Joseph - parfois appelé Joseph en Égypte ou Joseph et ses frères - est un opéra biblique (« drame en prose mêlé de chants ») en trois actes d'Étienne-Nicolas Méhul, sur un livret de Alexandre-Vincent Pineux-Duval adapté de la tragédie biblique de Baour-Lormian, Omasis ou Joseph en Égypte (1806), elle-même inspirée d'un épisode de la Genèse (chap. 37 à 47).
L'œuvre a été créée le au théâtre Feydeau (Paris).
Distribution de la création RôlesTessituresCréateurs(Théâtre Feydeau, 17 février 1807)Jacob, pasteur d'HébronBasseJean-Pierre SoliéJoseph, fils de Jacob, devenu premier ministre de Pharaon sous le nom de CléophasHaute-contreJean ElleviouBenjamin, fils de JacobSoprano (rôle travesti)Alexandrine Gavaudan-DucamelSiméon, fils de JacobTénorJean-Baptiste-Sauveur GavaudanNephtali, fils de JacobHaute-contrePaulRuben, fils de JacobTénorPierre GaveauxUtobal, confident de JosephBasseDarancourtUn officierTénorAllaireUne jeune filleSopranoAglaë GavaudanLa conteuseLévi, Juda, Dan, Gad, Aser, Issachar et Zabulon, fils de Jacobténors et barytons
Argument
L'action se situe à Memphis vers le XVII ou le
Acte 1 Intérieur du palais de Joseph
Joseph, appelé Cléophas par les égyptiens, est devenu le ministre de Pharaon. Pourtant, il se lamente et pense avec nostalgie à son pays natal, la vallée d’Hébron, à son père Jacob et même à ses frères qu’il hésite à haïr ou pardonner (air Vainement, Pharaon). Il raconte à son confident Utobal ses origines hébraïques (romance A peine au sortir de l’enfance) et le charge de faire venir sa famille en Egypte, là où il n’y a pas de famine.
En arrivant en Egypte, Siméon, un des fils de Jacob, est pris de remords d’avoir livré son frère Joseph en esclavage, tandis que ses frères essayent de le consoler (air et chœur Non, non, l’Eternel que j’offense). Ils sont introduits en présence de Joseph/Cléophas, qui leur promet l’asile dans la plaine de Memphis, mais qui a du mal à garder sa colère en reconnaissant son frère Siméon qui voulait le tuer.
Acte 2 Le matin, dans la plaine de Memphis
Les hébreux prient l’Eternel (chœur Dieu d’Israël), tandis que Joseph/Cléophas les espionne discrètement. Il croise son frère Benjamin qui n’a pas participé à l’entrevue de ses frères avec Joseph/Cléophas et ne le reconnaît pas. Il lui explique toute la reconnaissance qu’il a envers le ministre de Pharaon qui les a si bien accueilli et comment Jacob a reporté sur lui, Benjamin, l’affection qu’il avait eu pour Joseph que tous croient mort (romance de Benjamin Alors que la mort trop cruelle). Jacob se réveille. Joseph est ému de voir son père, tandis que celui-ci raconte avoir fait un étrange rêve : Benjamin venait vers lui au bras d’un riche étranger qui avait les traits de son fils Joseph. Il pleure son fils perdu (final : O mon Joseph). Le peuple accourt pour le triomphe de Joseph/Cléophas (chœur Conquérants de la terre).
Acte 3 Palais de Joseph, où la table est dressée pour un repas.
Joseph/Cléophas a invité sa famille dans son palais. Seul Siméon est absent. Un chœur de jeunes filles chante les louanges de Dieu (chœur Aux accents de notre harmonie).
Utobal entre et informe son maître que le peuple accuse Cléophas de favoritisme envers les étrangers que sont Jacob et sa famille. Des outrages ont été commis. Joseph/Cléophas sort pour s’expliquer à Pharaon, suivi de tous. Jacob et Benjamin restent seuls. Benjamin raconte à son père combien Joseph est ému chaque fois qu’il voit Jacob et celui-ci, qui est aveugle, explique qu’il pense entendre son fils Joseph, qui n’est plus, chaque fois que Joseph/Cléophas parle. Il se console avec la présence de Benjamin (duo Oh, toi, le digne appui d’un père). Un garde amène Siméon auprès de Jabob et Siméon avoue enfin à son père que Joseph n’est pas mort mais qu’il l’a vendu comme esclave. Les autres fils de Jacob entrent avec Joseph/Cléophas. Jacob reproche leur forfait à tous ses fils, sauf Benjamin (morceau d’ensemble Quitte pour toujours ces méchants) et Siméon demande d’être le seul maudit. Tous demandent à Cléophas de calmer Jacob. Joseph/Cléophas invite Jacob à pardonner comme l’Eternel qui pardonne aux pécheurs. Jacob se laisse fléchir et finalement Joseph se fait reconnaître par les siens. Tous se réjouissent (chœur Dieu de bonté, Dieu de clémence).
Postérité En 1812, Carl Maria von Weber compose sept Variations sur un thème de « Joseph », , sur la romance « À peine au sortir de l'enfance » de Méhul.
Sources Joël-Marie Fauquet, Joseph in Dictionnaire de la musique en France au XIX siècle, Fayard, Paris, 2003 Gustav Kobbé (dir.), Joseph en Égypte in Tout l'opéra, de Monteverdi à nos jours, coll. « Bouquins », Robert Laffont, 1999, pp. 463-464 Alexandre Dratwicki & Etienne Jardin, Le Fer et les Fleurs : Etienne-Nicolas Méhul (1763-1817), Paris, Actes Sud & Palazzetto Bru Zane, 2017, 708 p.
Références
Liens externes
Joseph : partition intégrale (version en français, piano-chant) sur le site de la Médiathèque musicale de Paris Joseph und seine Brüder : partition intégrale (version allemand-français, piano-chant) sur le site de la Médiathèque musicale de Paris
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