Niffer est une commune française de la région mulhousienne, située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
Ses habitants sont appelés les Nifférois et les Nifféroises.
Géographie
Localisation Le Pays de la région mulhousienne regroupe des communes issues de trois régions naturelles alsaciennes : l'Ochsenfeld, le nord Sundgau et la Hardt. Niffer est majoritairement située sur cette dernière.
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le Grand canal d'Alsace, le Rhin et le canal de Neuf-Brisach..
Le Grand canal d'Alsace, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Schœnau et se jette dans le Rhin à Erstein, après avoir traversé .
Le Rhin est long de et se déversant dans la mer du Nord. Il est une voie navigable très fréquentée. Il traverse la Suisse, l'Autriche, l'Allemagne et les Pays-Bas et marque la frontière entre l'Allemagne et la France.
Le canal de Neuf-Brisach, d'une longueur de , (chenal non navigable) relie la commune de Biesheim à Kunheim, où il se jette dans le canal du Rhône au Rhin.
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de NifferLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Mulhouse à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Niffer est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bâle - Saint-Louis (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (62,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (63,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (62,3 %), terres arables (28,7 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (4,8 %), zones urbanisées (4,3 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Histoire
Histoire de l'église au Le , la communauté de Niffer, sous la signature de Jakob Heitz, écrit à Monseigneur le Prince-Évêque de Bâle à Porrentruy, afin de demander un vicaire résident pour desservir leur église.
À plusieurs reprises, les Nifférois avaient soulevé cette requête auprès du curé de Kembs, J. Léonard Unzeitig, chargé des deux églises de Kembs et Niffer.
L'église de Niffer était alors une filiale de Kembs ; les fidèles de Niffer prétendaient que leur église avait été une église-mère, ce que réfutait le curé Unzeitig.
Le caractère essentiel des églises paroissiales était d'avoir le privilège de baptiser et d'ensevelir en terre bénie. Les gens de Niffer avaient trouvé, près de leur église, un bloc de pierre taillé en forme de cuvette ; ils l'avaient interprété comme étant une pierre de fonts baptismaux ; ils avaient découvert, près de cette pierre, des ossements : ils avaient conclu que l'église de Niffer était bien une église-mère, à l'égale de celle de Kembs, qu'il y avait eu un curé dans le village qui y aurait baptisé et enterré. Dans leur lettre, ils avancent :
À l'appui de sa requête, Niffer avançait que, pour des raisons d'éloignement du curé, plusieurs personnes seraient mortes sans les saints sacrements ; qu'ils étaient obligés, par tout temps, de faire porter leurs enfants à Kembs pour les y faire baptiser, avec les risques pour les nouveau-nés ; que leurs jeunes manquaient d'instruction religieuse ; et que le revenu du curé Unzeitig est considérable, et que celui-ci pourrait largement payer un vicaire résident à Niffer.
Le curé Unzeitig réagit, dans une lettre à l' .
La requête de Niffer fut rejetée par le décret de lOfficial de Bâle, du . En 1731, le curé Unzeitig meurt en se tranchant accidentellement la gorge avec un rasoir. Le curé Antoine Christophe Goetzmann lui succède.
Le curé Goetzmann était le frère du Bailli de Landser, des curés de Magstatt-le-Bas et de Zimmersheim, et était issu d'une famille de notables habitant la belle maison de Landser, appelée encore aujourd'hui la maison du Bailli.
De 1732 à 1736, lors de la guerre de succession de Pologne, le front du Rhin fut en alerte. Le Bailli de Landser, frère du nouveau curé de Kembs, forma des milices rurales, demandant le aux préposés des communes de son bailliage, . Il en avait déjà envoyé certains monter la garde sur le Rhin ; le maréchal de Coigny avait, avec ses hommes, repoussé plusieurs tentatives de franchissement du Rhin à Niffer.
Les habitants de Niffer gardaient espoir de voir un vicaire résident dans leur village. Le curé Goetzmann se trouva, comme son prédécesseur, confronté à la volonté d'indépendance de la communauté.
Dans un premier temps, il réussit à faire débouter les habitants de Niffer, par un décret de l'''Official de l’Évêché de Bâle en date du .
Trois arguments avaient fait pencher la balance en sa faveur : pour lui, il n'était pas vrai que l'église de Niffer ait été mère-église : avant la Réforme du , Kembs et Niffer étaient desservis par un curé d'outre-Rhin, celui de Blansingen, Pays de Bade ; ensuite, la pierre trouvée sous les ossements était un bénitier, et non pas une pierre de fonts baptismaux ; enfin, le cimetière n'avait, en réalité, existé que parce que l'on y avait enterré les morts de Kembs du temps où des troupes avaient campé sur le cimetière de Kembs. Quant à l'argumentation de l'éloignement des deux églises, le curé Goetzmann opposa qu'il était maintenant aisé de se rendre d'un village à l'autre en une petite demi-heure : le chemin royal avait été aménagé entre eux.
Il estima également que le nombre d'âmes qu'il avait en charge n'était pas trop élevé à Niffer. Il n'y avait que 42 maisons, se répartissant en trente familles, le reste habité par des veuves, et la communauté n'avait pas augmenté ces derniers temps. Il reconnaissait percevoir la moitié de la grosse dîme en grains, mais contestait le montant de plus de deux mille livres qu'avançaient ses adversaires. Il faisait remarquer qu'en plus, . De plus, il estimait que .
En 1738, la communauté nifféroise fait appel des décrets. Le curé Pierre Joseph Bourquin de Clerval sur le Doubs fut commis par Claude Emmanuel de Crey, chanoine de l'Illustre Chapitre de l'Église de Besançon, l'un des jurés synodaux député par le Saint-Siège, pour procéder à une visite ; elle devait permettre de déterminer l'exactitude des dires des Nifférois : .
La paroisse de Niffer érigée en vicariat perpétuel Le , les habitants de Niffer obtiennent le vicariat perpétuel pour leur paroisse ; le curé Antoine Christophe Goetzmann est condamné à constituer un vicaire pour desservir la filiale de Niffer.
Celui-ci ayant, au gré des fidèles de Niffer, négligé de le faire rapidement, la communauté présente François Joseph Moeglin. Il est approuvé par le vicaire général et installé le . Afin de pouvoir payer leur vicaire, les Nifférois ont, selon les propres dires du curé Goetzmann, enlevés « par force et violence » les revenus de celui-ci à Niffer. Il intervint auprès de l'évêché afin que soit pris un décret, fixant le revenu du desservant de Niffer à cent cinquante livres, selon une déclaration du Roi du , et que les revenus de Niffer lui soient rendus, à charge pour lui de régler ce montant au vicaire de Niffer.
Dès le , le curé Goetzmann de Zimmersheim, frère de celui de Kembs, s'indigne auprès de lOfficial de Besançon. Il invoque le fait que les habitants de Niffer ne remplissent pas les conditions du jugement, notamment en ce qui concerne le logement indécent et indigne du vicaire : il était logé au cabaret du village.
Un an après, en 1741, le vicaire de Niffer sera remplacé par Dominique Muller de Wittersdorf. En 1747, le curé Goetzmann, de Kembs, sera remplacé par le curé Gervais Prothais Munsch, de Rouffach : c'est un personnage singulier qui finira par faire des miracles. Il avait obtenu de l’Évêque le pouvoir d'absoudre l'hérésie et les cas réservés, vu la présence à Kembs de soldats et autres gardes du Rhin, ainsi qu'à cause du voisinage des Luthériens et d'étrangers.
Le , le curé Munsch se plaint à son supérieur : le vicaire Muller de Niffer ne s'acquitte pas de ses devoirs vis-à-vis de la communauté et .