Le Train () est un film franco-américain de John Frankenheimer, Arthur PennArthur Penn n'apparaît pas au générique. et Bernard Farrel, sorti en 1964. Le scénario du film s'inspire d'un épisode réel de la Seconde Guerre mondiale : les péripéties du train dit « d'Aulnay » en , dont le chargement contenait des œuvres d'art et dont l'acheminement vers l'Allemagne fut stoppé grâce à l'action de cheminots de la Résistance et aux signalements de Rose Valland, alors attachée de conservation au musée du Jeu de Paume.

Synopsis En , le colonel nazi Franz von Waldheim, amateur d'art et spoliateur, fait évacuer vers l'Allemagne les fruits de son pillage artistique en raison de l'avance alliée sur le territoire français. Parmi eux figurent indistinctement des tableaux de maîtres appartenant la galerie nationale du Jeu de Paume et des œuvres dites « dégénérées », prises aux Juifs. Des caisses contenant les œuvres, tableaux et objets, sont transportées jusqu'à une gare pour être chargées dans un train de marchandises en partance pour l'Allemagne. La résistante Mlle Villard (Suzanne Flon), qui a assisté au pillage des biens culturels et comprend les intentions de von Waldheim, s'empresse de contacter la Résistance cheminote.

D'abord réticents, ses interlocuteurs finissent par accéder à sa demande devant ses suppliques. C'est le cheminot résistant Paul Labiche (Burt Lancaster) qui est désigné pour conduire la locomotive à vapeur du train. Invoquant auprès des Allemands la nécessité de se reposer, il est emmené pour l'après-midi dans un petit hôtel près de la gare par un officier allemand, le capitaine Schmidt. Labiche doit se préparer à quitter les lieux tôt le lendemain. La soir du départ, il prend ses fonctions dans le poste de conduite de la machine sous la surveillance d'un soldat allemand. Il est accompagné de « Didont » (Albert Rémy), son chauffeur chargé d'alimenter la chaudière en charbon. Le train s'ébranle lentement avec l'aide d'autres compagnons résistants, Labiche fait en sorte que le convoi n'arrive jamais à destination : le train est sans cesse dérouté par un aiguilleur en cabine afin de tourner en rond et de revenir à son point de départ, tandis que les panneaux indiquant le nom de chaque gare sont temporairement maquillés afin d'endormir la méfiance du garde allemand de la locomotive.

L'opération de sabotage commence par la soi-disant gare de Rémilly, en Moselle, dont le nom est affiché sur un château d'eau situé à proximité des voies. Immédiatement après le passage du train, la banderole est détachée par des résistants et dévoile le nom de Pont-à-Mousson. Le train amorce son retour en direction de Paris au niveau de la gare de Commercy, qui est quant à elle rebaptisée Saint-Avold, ville située à proximité de l'actuelle frontière franco-allemande. Deux résistants déguisés en soldats allemands sont présents sur le quai et communiquent un renseignement à Labiche.

Le train est ensuite censé entrer sur le territoire du Reich proprement dit et arriver en gare de Deux-Ponts (affichée sous son nom allemand, Zweibrücken). Là encore, la duperie des résistants permet de cacher qu'il s'agit en réalité de la gare de Vitry-le-François, dans la Marne. Dans une voiture incorporée au convoi, deux Allemands notent au fur et à mesure sur un plan le nom des gares traversées. Le train arrive alors dans la ville fictionnelle de « Rive-Reine ».

vignette|gauche|Michel Simon dans le rôle de Papa Boule

Alors que cette vaste opération se poursuit sans éveiller le moindre soupçon du côté allemand, les cheminots provoquent un grave déraillement en inversant une aiguille de voie. Ces derniers sont rapidement arrêtés et exécutés, mais le train est immobilisé pendant plusieurs heures. Divers autres incidents, au cours desquels quelques soldats de la petite escorte de Von Waldheim trouvent la mort, émaillent le trajet. L'officier allemand, qui n'entend pas laisser le train et ses trésors derrière lui, intervient toutefois en personne afin que le train soit rapidement remis en état de marche.

De sabotage en sabotage, le train ne réussit toutefois qu'à progresser lentement, trop lentement au goût de von Waldheim, qui suspecte la Résistance d'entraver ses projets. Pour parer à nouvel incident, il fait prendre des otages choisis au hasard qui sont disposés tel un bouclier humain à l'avant et sur les cotés de la locomotive. Von Waldheim, accompagné par le commandant Herren, fait également renforcer la sentinelle par une cinquantaine d'hommes armés, dont certains sont envoyés en éclaireurs pour signaler tout anomalie sur la voie ferrée.

Labiche comprend alors que les Allemands sont déterminés à faire avancer le train coûte que coûte. Sur une voie unique en pleine campagne, il enlève des tirefonds qui maintiennent les rails sur les traverses. Ce sabotage est remarqué trop tard par les soldats, ce qui permet de provoquer le déraillement de la locomotive et l'arrêt du train. Au même moment, un convoi militaire allemand chargé de soldats blessés passe sur la route parallèle à la voie. Von Waldheim, dans une ultime tentative, le stoppe et tente de réquisitionner les camions pour charger les caisses contenant les tableaux, mais l'officier commandant le convoi refuse. Perdant tout sang-froid, von Waldheim donne l'ordre de le fusiller pour insubordination, en vain : le commandant Herren lui fait remarquer que les Alliés sont aux portes de Paris et qu'il vaut mieux fuir tant qu'il est encore possible. Herren et ses hommes exécutent alors les otages retenus sur la locomotive, puis montent à bord des camions en abandonnant les caisses de tableaux sur le bord de la voie. Von Waldheim refuse de les accompagner et reste seul sur place.

La scène finale est celle de la confrontation entre le colonel von Waldheim et Labiche. L'Allemand lui demande pourquoi il s'est donné tant de mal pour arrêter ce train, lui qui n'est qu'une brute qui ne comprend et ne comprendra jamais rien à l'art. L'art, dit encore von Waldheim, « appartient à ceux qui y sont sensibles ». Il dit à Labiche que ce dernier serait bien incapable de savoir pour quelle raison il a agi. Sans un mot, Labiche se retourne et observe alors les cadavres des otages gisant sur le talus. Le visage grave et exaspéré, il finit par abattre le colonel d'une rafale de mitraillette.

Le film se termine sur un plan de Labiche qui s'éloigne sur la route.

Fiche technique Titre : Le Train Titre original : Réalisation : John Frankenheimer, Arthur Penn (non crédité) et Bernard FarrelBernard Farrel est crédité comme coréalisateur sur les copies (et les affiches) françaises. Exigé par la législation fiscale française, il n'était pas autorisé à mettre les pieds sur le plateau et son nom est totalement absent des copies américaines. Scénario : Franklin Coen et Frank Davis ; Walter Bernstein, Howard Dimsdale, Nedrick Young (non crédités) ; Albert Husson (version française ; non crédité) d'après le livre Le Front de l'art, de Rose Valland Producteur : Jules Bricken Producteur associé : Bernard Farrel Photographie : Jean Tournier et Walter Wottitz Décors : Willy Holt, assisté de Marc Frederix et Roger Volper Montage : David Bretherton et Gabriel Rongier (non crédité) Son : Joseph de Bretagne Réenregistrement : Jacques Carrère et Jacques Maumont Effets spéciaux : Lee Zavitz Maquillage : Georges Bouban Musique composée et dirigée par : Maurice Jarre Sociétés de production : Les Films Ariane, Les Productions Artistes Associés et Dear Film Produzione Société de distribution : United Artists Budget : (estimation) Langue : anglais, allemand Format : noir et blanc - 1,66:1 - Mono - Genre : Film dramatique, Film de guerre, Film d'action, Thriller Durée : 127 minutes Dates de sortie : France : États-Unis :

Distribution

Burt Lancaster (VF : Marcel Bozzuffi) : Paul Labiche Paul Scofield : le colonel Franz Von Waldheim Jeanne Moreau : Christine Suzanne Flon : Villard Michel Simon (VF : lui même) : Papa Boule Wolfgang Preiss (VF : Howard Vernon) : le major Herren Albert Rémy : Didont (chauffeur) Charles Millot : Pesquet (chauffeur) Richard Munch : le General von Lubitz Jacques Marin : Jacques, le chef de gare de Rive-Reine Paul Bonifas : Spinet, le chef de la Résistance Jean Bouchaud : le capitaine Schmidt Donal O'Brien : le sergent Schwartz Jean-Pierre Zola : Octave Art Brauss : le lieutenant Pilzer Jean-Claude Berco : le major commandant l'unité motorisée allemande Howard Vernon : le lieutenant Dietrich Louis Falavigna : le cheminot qui provoque le télescopage des locomotives Richard Bailey : Grote Christian Fuin : Robert, le neveu de Jacques Helmo Kindermann : l'ordonnance du General Von Lubitz Roger Lumont : un chef mécanicien Gérard Buhr : un caporal Christian Rémy : Tauber, l'assistant de Schmidt

Acteurs non crédités

Jean Minisini : Un soldat Allemand

Sarmiento Basile : le caporal allemand à lunettes qui garde Labiche Victor Beaumont : un officier allemand Jacques Blot : Hubert, un cheminot Michel Charrel : l'aiguilleur avec Labiche Nick Dimitri : un soldat allemand lors de l'arrestation de Papa Boule Bernard Fresson : le dernier conducteur du train (un conducteur allemand) Bernard Lajarrige : Bernard, le docteur Jean-Jacques Leconte : un lieutenant de l'unité motorisée allemande Daniel Lecourtois : le prêtre Rudy Lenoir : un officier allemand dans l'auberge de Christine André Tomasi : un barman moustachu Michel Tureau : un résistant déguisé en soldat allemand, sur un quai de gare

Production Tournage Le tournage commence en . C'est originellement Arthur Penn qui doit réaliser le film mais, alors que le tournage est déjà commencé, Burt Lancaster obtient son renvoi au bout de trois jours. au motif que les deux hommes ne partageraient pas la même conception du film.. L'acteur souhaite que les machines et l'action l'emportent, principalement pour regagner l'affection du public après l'échec commercial du Guépard, de Visconti. Walter Bernstein retravaille le scénario en ce sens.

La plupart des figurants sont des habitants d'Acquigny.

Au cours du tournage, Burt Lancaster profite d'une journée de repos pour aller jouer au golf et s'y blesse à la jambe. Afin qu'il puisse tourner les scènes restantes en claudiquant, il est décidé de rajouter une scène où Lancaster reçoit une balle dans la jambe.

Lieux de tournage

Les principales scènes ferroviaires sont tournées à Argenteuil (Val-d'Oise)-triage, Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) - Les docks, la Glacière-Gentilly (Paris), Vaires-Torcy (Seine-et-Marne), Gargenville (Yvelines) et Acquigny (Eure). La première gare supposée être en Allemagne (Deux-Ponts), est l'ancienne gare de Provins (Seine-et-Marne), qui, à l'époque, est en bois. La scène des viaducs et du tunnel lors de l'attaque aérienne du train est tournée à Moulineaux en Seine-Maritime, sur la ligne qui traverse la forêt de La Londe. D'autres scènes sont tournées dans l'Eure, à Pacy-sur-Eure, dans les environs d'Acquigny (la gare de « Rive-Reine » dans le film) et d'Heudreville-sur-Eure dans la vallée d'Eure. C'est en particulier le cas de la scène où Burt Lancaster (en fait, un cascadeur de l'équipe de Claude Carliez, du nom de Jean Chardonneaux) escalade les flancs abrupts d'une colline dominant la voie. La scène finale du déraillement se situe non loin de la gare d'Heudreville. L'impressionnante scène de collision entre deux trains est tournée en gare d'Acquigny à l'aide de sept caméras, dont trois sont détruites accidentellement à cette occasion. La scène du bombardement pendant lequel Papa Boule réussit à sortir son train du triage est tournée à Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne). Pour cette occasion, un poste d'aiguillage est reconstruit spécialement sous forme d'un décor et cela permet de le voir pulvérisé par une bombe.