les troupes. Le au matin, une colonne allemande composée de prisonniers de guerre ukrainiens et russes volontairesRoger Bruge, : ., commandés par quelques officiers SS monte à l'assaut du maquis : BOA et FTPF font face à plus de mille soldats. Le maquis occupe une position forte, une colline avec un grand bois, des prés et des champs tout autour du mamelon. Il possède fusils, fusils-mitrailleurs, mitraillettes, mitrailleuses, grenades et, ce qui est exceptionnel, neuf bazooka et dix-sept torpilles. Ces hommes vont se battre de sept heures trente du matin à six heures du soirAlbert Ouzoulias (colonel André) Les bataillons de la jeunesse, FeniXX - 538 pages (numérisation de l'édition de 1967)..

Les premiers éléments allemands arrivent par la route de Maraye-en-Othe, surprennent six maquisards et en tuent quatre. Un autre détachement venu de la Belle Fayte tue six maquisards parmi lesquels l’Anglais George Mamoutoff dit Léon.., lieutenant SAS qui se fait tuer sur son fusil-mitrailleur Bren pour couvrir le repli Roger Bruge 1944, le temps des massacres. Les crimes de la Gestapo et de la , Albin Michel, 1994, : .. Aux alentours de huit heures trente, une seconde colonne motorisée venant par la route de Vosnon, se déploie sur la colline pour prendre le maquis en tenaille. Ils sont accueillis par un feu nourri du poste de garde de Montaigu, les obligeant à reprendre l'attaque par leur chemin de Cortillat où ils installent leur poste de commandement. Très vite, le combat devient inégal, les maquisards étant inférieurs en nombre. Ordre est donné de se replier. Les Ukrainiens et Russes rampent sans bruit avec des feuillages sur leur casque pendant que, derrière, d'autres arrivent en hurlant. C'est pour ça qu'il y a eu autant de tués. Au soir, ont été tués dont quelques blessés achevés. Le Ostbataillon du major Schrade et le Sicherheitsregiment 199 de GellingRoger Bruge, , Gelling s'est fait tuer le , dans la région de Blâmont ont perdu une quarantaine d’hommes dont cinq ou six officiers. Depuis le clocher de l'église de Nogent-en-Othe des résistants sont abattus.

Dispersion et conséquences