L'église Saint-André de Boissy-l'Aillerie est l'église paroissiale de la commune de Boissy-l'Aillerie dans le Val-d'Oise. Elle se composait d'une nef romane du XII et d'un chœur gothique du . Ruinée dès la fin du , l'église restera longtemps en état d'abandon, avant que le chœur ne soit reconstruit entre 1848 et 1850. La nef et le clocher ne seront pas reconstruits et seulement des vestiges mineurs rappellent encore que l'église était initialement plus grande. Le chœur est toutefois de dimensions généreuses et présente une élévation sur trois niveaux, avec bas-côtés, triforium et baies hautes. Malgré les reconstructions successives, son architecture reste très homogène. Il fait l'objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le .

Localisation

L'église Saint-André est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, dans la vallée de la Viosne, sur la commune de Boissy-l'Aillerie, rue Ferdinand-Jacob. L'élévation méridionale est alignée sur la rue, qui est très étroite à cet endroit, ce qui empêche de prendre suffisamment de recul pour bénéficier d'une vue d'ensemble de l'édifice. La façade néo-gothique est précédée d'un parvis, qui occupe l'emplacement de la nef et des bas-côtés, détruits à la fin du . Par un petit parking le long de la rue, le parvis communique avec la place centrale du village, rue de la République, et une continuité visuelle s'établit ainsi entre la place et l'église. Le chevet est également bien visible grâce à un petit terrain municipal qui s'insère entre l'église et la propriété voisine, mais la sacristie qui est accolée perturbe quelque peu l'harmonie de son architecture gothique très soignée. Quant à l'élévation septentrionale, elle donne presque immédiatement sur une propriété privée, et est mal visible depuis le domaine public.

Histoire

L'église occupe l'emplacement d'un temple gallo-romain dédié à Cybèle. Le premier sanctuaire chrétien est édifié sous Nicaise de Rouen au et . En témoignent encore les fonts baptismaux, qui ont été donnés en 1892 au musée Tavet-Delacour de Pontoise, où ils sont déposés à droite de l'entrée du jardin. L'archevêque de Rouen, Jean d'Ivry, donne l'église à l'abbaye de Saint-Denis en 1071. Sous tout l'Ancien Régime, la cure dépend de l'archidiocèse de Rouen et de l'archidiaconé du Vexin français, sis à Pontoise. Une nouvelle nef romane est construite au XII et un chœur gothique au , mais l'église est gravement endommagée en 1433, quand les Anglo-Normands chassés de Pontoise l'incendient. L'église est reconstruite à l'identique et consacrée de nouveau en 1463. Avec la seigneurie de Boissy, la collation de la cure passe en 1691 à la maison royale de Saint-Louis. En 1781, le clocher est foudroyé et seulement insuffisamment consolidé. Il s'écroule sur la nef quinze ans plus tard, le . Il ne sera plus jamais reconstruit, et l'église reste en état de ruine pendant une cinquantaine d'années : Elle n'a plus de toit, et des arbres poussent à l'intérieur. Seuls restent indemnes le croisillon nord du transept et le bas-côté nord, ainsi que le mur haut au nord du chœur et la façade du chevet..

La reconstruction du chœur se fera finalement en 1848 et est globalement achevée dès 1850. Toute la moitié septentrionale a pu être conservée, alors que la moitié méridionale est une reconstitution à l'identique. Subsistent d'origine, le mur oriental du bas-côté sud et les faisceaux de colonnettes à l'intérieur ; le chapiteau du pilier cylindrique isolée entre la première et la seconde travée du chœur ; les bases des colonnes du bas-côté sud ; ainsi que l'amorce des voûtes des deux travées du vaisseau central du chœur. Le croisillon sud du transept est bâti à neuf, alors que la croisée du transept ayant supporté le clocher est réparé. Le maintien et la consolidation des grosses piles cantonnées de multiples colonnettes à l'est de la croisée indiquent que la construction d'un nouveau clocher était encore envisagée au début des travaux de reconstruction, mais ce projet est rapidement abandonné : en effet, l'élévation sud de la croisée du transept imite celle du chœur, avec donc un étage de fenêtres hautes, qui n'est pas visible depuis l'intérieur et ne correspond pas du tout au premier étage du clocher qui se trouvait antérieurement à sa place. Une façade gothique en cohérence avec le style de l'édifice est édifiée à l'ouest du transept. Le mur occidental du croisillon nord, non relié à la nef, est le seul élément authentique..

La nef, qui était courte car butant contre le mur du manoir à l'ouest, et nettement plus basse que le chœur à l'instar du transept, est abandonnée. Subsistent son mur septentrional en dessous des fenêtres (il n'y avait pas de bas-côté au nord), et une demi-colonne avec un beau chapiteau du début du , adossée à l'ancien manoir de l'abbaye Saint-Denis : elle correspond à l'extrémité sud-ouest de la nef. Son emprise est désormais occupé par le parvis de l'église. Jusqu'au début du , le mur occidental du bas-côté sud de la nef était encore debout, comportant un portail roman tardif du milieu ou de la seconde moitié du . Sa triple archivolte était décorée de tores et de bâtons brisés, et reposait sur deux groupes de trois colonnettes à chapiteaux. Cet intéressant vestige n'a été démoli que pour économiser les quelques centaines de francs qu'aurait coûté sa consolidation. Quelques fragments ont été déposés au musée Tavet-Delacour de Pontoise.. En 1926, le chœur est inscrit au titre des monuments historiques : le transept est donc exclu de l'inscription, bien qu'aussi authentique que le chœur dans sa partie nord.

thumb|Plan de l'église.

Description Aperçu général

Depuis sa reconstruction, l'édifice se compose d'une avant-nef d'une travée, qui n'est autre que l'ancienne croisée, accompagnée de deux bas-côtés, qui sont les anciens croisillons ; et d'un vaisseau central de deux travées de plan approximativement carré et de grande hauteur, accompagnée de deux collatéraux, et se terminant par un chevet plat. Une sacristie est adossée au chevet, mais sans obstruer ses fenêtres. Comme déjà indiqué, il n'y a plus de nef, ni de clocher, et le transept n'est plus identifiable comme tel. La longueur totale de l'église dans œuvre est de , et sa largeur dans œuvre de , dont pour le vaisseau central, pour le bas-côté nord et pour le bas-côté sud. Il n'existe qu'un unique portail, à l'ouest, et l'édifice présente des pignons à l'ouest et à l'est. Les bas-côtés sont recouverts de toits en appentis, sauf l'ancien croisillon nord, qui dispose d'un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de l'édifice..

Intérieur thumb|Triforium côté nord. thumb|Vue depuis le bas-côté nord. thumb|Dernière grande arcade du sud.

En entrant, l'on se trouve dans l'ancienne croisée du transept, dont la hauteur est égale à celle des bas-côtés, et entre deux gros massifs de maçonnerie, une arcade en tiers-point relativement étroite s'ouvre sur le vaisseau central. Cette réalité ne correspond pas à la promesse des élévations extérieures, qui suggèrent un édifice de grande hauteur sur toute sa longueur. Mais en fait, l'espace au-dessus de la croisée ou plutôt de l'avant-nef est occupé par une tribune, fermée vers le vaisseau central par une paroi en bois et une fenêtre en demi-lune en hauteur, sous une arcade plein cintre. Cette tribune n'est même pas accessible depuis l'intérieur de l'église. L'ancienne croisée et le croisillon sud sont voûtés d'ogives, mais le croisillon nord est voûté en berceau, et ne comporte donc pas de colonnettes dans ses angles. Les arcades retombent par contre sur des faisceaux de colonnes et colonnettes, tout comme les nervures des voûtes d'ogives, mais ces multiples colonnettes (sept de chaque côté de l'arcade ouvrant sur le vaisseau central) ne sont pas assez nombreux pour dissimuler entièrement les massifs de maçonnerie destinés à supporter le clocher, sauf du côté des collatéraux. L'ancien croisillon nord sert de chapelle baptismale.

L'intérieur du vaisseau central est marqué par les grandes arcades faisant communiquer chœur et collatéraux, et le triforium qui court en dessus de ces arcades, à gauche et à droite, sur toute la longueur du chœur. Il se compose de petites arcades brisées au profil de trois tores, reposant sur les chapiteaux sculptés en feuilles d'acanthe de colonnettes en délit. Une galerie ouverte relie les triforiums en haut du mur du chevet. Curieusement, les arcades de la dernière travée sont plein cintre, fait inhabituel pour un édifice gothique, imputable à leur ouverture plus importante avec une hauteur identique. En effet, le triforium de la dernière travée compte cinq arcades de chaque côté, alors que celui de la première travée n'en compte que quatre. Les deux grosses colonnes rondes de de diamètre, une au nord et une au sud, portent des chapiteaux du . Celui au nord est à crochets ; celui au sud est sculpté en feuilles de nénuphar uniquement, comme un chapiteau dans l'église Saint-Christophe de Cergy. Il a été récupéré dans les débris et remonté dans la colonne construite à neuf. Comme particularité, la dernière grande arcade au sud retombe sur deux colonnettes gémelées du côté du chevet, disposition qui n'est pas reproduite ailleurs dans l'église.

Un éclairage généreux est procuré par les fenêtres hautes, composées chacune de deux lancettes surmontées par un oculus et s'inscrivant dans un arc de décharge commune, et par la rosace au remplage en bois du chevet. Ce dernier est percé au niveau inférieur d'un triplet de trois lancettes de hauteur identique, et les bas-côtés possèdent également des fenêtres à lancette simple, sauf à l'ouest, et sauf l'ancien croisillon nord qui est aveugle. La verticalité est soulignée par des bandeaux horizontaux en bas du triforium et en bas des fenêtres hautes, sous la forme de tores. Les hautes voûtes ne comportent pas de clés de voûte, et disposent de formerets uniquement au nord et au sud, ainsi que devant le chevet. Les deux travées sont séparées par un arc-doubleau au profil de trois tores, retombant sur des colonnes flanquées de deux colonnettes correspondant aux ogives, aucune colonnette n'étant prévu ici pour les formerets. Les chapiteaux du second ordre se trouvent ici tous au niveau du bandeau supérieur, alors que les chapiteaux réservés aux formerets à l'ouest et à l'est du vaisseau central sont situés plus en hauteur.

Au niveau du transept et du bas-côté sud, les parties issues de la reconstruction du milieu du sont assez facilement identifiables par la présence de chapiteaux aux corbeilles non sculptées. L'un des curés a toutefois modelé des chapiteaux en plâtre au revers de la façade occidentale, vers la fin du . Dans les parties hautes, toutes les corbeilles des chapiteaux sont par contre sculptés. Le bas-côté nord montre aussi les traces d'une reconstruction nettement plus ancienne, sans doute celle suivant la guerre de Cent ans. Par exemple, le faisceaux de cinq colonnettes face à la pile cylindrique est remplacé dans sa partie inférieure par un difforme massif de maçonnerie. Restent à mentionner l'influence de la cathédrale Notre-Dame de Laon pour le chevet, et celle de la cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons ou de la cathédrale Notre-Dame de Chartres pour les fenêtres hautes..

Extérieur thumb|Élévation méridionale.thumb|Triplet du chevet.