Adieu Afrique (Africa addio) est un documentaire mondo italien réalisé par Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, sorti en 1966. Le film porte sur la fin de l'ère coloniale en Afrique.
Synopsis Le documentaire comporte des images de la révolution de Zanzibar, (massacre d'environ en 1964), du dénouement du siège de Stanleyville au Congo, ainsi que de la révolte des au Kenya.
Séquence Zanzibar Lors de la séquence montrant l'extermination des Arabes et des musulmans par les insurgés noirs dirigés par John Okello pendant la révolution de Zanzibar, les images prises d'un hélicoptère montrent des centaines de personnes traquées et tuées dans des camps clôturés, des cimetières, des fosses communes ou fuyant sur la plage.
La voix off commente ces événements en ces termes :
Stanis Nievo a évité de justesse la mort à Zanzibar en filmant Africa addio. Il a été sauvé lorsqu'un soldat a trouvé son passeport italien et en a conclu qu'il n'était « pas blanc », c'est-à-dire britannique.
Fiche technique Réalisation : Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi Producteur : Angelo Rizzoli Musique originale : Riz Ortolani Photographie : Antonio Climati Montage : Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi Pays : Langue : italien Genre : documentaire mondo Date de sortie : Italie : France :
Distribution
Bande originale Le compositeur de la BO est Riz Ortolani, qui a écrit celle de Cette chienne de vie : , avec la chanson More). Pour Africa addio, les paroles sont ajoutés au thème d'Ortolani. La chanson intitulée Qui peut dire ?, interprétée par Jimmy Roselli, n'est pas dans le film, mais figure sur l'album de la BO parue chez United Artists Records.
Liste des morceaux
Réception À la sortie du film À sa sortie en 1966, le film est indésirable dans le climat politique de l'époqueLe film contredisait la vision romantique des mouvements nationalistes du tiers-monde qui prévalait dans les milieux de gauche européens des années 1960.. Il est attaqué par les critiques de cinéma et les intellectuels anticolonialistes en termes cinglants comme une apologie rétrograde du colonialisme européen et comme étant un film inauthentique et raciste.. Selon eux, le film défendrait l'idée que l'Afrique sans les puissances coloniales européennes reviendrait rapidement à une brutalité sanglante et primitive.
En Allemagne de l'Ouest, un mouvement de protestation contre le film, organisé principalement par des groupes d'étudiants africains et l'Union socialiste allemande des étudiants (SDS), voit le jour après qu'il a été sélectionné par la Filmbewertungsstelle Wiesbaden. À Berlin-Ouest, le distributeur retire le film des salles après une série de manifestations accompagnées de dommages aux cinémas. Aujourd'hui, ces protestations sont considérées comme étant le premier mouvement contre le racisme dans l'histoire allemande Niels Seibert, Vergessene Proteste. Internationalismus und Antirassismus 1964-1983, Berlin, 2008..
Polémiques et critiques Une controverse surgit sur la question de savoir si toutes les séquences du film sont réelles ou si certaines ont été mises en scène ou reconstituées. Jacopetti affirme que toutes les images du film sont réelles et que rien n'a été organisé Voir l'interview de Jacopetti de 1988, Amok Journal: Sensurround Édition, édité par S. Swezey (Los Angeles: AMOK, 1995), ..
Dans le documentaire The Godfathers de Mondo, les co-réalisateurs déclarent que les seules scènes qu'ils ont organisées l'ont été sur le tournage de leur film de 1963 L'Incroyable Vérité Bill Gibron, A Dog's World: The Mondo Cane Collection, décembre 2003..
Le critique de cinéma Roger Ebert, dans sa critique de 1967 de la version américaine (non autorisée) du film, cite plusieurs scènes qu'il trouve suspectes : Les Boers blancs quittant le Kenya dans des wagons à bétail pour retourner en Afrique du Sud. Ebert écrit que « les vrais Boers (il y en a quelques-uns parmi la population blanche au Kenya, pour la plupart britannique) avaient probablement utilisé ces wagons pour le déménagement de leurs meubles et ont ensuite rejoint le Cap en avion. » Le film rapporte qu'un millier d'hippopotames ont été tués dans le fleuve Zambèze pour fournir de la nourriture, alors que la viande d'hippopotame n'est pas mangée dans cette régionRoger Ebert, Africa addio, 25 avril 1967..
Ebert juge le film « raciste » et écrit qu'il diffame « un continent ». Il relève le commentaire d'ouverture où le narrateur affirme :
Procès Gualtiero Jacopetti a été accusé de meurtre et a été jugé en Italie au motif qu'une des exécutions qui apparaît dans le film aurait été mise en scène à la demande des réalisateurs. Il a été acquitté.
Aujourd'hui Au début du , Africa addio refait surface à Zanzibar. Lors de la sortie du film, le gouvernement révolutionnaire avait interdit sa diffusion afin de contrôler l'interprétation de la révolution et de priver les opposants au régime de toute plate-forme idéologique. À la suite de la libéralisation politique et économique, le documentaire est à présent accessible sur Internet. La courte séquence sur les massacres de 1964 constitue pour nombre de Zanzibariens éduqués une preuve des violences raciales ayant eu lieu à cette époque.
Selon l'universitaire Mark Goodall, Adieu Afrique se rapproche parfois du cinéma colonial en dispensant un regard exoticisant et paternaliste sur son sujet..
Versions Le film a été diffusé dans plusieurs versions différentes. Les versions française et italienne ont été montées et commentées par Gualtiero Jacopetti.
Versions italienne et anglaise Des différences notables existent dans le commentaire entre les versions italienne et anglaise, et les défenseurs du film ont dénoncé le détournement du propos initial des cinéastes.
Exemple : sous-titres de la séquence d'ouverture Version italienne :
Version anglaise :
Version américaine La version sortie aux États-Unis en 1970, avec un titre volontairement provocateur, Afrique : sang et tripes (Blood and Guts), dure 83 minutes, dont plus de 45 minutes concernent exclusivement des scènes de carnage. Éditée et traduite sans leur approbation, cette version a été désavouée par Jacopetti et Prosperi.
Jacopetti a estimé que ce film était .
Autres versions Au cours des années, différents montages du film ont été réalisés. IMDb donne une durée totale de 140 minutes ; une version « intégrale » est actuellement proposée en ligne via Google Video, d'une durée de Voir sur video.google.com.. Il s'agit d'une version de base en langue italienne, sous-titrée en anglais.
IMDb répertorie les différentes durées des précédentes versions : États-Unis – 122 min Norvège – 124 min Suède – 116 min
Une version en langue anglaise actuellement diffusée par Blue Underground dure 128 minutes.
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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