Etel Adnan (en arabe : , ), née le à Beyrouth et morte le à Paris, est une écrivaine (recueils de poésie, romans, essais, et pièces de théâtre) et une artiste visuelle syro-franco-américano-libanaise ; polyglotte, elle écrit en français, en anglais et en arabeÉric Tariant, « Etel Adnan, inaltérable optimiste », Le temps, 15 août 2018 (page consultée le 15 août 2018)..

En 2003, MELUS, la revue de la , Adnan comme . La revue MELUS que l’histoire de la vie d’Etel Adnan est faite de déplacement et d’aliénation (« »). Au début des années 2010, son travail comme plasticienne est reconnu et elle est exposée dans des institutions internationales.

Biographie

Enfance et formation Née en 1925 à Beyrouth.État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 d’une mère grecque chrétienne et d’un père syrien musulman, elle grandit en parlant le grec et le turc dans une société primordialement arabophone., et dans un Liban sous mandat français. Elle est élevée dans l’école d’un couvent français, et c’est ainsi que le français, parlé souvent avec sa mère, devient la langue d’écriture de ses premiers travaux littéraires. Elle étudie l’anglais dès sa jeunesse et la plupart de ses derniers écrits sont rédigés principalement dans cette langue.

Âgée de , Adnan voyage à Paris, où elle retrouve son ami artiste de Beyrouth Joseph Terdjan, et où elle finit ses études de philosophie à la Sorbonne. Elle y suit les cours de Gaston Bachelard et découvre les écrits de Simone de Beauvoir. Quelque temps après, elle lit Les Vagues de Virginia Woolf, dans la traduction de 1936 de Marguerite Yourcenar, rencontre Marguerite Yourcenar, et, sur ses conseils, part aux États-Unis où elle continue ses études supérieures à l’université de Californie à Berkeley et à l’université Harvard.

Enseignement et écriture Elle enseigne la philosophie de l’art à l’université dominicaine de Californie à San Rafael de 1958 à 1972, et elle donne des conférences dans plusieurs universités des États-Unis. En 2020, le est décerné à son livre .

Etel Adnan est l’auteure de nombreux ouvrages poétiques, essais, romans, et elle a dirigé les pages culturelles du quotidien francophone libanais As-Safa. En 1978, elle publie Sitt Marie-Rose, un roman sur la guerre civile libanaise dont l'héroïne chrétienne tend la main aux palestiniens. En 1980, elle publie L’Apocalypse arabe, dans lequel elle remplace des mots par des éléments typographiques et des dessins.

Prise entre plusieurs langues dans sa jeunesse, Adnan retrouve sa voix primaire dans la peinture. plutôt que dans l’écriture. En 1996, elle se rappelle : alt=Photographie couleurs d'une longue galerie vitrée dans laquelle de grands lutrins blancs se succèdent|vignette|Etel Adnan à documenta 13, Cassel. Etel Adnan, Écrire dans une langue étrangère, 2015, L'échoppe, 32 p., écrit-elle encore sur l’époque où elle commence à peindre en Californie.

Peintre et plasticienne Quand Adnan s'intéresse à la peinture, elle réalise ses premières œuvres abstraites à l'aide d'un couteau à palette. Elle applique la peinture à l'huile sur la toile – souvent directement à partir du tube – par de larges coups de pinceau sur toute la surface du tableau. Ses compositions ont souvent pour élément central un carré rouge ; elle s'intéresse à la « beauté immédiate de la couleur ».

Adnan cite Paul Klee comme une influence majeure de ses débuts. Les deux artistes s’intéressent à la création d’œuvres d’art visuel en petits formats et à l’utilisation d’une grande variété de supports et de formes d’expression. À propos de Klee, elle déclare : « Klee appartient à cette lignée de génies pour lesquels une seule appellation, qu’il s’agisse de « peintre », de « musicien » ou d’« architecte », est trop restrictive. Chaque tableau de Klee est comme un acte de découverte, abouti à l’issue d’un processus d’exploration, à l’image d’un bateau en pleine mer. ».

Dans les années 1960, elle commence à intégrer la calligraphie arabe dans ses œuvres et ses livres, tels que les « Livres d'Artistes ». À cette époque, elle recopie des mots tirés d'une grammaire arabe sans en comprendre le sens. Son art est influencé par les premiers artistes du mouvement « hurufiyya », notamment l'artiste irakien Jawad Saleem, l'écrivain et artiste palestinien Jabra Ibrahim Jabra et le peintre irakien Shakir Hassan al Said, qui fondent le Groupe de Bagdad pour l'Art moderne. Ceux-ci rejettent l'esthétique occidentale pour adopter une nouvelle forme d'art moderne ancrée dans la culture, les supports et les techniques traditionnels.

S'inspirant des « leporellos » japonais, Adnan peint des paysages sur des paravents pliables qui peuvent être « déployés dans l'espace comme des dessins autonomes ».

Reconnaissance culturelle Ce n’est qu’au début des années 2010 que le monde de l’art la découvre plasticienne. À plus de , elle commence subitement à exposer dans des institutions prestigieuses, notamment : au Guggenheim de New York, au Mudam à Luxembourg, au Centre Paul-Klee à Berne, à la Fondation Luma à Arles, à Documenta 13 à Cassel, à l'Institut du monde arabe . Son œuvre figurative et naïve où elle mêle écriture et peinture est sans doute plus dans l’air du temps que dans les années 1970, dans lesquelles cette inspiration pouvait passer pour « réactionnaire ». Sa « découverte » fait aussi partie d’une considération désormais affirmée pour les femmes peintres. Elle meurt alors que l’exposition Écrire, c’est dessiner, qu’elle a en grande partie inspirée, vient à peine de s’ouvrir au Centre Pompidou-Metz ( au ). Ses œuvres y voisinent celles de Pierre Alechinsky, Louise Bourgeois ou Jacques Villeglé ainsi que des pages autographes d'Arthur Rimbaud, Victor Hugo ou Antonin Artaud.

Revenue en France, Etel Adnan habite Paris et Erquy. Elle vit depuis les années 1980 avec sa compagne l’artiste Simone Fattal.... Elle meurt le à Paris.

Postérité En 2021, le compositeur Samir Odeh-Tamimi et le metteur en scène et directeur du Festival international d'art lyrique d’Aix-en-Provence, Pierre Audi, créent une œuvre de théâtre musical à partir de L’Apocalypse arabe (1975) à la Fondation Luma d’Arles. En 2026, le Festival diffuse le spectacle en ligne ainsi qu'un entretien avec l'auteure.

Publications En français Etel Adnan : Erquy, Galerie Lelong, 2024 Etel Adnan : Les estampes / The Prints, Galerie Lelong, 2023 L'Indien jamais n'a eu de cheval, Galerie Lelong, 2022 La Beauté de la lumière, entretiens avec Laure Adler, Seuil, 2022 Le Destin va ramener les étés sombres, Seuil, 2022 Déplacer le silence, Éditions de l'Attente, 2022 Le Maître venu de l'Ouest, L'Échoppe, 2021 Fil du temps, Galerie Lelong, 2021 Je suis un volcan, Galerie Lelong, 2021 L'Express Beyrouth-Enfer, Galerie Lelong, 2021 L'Apocalypse arabe, Galerie Lelong, 2021 Voyage, guerre, exil, L'Échoppe, 2020 Un printemps inattendu (entretiens), Galerie Lelong, 2020 Grandir et devenir poète au Liban, L'Échoppe, 2019 Surgir, Éditions de l'Attente, 2019 Tolérance, L'Échoppe, 2018 Revenir à Yourcenar, L'Échoppe, 2018 Nuit, Éditions de l'Attente, 2017 Orphée face au néant, L'Échoppe, 2016 La Vie est un tissage, Galerie Lelong, 2016 Mer et brouillard, Éditions de l'Attente, 2017 Heiner Müller et Le Tintoret : la fin possible de l'effroi, L'Échoppe, 2015 À propos de la fin de l'empire ottoman, Galerie Lelong, 2015 Le Prix que nous ne voulons pas payer pour l'amour, Galerie lelong, 2015 Le Maître de l'éclipse, Manuella éditions, 2015, trad. Martin Richet Prémonition, Galerie Lelong, 2015 Écrire dans une langue étrangère, L'Échoppe, 2014 Là-bas, Éditions de l’Attente, 2013 Voyage au mont Tamalpais, éd. Manuella Éditions, 2013 Le Cycle des Tilleuls, Al Manar, 2012 . trad. Martin Richet Paris mis à nu, Tamyras, 2011 . trad. Martin Richet Au cœur du cœur d’un autre pays, Tamyras, 2010 . trad. Eric Giraud À deux heures de l'après-midi, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2010 Retour de Londres, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2010 Ce Ciel qui n'est pas, poésie, édition bilingue (français-arabe), illustrations ; encres : Maya Le Meur. Tunis, Tawbad, 2008Voir aussi : Il n'y a pas de grenouilles, poème de Ce ciel qui n'est pas traduit en espagnol par Carlos Alvarado-Larroucau, traducteur (à l'espagnol) de l'œuvre poétique d'Etel Adnan. Le , Édition quadrilingue (français-anglais-arabe-japonais), Tunis, Tawbad, 2008 Vendredi à , édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2007 Ce ciel qui n'est pas, Poésie, Paris, L’Harmattan, 1997 Rachid Korachi : Écriture passion, avec Rachid Korachi et Jamel-Eddine Bencheikh. Alger : Galerie Mhamed Issiakhem, 1988 L'Apocalypse arabe, Paris, éditions Papyrus, 1980, rééd. L'Harmattan, 2010 Sitt Marie Rose, Paris, Des femmes, 1978 ; rééd. Tamyras, 2010 Jbu : Suivi de l'Express Beyrouth enfer, Paris, P.J. Oswald, 1973

En anglais Shifting the silence, Nightboat, 2020 Time, Nightboat, 2020 Surge, Nightboat, 2018 Night, Nightboat, 2016 Life is a Weaving, Galerie Lelong, 2016 Premonition (2014) To look at the sea is to become what one is: An Etel Adnan Reader (2014) Sea and Fog (2012) Master of the Eclipse (2009) Seasons (2008) In the Heart of the Heart of Another Country (2005) In/somnia (2002) There: In the Light and the Darkness of the Self and of the Other (1997) To Write in a Foreign Language (1996) Of Cities and Women, Letters to Fawwaz (1993) Paris, When It's Naked (1993) The Spring Flowers Own and the Manifestations of the Voyage (1990) The Arab Apocalypse (1989), Ed. The Post-Apollo Press Journey to Mount Tamalpais: An Essay (1985) The Indian Never Had a Horse and Other Poems (1985) From A to Z Poetry (1982) Homage to Etel Adnan (2012), Ed. The Post-Apollo Press

En arabe الست ماري روز as-Sitt Mari Ruz (Sitt Marie Rose), avec Jirum Shahin et Firyal Jabburi Ghazul. Al-Qahirah: al-Hayah al-Ammah li-Qusur al-Thaqafah, 2000 n mudun walnisāʼ: rasaʼil ilā Fawwāz (Of Cities and Women : Letters to Fawwaz.) Bayrut: Dar al-Hihar, 1998 كتاب ألبحر كتاب ألليل كتاب ألموت كتاب ألنهايه Kitab al-bahr; kitab al-layal; kitab al-mawt; kitab an-nihayah (Le livre de la mer, le livre de la nuit, le livre de la mort, le livre de la fin), avec Abid Azarih. Bayrut: Dar Amwaj, 1994 as-Sitt Marie Ruz. Bayrut: al-Mu-assasah al-Arabiyah lil-Dirasat wa al-Nashr, 1979

Collections Les œuvres d’Etel Adnan figurent dans de nombreuses collections, dont le Centre Pompidou, Paris, Mathaf, Doha, Qatar, Royal Jordanian Museum, Tunis Modern Art Museum, musée Sursock, Beyrouth, Institut du Monde Arabe, Paris, British Museum, London., M+, Hong Kong.

Décorations

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Sur Etel Adnan . . . . . . . . . . . . . .

Sur les femmes artistes .

Autres .

Liens externes

Article sur Etel Adnan, par François Huguet (Iloubnan, Beyrouth). Etel Adnan sur Culturebase. « Reflections in Women's Eyes », 1994, Saudi Aramco World.

Catégorie:Naissance à Beyrouth Catégorie:Naissance en février 1925 Catégorie:Décès en novembre 2021 Catégorie:Décès dans le 6e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 96 ans Catégorie:Écrivain libanais francophone Catégorie:Écrivain américain francophone Catégorie:Écrivaine libanaise Catégorie:Poétesse libanaise Catégorie:Poétesse francophone Catégorie:Écrivain de langue anglaise Catégorie:Écrivain de langue arabe Catégorie:Auteur publié par les éditions du Seuil Catégorie:Auteur publié par les éditions L'Harmattan Catégorie:Auteur publié par les éditions Des femmes Catégorie:Peintre libanaise Catégorie:Plasticien libanais contemporain Catégorie:Féministe libanaise du XXe siècle Catégorie:Féministe libanaise du XXIe siècle Catégorie:Chevalier des Arts et des Lettres Catégorie:Étudiant de l'université Harvard Catégorie:Étudiant de l'université de Californie à Berkeley