Joseph Carlier né à Cambrai le et mort à Paris le est un sculpteur français.

Biographie Nestor Émile Joseph Carlier voit le jour dans une maison de la rue de la Prison, à l'emplacement actuel de l'hôtel de ville de Cambrai. Son père est coutelier et musicien pendant ses loisirs. Il souhaite voir son fils devenir architecte ou ingénieur des arts et métiers.

Élève à l'école des Frères, il va suivre les cours de l'école municipale de dessin sous l'œil attentif de ses professeurs Berger, père et fils. Son père, craignant les aléas de la vie d'artiste, est peu enthousiaste du choix professionnel de son fils. C'est avec le soutien de sa mère qu'il intègre en 1864 l'atelier du sculpteur ornemaniste cambrésien Lecaron, où il apprend le métier en sculptant les pierres de la cathédrale de Cambrai. À cette occasion, le jeune apprenti chute d'un échafaudage et ne doit son salut qu'à la courroie de son sac qui le maintient suspendu au mât.

Il se rend à Paris pour visiter l'Exposition universelle de 1867 qui le conforte dans sa vocation d'artiste. Ne recevant pas de soutien financier de ses parents, il doit faire des petits métiers et est engagé chez un fabricant de meubles du faubourg Saint-Antoine. Puis il retourne à Cambrai pour y suivre les cours de l'école académique dans l'atelier de René Fache. Élève studieux et appliqué, son professeur convainc les parents de Carlier à le laisser s'établir à Paris pour entrer à l'École des beaux-arts. Il obtient une bourse de la Ville de Cambrai en 1869 et est admis dans l'atelier de Jules Cavelier.

Le professeur prodigue un enseignement rigoureusement académique. La guerre de 1870 interrompt ses études. Exempté de service militaire, il fait un voyage chez ses parents, puis s'engage dans les volontaires de Montrouge. Il connaît son baptême du feu aux avant-postes de Bagneux et à Buzenval, voit tomber le peintre orientaliste Henri Regnault, lui-même reçoit trois coups de feu et évite de peu la perte de son bras droit. Proposé par son colonel pour la croix il lui dira : . Il reçoit en effet la médaille militaire par décret du , sur rapport du ministre de la Guerre.

Il assiste aux évènements de la Commune et part à la recherche d'autres horizons. Muni d'un pistolet et de quinze francs, il part en Espagne, qu'il va parcourir à pied pendant six mois. Louant ses services en route à des tailleurs de pierres. Rentré à Paris il rejoint l'atelier de François Jouffroy, puis entre à l'Académie Julian dans l'atelier d'Henri Chapu où il retrouve son ami de Valenciennes, Léon Fagel.

En 1874, il débute au Salon et y expose par la suite toutes les années. En gage de gratitude, il fait don de sa première œuvre importante à la ville de Cambrai. Il s'agit de la statue en pierre du chroniqueur cambrésien Enguerrand de Monstrelet, qu'il réalise en 1876 et qu'on érige dans un jardin public. Elle fut détruite par les bombardements en 1944.

En 1877, il conçoit sa statue de La Résurrection qui orne le tombeau de sa belle-sœur au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Cette œuvre lui est commandée pour un monument funéraire au cimetière de Recoleta à Buenos Aires, et il accepte d'en réaliser une copie..

Il expose Gilliat aux prises avec les pieuvres qui lui vaut une au Salon de 1879, puis Avant l'Âge de Pierre qui lui permet d'obtenir une bourse de voyage et de visiter l'Italie en 1881. À Florence, il modèle l'esquisse de L'Aveugle et le Paralytique pour lequel on lui remet la première médaille du Salon de 1883.

En 1885, il sollicite, sans l'obtenir, un atelier au Mobilier national ou au quai de l'Alma pour ses travaux de sculptureMinistère de la Culture, base Arcade, Cote : F/21/4296B, sur la chemise récapitulatif des œuvres achetées ou commandées entre 1879 et 1903. Notice : AR456816.. En 1886, il fait la demande de l'octroi d'un bloc de marbre qui lui est refuséMinistère de la Culture, base Arcade, Cote : F/21/4296B, notice : AR456817..

En 1888, on lui commande un travail de sculpture pour la décoration de l'école industrielle de Roubaix ou de l'Exposition universelle de 1889 qui n'aboutit pasMinistère de la Culture, base Arcade, cote : F/21/4296B, notice : AR456818..

En 1889, après sa médaille d'or à l'Exposition universelle de Paris, il décide de transformer son Gilliat qu'il expose au Salon de 1890. Son œuvre est achetée par l'État pour le musée du Luxembourg. Devenu membre du jury du Salon des artistes français, il fait réviser le règlement. Cette même année, sa demande d'un travail de sculpture sera classée sans suite pour le motif qu'en 1889 il lui fut acheté une statue au Salon pour la somme de Ministère de la Culture, base Arcade, Cote : F/21/4296B, notice : AR456819.. Une nouvelle demande en 1894 obtient la même réponse.

En cette fin de siècle, la Ville de Condé-sur-l'Escaut le présélectionne, ainsi que Léonie Duquesnoy et Jules Louis Mabille, pour réaliser le Monument de la Clairon, l'actrice native de cette commune. C'est finalement Henri Gauquié qui réalise l'œuvre.

Il sculpte la grâce féminine avec son chef-d'œuvre Le MiroirMusée de Cambrai., exposée à l'Exposition universelle de 1900. Cette statue représente le personnage de Chrysis du roman Aphrodite de Pierre Louÿs.

Les suites données à sa demande de travail d'une sculpture en vue de l'Exposition universelle de 1900, faite en 1898, demeurent inconnuesMinistère de la Culture, base Arcade, Cote : F/21/4296B. Notice : AR456821..

Pour Condé-sur-Escaut, il réalise en 1907 le Monument au général Léon de Poilloüe de Saint-Mars, général de division françaisLa maquette de cette statue est conservée au musée de Cambrai..

En 1904, il remporte une souscription mondiale lancée pour la réalisation d'un Monument aux Vilmorin, érigé en 1908 dans un square parisienCe monument en marbre est aujourd'hui démembré. Les allégories de L'Agriculture et de L'Horticulture sont aujourd'hui conservées au centre culturel André Malraux de Verrières-le-Buisson. Un deuxième groupe est situé dans le parc de l'arboretum Vilmorin à Verrières-le-Buisson. Enfin l'Enfant vannant, signé et daté de 1908, est placé dans un .La même année, après l'exposition de ce monument aux Salon des artistes français, l'auteur demande un local pour déposer provisoirement l'œuvre qui trouve asile au dépôt des Marbres et, en 1913, les beaux-arts demandent à l'artiste de retirer ce monument. En 1917, il fait la demande d'une commande, ainsi que la demande de placement de ce Monument aux Vilmorin dans un jardin ou une place publique. Cette œuvre ayant été commandée à l'artiste par un comité, l'État ne peut intervenir dans cette attribution (cf. ministère de la Culture, base Arcade, cote : F/21/4296B, notice : AR456823-AR456826)..

Il est appelé à Alger en 1912 pour y reproduire les traits du duc des Cars, le général de la conquête de 1830, et faire également le médaillon du général Maurice Bailloud, le successeur du conquérant précédent, pour la réalisation d'une plaque de bronze apposée sur l'obélisque du Monument aux morts de l'armée d'Afrique, érigé sur les hauteurs du fort l'Empereur, inauguré par le gouverneur général d'Algérie Charles Lutaud, le et détruit à l'explosif pour la sécurité des habitants d'Alger en 1943.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il se consacre à l'œuvre des réfugiés du Nord et, en tant que président de l'Amicale de Cambrai, il se dévoue pendant les quatre années du conflit avec son ami Devignes pour aider les gens du Cambrésis, chassés par la guerre. vignette|Sépulture d’Émile Joseph Carlier au cimetière du Montparnasse. En 1916, le sénateur Paul Bersez remercie le ministre des Beaux-arts pour l'achat d'une de l'artisteMinistère de la Culture, base Arcade, cote : F/21/4296B, notice : AR456825.. En 1918, Carlier sollicite du ministre des Beaux-arts, un poste d'inspecteur des Beaux-arts et lui fait savoir que certaines des statues en bronze placées dans les jardins de Cambrai ont été endommagées par les bombardements de . Il collabore avec l'architecte Castex à un projet de fontaine monumentale pour la ville de Reims.

Après guerre il réalise des bronzes de poilus dont les copies de certains ornent les monuments aux morts, en particulier la statue d'un soldat de la Grande Guerre dont la terrasse porte l'inscription qui glorifie les combattants de Verdun.

N'ayant jamais cessé de s'intéresser à sa ville natale et membre de plusieurs associations, il siège au comité de reconstitution de Cambrai et participe à toutes les réunions parisiennes où se trouvent des Cambrésiens.

À ses obsèques, l'éloge funèbre est prononcé par le poète Dévigne, Auguste Dorchain et le maire de Cambrai Georges Desjardins. Fernand Créteur lit sa biographie. Il est enterré à Paris au cimetière du Montparnasse, auprès de ses beaux-parents. Malgré une confusion fréquente, c'est pour la sépulture de sa belle-sœur au cimetière du Père-Lachaise qu'il exécuta son groupe La Résurrection, et non pour la sienne ou celle de ses parents..

Œuvres dans les collections publiques

vignette|redresse|L'Aveugle et le paralytique (1885), Cambrai, jardin aux fleurs (détruit en 1942).

Arras, musée des Beaux-ArtsMusée détruit en 1915. : Le Miroir, 1897, plâtre.. Aurillac, musée d'Art et d'Archéologie : La Danse profane, 1904, marbreMinistère de la Culture, base Arcade, cote F/21/4500B, notice n° AR11816, 1921.. Initialement destinée aux jardins du palais de l’Élysée, placée en regard d'une statue de Victor Ségoffin, La Danse sacrée (aujourd'hui conservée au musée d'Orsay), l’œuvre fut attribuée au musée d'Aurillac en 1921. Elle est aujourd'hui exposée en plein air, dans le quartier de Belbex« La Danse profane » sur anosgrandshommes.musee-orsay.fr... Autun, musée Rolin : Madame Roland, plâtre original de la statue de Saint-DenisMinistère de la Culture, base Arcade, cote : F/21/4500B, notice .. Un autre plâtre daté de 1892 fait partie des collections du département de l'Isère, affecté au centre national des arts plastiques.. Besançon, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie : Victor Hugo, buste en bronze.. Bordeaux, musée national des Douanes : Le Contrebandier et son chien, bronze. Cambrai : musée de Cambrai : Avant l'Âge de pierre, plâtre ; Léon de Poilloüe de Saint-Mars, statuette, esquisse ; Le Miroir, groupe en marbre, bronze, onyx et mosaïque, 1897.. Brisée lors de l'envoi à l'Exposition universelle de 1900 à Paris, la statue en marbre a été refaite peu après. La tête. et le torse. originaux sont conservés dans les réserves du musée ; Paysanne, statue en terre cuite, sans date. ; Baigneuse assise, dessin daté de 1906, don de l'artiste. ; La Vague, statue en plâtre, 1912. ; Achille Durieux, professeur à l'école de dessin de Cambrai, buste en plâtre, 1876.. Eugène Bouly, historien de Cambrai (1804-1884), buste en bronze, 1885., et deux bustes en plâtre.. ; Pierre Bouchez (1840-1905), buste en terre cuite, 1885. ; Victor Brienne, buste en plâtre, 1898. ; Auguste Dorchain, buste en plâtre, 1899.; Abel Berger, peintre cambrésien (1826-1906), bute en bronze, sans date.. jardin public : Gilliat et la pieuvre, bronze, fonte Alexis Rudier, 1881. Statue détruite en 1917, inaugurée à nouveau en 1934 d'une nouvelle fonte d'après le modèle original en plâtre. ; Médaillon en bronze à l'effigie de Louis Blériot, 1909, pour le Monument à Blériot.. place du 9-octobre : Médaillon à l'effigie d'Edmond Garin (1847-1928), maire de Cambrai, par Louis Georges, d'après Carlier, 1929.. Condom, mairie : La Danse profane, plâtre.. Dijon, musée des Beaux-Arts : L'Ingénieur Adolphe Jullien, buste en plâtre.. Grenoble, musée de Grenoble : Berlioz, buste en plâtre, 1885, dépôt du FNAC en 1891.. La Côte-Saint-André, musée Hector-Berlioz : Berlioz, buste en plâtre, 1885, dépôt du Musée dauphinois.. Berlioz, buste en bronze à patine brune, 1885..