Le château de Landal est un château médiéval situé sur la commune de Broualan en Ille-et-Vilaine. La seigneurie puis comté de Landal a appartenu à plusieurs grandes familles de la noblesse bretonne. C'est l'un des grands châteaux de l'histoire bretonne.

Description À quelques kilomètres au sud-est de Dol-de-Bretagne, se dresse sur un éperon barré la silhouette du château des anciens sires de Landal, dominant un chapelet d’étangs naturels, qui forment une défense naturelle sur ses flancs ouest, nord et est. Le domaine comprend un bois d'une centaine d'hectares et une avenue cavalière large de et longue de .

Il est situé à Broualan qui était autrefois une section de la commune de la Boussac ; elle a été érigée le en paroisse, puis en commune le Henri Bourde de La Rogerie, « Le château de Landal en 1467-1468 », Mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, t. XLVIII (1921), 89 Lire en ligne..

Le château, formant chemise de remparts, tours et bâtiments est entouré en partie de douves anciennes et d'un étang de ceinture. À l'extérieur se trouvent d'un côté l'avenue cavalière, ayant de part et d'autre une chapelle seigneuriale du et un colombier (ou fuie) et d'un côté, d'un autre l'ancien potager et l'étang de ceinture.

Le bâtiment principal du château est un donjon du fortement remanié dans les années 1848-1850. Il est de forme quadrangulaire entouré de quatre imposantes tours rondes. Il a été rebâti (fenêtres, couronnement, toitures et intérieurs) par Louis du Breil, propriétaire du domaineAbbé Amédée Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, t.2, Rennes, 1881, sq..

La cour est entourée de courtines et de tours d'angles : -la tour « de France » est la plus ancienne, probablement du , située au sud, près de l'entrée de la cour. Elle s'est malheureusement effondré en partie du côté de la douve. Un écu armorié de trois fleurs de lys s'y trouvait, datant du et était marque des comtes de Landal (famille de France). Elle avait probablement été restaurée à cette époque, c'est-à-dire après l'incendie de 1758 par les troupes anglaises ; -il reste également deux tours du , également restaurées, situées sur le flanc nord du château, et surplombant l'étang de ceinture. La courtine qui les réunissait aux n'existe plus, à part quelques traces de fondations; -la tour des communs date des et et semble avoir été rebâtie en même temps que les communs remplaçaient la courtine ouest. -les communs sont du , ornés vers l'intérieur par d'admirables lucarnes à fronton arrondi en granite. -la porterie monumentale est l'œuvre de l'architecte Arthur Regnault vers 1899-1900. Le nouveau propriétaire du château, Maurice de Thomasson, souhaitait faire construire un pont-levis en état de marche. Cependant le projet n'aboutit pas et proposa la porte actuelle, avec grille de fer et courtine crénelée, précédée d'un pont dormantArthur Regnault, architecte, 1839-1932: la quintessence de l'art sacré, catalogue de l'exposition, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011..

Du côté oriental, longeant également l'un des étangs, se trouve également un potager ou jardin d'agrément entouré de murs d'une surface d'environ 600 ares et séparé du château par l'une des douvesGéoportail/Broualan/Landal..

Le château a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du pour ses façades et toitures, celles de ses communs, de sa chapelle et de sa fuie. Les anciennes lucarnes du donjon ont disparu au cours du .

Historique Probablement ancien manoir d’une seigneurie située à la Boussac, ou à l'époque à Épiniac, et citée dès le . Ses seigneurs étaient vassaux de ceux de DolJoëlle Quaghebeur, Bernard Merdrignac, Bretons et Normands au Moyen Âge: rivalités, malentendus, convergences, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2008, 253..

Le château a été fortifié de quatre tours au , dont deux ont semble-t-il subsisté, ainsi que sa basse-cour entourée d’une d'enceinte avec courtine. Une douve fut creusée au sud, pour compléter la défense de l’édifice.

Chef-lieu d’une châtellenie ayant appartenu notamment à la Maison de Rohan, il servit de garnison pour les ducs de Bretagne lors de la guerre de Cent AnsHenri Bourde de La Rogerie, « Le château de Landal en 1467-1468 », Mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, t. XLVIII (1921), 90-94. Lire en ligne., alors qu'il appartenait à Marie de Montauban, accusée d'avoir empoisonné son premier mari Louis de Rohan-Guéméné, et forcée à rester close par son second époux le seigneur de Craon, Georges de La Trémoïlle.

En il est pris par surprise, par Arnoul d'AudrehemLivre "Mémoires à l'Académie des inscriptions et belles lettres - Étude sur la vie d'Arnoul d'Audrehem, maréchal de France", année 1883..

Transmis par alliance dans les familles de MontsorelJean Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, 399., d'Aubigné, de Montauban, de Rohan-Guéménée au , de Maure au et de Rochechouart-Mortemart en 1643, il est vendu par les Rochechouart-Mortemart en 1697 à Olivier de France, seigneur de la Chèze, issu d'un ancien lignage de Bretagne, et qui a obtenu l'érection de la terre de Landal en comté en 1716. Le comté est transmis en 1781 à la Maison du Breil, seigneur de Chalonge.

En 1758, le château est le théâtre d'une vengeance de la part des Anglais, lors de leurs incursions sur les côtes normandes et bretonnes. Ils l'auraient incendié à cause de la résistance opposée par la garnison d'Olivier-Joseph de France, comte de Landal et capitaine général des garde-côtes de Dol-de-Bretagne, lors de leur débarquement à Cancale, alors qu'il commandait deux batteries basses qui tirèrent un millier de coup de canons sur leurs navires. thumb|Reproduction d'une lithographie de Félix Benoist,dans La Bretagne Contemporaine éditée chez Charpentier en 1865.

Le château, avec son domaine de 350 hectares, est acheté par Maurice de Thomasson en 1892 au comte Louis du Breil (1844-1917)Fonds de Thomasson - château de Landal en Broualan, Archives I&V, fonds 138 J, (7,80 ml), (1892-1938)..

De 2013 à 2015, après plus de dix ans d'abandon et de vandalisme, il est géré par la famille Guyot (déjà propriétaire des châteaux de la Ferté-Saint-Aubin, Bridoire et Saint-Brisson).

Depuis 2016, il est de nouveau à l'abandon, à la suite d'un différend opposant la famille Guyot avec l'abbaye de la Lucerne, propriétaire des lieux. Le château est régulièrement visité par des explorateurs urbains pour y faire des photos ou tourner des vidéos.

Liste de seigneurs de Landal Hamon de Landal, alias de Montsorel premier seigneur de Landal, cité vers 1084Annales de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo, 1911, 243., père de : Gelduin de Landal, seigneur de Landal, décédé après 1137, année où il fonde l'abbaye de la Vieuville (sur Épiniac, à au nord du château), avec sa femme Adelise. Sa fille Florine, dame du Fresnay, aurait épousé de Bertrand du Guesclin, seigneur de Guarplic (+ 1150) ; D'après Dom Augustin du Pas, Geldoin eut deux fils, Jean, Hamon et Zacharie de MontsorelDon Augustin du Pas, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, .; Jean de Montsorel, seigneur de Montsorel et de Landal, vivait en 1171. Il fut le père de Guillaume, Robert, Olivier et Zacharie de MontsorelDon Augustin du Pas, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, .. Guillaume de Montsorel, seigneur de LandalCokayne, The Complete Peerage, t. IV, 93-94., dont : Mathilde de Montsorel, dame de Landal, fille du précédent, mariée en premières noces une première fois, puis à Raoul d'Aubigné, dont postérité ; et enfin à Jean Painel : Raoul d'Aubigné, seigneur de Landal, fils des précédents, troisième époux de Sibylle de Valognes, décédée vers 1212-1218 (veuve de Robert de Ros, Hamlake puis de Guillaume de Percy, seigneur de Percy), dont : Philippe d'Aubigné, seigneur de Landal, fils du précédent, et : Raoul d'Aubigné, seigneur de Landal, frère du précédent, dont : Raoul d'Aubigné, seigneur de Landal, fils du précédent, né vers 1250, décédé en 1315, dont : Guillaume d'Aubigné, seigneur de Landal, fils du précédent, né vers 1300, décédé après 1384, marié à dame Philippa (nom inconnu), dont : Mahaut d'Aubigné, dame de Landal, fille du précédent, marié en 1366 à Olivier de Montauban, seigneur de Queneville, né vers 1348, décédé vers 1389/1409, fils de Olivier de Montauban, seigneur de la Ferté (v.1325-1388) et de Jeanne Malesmains (v. 1328-1383), dont : Guillaume de Montauban, seigneur de Montauban et de Landal, capitaine de Dinan, fils du précédent, né vers 1367, décédé en , marié en premières noces en 1382 à Marguerite de La Roche-Bernard, fille d'Eudes, seigneur de la Roche-Bernard et de Béatrice de Craon. Veuf, il se remaria ne à Bonne Visconti, née en , décédée en 1433, fille de Charles Visconti (1359-1403), seigneur de Parme et de Crémone et de Béatrice d'Armagnac, dont : Jean de Montauban, seigneur de Montauban et de Landal, amiral de France, maréchal de Bretagne, fils du précédent, né vers 1412, décédé en , marié à Anne de Keranrais, dame de KeranraisPère Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, t. IV ( éd., par Pol Potier de Courcy), 1868, 58., fille d'Eon de Keranrais, seigneur de Runfao et de Jeanne de Launay, dont : Marie de Montauban, dame de Landal, Montauban, Remilly-sur-Lozon, Marigny, fille du précédent décédée le , épouse en premières noces le Louis () de Rohan, seigneur de Guéméné, né vers 1410, mort le , fils de Charles de Rohan, seigneur de Guéméné et de Ker Manet-Guégan (†1438) et de Catherine du Guesclin, dame du Verger (†1461), empoisonné par sa femme, notoirement infidèle. Veuve, le testament de son mari la prive de la tutelle de ses trois enfants ; elle se remarie en secondes noces en 1464 Georges de La Trémoïlle, seigneur de Craon, qui s'en sépare en 1471, puis la fait enfermer. Elle aurait épousé en Jean de Caradreux, seigneur de Neuvillette, dont : Louis de Rohan, dit "le Grand" fils des précédents, seigneur de Guéméné et de Landal, de la Rochemoisan, Montauban, Remilly-sur-Lozon, Marigny, Condé-sur-Noireau, baron de Lanvaux, etc., né vers 1444, mort le , marié en 1463 avec Louise de Rieux, née en 1446, fille de François de Rieux, comte d'Harcourt (1418-1458) et de Jeanne de Rohan (†1459), dont : Henri de Rohan, fils du précédent, seigneur de Landal, marié en 1497 à Marguerite du Pont-l'Abbé, dame de Plusquellec, décédé en 1499, sans postérité. Sa veuve se remaria avec François de Tournemine, baron de La Hunaudaye et du Hommet (†1500) ; Jean de Rohan, frère du précédent, seigneur de Couesron-sur-Loire et de Landal (après son frère), gouverneur de Touraine, grand-maître de Bretagne sous les reines Anne et Claude (duchesse de Bretagne), mort le , épouse Guyonne de Lorgeril, (en minorité le ), dernière héritière de la Maison de Lorgeril en Jugon, dame de Tressaint et de La Tourniolle, morte le . dont : Hélène de Rohan, fille du précédent, dame de Landal et de Lorgeril, décédée le , épouse en François de Maure, de Maure (1553), seigneur de Bonaban, né le , mort le , fils de Jean VIII de Maure, seigneur de Brieux et de Marie d'Anger, dont : Claude de Maure, de Maure et seigneur de Landal, né le à Maure, mort le , marié le à Françoise Hélie de Pompadour, fille de François Hélie de Pompadour (+1534), vicomte de Comborn, etc., chambellan du roi, et d'Isabeau Picart, dont : Charles de Maure, de Maure et seigneur de Landal, et du Plessis-Anger, né à Tours, tué en duel à l'âge de 19 ans le à Angoulême, marié en 1573 à Diane de Pérusse d'Escars, comtesse de La Vauguyon, décédée en 1611, fille de Jean de Pérusse d'Escars (+1596), prince de Carency et d'Anne de Clermont (+1595). Diane d'Escars, jeune veuve, épousa l'homme qui avait tué son mari, Louis de Steuer de Caussade, comte de Saint-Mégrin, baron de Montbrun, dont postérité. Charles du Maure et Diane d'Escars eurent une fille :