La place de la Libération, place Royale jusqu'en 1792, est la place centrale du cœur historique de DijonLa place de la Libération et sa statue équestre sur le site du Musée des Beaux-Arts de Dijon.

Situation et accès Elle est en forme d'hémicycle et s'ouvre devant le palais des ducs et des États de Bourgogne. Elle a été pensée comme un écrin pour une statue équestre en bronze de Louis XIV, qui était érigée en son centre.

Origine du nom La place est ainsi nommée en référence à la libération de Dijon, en 1944.

Historique

La place Royale

La place Royale est aménagée par Jules Hardouin-Mansart entre 1686 et 1689, là où se trouvait une petite place Saint-Christophe et des bâtiments vétustes dépendant du palais des ducs.

La statue équestre de Louis XIV

La place Royale devait servir d'écrin à la statue équestre de Louis XIV, réalisée par Étienne Le Hongre (1628-1690), sculpteur ordinaire des bâtiments du Roi au sommet de sa carrière. Elle fut commandée en 1686 et achevée peu avant sa mort en 1690. En raison de son poids de 26 tonnes et du mauvais état des routes, son acheminement à Dijon, commencé en 1692, dut être interrompu et elle fut entreposée à Auxerre pendant vingt-sept ans, avant de parvenir enfin à Dijon en , grâce à l'ingénieur des ponts et chaussées Pierre Morin (transport qui nécessita vingt paires de bœufs et coûta 30 000 livres)Yves Beauvalot, La Place royale de Dijon mythes et réalités, Dijon, Association pour le Renouveau du Vieux-Dijon, 1993, p. 37-38.. Elle fut inaugurée le . La décoration du socle d'environ 8 mètres de haut, en marbre gris et blanc, ne fut achevée qu'en 1742.

Cette statue équestre fut détruite le .

Place d'Armes

À la Révolution, la place fut rebaptisée place d'Armes et la statue de Louis XIV, détruite le , fut en partie envoyée aux fonderies de canons du Creusot.

La place, rebaptisée place Impériale sous l'Empire en 1804, redevint place Royale à la Restauration, en 1814Yves Beauvalot, La Place royale de Dijon mythes et réalités, Dijon, Association pour le Renouveau du Vieux-Dijon, 1993, p. 76-77., avant de retrouver une seconde et dernière fois le nom de place d'Armes en 1831, sous la monarchie de Juillet.

L'Exposition universelle de Dijon de 1858 fut inaugurée sur cette place le 1858.

Place du Maréchal-Pétain

En 1941, la municipalité de Dijon donna à la place le nom du Maréchal-Pétain. Le chanoine Kir, qui habitait au n°4, fut victime le d’une tentative d’assassinat. Des hommes à la solde de l’Occupant pénétrèrent chez lui et l’un d’eux, Henri Perrot, tira sur lui à plusieurs reprises. Le chanoine fut soigné et survécut à cet attentatLouis Devance, Kir je te pardonne le chanoine et son assassin, Précy-sous-Thil, Éditions de l'Armançon, 2006, p. 145-150.. Le Maréchal Pétain prononça un discours sur cette place, le .

Place de la Libération

Elle fut rebaptisée place de la Libération à la libération, en septembre 1944, après un débat entre gaullistes et communistes pour appeler la place « place De Gaulle ». Le général de Gaulle prononça sur cette place un discours, le . Le , la foule a lynché le commissaire de police Jacques Marsac (1916-1945), alors en attente de jugement pour collaboration. Jacques Marsac a été sorti de sa cellule de la prison de Dijon ; la foule l'a battu à mort, pendu à un panneau, puis à un arbre. Le cadavre a été amené place de la Libération où il a été un moment suspendu aux grilles du palais, avant d'être traîné dans les rues de la ville. La place de la Libération, devenue piétonne, a été transformée par l'architecte Jean-Michel Wilmotte, en 2005-2006. Son sol a été recouvert de pierre de Comblanchien et trois fontaines ont été installées.

Galerie

Voir aussi

Notes et références

Bibliographie

Articles connexes Statue équestre de Louis XIV Étienne Le Hongre Jules Hardouin-Mansart Jean-Michel Wilmotte Palais des ducs de Bourgogne Dijon Liste des voies de Dijon

Liens externes Site officiel du Musée des Beaux-Arts de Dijon Le Vray Portraict de la Ville de Dijon, Edouard Bredin, 1574 Nouveau plan de la ville et des environs de Dijon dédié à son Altesse sérénissime monseigneur le Duc par son très humble et très obéissant serviteur Jean de Beaurain, géographe ordinaire du roy, 1767

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