Le parc Paul-Mistral est un parc urbain de 21 hectareshttps://www.grenoble.fr/lieu/978/137-parc-paul-mistral.htm d'un seul tenant, situé à Grenoble, accueillant plusieurs équipements sportifs majeurs, ainsi que l'hôtel de ville.

Situé sur un ancien terrain militaire du Génie, le site va prendre sa configuration actuelle grâce au déroulement de l'exposition internationale de la houille blanche de 1925. La place Paul Mistral est contigüe au parc et sépare celui-ci de la partie ouest de la ville.

Situation, accès et description Description Le parc, situé au nord-est du territoire communal, présente une superficie engazonnée de , par les différents cheminements , par des arbustes , par des plantes vivaces , et par des massifs . Le total de ces superficies représente un total de 14,68 hectares. L'extension récente du parc Paul-Mistral représente 13,25 hectares.

Lieu de mémoire Une des allées est nommée en l'honneur des 24 Justes parmi les nations grenoblois..

Accès et transports publics Le parc est essentiellement accessible par la ligne C du tramway de Grenoble (station Chavant et Grenoble Hôtel de Ville) ainsi que par diverses lignes d'autobus dont les lignes chrono C1 (arrêts Chavant et Grenoble Hôtel de Ville) et C4 (arrêt Chavant) ainsi que les lignes proximo 14 et 15.

Historique vignette|gauche|Le polygone du Génie au début du . À partir de 1836, à la suite de la construction des remparts de la ville par le général Haxo, la zone de l'actuel parc Paul-Mistral est utilisée comme polygone extra-muros du Génie pour l'entraînement au tir. Elle est même à l'intérieur de la zone de servitude militaire la plus stricte, là où aucune construction n'est autorisée par les militaires.

À cet endroit, se trouve l'une des cinq portes d'accès de la ville, la porte des Alpes, qui permet de partir vers Eybens ou Vizille.

L'exposition de 1925 vignette|gauche|Plan du quartier en 1902.

En 1919, un maire ambitieux, Paul Mistral souhaite ouvrir la ville en détruisant les remparts Haxo. Profitant d'une certaine expansion économique générée par l'utilisation de la houille blanche, il en profite pour annoncer dès 1921 son souhait d'organiser à Grenoble une exposition internationale ayant pour thème la houille blanche et le tourisme. L'opération consistant au déclassement de Grenoble comme place forte est nécessaire pour abattre les remparts, et se déroule en 1921. Mais une telle exposition nécessite aussi un vaste terrain proche du cœur de la ville et implique la démolition de l'enceinte HaxoPour sa partie sud, le côté ouest ayant été supprimé par le maire Édouard Rey dans les années 1880. ainsi que de son prolongement en direction du Drac achevé en 1879.

Avec la démolition des remparts, le polygone du Génie peut être utilisé, le nouveau boulevard des Alpes (actuel boulevard Jean Pain) est créé au nord, à la place des remparts, et l'avenue d'Eybens voit son extrémité nord redressée afin de longer à l'ouest le site de l'exposition. Au sud du polygone, le chemin de ronde devient le boulevard Clemenceau, et à l'est la rue Malakoff est prolongée. Un nouveau plan d'urbanisme est proposé à cette occasion par l'architecte parisien Léon Jaussely, visant à remodeler l'ensemble de la ville. L'exposition internationale de la houille blanche qui se déroule du au accueille visiteurs dans ses différents palais et attractions, symbolisant un succès politique et financier pour le maire.

vignette|gauche|Bassins et fontaines géantes de l'exposition. Après l'exposition, le parc toujours clôturé est ouvert au public qui est toléré uniquement dans les allées, la fréquentation est strictement réglementée. En 1928, l'installation d'un manège d'enfant est refusé par la mairieArchives municipales de Grenoble, cote 2F84.. Il faudra attendre 1952 pour que des jeux d'enfants y soient installésLes Nouvelles de Grenoble, novembre 2001.. En , le hangar ayant servi de garage aux nombreuses automobiles durant l'exposition est détruit. De nombreux pavillons sont acquis par la ville le à un entrepreneur de Vizille, monsieur Mornand, ainsi qu'au Touring club de France. Puis, au fil des années, ils sont détruits à l'exception de la tour d'orientation appelée tour Perret du nom de son architecte, du palais des chemins de fer et du palais de la houille blanche qui serviront tous les deux de palais des expositions jusqu'au milieu des années 1960. En 1929, la ville loue la maison moderne, une attraction de l'exposition, en vue de l'installation du poste radiophonique "Alpes-Grenoble"Archives municipales de Grenoble, cote 355W29.. La tour Perret accessible par ses deux ascenseurs reste l'attraction mais une autre vient la concurrencer, celle du jardin zoologique dans lequel deux ours vedettes, Martin et Michka, cohabitent avec des loups, daims, chevreuils et sangliersLes Nouvelles de Grenoble, N°55 de novembre 2001.. Ces ours avaient été offerts à la ville en 1925 par l'ambassadeur de Russie. Le , le conseil municipal de Paul Mistral vote la construction du premier équipement sportif du parc à la demande des sociétés cyclistes. Une « piste vélocipédique » est construite avec des gradins en bordure du boulevard Clemenceau, évitant aux adhérents d'aller s'entraîner sur l'esplanade de la porte de France.

Des années 1930 à 1963 vignette|Monument des diables bleus. À la suite de la mort brutale du maire Paul Mistral, la séance du conseil municipal du présidée par son premier adjoint, Adrien Ricard, décide de renommer le parc de l'exposition en parc Paul-Mistral. C'est à cette époque que se pose le problème pour la nouvelle municipalité de Léon Martin de la construction d'un stade-vélodrome dans la ville. Le parc Paul-Mistral est ainsi choisi pour la construction d'un stade de places dont l'inauguration a lieu le à l'occasion de la fête de la jeunesse., un mois avant l'arrivée de la du Tour de France 1936 dans ce stade vélodrome. Douze ans plus tard, la municipalité de Marius Bally va lui attribuer le nom de stade Charles-Berty. Ce stade vélodrome servira par la suite à des arrivées de courses cyclistes, notamment pour le Critérium du Dauphiné libéré et le Tour de France.

En 1936, c'est le parc Paul-Mistral qui est choisi pour accueillir l'imposant monument rendant hommage aux diables bleus, en bordure du parc et à l'extrémité de l'avenue Jean-Perrot. Il est inauguré le en présence d'une foule considérable par le maire Paul Cocat et le général Maurice Gamelinmemoireetactualite.org, Le monument destiné à perpétuer l'héroïsme des troupes alpines: A LA GLOIRE DES DIABLES BLEUS a été inauguré hier à Grenoble au cours d une simple et grandiose cérémonie .

Le , le parc accueille réfugiés espagnols qui arrivent en train, poussés par la guerre civile dans leur pays. Pour l'occasion, le palais de la houille blanche est réquisitionné, ainsi que le pavillon d'Armenonville, ancien restaurant de l'exposition qui est attribué aux femmes et aux enfants au biberon. Ces réfugiés resteront jusqu'en juin avant de repartir dans le nord de l'Isère..

Au cours de la seconde Guerre mondiale, les animaux du jardin zoologique, faute de nourriture, doivent être sacrifiés afin d'abréger leurs souffrances durant le mois d'Mémoire de l'île, Union de quartier Ile Verte, 2006, page 141..

Le , c'est devant le monument des diables bleus que les manifestants sont arrêtés. Ils ont à peine le temps de déposer un bouquet qu'ils sont encerclés par les forces allemandes venues en nombre et 600 d'entre eux sont arrêtés. Parqués sur la place Pasteur, les femmes et les enfants de moins de 16 ans sont relâchés au bout de quelques heures. Mais, 369 vont être retenus à la caserne de Bonne, afin d'être déportés deux mois plus tard dans des camps de concentration... Sur ces 369 jeunes hommes de moins de 30 ans déportés pour la plupart à Buchenwald, seuls 102 reviendront vivants à la fin de la guerreEn hommage, une rue de Grenoble est baptisée rue des Déportés-du-11-novembre-1943.. Dans la nuit du 21 au , le boulevard des Alpes longeant le parc est la voie utilisée par les Allemands pour évacuer la ville. Un convoi ininterrompu de blindés, camions, motos, vélos passe par ce boulevard en direction de Saint-Martin-d'Hères, Gières puis de la Savoie.. Le boulevard des Alpes prend le nom du résistant Jean Pain quelques mois après.

En 1950, un monument est érigé par le sculpteur Émile Gilioli à proximité du monument des diables bleus. Le monument fait en hommage aux 398 grenoblois déportés par les allemands lors d'une manifestation le , représente une femme accablée, appuyant sa tête sur son bras formant ainsi une petite ouverture, tel le hublot d'un cachot, symbole de privation de liberté et de la souffrance des déportésSelon le livre Grandes et petites histoires des rues du quartier Exposition-Bajatière, page 88.. Sur les côtés de l'œuvre, sont gravés des vers du poète Charles Péguy.

vignette|gauche|Parc Paul-Mistral (jardin alpin). Vers 1953, la ville commence à rechercher des espaces pour des équipements municipaux et un projet d'architecte est préparé afin d'installer le Conservatoire municipal de musique dans un monumental bâtiment le long du boulevard Jean-Pain, dans le parc Paul-Mistral. Mais ce projet reste sans suite dans ce lieu et verra sa réalisation dans le sud de la ville. Dès 1955, la tour Perret inquiète la municipalité de Léon Martin car son béton commence à s'effriter laissant apparaître son armature métallique sur les faces extérieures. Une tentative de rénovation reste sans effet sur l'oxydation de son ossature métallique, et on commence à envisager sa fermeture au public. Dans les années 1960, le Verderet, ruisseau qui traverse la ville et le parc dans un sens sud-nord, est canalisé en souterrain sur six kilomètres. Le cheminement du ruisseau traversant le parc Paul-Mistral est lui aussi canalisé.

En 1963, la patinoire Clemenceau est construite accolée à un bowling dans le parc le long du boulevard Clemenceau, en lieu et place de la « piste vélocipédique ». Deux ans plus tard, un nouvel accès à Grenoble depuis la vallée du Grésivaudan est mis en service avec une desserte par le pont de la porte de Savoie. Le parc Paul-Mistral devient la toile de fond de l'arrivée de Grenoble.

Un site olympique gauche|vignette|Écureuils du parc. Avec la désignation de la ville en 1964 dans l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 1968, le parc Paul-Mistral devient un site olympique dont les dernières clôtures de 1925 sont supprimées, devenant alors un parc ouvert. Dès , débute le chantier de démolition, pour sa partie supérieure, de l'immense palais de la houille blanche vieillissant. Cette première phase de démolition est achevée en , et la seconde démarre à partir du pour le sous-sol du palais utilisé jusqu'au dernier moment comme entrepôt pour la ville. Sa démolition ainsi que celle des bassins et fontaines sont achevées en Archives municipales de Grenoble, cote 533M27.. L'événement sportif entraîne dès 1966 trois énormes chantiers au sein du parc, celui d'un nouvel hôtel de ville transféré de l'Hôtel de Lesdiguières, de l'anneau de patinage de vitesse et du stade de glace construit à la place d'un ancien stade militaire des années 1920. Le stade de glace qui prendra en 1971 la dénomination de palais des sportsC'est la construction d'une piste en bois pour les 6 jours cyclistes qui fera changer de dénomination le stade de glace., portera le nom de Pierre Mendès France à partir de 1983 en hommage à l'ancien député de l'Isère et Président du conseil. Avec ces chantiers, le parc a l'occasion d'être remodelé pour une nouvelle manifestation et se voit éclairci. Son aspect sauvage est atténué par l'élimination d'arbres remplacés par de vastes espaces engazonnés, découpés par de nombreuses allées courbes et dissymétriques. Un bassin avec une petite rivière sont créés dans ce qui prend le nom de jardin alpin.

vignette|Stèle de Paul Mistral.