Le Parti républicain (en anglais : Republican Party), également surnommé en anglais Grand Old Party (GOP) (en français : « Grand Vieux Parti »), est l'un des deux principaux partis politiques américains contemporains. Dans le cadre du système bipartite américain, il s'oppose au Parti démocrate, avec lequel il domine la vie politique nationale depuis les années 1860. Il est l'une des plus grandes organisations politiques mondiales avec près de 36 millions d'adhérents en 2023.

Le Parti républicain est fondé en par des dissidents nordistes du Parti whig et du Parti démocrate, opposés à la loi Kansas-Nebraska et à l'expansion de l'esclavage, il s’affirme dès ses débuts comme un mouvement anti-esclavagiste, favorable au renforcement de l'État fédéral et au protectionnisme économique. Élu en 1860, Abraham Lincoln est le premier président républicain, sous la présidence de ce dernier, le parti contribue directement à l'abolition de l'esclavage aux États-Unis.

Supplantant le Parti whig moribond, le GOP devint le principal parti politique des États-Unis, en alternant au pouvoir avec le Parti démocrate. Depuis sa fondation, le GOP est le parti qui a le plus exercé le pouvoir exécutif aux États-Unis, y compris sur une durée continue (entre 1861 et 1885En 1865, le vice-président Andrew Johnson, d'origine démocrate mais élu sur le ticket républicain, accéda à la présidence après l'assassinat du président républicain Abraham Lincoln et maintint l'orientation politique du gouvernement.).

Le parti est attaché à ses débuts au libéralisme classique. L'idéologie du Parti républicain au est le conservatisme : fiscal et social. Sans exhaustivité, le GOP soutient le capitalisme, le libre marché, les baisses d'impôts, une immigration contrôlée, la déréglementation, un système de santé individualisé, les restrictions à l'avortement, une forme de méritocratie par opposition aux politiques de discrimination positive et de quotas raciaux, les dépenses militaires et le port d'armes.

Longtemps considéré comme le parti des entrepreneurs et des grandes entreprises (réalignement de 1896), le GOP a commencé à évoluer vers une base électorale plus ouvrière à partir des années 1960, quand le parti a effectué une percée dans les États dixiecrat après l'adoption de la loi sur les droits civiques de 1964 et de la loi sur le droit de vote de 1965. Les catégories sociologiques dans lequel l'électorat du Parti républicain du est majoritaire sont les personnes blanches., les couples mariés, les chrétiens évangéliques, les résidents des zones rurales, les personnes appartenant à la génération silencieuse et à celle du baby-boom, les personnes à hauts revenus et les personnes sans diplôme universitaireThe Generation Gap in American Politics, Pew Research center, ...

Dans le référentiel bipartite classique de l'échiquier politique américain, le Parti républicain est historiquement classé au centre droit puis à droite, notamment à partir de 1912, positionnement confirmé à partir des années 1980 (révolution conservatrice sous Ronald Reagan, révolution républicaine de 1994). Sous les mandats de Donald Trump, président des États-Unis du au puis à nouveau depuis le , le parti adopte un positionnement plus isolationniste en matière de politique extérieure.. rompant avec la tradition interventionniste militaire de ses prédécesseurs républicains Richard Nixon, Ronald Reagan, George H. W. Bush et George W. Bush. À partir des années 2010, le parti se réorganise idéoligiquement sous l'influence des Think tanks conservateurs (comme l'Heritage Foundation ou Americans for Prosperity) alors que sous l'aiguillon du Tea Party, Donald Trump est choisi pour être le candidat républicain aux élections présidentielles de 2016. Ses quatre premières années de présidence font bouger les lignes au sein de la nébuleuse conservatrice et permettent d'accroître l'influence des mouvements populistes dans le mouvement conservateur à travers les thématiques mobilisées comme celles de l'immigration. Le parti Républicain reste toutefois globalement un parti de droite classique, malgré l'essor du mouvement Tea Party suivi de la présidence de Donald Trump, qui ont changé certaines de ses caractéristiques*.

Actuellement, le Parti républicain détient sur 100 au Sénat américain, sur 435 à la Chambre des représentants, une majorité des postes de gouverneurs des États (27 sur 50), une majorité des chambres basses des États ( sur 49) et une majorité des chambres hautes (29 sur 50). Il est le parti dominant à la fois dans le gouvernorat et les deux chambres législatives dans fédérés sur 50. Six des neuf juges de la Cour suprême des États-Unis ont été nommés par des présidents républicains (George H. W. Bush, George W. Bush & Donald Trump).

Histoire Fondation Le Parti républicain trouve ses origines à Ripon, dans le Wisconsin, où deux réunions aboutissent à sa création. La première se tient le à l'église congrégationaliste et inclut des femmes ; il y est décidé qu'en cas d'adoption de la loi Kansas-Nebraska, les anciens partis politiques doivent être abandonnés au profit d'une organisation entièrement nouvelle. La seconde, le , à la Little White Schoolhouse, est généralement considérée comme l'acte fondateur : l'avocat Alvan Bovay y propose le nom de , destiné à symboliser l'opposition à l'esclavage et à son extension, tout en conseillant de ne pas adopter officiellement le nom à ce stade. Un comité se forme autour de Bovay, Amos Loper, Abram Thomas, Jehdeiah Bowen et Jacob Woodruff. Selon le témoignage ultérieur d'A.A. Loper, fils d'Amos Loper, ; mais aucune véritable organisation ne se constitue ce soir-là, marqué par une violente tempête de neige, la création du parti n'est alors que vivement recommandée.

Né de cette opposition à la loi Kansas-Nebraska, qui autorise la pratique de l'esclavage au Kansas, le Parti républicain incarne rapidement pour ses fondateurs la lutte contre l'influence des propriétaires d'esclaves, accusés de conspirer pour s'emparer du pouvoir fédéral et étendre l'esclavage à tout le pays. Il s'agit pour ses fondateurs de proclamer les vertus républicaines comme l'opposition à l'aristocratie et à la corruption. Anti-esclavagiste, favorable à un État fédéral plus fort que les États fédérés et partisan du protectionnisme économique, le Parti républicain propose alors une vision progressiste et libérale d'une société industrielle et éduquée, fondée sur la liberté individuelle, la promotion sociale par l'effort et le mérite, une société où la loi du marché l'emporte sur toutes les formes d'asservissement économiques comme l'esclavageBarzman, J. (2010). Autour de l'abolition aux États-Unis.« Unrequited labor »: justice historique et compensation financière des esclaves émancipés (Etats-Unis, 1864-1870). Cahiers de l'histoire et des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions en Normandie, (2)..

Les premiers partisans du Parti républicain sont alors les whigs (libéraux) et les démocrates de Nouvelle-Angleterre et de la région des Grands Lacs comme les gouverneurs ou candidats au poste de gouverneurs comme Nathaniel Prentice Banks (Massachusetts), Hannibal Hamlin (Maine), Kinsley Bingham (Michigan), la majorité des membres du Parti du sol libre opposé à l'esclavage se rallièrent à ce nouveau parti.

Le , à Jackson, dans le Michigan, une convention anti-esclavagiste — connue sous le nom Under the Oaks — réunit environ un millier de participants. Les délégués proclame que le nouveau parti s'oppose à l'extension de l'esclavage dans les nouveaux territoires et désigne une première liste de candidats pour les élections de l'État du Michigan. Ce rassemblement donne au mouvement une visibilité politique accrue et permet au Parti républicain de s'organiser rapidement dans le Nord des États-Unis, tandis qu'il ne trouve quasiment aucun soutien dans les États du Sud, où l'économie et la société reposent sur l'esclavage.

Son moralisme et son puritanisme lui acquièrent rapidement le soutien des Yankees de Nouvelle-Angleterre, de New York et du Midwest, et plus précisément des presbytériens, des méthodistes, des quakers et des luthériens d'origine scandinave. A contrario, il échoue à emporter l'adhésion des catholiques, des épiscopaliens et des luthériens d'origine germanique.

En 1856, son premier candidat à l'élection présidentielle est John Frémont sur un programme proposant . Frémont est battu avec 33 % des voix par le démocrate James Buchanan (45 %), tandis que les restes du vieux Parti whig, regroupés derrière le parti Know Nothing, s'effondrent avec seulement 22 % des voix pour son candidat, l'ancien président Millard Fillmore. Néanmoins, le Parti républicain remporte un incontestable succès immédiat puisqu'il s'impose en Nouvelle-Angleterre, à New York et dans les États de la région des grands lacs. Frémont n'obtient cependant presque aucun suffrage dans le sud et échoue face à un candidat démocrate soutenu par un parti rassemblé, unissant les ségrégationnistes du sud et les démocrates du Nord.

Élection d'Abraham Lincoln et guerre de Sécession left|thumb|Affiche de la campagne républicaine de 1860 (en français : « Abraham Lincoln pour président, Hannibal Hamlin pour vice-président »).

En 1860, le candidat du Parti républicain est Abraham Lincoln de l'Illinois. Le contexte de l'élection présidentielle est alors très différent de celui de 1856. L'unité démocrate a implosé et le parti présente deux candidats. L'un est un sudiste esclavagiste, le vice-président des États Unis John Cabell Breckinridge, et l'autre un nordiste modéré, Stephen A. Douglas. C'est la chance du candidat républicain. Au soir des élections, Abraham Lincoln est en tête des candidats et par conséquent est élu président avec 39 % des voix alors que les démocrates divisés totalisaient ensemble 48 % des suffrages. vignette|upright|Abraham Lincoln, premier président des États-Unis émanant du Parti républicain. L'arrivée au pouvoir d'un républicain « yankee » (nordiste) soutenu par les abolitionnistes déclenche le processus qui mène à la guerre de Sécession. Lincoln parvint brillamment à rassembler les courants de son parti autour de lui et à faire front pour défendre l'intégrité de l'Union. Il reçut également dans un premier temps le soutien des démocrates du nord, appelés alors démocrates de guerre tandis que les républicains-radicaux envisageaient déjà de sanctionner durement les sudistes à la fin de la guerre.

Quand Lincoln proclama que le but de guerre serait l'abolition de l'esclavage, une partie des démocrates le lâchèrent pour devenir des « démocrates de paix » alors que les partis républicains de chaque État de l'Union se rangeaient à la cause abolitionniste, à l'exception des républicains du Kentucky.

En 1862, alors que le pays est en pleine guerre civile, les républicains alliés aux démocrates de guerre remportèrent les élections de mi-mandat. Lincoln est à son tour réélu en 1864 mais est assassiné en par un partisan sudiste alors que la guerre vient de prendre fin avec la victoire des armées de l'Union.

Domination républicaine Après la victoire des armées du Nord en 1865, les républicains vont dominer la vie politique nationale jusqu'en 1932. 47 des 67 années de cette période se déroulent sous le mandat d'un président issu du Parti républicain.

Ils imposent la reconstruction au Sud et privent brièvement de droit de vote les États sécessionnistes.

En 1864, le Congrès passe sous la domination des républicains-radicaux, résolus à se venger lourdement contre les États confédérés pour avoir brisé l’unité de l’Union et à leur imposer de très dures sanctions économiques.

Lincoln était méfiant envers les républicains-radicaux mais en choisissant Andrew Johnson comme vice-président, un sudiste-unioniste, il espérait freiner les appels à la vengeance.