Lièpvre est une commune française située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Elle fait partie de la région historique et culturelle d'Alsace (malgré son appartenance historiquement à la Lorraine).
Ses habitants sont nommés les Colieuvres.
Géographie Localisation Lièpvre doit son nom à la rivière qui l'arrose et son origine au prieuré de Lièpvre. Elle fut très longtemps la principale agglomération la plus réputée du val de Lièpvrevallis Lebrahensis, en latin, et se situe à d'altitude.
La commune se niche au cœur de la vallée de la LièpvretteL'abbé Antoine Rice, prêtre résidant à Attigny la Tour, chargé par le duc Léopold de recenser toutes les paroisses du Duché de Lorraine en 1702 appelle la Lièpvrette, l'Ebre. Elle est bordée de sommets du massif des Vosges : au sud le Brézouard, le Taennchel et le Haut-Koenigsbourg, au nord l'Altenberg, le Chalmont, le Rocher du Coucou et le château du Frankenbourg. Le chaînon du nord est l'Altenberg, qui sépare le val de Lièpvre du val de Villé.
C'est une des 201 communesListe des 188 communes adhérentes au parc naturel régional des ballons des Vosges, Charte 2012 - 2024 du parc naturel régional des Ballons des Vosges.
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Lièpvrette et le Rombach..
La Lièpvrette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Sainte-Marie-aux-Mines et se jette dans le Giessen à Châtenois, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Lièpvrette sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:05 TU à partir des 706 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1965 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LièpvreLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Lièpvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sainte-Croix-aux-Mines à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Lièpvre est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LièpvreUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Lièpvre comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sainte-Marie-aux-Mines, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (67,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (67,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (67,1 %), prairies (18,9 %), zones urbanisées (9,5 %), zones agricoles hétérogènes (2,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Lieux-dits, hameaux et écarts
Hameau de Musloch entre Lièpvre et Sainte-Croix-aux-Mines : appelé en 1517 Museloch, en 1782 Mauslauch. Le nom provient de la mine qui fut exploitée à partir du . Au , on trouve Misloch ou Meusloch, qui était un hameau formé d'environ treize familles. Il fut célèbre en 1445 pour avoir été le refuge des paysans du Val de Lièpvre qui surprirent les Armagnacs en train de se rendre en Lorraine, en leur infligeant une cuisante défaite près du Rocher du violonHenri Bardy: Un souvenir des écorcheurs, Saint-Dié, 1898.. On y découvrit en 1545 une mine qui fut nommée la mine Sainte-Anne. Elle fut abandonnée en 1750 car son exploitation était trop coûteuse. Chalmont ( d'altitude) : appelé Nannenstol dans le diplôme de Charlemagne en 774, puis Chainement en 1517, Challemont en 1596, quelquefois Charlemont et Karlsberg pendant l'occupation allemande. En patois, le Chalmont est appelé le Chânemont. Raincorne : hauteur dominant le débouché du Hoimbach dans sa partie ouest. Le Kast : colline située au pied du Chalmont à la sortie sud de Rombach-le-Franc. Le nom provient sans doute de « Kastanie » (= châtaigne) puisqu'on y avait planté des châtaigniers, dont le bois se prêtait bien à la fabrication de piquets pour les vignes. Spiemont : en allemand nommé le Stemberg. L'abbé Philippe-André Grandidier dit qu’il pourrait s'agir du Stophanberg rappelé dans le diplôme de Charlemagne en 774 pour le monastère de Lièpvre, mais il est reconnu depuis longtemps que le Stophanberg n'est autre que le Haut-Koenigsbourg. Champ Hache : lieu-dit situé à proximité du Kast. On y cultivait des pommes de terre, ce qui pourrait expliquer le sens de « hach » (lire harh) : en patois roman-lorrain, le nom "noire hach" signifie « pomme de terre en robe de champs ». La Roche du violon : située à la sortie ouest de Lièpvre. Ce nom évoque les violons de la tour des voleurs de Riquewihr et l'expression "être au violon".
Voies de communication et transports Dans les Vosges et en Lorraine, on employait volontiers le terme de val, suivi du nom de la principale localité. Avant le , le Val de Lièpvre ne devait guère avoir des rapports avec les vallées voisines car les routes latérales lui manquaient. Ce n'est qu'en 1905 que fut établi une route militaire entre Lièpvre et Villé passant par Rombach-le-Franc, puis le col de Fouchy qui s'élève à .
Seule une route longitudinale, dont le tracé variait, reliait au Moyen Âge l'Alsace et la Lorraine. Au , cette route ne passait pas par Sainte-Marie-aux-Mines, mais par le Petit Rombach pour aboutir de l'autre côté des Vosges vers Lusse. C'est à proximité de cette route, au Petit Rombach, que se dressait le château d'Echery installé sur un roc fort abrupt qui servait de repaire pour surveiller les va-et-vient dans la vallée. Pendant longtemps, cette route aboutissait toujours à Lièpvre qui fut le lieu le plus peuplé et le centre administratif de la vallée. La situation géographique de Lièpvre permettait à travers cette route de relier le Duché de Lorraine et la plaine d'Alsace. Cette route fut donc un point de passage assez fréquenté pour le commerce mais aussi pour les troupes étrangères. Cette route existait probablement déjà du temps des Romains pour le transport du sel qui transitait par les deux vallées de Villé ou de Lièpvre. Cette route fut améliorée par Fulrad en 757 avec l'accord de Pépin le Bref. Plus tard, et dès le cette route fut reportée sur Sainte-Marie-aux-Mines en gravissant le col, mais ailleurs que la route actuelle construite en 1761Maurice de Castex : Histoire de la Seigneurie lorraine de Tanviller-en-Alsace, 1886, et Jules Bourgeois, dans Revue d'Alsace, 1908, ..
Risques naturels et technologiques