Dietwiller est une commune française de la région mulhousienne située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
Ses habitants sont appelés les Dietwillerois et les Dietwilleroises (en alsacien : d'Katzekepfle (les têtes de chats)).
Géographie Le village s'est initialement installé sur le versant Nord-Ouest de la colline occupée par l'ancienne église dont il ne subsiste que le clocher (appelé « Vieille Tour ») (rue de l'Église) et dans le thalweg de la colline (rue Principale appelée actuellement rue du Général-de-Gaulle), le long du ruisseau du Niedermattgraben (littéralement le "fossé des prairies basses"). Cette implantation a permis l'exploitation de la force hydraulique du ruisseau, ainsi que la défense du village grâce à la tour clocher de l'ancienne église qui avait également le rôle de tour de guet. Cette implantation, à l'interface entre la plaine d'Alsace et les collines du Sundgau oriental, lui ont permis d'exercer une agriculture diversifiée : polyculture sur les collines avec céréales, vergers et vignes jusqu'au , élevage extensif plutôt dans la plaine au droit du ruisseau et de ses dérivations, maintenant remplacée par les cultures céréalières intensives.
L'urbanisation récente, depuis les années 1970, s'est étendue en aval du Thalweg occupé par le ruisseau (lotissement Le Roessberg) et sur la face Est de la colline (La Valbonne) ainsi que sur le plateau situé au sommet de la colline (lotissement Hinter der Kirche, 1988, lotissement Les Sept Clochers, 1997, lotissement Les Beaux Prés…). La position du village historique et ses extensions successives entourent une partie du plateau de la colline, lequel est préservé de l'urbanisation (chemin de la Vieille-Tour), encore occupé de vergers, de vignes et de prés. La commune l'a classé en Espace Naturel Sensible en 2021 en vue d'en renforcer sa préservation.
La croissance du village suit nettement le rythme des implantations industrielles bâloises suisses (Sandoz, Ciba-Geigy, puis Novartis) et automobiles de Mulhouse (Peugeot Île Napoléon).
L'organisation du ban communal est la suivante :
Le village à l’extrême Ouest du ban, dans le thalweg et sur la colline des 3 villages, avec l'hortus résiduel composé de vergers et quelques prés, de vastes cultures sur les collines voisines au nord, avec des bosquets. Les thalwegs entre les collines sont occupés par quelques fossés en eau et arborés, dont une réserve naturelle accueillant hérons, cigognes et ruches sauvages (derrière le Rangenberg), de vastes cultures céréalières et quelques implantations commerciales, artisanales et de loisirs dans la plaine (2 centres équestres, ZA Dietwiller-Schlierbach, RC Cerame Carrelage...), du fait de la présence de l'ancienne RN 66 (actuelle RD201). au-delà de la RD201, sur la moitié Est du ban communal, la forêt domaniale de la Hardt, initialement une lande plantée. le ban communal est traversé, dans la forêt de la Hardt, par la ligne de chemin de fer Mulhouse - Bâle/Basel (TGV, Grandes lignes, TER200, TER, Regio Basel) et par l'autoroute A35.
Les axes de communications se sont progressivement écartés de la commune et des collines : RD56, remplacée au par la RN, puis par l'A35 qui a permis le déclassement de la RN.
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau Weiherbachgraben...
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de DietwillerLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Mulhouse à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Dietwiller est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LandserUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Landser comprend trois villes-centres (Dietwiller, Landser et Schlierbach).... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bâle - Saint-Louis (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Statistiques - Typologie Dietwiller est une commune péri urbaine, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'InseeSelon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités..... Elle appartient à l'unité urbaine de Landser, une agglomération intra-départementale regroupant . et en 2017, dont elle est ville-centre...
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bâle/Basel - Saint-Louis (partie française), dont elle est une commune de la couronne. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (51,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (53,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (45,5 %), forêts (41 %), zones agricoles hétérogènes (5,8 %), zones urbanisées (5,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).La commune se caractérise par un vieux village axé sur la rue du Général-de-Gaulle (RD6bis) et quelques rues montant sur la colline vers l'ancienne église. La grande majorité des maisons anciennes () sont issues de fermes. La commune a accueilli de nombreux lotissements au sud (sur la colline) et à l'Est du noyau initial à partir des années 1970 : La forme d'habitat est essentiellement la maison individuelle, exception-faite du lotissement de la Valbonne qui accueille en complément environ en bande. Plusieurs immeubles collectifs de taille modeste ont pris place dans le noyau villageois à partir des années 2000.
La commune dispose d'un Plan Local d'Urbanisme.
Au niveau paysager, plusieurs axes sont protégés (chemin creux à talus plantés, dont la date d'origine nous est inconnue) : route de Schlierbach RD56, chemin de la Vieille-Tour, rue de l'Église, rue de Landser.
Au niveau patrimonial, l'ancien clocher, dit Vieille Tour est protégée au titre des Monuments Historiques depuis 1926. Quelques maisons du centre ancien sont également inscrites sur la liste des habitats remarquables en annexe du PLU.
La commune a déposé un dossier à la fondation du patrimoine pour entreprendre la restauration de l'ancien clocher : https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/la-vieille-tour-de-dietwiller
Toponymie Les premières mentions du nom de la commune sont Titwihlr, Tietvilr, Dietvilr ou encore Dietwilare. En 1865, la forme Diettwiller est en usage dans les courriers échangés entre la commune et la préfecture.
Histoire La première mention de Dietwiller apparait au , en 1284, dans le censier du couvent bâlois de Saint-Alband qui y possédait deux fermes .
L'église initiale, dont il ne subsiste que la tour clocher (appelée communément la "Vieille Tour") est mentionnée pour la première fois en 1290 comme dédiée à saint Nicolas. Sa nef s'installait entre la tour et les escaliers débouchant sur la rue de l’Église. Les escaliers étaient initialement disposés parallèlement à la rue, dans l'angle Nord-Ouest du cimetière. Deux niveaux ont été ajoutés à la tour au , lui donnant son allure actuelle. La nef de l'ancienne église fut démolie lors de la construction de l'église actuelle en 1881 (sur la rue du Général-de-Gaulle).
Les seigneurs suivant y avaient des possessions : la commanderie des chevaliers de Malte de Colmar (1262), les Schaller de Bâle (1380), le couvent Saint-Ursitz (Suisse) et les Habsbourg (Ferette puis Autriche) : Dietwiller était intégrée à l'ancien bailliage du Haut-Landser (un des quatre bailliages Habsbourg d'avant 1648).