thumb|Drapeau du Conseil du Pays valencien adopté le . Le Conseil du Pays valencien (nom officiel en valencien : ) est une institution du Pays valencien, en Espagne, approuvée par le décret royal du négocié entre l'Assemblée de parlementaires du Pays valencien et le gouvernement d'Adolfo Suárez, fondée dans l'optique d'amener la région jusqu'à un régime de pleine autonomie. Son premier président fut Josep Lluís Albiñana, membre du PSPV-PSOE.
En raison de graves tensions surgies autour des questions identitaires au cours de sa période d'activité, le Conseil rencontra de grandes difficultés pour accomplir sa tâche et le statut d'autonomie définitif ne fut approuvé que tardivement et avec de profondes modifications.
À l'issue de la transition, l'entité fut renommée Conseil de la Généralité valencienne.
Compositions Première composition du Conseil du Pays valencien ( - )
Président : Josep Lluís Albiñana (PSPV-PSOE)
Conseillers : Économie et budget : Francisco Javier Máximo Aguirre de la Hoz (UCD) Intérieur : Fernando Vidal Gil (PSPV-PSOE) Conseiller de l'éducation et de la science : José Luis Barceló Rodríguez (UCD) Travaux publics et urbanisme : Antoni Garcia Miralles (PSPV-PSOE) Travail : Joan Lerma (PSPV-PSOE) Industrie et commerce : Leonardo Ramón Sales Agriculture : Enrique Monsonís (UCD) Tourisme : Alberto Jarabo Payá (AP) Santé et sécurité sociale : Manuel Sánchez Ayuso (PSP) Culture : José Beviá Pastor (US) Transport et bien-être social : Emèrit Bono i Martínez (PCPV-PCE) (remplacé par José Galán Peláez le ) Conseillers sans portefeuille : Bernardo Heredia Gutiérrez, Luis Ramón Martínez Pérez et Ignacio Docavo Albertí
Seconde composition du Conseil du Pays valencien ( - )
Président : Josep Lluís Albiñana (PSPV-PSOE)
Membres : Enrique Monsonís (UCD), Antonio Espinosa Chapinal (UCD), José Peris Soler (UCD), Leonardo Ramón Sales (UCD), José Vicente Beviá Pastor (PSPV-PSOE), Antonio García Miralles (PSPV-PSOE), José Galán Peláez (PSPV-PSOE), Adela Pla Pastor (PSPV-PSOE), Francisco Armell Valero (PSPV-PSOE), Salvador Miró Sanjuán (UCD), Luis Verdú López (UCD), Juán Flores Escura (UCD), Abilio Lázaro Mengod (UCD), Julián Sanmillán Rius (UCD), Manuel Girona Rubio (PSPV-PSOE), Vicente Colomer Chirivella (PCPV-PCE), Benjamín March Civera (UCD).
Troisième composition du Conseil du Pays valencien intérim ( - )
Président : Enrique Monsonís (UCD)
Conseillers : Économie et Budget, Intérieur et Travail : Enrique Monsonís (UCD) Éducation et culture : José Peris López (UCD) Santé et Sécurité sociale : José Peris López (UCD) Tourisme, Transports, Bien-être social et Travaux publics et Urbanisme : Antonio Espinosa Chapinal (UCD) Industrie, commerce et agriculture : Leonardo Ramón Sales (UCD)
Quatrième composition du Conseil du Pays valencien intérim ( - )
Président : Enrique Monsonís (UCD)
Conseillers : Adjoint à la présidence : José Luis Sorribe Mur (UCD) Intérieur : Felipe Guardiola Sellés (PSPV-PSOE) Travaux publics et Urbanisme : Luis Verdú López (UCD) Budget : Jorge Navarro Canuto (UCD) Éducation : Amparo Cabanes Pecourt (UCD) Travail : Àngel Luna (PSPV-PSOE) Économie, commerce et industrie : Segundo Bru Parra (PSPV-PSOE) Agriculture et pêche : José Antonio Bordils Ferrer (UCD) Transport et tourisme : Vicente Gómez Chirivella (PCPV-PCE) Santé et Sécurité sociale : Salvador López Sanz (PSPV-PSOE) Culture : Ciprià Ciscar Casabán (PSPV-PSOE)
Histoire Présentation du Conseil En dépit du large support parlementaire, les possibilités du Conseil se trouvaient limitées par le décret de création aux points suivants : élaborer son propre règlement interne (approuvé le ), coordonner les députations provinciales, gérer la répartition des compétences transférées par l'État entre la Communauté autonome (dont le Conseil constituait en quelque sorte un « pré-gouvernement ») et les députations (qui étaient alors toujours contrôlées par les secteurs issus du franquisme), et proposer au gouvernement espagnol des mesures qui « affectent les intérêts généraux du Pays valencien ».
Le fut publié le décret royal d'approbation du régime pré-autonomique du Pays valencien, qui instaura le Conseil comme organe de gouvernement du Pays valencien et l'assemblée de parlementaires comme organe d'administrationReal Decreto-Ley 10/1978, de 17 de marzo, por el que se aprueba el Régimen Preautonómico del País Valenciano sur wikisource en espagnol.. Le texte prévoyait de plus qu'après les premières élections municipales, qui eurent lieu en 1979, les députations provinciales nommeraient la moitié des membres du Conseil, ce qui eut des conséquences fâcheuses sur l'équilibre au sein du Conseil. Selon le décret, le gouvernement espagnol se réservait le droit de suspendre les actes du Conseil (art. 10), voire de le dissoudre « pour des raisons de sûreté de l’État » (art. 11).
Le décret prévoyait la création du Conseil du Pays valencien dans un délai d'un mois suivant sa promulgation. Le , l'assemblée de parlementaires réunie au monastère d'El Puig désigna le premier Conseil et, par unanimité, son président, le socialiste Josep Lluís Albiñana.
Le , le Conseil se réunit pour la première fois, au palais de la Généralité valencienne. Le lendemain, il adopte comme drapeau officiel la Senyera traditionnelle, aux couleurs des monarques d'Aragon et de Barcelone, portant au centre le blason de Pierre IV d'Aragon. L'UCD soutient cependant que, ses membres étant absents lors de cette session, le quorum n’était pas atteint et remettait par conséquent en cause l’action du président Albiñana Eduardo Mas, El Consejo del País Valenciano adopta la bandera cuatribarrada, El País, 26/04/1979 Bulletin officiel du Conseil au Pays valencien n°7 du 30 mai 1979, p. 2-3, p. 3-4.
Mesures en faveur de l'autonomie Le président Albiñana adopta comme programme les accords établis entre l'Assemblée démocratique du Pays valencien (Junta Democràtica del País Valencià) et le Conseil démocratique du Pays valencien (Consell Democràtic del País Valencià) en , au moment où s'était formée la Table de forces politiques et syndicales du Pays valencien (Taula de Forces Polítiques i Sindicals del País Valencià) pour la mise en route du processus de démocratisation. Ils prévoyaient notamment la restauration immédiate des libertés démocratiques (politiques, syndicales, liberté d'expression etc.), l'amnistie générale, la création immédiate d'une Generalitat provisoire, la coofficialité des deux langues parlées dans le pays, premier pas vers une normalisation de la langue propre, et l'élection d'une assemblée constituante chargée de rédiger le Statut d'autonomie devant être soumis à l'approbation par référendum des Valenciens.
La présidence du Conseil provisoire lança un « engagement autonomique » (), signé le par le PSPV-PSOE, l'UCD, le PCPV, Alliance populaire, UDPV, le Parti carliste, le PTPV, l'ORT et le PSUPV, qui acceptait le cadre de la future Constitution espagnole pour acquérir un maximum d'autonomie dans les plus brefs délais et qui pressait l'assemblée de parlementaires de commencer rapidement l'élaboration d'un projet de statut d'autonomie.
Un mois après l'approbation de la Constitution espagnole, Albiñana convoqua la session la plus emblématique du Conseil à Morella le Alfons Llorenç, Contrastes - Una Esperança frustrada: Fa 25 anys, i a Morella, s’inicià el procés autonòmic, Revista Valenciana d'Estudis Autonòmics.. À l'initiative du président, le Conseil décida à l'unanimité du lancement du processus autonomique dans la région, en accord avec la voie indiquée par l'article 151 de la Constitution, et émit la requête urgente de l'approbation d'une loi organique régissant les référendums dans les Communautés autonomes (prévue par la Constitution mais pas encore élaborée). À cette occasion, plusieurs projets de statut d'autonomie ou autres textes à cette question sont présentés au Conseil par différentes entités civiques et politiques, en réponse à l'appel en ce sens de l’assemblée de parlementaire de . Le , les partis signataires du compromis demandèrent au Conseil d'utiliser la voie d'accès à l'autonomie pleine via l'article 151, et accessible par le biais d'une série accords auprès des députations et des municipalités assortis d'une approbation par référendum, et s'engagèrent à donner tout leur soutien aux mesures nécessaires pour l'obtention de l’autonomie dans les plus brefs délais Butlletí Oficial del Consell del País Valencià N°5, 15/01/1979.
L'Assemblée nomma la commission de rédaction du Statut, formée d'Antoni Garcia Miralles, Joan Baptista Pastor Marco et Manuel Sánchez Ayuso, pour le PSPV-PSOE, Emilio Attard Alonso, Joaquín Farnós Gauchía et Juan Antonio Rodríguez Marín pour l'UCD, Emèrit Bono i Martínez pour le PCE, Alberto Jarabo Payá pour AP et Francesc de Paula Burguera pour le groupe mixte Alfons Llorenç, L’Autogovern: Un anhel constant dels valencians, Contrastes, Revista Valenciana d'Estudis Autonòmics n° 45-46, p. 57-71. Les parlementaires issus des élections générales de 1979 nommèrent une nouvelle commission de rédaction du statut, formée par quatre socialistes (Vicente Antonio Sotillo Martí, Alfons Cucó, Antoni Garcia Miralles et José Vicente Beviá Pastor), quatre membres d'UCD (Benjamín Casañ Bernal, Luis Berenguer Fuster, Manuel Broseta et Roque Calpena Giménez) et un communiste (Emèrit Bono i Martínez). Ils se réunirent en trois occasions : la première au Palais de la Generalitat, la deuxième à Alicante, et la dernière fois pour une session qui dura deux jours à Peníscola.
Les Conseils municipaux de Picanya et Bellreguard ouvrirent le chemin, conformément à la Constitution, avec une demande d'autonomie remise le . Dans les six mois suivants furent obtenus les votes en faveur de l'autonomie de la très grande majorité des municipalités de tout le pays, dépassant largement les 75 % requis par la voie de l'article 151. S'agissant d'un processus impliquant la construction de l'État espagnol, les votes furent présentés au Congrès des députés le , et une copie fut adressée au Ministère des administrations publiques. On chercha dès lors à organiser la convocation d'un référendum pour le .
La Bataille de Valence et les difficultés du Conseil C'est dans ce contexte que se déclencha la dénommée bataille de Valence, période caractérisée par l'apparition et l'explosion d'un mouvement anticatalaniste radical et violent nommé blavérisme, fomenté par les milieux de l'UCD et post-franquistes, et avec le soutien affirmé du doyen des journaux régionaux, Las Provincias, qui entraîna un affrontement idéologique avec la majorité des partis de gauche, défendant avec plus ou moins de conviction des postures proches du valencianisme catalaniste (unité du valencien et du catalan, position décriée par le blavérisme en dépit du consensus académique et universitaire sur la question, défense du concept fustérien de Pays catalans et, à des degrès très variables, rapprochement des liens culturels avec la Catalogne). En , Fernando Abril Martorell rentre de Madrid pour Valence et prend la tête de l'UCD régionale. Sous sa houlette l'UCD assumera le discours et les revendications blavéristes.
Les gouverneurs civils, à la tête des députations provinciales et pour la plupart nommés durant le franquisme, s'opposaient à la privation de pouvoirs que supposaient les transferts commandés par le Conseil et refusèrent de ratifier l'accord qu'il proposait. Depuis Madrid, Martín Villa empêcha le transfert au Conseil des compétences, ainsi que de 10 % du patrimoins, du personnel et du budget, comme cela était prévu dans le décret-loi de création du Conseil.
À la suite des élections générales du , qui donnèrent une victoire plus juste pour le PSOE en nombre de votes par rapport à l'UCD, et une égalité en nombre de sièges, l'assemblée fut remodelée : des Cortes provinrent 41 nouveaux députés, cette fois 19 pour UCD, 19 pour le PSPV-PSOE 3 pour le PCE.