( - ) est une poétesse, écrivaine et essayiste japonaise. Elle est une figure de proue du féminisme japonais et la fondatrice de la première école mixte du Japon.

Biographie est la troisième fille de Soshichi Ho et de son épouse Tsuya, qui tenaient une boutique de confiseries japonaises Surugaya dans le quartier de Kaino-cho, à Sakai, dans la préfecture d'Osaka (Kaino-cho, Sakai-ku à l'époque actuelle). Entrée à l'école de classiques chinois à 9 ans, elle prenait également des leçons de koto et de shamisen. Après son entrée à l'école des filles Sakai (Lycée departemental Senyo d'Osaka à l'époque actuelle) elle a commencé à lire Le Dit du Genji et s'est familiarisée avec la littérature classique. Sous l'influence de son frère ainé, à partir de l'âge de 12 ou 13 ans, elle s'est adonnée à la lecture de revues littéraires comme Sakusoshi (renommée ensuite Mezamashi-gusa ) ou Bungakukai (« monde littéraire ») et a lu des romans de Kōyō, Rohan, et Ichiyō etc.- mai, 1906.

Dans sa vingtième année, elle a commencé à envoyer des wakas à ces revues, tout en continuant de travailler dans le magasin familial. Sa rencontre avec le poète Tekkan Yosano lors d'une compétition de poèmes dans un hôtel de Hamadera kōen en 1900 marque le début de leur relation. Elle publie des tankas dans le bulletin Myojo, conçu par Tekkan et publié par la maison d'édition Shinshisha. L'année suivante, elle quitte la maison familiale et s'installe à Tokyo. Son premier recueil poétique chantait la sensualité de la femme et a lancé un style de l'école romantique. Douze enfants naîssent de son union avec le poète Tekkan Yosano (l'un d'eux meurt deux jours après sa naissance).

vignette|Akiko Yosano avec son mari, Tekkan Yosano. En , elle publie dans le magazine littéraire Myōjō. En 1911, elle écrit un poème qui commence par la phrase , publié dans la revue Seitō. En 1912, elle décide de suivre Tekkan à Paris. Le , le journal Yomiuri publie un feuilleton les femmes modernes dont le premier épisode narre son projet de voyage à Paris. Mori Ōgai l’aide à trouver des ressources financières pour financer son voyage et revoit le texte de sa dont il a écrit la préface. Le , à l'annonce son départ pour Paris 500 personnes dont la féministe Raicho Hiratsuka, viennent l'accompagner.

Entre le date de son arrivée à Paris par le Transsibérien et le , jour de son départ de Marseille pour le Japon, elle visite l’Angleterre, la Belgique, l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas. En , la revue Chūō Kōron publie un numéro spécial consacré à Akiko Yosano.

En 1914, dans son texte écrit en collaboration avec Tekkan elle revendique le droit des femmes à accéder librement à l’éducation. Alors que les poèmes de son mari se vendent de plus en plus mal et qu'elle ne peut plus compter sur ces revenus, elle doit pour nourrir sa famille, gagner sa vie par l'écriture. Elle publie ses recueils de poèmes, donne des conférences de Tanka improvisés et enseigne aux femmes la composition poétique.

En 1919, Tekkan obtient un poste de professeur d’université. En 1921, elle fonde le à Surugadai avec son mari, l'architecte Isaku Nishimura et le peintre Hakutei Ishii. Elle forme alors le concept d’éducation égalitaire et organise la première école mixte du Japon.

Dans les années suivantes, elle apporte toute son énergie à la rédaction du Shin yaku Genji monogatari (le Dit de Genji en langue moderne, paru en 1939), à sa création et à la critique poétique ; tout en continuant son action féministe et en défendant les droits des femmes. Au soir de sa vie elle aura écrit .

Elle décède en 1942 et repose au cimetière Tama Reien, à Tokyo.

Œuvres principales Cette liste provient des repères biographiques fournis dans la traduction française de Cheveux emmêlés (Les Belles Lettres, 2010).

Recueils de poèmes

1901 : .Première traduction française : Cheveux emmêlés, traduit par Claire Dodane, éditions Les Belles Lettres, 2010 1904 ; Koôgi ("Le petit éventail") 1904 : Dokusuga ("Herbes vénéneuses") 1905 : Koigoromo ("Vêtements d'amour"), en collaboration avec Tomiko Yamakawa et Masako Masuda 1906 : Maihime ("La Danseuse") 1906 : Yume no hana ("Fleurs de rêve") 1908 : Tokonatsu ("Les Œillets") 1909 : Saohime ("Princesse Sao") 1911 : Shundei-shû ("Boue de printemps") 1912 : Seigaiha ("Les Vagues bleues de la mer") 1914 : Natsu yori aki e ("De l'été à l'automne") 1915 : Sakurasô ("Primevères") 1915 : Yosano Akiko-shû, poèmes choisis (sélection de poèmes des recueils précédents) 1916 : Shuyô-shû ("Feuillages d'automne") 1916 : Maigoromo ("Vêtements de danse") 1917 : Akiko shinshû ("Nouveau recueil d'Akiko") 1919 : Hi no tori ("L'Oiseau de feu") 1921 : Taiyô to bara ("Le Soleil et les roses") 1922 : Kusa no yume ("Rêve d'écriture") 1923 : Akiko renkashô ("Poèmes d'amour d'Akiko"), poèmes choisis 1924 : Ryûsei no michi ("La Voie de l'étoile filante") 1925 : Rurikô ("L'éclat du lapis-lazuli") 1925 : Ningen ôrai ("Le va-et-vient des hommes"), poèmes choisis 1928 : Kokoro no enkei ("Vues du cœur") 1929 : Akiko shihen zenshû ("Vers libres d'Akiko au complet") 1929, avec Tekkan Yosano : Kirishima no uta ("Poèmes de Kirishima") 1933 : Baika-shû ("Fleurs de prunier"), en hommage à Tekkan Yosano 1938 : Yosano Akiko kashû ("Poèmes de Yosano Akiko"), poèmes choisis 1940 : Shinsen Yosano Akiko-shû ("Nouveau recueil de poèmes choisis de Yosano Akiko"), poèmes choisis 1942, posthume : Hakuô-shû ("Cerisiers blancs"), publié à titre posthume par son ami Hirano Banri

Poèmes individuels

septembre 1904 : Kimi shinitamô koto nakare ("Je t'en supplie, mon frère, ne meurs pas"), dans la revue Myôjô 1911 : Sozorogoto ("Rêveries"), dans le n°1 de la revue féministe japonaise Seitô (Les bas bleus)

Essais et non-fiction

1909 : Ubuya monogatari ("Récit de la chambre d'accouchement"), essai 1911 : Ichigû yori ("D'un recoin"), recueil d'essais 1914 : Parii yori ("Depuis Paris"), récit de son voyage en Europe en 1912-1913 1915, avec Tekkan Yosano : Izumi shikibu kashû, commentaire de poèmes de la poétesse Izimu Shikibu 1915 : Zakki-chô ("Carnet de notes"), recueil d'essais 1915 : Uta no tsukuriyô ("Comment écrire de la poésie") 1916 : Hito oyobi onna toshite ("En tant que personne et en tant que femme"), recueil d'essais janvier 1917 : Warera nani o motomuru ka ("que cherchons-nous ?"), recueil d'essais octobre 1917 : Ai, risei, oyobi yûki ("L'Amour, la raison et le courage"), recueil d'essais 1918 : Wakaki tomo e ("À mes jeunes amis"), recueil d'essais janvier 1919 : Shintô zassô ("Réflexions diverses"), recueil d'essais mars 1919 : article Fujin mo sanseiken o yôkyû su ("Les femmes revendiquent elles aussi le droit de vote"), dans la revue Fujin kôron août 1919 : Gekidô no naka o yuku ("Dans l'exaltation"), recueil d'essais octobre 1919 : Akiko kawa ("Propos sur ma poésie"), essai 1920 : Nyônin sôzô ("La Création féminine"), recueil d'essais 1921 : Ningen reihai ("Le Culte de l'inhumain"), recueil d'essais 1922 : Ai no sôsaku ("La Force créatrice de l'amour"), recueil d'essais 1925 : Suna ni kaku ("Écrire sur le sable"), recueil d'essais 1927 : biographie et commentaire pour une édition des œuvres complètes d'Izimu Shikibu 1928 : Hikaru kumo ("Nuages rayonnants") 1931 : Gaitô ni okuru ("À la foule") 1934 : Yûshôsha to nare ("Soyons les vainqueurs !")

Contes

1910 : Otogibanashi shônen shôjo ("Contes pour petits garçons et petites filles") 1915 : Uneunegawa ("La Rivière sinueuse") 1919 : Ittemairimasu ("Je reviens !")

Nouvelles

1912 : Kumo no iroiro ("De tous les nuages"), recueil de nouvelles

Traductions

1912 : début de la parution de Shin.yaku Genji monogatari ("Nouvelle traduction du Dit du Genji") 1916 : traduction en langue moderne des journaux de Murasaki Shikibu et Izumi Shikibu 1916 : Shin.yaku tsurezuregusa ("Traduction en langue moderne des Heures oisives") 1938 : traductions pour le 9e volume des Œuvres complètes de la littérature japonaise classique traduite en langue moderne

Roman

1913 : Akarumi e ("Vers la lumière"), roman autobiographique, dans le journal Toyo Asahi shinbun

Analyse de l'œuvre

Le poème Ne donne pas ta vie (Kimi shinitamô koto nakare, 1904) « Ne donne pas ta vie »

Oh, mon frère, je pleure pour toi Ne donne pas ta vie Dernier né de la famille Tu es le mieux-aimé de mes parents T'ont-ils fait empoigner le sabre Et enseigné à tuer? T'ont-ils élevé jusqu'à tes 24 ans En te disant de tuer et de mourir?

Des nombreux magasins de Sakai Notre famille a l'un des plus grands Tu seras le propriétaire Ne donne pas ta vie Que le fort de Ryojun soit détruit ou non, quelle différence? Tu ne connais pas ces règles Qui existent chez nous, les commerçants(...)

Akiko était la deuxième d'une fratrie de cinq, elle avait deux frères et deux sœurs cadettes. Son frère ainé était un célèbre docteur en technologie électrique. Quand elle écrit "Dernier né de la famille" elle pense à son cadet qui devait reprendre le magasin familial mais qui doit rejoindre l'armée. Chūzaburo, le frère cadet de Akiko a 24 ans lorsqu'elle écrit ce poème, en 1904. Quand il part pour la guerre russo-japonaise, sa femme, épousée deux ans auparavant est enceinte. À cette époque-là, la censure était moindre que pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais un critique littéraire s'insurge "Pour elle le plus important est la famille. Peu lui chaut que la soit perdue. Les commerçants n'auraient pas l'obligation de combattre. Quelle exubérance dans ces propos." Akiko Yosano lui répond: "On me reproche de tenir des propos dangereux. Je crois plutôt que le nationalisme qui nous fait accepter de mourir sur ordre est bien plus dangereux. Il faut nous exprimer avec sincérité dans les poèmes et ce en toute situation."

Chuzaburô sachant lire et écrire, sera affecté au service du directeur et n'aura pas à combattre sur le champ de bataille. Retourné sain et sauf au Japon il a pu vivre jusqu'en 1944, date de sa mort à 63 ans.

Postérité

Le cratère vénusien Akiko a été nommé en son honneur ..

Elle a donné son nom à un personnage du manga Bungo Stray Dogs, dans lequel elle est médecin. Son œuvre Ne donne pas ta vie a inspiré le nom de son pouvoir.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Ses œuvres sur le site Aozora Bunko

Catégorie:Naissance à Sakai Catégorie:Naissance en décembre 1878 Catégorie:Décès en mai 1942 Catégorie:Décès à 63 ans Catégorie:Poétesse japonaise Catégorie:Écrivain japonais du XXe siècle Catégorie:Écrivaine japonaise Catégorie:Essayiste japonais Catégorie:Féministe japonaise du XIXe siècle Catégorie:Féministe japonaise du XXe siècle Catégorie:Professeur japonais Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière de Tama