Le Bonhomme est une commune française de moyenne montagne située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Ses habitants sont appelés les Bonhommiens et les Bonhommiennes.

Géographie Localisation vignette|left|alt=Le Bonhomme|Le Bonhomme et les communes environnantes. Trois des localités limitrophes sont situées dans le département des Vosges, à l'ouest. La commune est située sur le versant est du massif des Vosges, en contrebas du col du Bonhomme situé à d'altitude. La commune est un village de montagne situé sur la RD 415 entre Colmar et Saint-Dié. Elle fait partie du canton de Sainte-Marie-aux-Mines et de l'arrondissement de Colmar-Ribeauvillé. La commune occupe la partie haute de la vallée de la Béhine, affluent de la Weiss, en amont du chef-lieu de canton Lapoutroie. Le Bonhomme est le dernier village du versant alsacien avant de pénétrer dans le département des Vosges. L'étendue du ban du Bonhomme est de , dont environ de forêts.

C'est une des 201 communes du parc naturel régional des Ballons des VosgesListe des 188 communes adhérentes au parc naturel régional des ballons des Vosges, Charte 2012 - 2024.

Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Béhine, le ru de Fauru et les Bagenelles..

La Béhine, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Weiss à Lapoutroie, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Béhine sont données par la station hydrologique située sur la commune de Lapoutroie. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 11:01 TU à partir des 480 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/12/1983 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique du BonhommeLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang du Vallon ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sainte-Croix-aux-Mines à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Le Bonhomme est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Colmar, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (69,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (70,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (62,3 %), prairies (18,5 %), zones agricoles hétérogènes (9,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (7,6 %), zones urbanisées (2,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Lieux-dits, hameaux et écarts

Toponymie Le nom du bourg provient du latin bono homine en référence à un ermite du nom de Saint Déodat, qui a fondé un ermitage sur la commune du Bonhomme, et par la suite celui du monastère de Jointure à Saint-Dié. Gothahus ze Judelinshus, 1317 (origine germanique) Judelishuss : maison de Judelin. Judelin était peut-être le responsable d'un hospice situé au Bonhomme et en même temps un douanier, 1317 Pedagium de Bono homine : l'homme bon serait saint Dié (origine latine), 1343 Paissaige don Boinhomme (origine romane), 1361 Güdelinshof en 1441 Domus Judelin : maison de Judelin, 1394 Judelshausen, 1476 Le Bonhomme, 1507 Diedoltzhusen, 1570 Diedelbus, 1650 Diedolshausen (en Allemand), 1566 Le Bonhomme, 1793 Diedolshausen/Diedolshofen, 1871-1918 En lorrain/Welche : Lo Bonam, en alsacien : Bonom. Le premier nom est celui d'un nom allemand, Judo ou Judelin et n'a aucun rapport avec un nom juif. Le troisième nom rappelle saint Déodat et sa bonté. Dans le dialecte alsacien, la ville de Saint-Dié est mentionnée sous le nom de Sankt Diedel.

Histoire Préhistoire Le site de la commune du Bonhomme peut, dès la Préhistoire, être considéré comme un lieu de passage, puisque l'objet connu le plus ancien date du Néolithique et consiste en une lame de silex blond à section triangulaire de 110 mm de long, 30 mm de large, 10 mm d'épaisseur au talon pesant recueillie dans un terrassement sous la ferme dite de La Roche en 1888. Cette lame, tout d'abord dénommée poignard, est ensuite décrite par E. Gerlach plutôt comme un pic destiné à l'extraction de la roche (dite Roche noire du Bonhomme).

En 1879, quatre haches en bronze sont dégagées dans un ravin sous des pierres au lieu-dit Beauséjour sur le terrain de la Veuve Million par le maire G. Thiriet. Le curé Uhrin lui fait part à cette occasion de la récolte précédente au même lieu de semblables qui auraient été vendues comme vieux cuivre. De ces quatre haches déposées dans un musée colmarien, deux sont encore visibles au musée Unterlinden. alt=haches photo Musée Unterlinden|vignette|Haches (photo musée Unterlinden). Ces haches sont de type Langquaid (site éponyme de Bavière) et datées du bronze ancien (entre 1700 et 1600 av. J.C.)..

Antiquité

L'endroit était connu des Romains qui y avaient fait passer la via Petrosa. Cette route romaine venait du col du Bonhomme et conduisait au Grand Trait vers le hameau de Ribeaugoutte à Lapoutroie. Ce village doit son nom de Diedolshausen à saint Déodat, un moine réputé pour sa bonté, qui, à ce que l'on croit, s'y était retiré au avant d'aller dans le val de Galilée, où il bâtit le monastère de Jointure, à l'endroit où existe aujourd'hui la ville de Saint-Dié. Avec le soutien de Childéric II, roi d'Austrasie, il aurait d'abord parcourut les régions d'Ingersheim, de Kientzheim, de Sigolsheim et d'Ammerschwihr où dans ce dernier village il fut fort mal accepté. Il s'arrêta dans un lieu appelé Wilra et y bâtit un ermitage près d'une source. Ce Wilra devait se situer entre Ammerschwihr et Katzenthal car il existe toujours une fontaine à l'endroit appelée « fontaine de saint Dié ». Il se dirigea ensuite vers Hunawihr où les habitants et le comte Hunon et son épouse Sainte HuneSainte Huna, fille d'un duc, s'est marié à Huno de Hunawetyer (Hunawihr). Elle fut canonisée en 1520 à la demande du duc de Wurtemberg, par le pape Léon X. Elle est décédée en 679. Sa fête est célébrée le 15 avril. Sa tombe fut profanée en 1549 par les habitants d'Hunawihr. Jean Ruyr, Antiquités de la Vosge, . lui offrirent l'hospitalité. Childéric II lui octroya le val de Galilée ainsi que la région de Fraize et Provenchères pour y fonder d'autres cellules monastiques. Avant de se rendre à Saint-Dié, il aurait également fondé un ermitage à Breitenau venant du Chalmont où il aurait rencontré saint Arbogast et saint Colomban et un ermite du nom de BobolinoBois l'Abbesse fait aujourd'hui partie de la commune de Lièpvre qui appartenait avant la Révolution à La Vancelle.. Le nom de Bobolinocella est mentionné dans le diplôme de Charlemagne en 774 où il énumère les biens qu'il lègue à Fulrad. À la suite de tous ces déboires, Déodat se dirigea vers le col du Bonhomme où il continuera son chemin jusqu'au val de Galilée et se désaltéra devant plusieurs fontaines qu'il découvrit au cours de son périple. Il s'arrêta ensuite au pied d'une montagne, appelée Kemberg, et se fixa dans une grotte qui attira de nombreux visiteurs. Il fit construire une petite église dédiée à Notre Dame de Galilée où il fut inhumé, puis ses restes transférés par la suite dans la cathédrale de Saint-Dié.

Apparition du bourg L'existence du bourg est attestée depuis le . Il appartient à cette époque aux comtes d'Eguisheim qui le cèdent aux comtes de Ferrette qui à leur tour le cèdent aux seigneurs de Ribeaupierre, puis il devient un fief des Habsbourg. En 1317, les Ribeaupierre font leur apparition et contrôlent le village. En 1329, le village passe en fief à la famille d'Aveline. Il revint en 1441 aux Ribeaupierre qui resteront maîtres de la localité jusqu'aux traités de Westphalie rattachant l'Alsace à la France en 1648.

La guerre de Trente Ans Le village est détruit presque entièrement, après avoir été pillé et incendié, lors de la guerre de Trente Ans. Le bourg resta vide pendant plusieurs années.

Dans la mouvance de la France Avec le traité de Westphalie en 1648, la commune du Bonhomme est rattachée à la France. Après la guerre de Trente Ans, la commune est repeuplée par des gens venus de l'ouest. L'activité agricole repart, ainsi que l'élevage et la production de fromages. En 1828, le roi de France Charles X venant de Strasbourg s'arrête dans le village. Il est accueilli avec enthousiasme par la population toute ravie de cet évènement extraordinaire.

L'activité industrielle Au , une entreprise de tissage s'implante dans la commune. De 1839 à 1843, une nouvelle route est construite allant jusqu'au col du Bonhomme, laquelle sera reliée ensuite jusqu'à Lapoutroie entre 1843 et 1858 permettant ainsi de désenclaver la vallée.

L'incendie de 1858 Le bourg est ravagé le par un violent incendie. La plupart des maisons sont détruites. Treize maisons furent entièrement détruites dont les toits étaient couverts de chaume.

Le Bonhomme devient allemand