L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Montgeroult est une église catholique paroissiale située à Montgeroult, dans le Val-d'Oise, en Île-de-France. Fondée probablement vers 1070, l'église dépendait de l'abbaye de Saint-Denis sous tout l'Ancien Régime. Aucun élément concret ne confirme toutefois la tradition locale, selon laquelle un monastère aurait été associé à l'église avant la construction du château, et l'église ne constitue pas non plus l'ancienne chapelle du château. Pour un édifice d'aussi petites dimensions, son architecture atteint un très bon niveau, et son chœur possède même des galeries anciennement ouvertes sur combles. Les six travées orientales ont été édifiées en trois campagnes entre 1190 et 1240 environ, et reflètent les différentes étapes de développement de l'architecture gothique, jusqu'à l'apparition du style gothique rayonnant qui se manifeste sur l'étage supérieur du clocher. La base du clocher utilise des piliers antérieurs à tout le reste, et l'arc triomphal en plein cintre ouvrant sur la nef permet de faire remonter ces éléments aux débuts de la paroisse. La courte nef et ses deux bas-côtés sont les parties les plus récentes. Édifiées vers 1570 / 1590, ils portent les marques du style de la Renaissance, et reprennent des caractéristiques de certaines œuvres de l'architecte Nicolas Le Mercier, de Pontoise. Dès 1640, la façade occidentale est rendue caduque par son enfermement dans le parc du château. En 1714, l'ajout d'un porche devant le portail du sud endommage la frise des Apôtres, l'un des joyaux de l'église. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le ., et est aujourd'hui affiliée à la paroisse Avernes et Marines. Les messes dominicales n'y sont plus célébrées que quatre fois par an.

Localisation thumb|upright|left|Vue depuis le nord.

L'édifice est situé en France, en région Île-de-France dans le département du Val-d'Oise et dans le Parc naturel régional du Vexin français, dans la vallée de la Viosne, sur la commune de Montgeroult, à l'écart du village, au nord, rue Neuve. La rue contourne une partie du domaine du château, puis arrive en face du chevet. Le cimetière ancien s'étend essentiellement au nord de l'église, et pour une petite partie, au sud. La façade occidentale donne sur le parc du château, et n'est pas du tout visible depuis le domaine public. En 1644 en effet, les habitants accordent à leur seigneur Jean II de Dosnon le droit d'attacher la clôture de son parc , et de construire une sacristie et un tabernacle. En 1704, le seigneur, Louis Chevalier, rachète le presbytère, le fait démolir, et fait édifier à son emplacement une partie des communs du château. Le prix d'achat permet la construction d'un nouveau presbytère. En 1707, l'assemblée plénière des habitants accorde au président Chevalier la rue de l'Église. Elle reliait directement le village à l'église, en traversant en ce qui devint par la suite la cour d'honneur du château. Il n'y a aujourd'hui plus de trace de cette rue, et le chemin de l'église s'est allongé. Depuis que le curé a accordé à de Bray de clôturer la partie du cimetière située au sud de la nef et d'accoler un grand caveau particulier à l'église, l'élévation méridionale se trouve elle aussi enclavée. De ce fait, l'entrée au porche a été déplacée du sud vers l'est. Au sud, ne reste libre qu'une étroite portion du cimetière coincée entre le mur des communs du château et la chapelle latérale sud du chœur, qui ne suffit pas pour contempler l'église en prenant du recul. Plusieurs tombes s'y trouvant sont du reste entourées d'une grille...

Histoire L'histoire de la paroisse thumb|upright|Le clocher. thumb|upright|Vue dans la base du clocher depuis la nef. thumb|upright|Base du clocher, vue vers le sud. thumb|upright|Bas-côté nord, vue vers l'est. thumb|upright|Bas-côté nord, vue vers l'ouest. thumb|upright|Bas-côté sud, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, , élévation nord et contrefort du clocher.

Sous l'Ancien Régime, Montgeroult relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français et de l'archidiocèse de Rouen.. Son église est dédiée à l'Assomption de la Sainte-Vierge. L'on ignore la date de fondation de la paroisse, mais elle doit remonter au moins au troisième quart du . Le premier acte faisant mention d'une église de Montgeroult date de 1071, quand Jean d'Ivry, archevêque de Rouen, donne à perpétuité à l'abbaye de Saint-Denis les églises et autels d'Ableiges, Boissy-l'Aillerie, Cormeilles-en-Vexin, et Montgeroult. Cet acte est approuvé par Guillaume I de Normandie, roi d'Angleterre. L'abbaye s'engage à desservir les églises par l'un de ses religieux, ou à les faire desservir par un prêtre à sa charge. Elle devient collateur de la cure, mais en signe de sa soumission à l'archidiocèse de Rouen, lui doit verser une redevance annuelle, la synodatique. Elle est fixée à huit livres par an. À titre de comparaison, le bénéfice de la cure se monte à vingt-quatre livres par an selon le pouillé du . Le droit de présentation à la cure est attesté par un manuscrit latin qui date de l'épiscopat de Hugues III d'Amiens (1130-1164), et qui est conservé aux archives municipales de Saint-Denis. — Grâce à un important legs du roi Philippe II Auguste en 1223 destiné à servir à l'entretien des religieux, l'abbaye peut acheter des droits et héritages à Montgeroult et dans d'autres villages du Vexin, qu'elle avait déjà possédés sous Charles II le Chauve, mais qui lui avaient été spoliés à partir des invasions normandes. À Montgeroult, elle acquiert notamment l'avouerie de Gascon du Plessis et de sa femme, en 1224. En la même année, Guillaume d'Osny lui lège la cinquième part de son fief, et le reste à la mort de sa femme. Déjà patronne de la cure, elle devient alors aussi le principal seigneur temporel de Montgeroult. Ses intérêts sont représentés sur place par le prévôt de Cergy. En 1226, Raoul de Lie donne une maison à l'abbaye, et elle acquiert des droits et terres d'Eustache de Frémécourt, prêtre, et de son neveu Thibaut Le Loup...

En 1369, sous la guerre de Cent Ans qui prive l'abbaye d'une grande partie de ses revenus, elle envisage de taxer les habitants de Boissy et de Montgeroult à l'occasion de l'avénement d'un nouvel abbé. En 1411, le « livre vert » de l'abbaye, qui recense tous ses revenus et possessions, indique pour la paroisse un bénéfice de neuf cents livres, ce qui est plus que pour les paroisses voisines (entre quatre cents et huit cents livres). Comme biens, le livre mentionne une grange à Montgeroult (granchia de Monte Girouldi), et deux messarius, qui ont prêté serment au serviens. Ces termes ne sont pas clairs, mais le serviens devrait correspondre au procureur de l'abbaye sur place, ou au prêtre desservant. Quant à la grange, il doit s'agir d'une grange dîmière, ou bien d'une grange monastique, c'est-à-dire, d'une exploitation agricole. Selon une idée reçue fortement répandue, les moines de Saint-Denis auraient fondé un monastère à Montgeroult, donc un prieuré, qui aurait été supprimé lors de la vente de l'avouerie à la fin du , et rasé pour la construction du château. L'abbé Loisel adhère à cette tradition, persuadé qu'il est que la tradition locale ne peut être en erreur. Aucun document original n'évoque ce prieuré. Le terme de monasterium utilisé dans l'acte de Raoul de Lie, rédigé en latin, est équivalent au terme de moutier, couramment utilisé en français, et signifiant indifféremment église et monastère. L'abbé Loisel a consulté toutes les sources disponibles, mais n'hésite pas à inventer, par exemple quand il affirme que . Les sources sur la paroisse de Montgeroult sont très peu nombreuses et ne concernent que la seigneurie et les droits ecclésiastiques, et ne démontrent même pas que le service paroissial ait été assuré par un religieux de Saint-Denis. L'on connaît toutefois les noms de tous les curés depuis le début du ; sauf deux, ils sont tous originaires de Montgeroult (jusqu'au )...

Après la fin du règne de Henri IV, les finances de l'abbaye vont mal. Par un arrêté du Parlement de Paris du , elle obtient l'autorisation de vendre des biens à concurrence de . En 1600, l'avouerie de Montgeroult est ainsi affermée à Jean I de Dosnon, conseiller du roi, commissaire ordinaire de ses guerres, et contrôleur général de ses bâtiments, moyennant une redevance de soixante-sic écus or chaque année. En plus des terres, le sieur de Dosnon obtient la justice seigneuriale, une partie des dîmes, le champart, et une maison près de l'église, avec cour, caves, grenier, grange, étable, colombier à pied, vergers, vignes, etc., le tout clos de murs. Ces biens sont énumérés dans un document versé au terrier en 1609, et leur importance a conforté l'hypothèse d'un monastère dans les yeux de certains, mais aucun élément concret ne parle dans ce sens. Ce n'est toutefois qu'en 1609 que Jean de Dosnon élit domicile à Montgeroult. Il s'installe dans une maison cédée par le sieur de Longueval, et l'utilise comme hôtel seigneurial. Son fils Jean II lui succède en 1630, et s'attache à transformer l'hôtel en véritable château avec parc, cour d'honneur et vastes communs. Dans ce contexte, les habitants lui concèdent l'extension du parc face au portail occidental de leur église. En 1643, Jean II offre à l'église la chaire à prêcher actuelle. Quarante ans plus tard, l'époque des Dosnon s'achève pour Montgeroult, quand son fils Jean Médéric doit tout vendre à ses créanciers. Ils revendent le domaine à la famille Le Féron. Louis I Chevalier, conseiller du roi en la Cour des aides, puis président du Parlement de Paris, le leur rachète en 1701. Le président Chevalier fait effectuer de nombreuses réparations en l'église, et l'équipe de boiseries et d'un majestueux retable majeur. D'autre part, il obtient la suppression de la rue de l'Église, et acquiert le presbytère afin d'agrandir encore le domaine du château. Il le paie 400 livres, et verse en outre 930 livres pour faciliter la construction d'un nouveau, sur un terrain qu'il met à disposition gracieusement. L'abbé Loisel écrit : . Dans la nuit du 18 au , tous les vases sacrés, dont certains donnés par le président Chevalier, sont dérobés. Tous les ornements sont jetés par terre, et même les hosties sont éparpillées. — La Révolution française ne porte pas préjudice à l'église, mais les statues sont renversées ou endommagées, les litres effacées, les tombeaux seigneuriaux profanés, et les cloches descendues et envoyées à la fonte, sauf une...

Avant l'interdiction du culte sous la Terreur, la Révolution française impose la création du diocèse de Versailles pour accueillir l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise, et met un terme à l'appartenance traditionnelle du Vexin français à l'archidiocèse de Rouen. En 1803, l'année après le décès de son épouse, le nouveau propriétaire du château, Jean-Joseph de La Tour de Scorailles, offre à l'église des ornements liturgiques et des vases sacrés.. — En 1966, la refonte des départements d'Île-de-France et la création du département du Val-d'Oise motive l'érection du nouveau diocèse de Pontoise, dont Montgeroult fait désormais partie. Le village ne dispose, depuis longtemps, plus d'un prêtre résident. Dans un premier temps, il est affilié à la paroisse de Boissy-l'Aillerie. Puis, le manque de prêtres et le recul de la pratique religieuse incitent au regroupement de la plupart des paroisses des cantons de Vigny et Marines dans la paroisse Avernes et Marines, compte aujourd'hui trente-cinq clochers. Les messes dominicales ne sont plus célébrées en l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Montgeroult que quatre fois par an, avec une interruption de mars à septembre..

Les campagnes de construction de l'église