Don Juan est une comédie musicale québécoise de Félix Gray créée en 2003.
Histoire Dans une Séville romantique, fantasmée et intemporelle, les cœurs battent, se déchaînent et se brisent pour Don Juan. Jeune noble à la beauté farouche, libertin sans scrupule, le fils de Don Luis déchaîne les passions : séducteur cruel et blasphémateur, il attise le désir des unes, attire la haine des autres.
Lors d'un duel, il assassine froidement le Commandeur, un homme qu'il a outragé. Le meurtrier est dès lors maudit. Le voilà condamné à l'amour, amour qui signera sa chute.
Cette passion nouvelle et sincère naîtra avec Maria, sculptrice ingénue promise à un autre…
Personnages principaux
Don Juan Don Juan sur comediesmusicales.net, consulté le 19 janvier 2014 : jeune noble vaniteux, séducteur invétéré. Maudit pour le meurtre du Commandeur, il découvrira le véritable amour en s'éprenant de Maria. Maria : romanesque et ingénue, sculptrice de talent. Elle est fiancée à Raphaël. Par écho, elle subit elle-aussi la malédiction qui frappe Don Juan et la condamne à l'aimer. Raphaël : jeune militaire idéaliste, il est fiancé à Maria. Il aime cette dernière sincèrement. La découverte de la passion qui lie Juan à Maria embrase sa colère, vite enflammée par Elvira. Leur rivalité connaîtra une issue tragique. Isabel : diseuse de bonne aventure et ancienne conquête de Don Juan. Tolérante envers ce dernier, d'un naturel bienveillant et altruiste, ses prémonitions se révèlent toujours exactes. Elvira : alors qu'elle se dédiait aux ordres, la jeune fille a été séduite par Don Juan. Contraint de l'épouser, ce dernier ne lui manifeste ni affection, ni intérêt. Malgré ses supplications, son mari reste insensible à sa détresse. La jalousie qu'elle éprouve envers l'idylle naissante de Juan et Maria la pousse à dévoiler leur liaison à Raphaël. Don Luis : le père de Don Juan. Altruiste et honnête, il tente de remettre son fils dans le droit chemin. Son amour pour son enfant le pousse à tout lui pardonner, y compris l'indéfendable. Don Carlos : à la fois ami, protecteur et guide spirituel de Don Juan dont il est l'exact opposé. Il l'aime, le jalouse et le désapprouve à la fois. Leur amitié sincère sera toutefois vaine, Carlos ne pouvant protéger Juan de lui-même. Le Gitan : musicien anonyme, il a perdu sa fiancée, elle aussi séduite par Don Juan.
Production québécoise
Distribution originale de 2003 Chanteurs
Jean-François Breau / Stéphane Neville : Don Juan Marie-Ève Janvier / Anne-Céline Lopez : Maria Philippe Berghella / Stéphane Neville : Raphaël Cassiopée / Geneviève Charest / Amandine : Isabel Cindy Daniel / Anne-Céline Lopez : Elvira Claude Fournier / René Lajoie : Don Luis Mario Pelchat / René Lajoie : Don Carlos Chico Castillo : le Gitan
Musiciens Jose Rodriguez Joel Netry Manolo Pardo
Danseurs
Maria López Anabel Veloso Raquel Tamarit Noelia Fernandez Loli Sabariego Maria Jesus Cabezas Aguedo Murillo Yasmina Pineda Marta Iglesias Carlos Rodriguez Angel Rojas Ricardo López Alberto Ruiz Iglesias Carlos Elgueta Antonio Sanchez Miguel Lara David Pinar Ivan Martin Carlos Rodiguez Ortiz Un jongleur, Gabriel Gagnon, est également présent sur scène.
Distribution de 2012 Jean-François Breau : Don Juan Marie-Ève Janvier : Maria Jonathan Roy : Raphaël Étienne Drapeau : Don Carlos Amélie B. Simard : Isabel Natasha St-Pier : Elvira Normand Lévesque : Don Luis
Distribution de 2013 Jean-François Breau : Don Juan Marie-Ève Janvier : Maria Jonathan Roy : Raphaël Étienne Drapeau : Don Carlos Rita Tabbakh : Isabel Cindy Daniel : Elvira Robert Marien : Don Luis
Distribution de 2019 (version symphonique) Jean-François Breau : Don Juan Marie-Ève Janvier : Maria Philippe Berghella : Raphaël Cassiopée : Isabel Cindy Daniel : Elvira Robert Marien : Don Luis Mario Pelchat : Don Carlos
Distribution de 2024 (tournée du vingtième anniversaire) Gian Marco Schiaretti : Don Juan Cindy Daniel : Maria Philippe Berghella : Raphaël Roxane Filion : Isabel Alyzée Lalande : Elvira Robert Marien : Don Luis Laurent Bàn / Olivier Dion : Don Carlos
Numéros musicaux
Acte 1 Don Juan se bat avec le Commandeur (Prologue et ouverture) Un grand homme est mort Soit maudit Don Juan L’Homme qui a tout Cœur de pierre Mon nom Dis-lui Dites-lui Une mèche de cheveux (retirée du spectacle) Un message de ton père L'Apparition du Commandeur Mon fils Les Fleurs du mal Du plaisir Vivir Belle Andalouse N’as-tu pas honte ? Les Femmes Reste encore L'amour quand il vient Ne la reconnais-tu pas ? / La Statue du Commandeur Tu es encore là ! / La Statue du Commandeur Statue de pierre Aimer Le Sang des soldats
Acte 2 Séville au matin (Ouverture) Les Amoureux de Séville Changer Qui ? Je pense à lui Deux à aimer L’amour est plus fort (remplace Deux à aimer, version 2012 ; absente de la version 2013) Venge-nous Seulement l’amour (rappels 2013) Maria Je le tuerai pour ça (danse) Jalousie Demain à l’aube Pourquoi le bruit ? Pitié pour personne Les Anges L’Enfant du diable Seul Tristesa Andalucia Duel à l’aube Je meurs d’amour Don Juan est mort Les Amoureux de Séville (saluts) Changer (rappels 2004) Nous, on veut de l'amour (Rappels 2012)
Note : La version 2012 a incorporé les chansons Nous, on veut de l'amour et L'amour est plus fort, composées en 2003 pour la distribution originale (Cindy Daniel, Marie-Ève Janvier et Geneviève Charest) mais retirées avant la première.
Genèse du projet Félix Gray, fasciné depuis longtemps par la figure de Don Juan, souhaite s'en inspirer pour un spectacle musical.
Si l'intrigue propose un développement original, elle débute comme la pièce de Molière. Pour peaufiner son antihéros, Gray puise également dans le texte L'Abuseur de Séville de Tirso de Molina. C'est en effet à ce moine castillan du que revient la paternité du personnage, dramaturge auquel le compositeur veut rendre hommage.
Gray aspire également à présenter un autre visage du séducteur, plus vulnérable, « une facette plus sensible qu'on ne lui soupçonnait pas ».
Il choisit en outre de situer sa trame dans une Espagne intemporelle qui ne correspond ni au siècle de Molière et Molina, ni à notre époque contemporaine. Ce parti pris lui permet de ne pas s’embarrasser de la vraisemblance historique tout en conservant les duels à l'épée.
La mise en scène est signée Gilles Maheu.
Les danses, pour l'essentiel du flamenco, ont été chorégraphiées par Angel Rojas et Carlos Rodriguez.
Accueil public Dès ses débuts, Don Juan rencontre un immense succès : 200 000 exemplaires de l'album sont écoulés avant même la première et la pré-vente dépasse le cap des 100 000 billets. Le spectacle est joué au Québec avant d'entreprendre une tournée mondiale, notamment en France puis en Corée du Sud. Une captation, enregistrée au Palais des Congrès de Paris le , est éditée en DVD courant 2008.
En 2012, 600 000 personnes avaient assisté au spectacle.
Plusieurs versions du spectacle se monteront par la suite. Si Jean-François Breau et Marie-Ève Janvier incarneront le couple principal à chaque fois jusqu'en 2024, de nouveaux venus rejoignent le second casting dès 2012. Suivant l'exemple de Starmania et Notre-Dame de Paris, des concerts symphoniques sont organisés courant 2019.
En 2024, la tournée anniversaire témoigne de l'engouement intact du public. Les spectateurs couvrent cette nouvelle tournée de succès. Le producteur Paul Dupont-Hébert annonce 50 000 billets sont vendus.
Réception critique Retours sur la production originale Malgré un succès public indiscutable, la première mouture du spectacle partage la presse spécialisée. Christian St-Pierre, du site Voir, souligne que « les danseurs, virtuoses, sont la véritable colonne vertébrale du spectacle, sa substance, son cœur ». Il salue les performances vocales du casting, nettement plus à l'aise dans le chant que le jeu : « Jean-François Breau a tout le coffre que son personnage nécessite. Cindy Daniel et Geneviève Charest donnent des frissons. Marie-Ève Janvier, Philippe Berghella, Mario Pelchat et Claude Lancelot livrent sans difficulté la marchandise ». Il déplore néanmoins « les airs faciles, les refrains sans cesse répétés, les orchestrations pompeuses, les rimes plus ou moins bien ficelées et les personnages univoques. […] Le fil narratif est distendu, l’intrigue, hasardeuse, relâchée, quand elle ne fait pas carrément du sur-place. Molière et Tirso de Molina doivent se retourner dans leurs tombes ».
Sylvain Cormier, journaliste pour Le Devoir, admire les chorégraphies, « le plus grand attrait du spectacle ». Il dresse un portrait cassant de Breau : « un minet demeure un minet, et on ne pouvait un seul instant croire que son Don Juan avait pu séduire — et encore moins abandonner cruellement — qui que ce soit. Sec, rigide, ampoulé, il était le mauvais amateur dans une belle troupe de pros et de pros en devenir ». À l'interprète principal, il préfère « Mario Pelchat, très à l'aise et convaincant en Don Carlos le confident », « Claude Gauthier, souverain » ou « Philippe Berghella, étonnant d'intensité ». Cormier ajoute que Breau fait pâle figure face à l'ensemble de ses co-stars féminines.
Philippe Rezzonico (Le Journal de Montréal) évoque un show « époustouflant ».
Du côté de La Presse, Marie-Christine Blais titre « Du plaisir…et tout pour réussir ». Malgré quelques faiblesses, la journaliste souligne la puissance des derniers tableaux : « c'est la force de la troupe de danseurs couplée à celle des comédiens-chanteurs, […] la mise en scène de Maheu est remarquable pendant cette montée dramatique, les uns et les autres devenant spectateurs mutuels ». Elle salue surtout les danseurs et l'orchestre : « La sensualité, c'est l'incroyable danseuse Maria López, à couper le souffle de tous et toutes. La séduction, ce sont les danseurs Miguel Lara, Ricardo López et leurs cinq compagnons. Et la fièvre, c'est celle du flamenco qui anime Chico Castillo et les musiciens sur scène ».
Les débuts parisiens de Don Juan sont davantage encensés. La présence de Johnny Hallyday lors de l'avant-première, ainsi que l'enthousiasme du chanteur, sont largement commentés par Le Parisien l'AFP ; cette dernière évoque un « Don Juan passionné qui a réchauffé les cœurs et enflammé le Palais des Congrès ».
Du côté de France-Soir, on affirme que « la comédie musicale a triomphé devant le tout Paris. […] Le flamenco, danse sensuelle et violente, vient à point nommé ».
François Delétraz, du Figaro Magazine, affirme qu'il s'agit là de « la soirée familiale par excellence : les enfants regardent avec de grands yeux, et les parents avec satisfaction ».
Côté Femme loue ce « spectacle aux accents gitans » et « ses ballets flamencos ponctués de castagnettes ». Retours sur le revival Lors de sa reprise en 2012, le spectacle rencontre toujours des avis nuancés. vignette|redresse=0.60|Natasha St-Pier campe Elvira durant le revival de 2012.