L'étoile de Bethléem ou étoile de Noël est le signe, qui dans l'Évangile selon Matthieu, annonça à des mages orientaux la naissance de Jésus et, selon la tradition chrétienne, les a guidés vers Jérusalem et Bethléem. En souvenir de cet événement, les crèches et sapins de Noël sont décorés d'une étoile.
L'adoration des mages est traditionnellement célébrée à l'Épiphanie (le 6 janvier) dans la chrétienté occidentale.
Introduction thumb|right|upright=1.5|alt=mosaïque en couleur représentant trois mages avec bonnets phrygiens et porteurs de cadeaux, regardant une étoile qui les guide.|L'étoile guidant les mages, mosaïque de Ravenne, début du .
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Le récit de Matthieu est bien ancré dans la culture populaire occidentale avec les décorations de Noël et la galette des rois, l'aspect religieux passe souvent au deuxième plan. Cependant, l'évènement annonce la naissance du Christ, personnage qui provoquera le début de la religion chrétienne. Les chrétiens considèrent l'étoile comme un signe miraculeux indiquant la naissance du Messie. Colin Humphreys, professeur à l’Université de Cambridge, explique qu'à l'époque de la naissance du Christ, les comètes étaient associées à la naissance de grands rois et à de bonnes nouvelles. Origène note que, d'après les descriptions, l'étoile est en fait une comète. Pour les pères de l'Église, ces objets célestes sont des astres nouveaux et miraculeux, absents lors de la création du Monde, créés par Dieu pour transmettre un message : Abraham et Moise ont vu leur naissance annoncée par une telle "étoile". Des astronomes, à commencer par Kepler, qui voulaient appuyer un récit biblique sur des bases rationnelles, ont tenté de lier l'étoile avec un événement astronomique rare (conjonction de planètes, comète ou supernova). Plusieurs historiens de la science, comme Jean-Paul Parisot, professeur d’astronomie à l’université de Bordeaux, suggèrent que l'étoile n'était pas un objet astronomique ou signe miraculeux, mais un horoscope régal dressé par les Mages vers 6 considèrent que l'étoile n'est pas un événement historique, mais simplement une fiction pieuse, introduite par Matthieu pour renforcer la thèse que Jésus est le Messie, car à l'époque tous les 'grands rois' avaient une étoile associée à leur naissance.
Narration de Matthieu
Matthieu est le seul évangéliste qui évoque l'étoile et la visite des Mages, dans le chapitre 2 :
Commentaires sur le récit de Matthieu
Selon Hérodote, les mages formaient une caste de prêtres/devins/astrologues d'origine mède. Clément d'Alexandrie, Cyrille d’Alexandrie, et Jean Chrysostome pensaient que les Mages qui sont allés à Bethléem étaient d’origine perseYamauchi, Edwin M., Persia and the Bible, (Grand Rapids, Mich.:Baker Book House, 1990), p. 467 et p. 485.. Jérôme de Stridon et Augustin d'Hippone croyaient que les Mages étaient des astronomes babyloniensYamauchi, p. 481.. Dans la traduction grecque de la Bible juive, la Septante, (Ancien Testament), on trouve le mot « mage » uniquement dans le livre de Daniel où il est utilisé concernant des savants babyloniens (1.20; 2.2, 2.10, 2.27; 4.7; 5.7, 5.11, 5.15). Quelques autres érudits croient que les Mages étaient peut-être d’origine arabeMaalouf, Tony, Arabs in the Shadow of Israel: the Unfolding of God's Prophetic Plan for Ishmael's Line, (Kregel Publications, 2003), pp. 193–218.. Le récit a attiré des additions, par exemple, au le nombre et les noms (Melchior, Gaspard et Balthazar) y sont ajoutés. On ne connaît pas avec certitude le vrai nombre de Mages qui étaient à Bethléem, ni leurs noms. Il est peu probable qu’ils étaient des roishttps://www.christianitytoday.com/history/2016/december/magi-wise-men-or-kings-its-complicated.html Retrieved on December 15, 2019. Online Edition..
Hérode n'est pas « troublé » par l'étoile, mais par l'annonce que le Roi des Juifs est né, donc un rival. Le lieu de sa naissance donné par Matthieu est un amalgame de deux prophéties : celle du Livre de Michée (chapitre 5, verset 1), qui donne Bethléem et celle du Deuxième livre de Samuel (chapitre5, verset 2) qui donne la cité du roi David comme lieu de naissance.
La riposte de Hérode est d'ordonner le massacre de tous les enfants, âgés de moins de deux ans, dans les environs de Bethléem. Le choix de deux ans et pas simplement les nouveau-nés était probablement basé sur des informations fournies par les Mages. Dans le récit de Matthieu, écrit en grec, Jésus est décrit avec le mot () qui veut dire jeune enfant au lieu du mot spécifique pour nouveau-né (). Ceci peut indiquer qu'un certain temps s'est écoulé entre la naissance de Jésus et la visite des Mages. Par contre, le mot () est utilisé dans le récit de Luc spécifiquement au sujet de la naissance de Jésus et sa présentation au templeLuke chapter 2, verses 17 and 27. Retrieved on December 15, 2019..
Pour placer le récit de Matthieu dans un contexte historique il convient d'avoir une date approximative de la date de naissance de Jésus. Il est généralement admis par des historiens de l'époque romaine qu'Hérode est mort en 4 et que Jésus était né vers la fin du règne d'Hérode. Cependant les Pères de l’Église pensaient que Jésus est né soit en l’an 3 av. J. -C., soit en l’an 2 av. J. -CFinegan, Jack. Handbook of Biblical Chronology: Principles of Time Reckoning in the Ancient World and Problems of Chronology in the Bible. Peabody, MA: Hendrickson, 1998. pp. 279-292. De nos jours, une minorité de chercheurs essaye de nouveau à affirmer les dates proposées par les PèresAndrew Steinmann, From Abraham to Paul: A Biblical Chronology. (St. Louis, MO: Concordia Pub. House, 2011), Print. pp. 219-256.W.E. Filmer, "The Chronology of the Reign of Herod the Great". The Journal of Theological Studies, 1966. 17(2): p. 283-298.Finegan, pp. 238-279... Selon cette perspective, Hérode est décédé fin janvier de l’an 1 av. J. -C..
La nature de l'étoile ? La nature et l'origine de l'étoile de Bethléem sont un sujet de spéculation depuis des siècles. Il y a quatre catégories de propositions : un miracle divin, un évènement astronomique réel, une interprétation astrologique ou une fable pieuse.
Miracle L'étoile pourrait être un miracle, ou Dieu, travaillant hors du champ de la physique et de l'astronomie, avait créé une lumière dans le ciel, visible uniquement aux Mages, et qui se déplaçait devant eux pour les guider vers le lieu de naissance du Messie.
Dans l'Église orthodoxe, l'étoile de Bethléem est interprétée comme un miracle d'importance pédagogique et symbolique.
Dans le contexte des croyances religieuses, la proposition d'un miracle est censée, vu l'importance de l’évènement pour les chrétiens et le fait que, dans la Judée de l'époque, les miracles, visites d'anges (à Élisabeth, cousine de Marie et mère de Jean le baptiste, l'Annonciation faite à Marie etc.), la conception immaculée de Marie, etc. témoignent d'une apparente intervention divine régulière auprès des hommes.
Si l'on accepte cette hypothèse, toute autre discussion est superflue.
Événement astronomique Depuis plus de quatre siècles les astronomes et certains chrétiens ont tenté d'associer l'étoile de Bethléem à un évènement astronomique réel et de donner ainsi une base rationnelle au récit de MatthieuThe Star of Bethlehem dans. Chaque proposition est, selon ses défenseurs, assez spectaculaire pour attirer l'attention des Mages et pour les convaincre d'aller en Judée. Des astronomes et divers chercheurs ont examiné la dernière décennie dans l'espoir de trouver un évènement assez spectaculaire pour être considéré comme l'étoile de Bethléem. Il y a deux types de phénomènes : ceux liés aux orbites périodiques des astres qui peuvent produire des conjonctions serrées, ou des quasi-juxtapositions apparentes, vues de la Terre, et des phénomènes transitoires, tels que l'arrivée d'une comète brillante ou le surgissement d'un événement cataclysmique (nova, supernova ou hypernova).
Conjonction des planètes Le premier astronome à tenter une explication a été Kepler. En 1614, il publia des travaux qui établissaient qu'en mars, octobre et décembre de l'année 7 , les planètes Jupiter et Saturne se trouvèrent alignées vues de la Terre dans la constellation des Poissons. Kepler pensait (incorrectement) que cette conjonction des planètes pouvait produire une nova.
Aujourd'hui on peut calculer avec une très grande précision les positions du Soleil, de la Lune, de toutes les planètes et des comètes périodiques dans le ciel pour un lieu spécifique sur la Terre et à une date donnée, même plusieurs milliers d'années dans le passé. Par leur précision ces mêmes calculs servent souvent à réfuter les spéculations. Mais la triple conjonction entre Jupiter et Saturne en 7 av. J.-C. est bien corroborée. La première de ces conjonctions successives a eu lieu en fin mai ; la deuxième, en début octobre, a dû être assez frappante, du fait que les deux planètes étaient en opposition avec le Soleil et que leur éclat était très fort (magnitude de –2,92 pour Jupiter et de –0,19 pour Saturne) ; la troisième a eu lieu en début décembre.
Un calcul précis montre que la séparation minimale de Jupiter et Saturne dans la conjonction signalée par Kepler était d'environ un degré arc, c'est-à-dire deux fois le diamètre de la pleine lune et donc pas très impressionnante et surtout, les deux planètes ne pouvaient pas être confondues en une seule étoile comme dans le récit de Matthieu.
En 1973, l'astronome K. Kaufmanis avait suggéré que les conjonctions de Jupiter et de Saturne, proposées par Kepler sont l'origine de l'étoile. Les astronomes David Hughes et Konradin Ferrari d’Occhieppo ont aussi soutenu la thèse que les conjonctions de Jupiter et Saturne étaient au cœur de l’histoire de l’étoileHughes, David W. The Star of Bethlehem Mystery. Corgi, 1981.<ref>D'Occhieppo, Konradin Ferrari. Der Stern Von Bethlehem Aus Der Sicht Der Astronomie Beschrieben Und Erklärt’'. Ullstein, 1994.</ref>.
D'autres alignements semblables de cette époque ont été proposés comme étant l'étoile : 9 Uranus proche de Saturne et Vénus (mais Uranus est à peine visible à l’œil nu même quand on sait sa position) ; 8 Jupiter, Saturne et Mars ; 6 l'occultation de Jupiter et Saturne par la Lune. Dans les années 3-2 se produisirent une série de conjonctions entre Jupiter, Régulus et Vénus. Cependant ces évènements eurent lieu après la mort d'Hérode en 4 et donc ne correspondent pas à l'étoile de Bethléem. Mais les Pères de l'Église et certains chercheurs modernes pensent qu'Hérode est décédé en janvier de l'an 1 Steinmann, pp. 219-256.Filmer, p. 283-298..
Signes célestes centrés sur le cycle de MUL.BABBAR/Jupiter