Le service interarmées des munitions (SIMu) est un organisme interarmées des Forces armées françaises créé par un arrêté le , publié au JORF du .. Il est chargé de la gestion, du stockage, de la maintenance, du ravitaillement et de l'élimination des munitions et explosifs conventionnels pour l’ensemble des armées françaises.
Le SIMu est le résultat de la fusion des services munitions des trois armées françaises, dans le cadre d’une réforme globale des politiques publiques lancée en 2007. Héritier du Service des Poudres et Salpêtres, dont les origines remontent au XIVᵉ siècle, il conserve la mission historique de gestion des poudres et explosifs. Le Service des Poudres a joué un rôle déterminant dans le développement des techniques de production et de manipulation des poudres, notamment au XIXᵉ et XXᵉ siècle, jusqu’à la création du SIMu en 2011.
La transition vers le SIMu s’inscrit dans un long processus d’évolution des structures de gestion des munitions :
de la Régie Royale des Poudres et Salpêtres à la Révolution française, au Service des Poudres et Salpêtres du XIXᵉ siècle, jusqu’aux dépôts munitions rattachés par armée entre 1971 et 2010.
Depuis sa création, le SIMu a vu ses effectifs évoluer en fonction des plans « SIMu 2019 » et « SIMu 2025 », tout en conservant ses missions essentielles.
Mission alt=|gauche|vignette|Insigne de l'amicale des pyrotechniciens des armées (APYRA) cf. paragraphe "Traditions et patrimoine" ci-dessous. L'objectif opérationnel du SIMu est :
de mettre à disposition des forces, en tous lieux et en tout temps, des munitions et explosifs de toutes natures en quantité et en qualité requises ; de projeter des pyrotechniciens militaires qualifiés et entraînés, appartenant au SIMu, sur tous les théâtres d’opérations.
Ce service participe à l'acquisition des munitions et des dispositifs pyrotechniques au profit des armées. Il en assure la gestion, le stockage, la maintenance, ainsi que le ravitaillement des forces et l'élimination des munitions déclassées. Il contribue à la réglementation concernant les munitions et représente le ministère français de la Défense dans les accords dans le domaine des munitions de l’OTAN..
Les marchés relevant de la responsabilité de la direction générale de l'Armement ainsi que les armes nucléaires et leurs vecteurs sont exclus de sa compétence.
Le SIMu est aussi chargé de l'exploitation des sites pyrotechniques en métropole, en outre-mer et à l'étranger. Les dépôts et groupements munitions sont des zones de défense hautement sensibles, des sites SEVESO ainsi que des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Leurs défenses et leurs gardes sont assurés par les trois armées et principalement par les sections cynophiles de l'Armée de Terre appartenant au régiment d'infanterie cynotechnique et aux fusiliers-commandos de l'Armée de l'Air.
En 2015, il gère de munitions, dont plus de à éliminer, pour une valeur totale de d’euros..
Au sein de chaque emprise, les munitions sont stockées selon les règles de sécurité pyrotechniques en vigueurDécret du 29 octobre 2013 relatif à la prévention des risques particuliers et l’étude de sécurité pyrotechnique approuvée par l'IPE, prenant en compte les données techniques de chaque munition, en particulier, leur classe de stockage, leur division de risque et leurs effets en cas d’explosion. Les bâtiments sont séparés par des merlons et comportent une partie soufflable en cas d’explosion.
Organisation vignette|Dépôt de munitions : igloo de stockage modèle américain.
Direction et état-major La direction du SIMu (DSIMu), basée à Versailles. , comprend trois sous-directions, publié au JORF du . : Conduite, Ingénierie et Performance et ressources. Un état-major opérationnel est intégré depuis le afin de coordonner les activités interarmées et les déploiements de personnel spécialisé. Il est rattaché à l'état-major des armées par le biais du Bureau Soutien Munitions de la Division "Soutien de l'activité" .
Son directeur est le général de division aérienne Etienne GOURDAIN.
La direction du SIMu (DSIMu) regroupe les sous-directions « conduite », « ingénierie », « performance et ressources ». Il dispose d'un état-major opérationnel (EMO) au sein de la sous-direction conduite depuis le .
Plusieurs types d’infrastructures de stockage sont mises en œuvre par le SIMu pour conserver les munitions. En 2019, on compte 376 igloos, la structure idéaleEn matière de sécurité pyrotechnique et de sécurité militaire (test effectué par les Américains sur des igloos stradley). Le site de Brienne-le-Château en compte 241 de ., ce qui représente plus de la moitié du stock national quant à la capacité. Il existe par ailleurs d’autres types d’infrastructures parmi lesquelles enterrés ou semi-enterrés, 388 magasins aériens ou bien encore 38 d’une autre nature : cavernes, shelters, poudrières ou structures métallo-textiles.. Trois ateliers sont chargés de la fabrication de munitions pour le NEDEX tandis que sont consacrés à la maintenance de munitions de différente nature, qu’il s’agisse de missiles ou de petites munitions.
Le SIMu disposait d’un budget de fonctionnement de 9,5 millions d’euros en 2015. Ce budget lui permet de répondre aux besoins principaux suivants : la fabrication d’éléments NEDEX, les fournitures nécessaires aux opérations de MCO réalisées en interne, l’acquisition et l’entretien des équipements nécessaires à l’exécution de ses tâches, ses frais de déplacements et frais divers, les éliminations de munitions (soit d’euros par an), les visites détaillées effectuées par la DGA/TT (soit environ un million d’euros par an).
Format actuel du SIMu
Le service dispose de 5 établissements principaux depuis 2023., publié au JORF du ...
Établissement principal des munitions « Champagne-Lorraine » Créé le , de la fusion de l'EPMu « Alsace-Lorraine » et de l'EPMu « Champagne-Picardie »...
Il comprend : une direction située à Brienne-le-Château (BdD de Saint-Dizier - Chaumont) ; le Groupement Munitions de Brienne-le-Château ; le Groupement de Soutien et de Formation (ex- Groupement de Soutien et de Projection) de Brienne-le-Château ; le Groupement Munitions du Rozelier (BdD de Verdun) ; le Groupement Munitions de Neubourg (BdD de Strasbourg - Haguenau).
Établissement principal des munitions « Centre - Aquitaine » Créé le , de la fusion de l'EPMu « Centre » et de l'EPMu « Aquitaine ».
Il comprend : une direction située à Savigny-en-Septaine sur le site de la base aérienne ; le Groupement Munitions de Savigny-en-Septaine ; le Groupement Munitions de Cazaux ; le Groupement Munitions de Sedzere.
Établissement principal des munitions « Bretagne » Créé le .
Il comprend : une direction située à la pyrotechnie de Saint-Nicolas à Guipavas ; la Section Munitions de Coëtquidan ; le Groupement Munitions de Saint-Nicolas.
Établissement principal des munitions « Méditerranée » Créé le .
Il comprend : une direction située dans l'emprise du port militaire de Toulon ; le Groupement Munitions de Toulon. Il est aussi nommée Pyrotechnie de Toulon ; le Groupement Munitions de Tourris ; le Groupement Munitions de Solenzara.
Établissement principal des munitions « Provence » Créé le .
Il comprend : une direction située à Miramas (BdD de Istres) ; le Groupement Munitions de Canjuers (installé dans le camp de Canjuers) ; le Groupement Munitions de Fontvieille ; le Groupement Munitions de Miramas.
Dépôts de munitions outre-mer Rattachés à la direction du SIMu, les dépôts de munitions outre-mer sont sous le commandement des cinq officiers DL SIMu (détachement de liaison du SIMu) pour le soutien des forces. Ils sont au nombre de sept :
Zone Pacifique le dépôt de munitions de Nandaï, Nouméa, Nouvelle-Calédonie. Ce dépôt du SIMu est implanté dans un camp du Régiment d'infanterie de marine du Pacifique - Nouvelle-Calédonie. le dépôt de munitions de Papeari, Teva I Uta, Tahiti.
Zone Sud de l'océan Indien le dépôt de munitions de la plaine des Cafres, Bourg-Murat, Le Tampon, La Réunion..
Zone Antilles-Guyane le dépôt de munitions de la Pointe des Sables, Fort-de-France, Martinique. inauguré le ; le dépôt de munitions de la Montagne des Serpents, Roura, Guyane.
Zone Afrique centrale et de l'ouest le dépôt de Senghor au Sénégal. Ce dépôt n'est plus exploité par le SIMu depuis le et a été entièrement déconstruit le ;
À Djibouti le dépôt de La Doudah à Djibouti.
Aux Émirats arabes unis le dépôt de Zayed Military City.
Dépôts de munitions en opérations Les dépôts de munitions en opérations extérieures sont placés sous la responsabilité des commandants des forces des opérations (COMANFOR).
Pour mémoire : voici les anciens dépôts du SIMu maintenant rattachés au Commandement pour l'Afrique (CPA) :
le dépôt de Port Bouët en Côte d'Ivoire ;
le dépôt du Camp de Gaulle au Gabon.
Histoire Le service des Poudres
vignette|Planche 54 du tome IV des « Uniformes de l'armée française », par le docteur Constant Lienhart et le professeur René Humbert : Services des poudres et salpêtres en 1853. vignette|gauche|Obus de calibre en 1916 dans un dépôt d'artillerie à Cuperly (Marne), possiblement au camp de Châlons. vignette|gauche|Dépôt d'obus d’artillerie durant la bataille de Verdun. Le Service des Poudres est le premier service qui s'occupe des poudres et explosifs en France dès le .
1338 : le grand maître des arbalétriers est chargé de développer une nouvelle arme, l'artillerie, ainsi que les moyens de fabriquer les canons et la poudre noire nécessaire à son utilisation. 1420 : le roi nomme un « général maître de l'artillerie », toujours subordonné au Grand Maître des Arbalétriers, mais le développement de la nouvelle arme conduit à la fin du siècle à la création d'une « Grande Maîtrise » indépendante. Divers textes, dont notamment des édits ou ordonnances d'Henri II (1547), Charles IX (1566, 1572), Henri III (1582), Henri IV (1601), Louis XIII (1628)… réglementent la collecte du salpêtre, les conditions de son raffinage et de sa conservation, le contrôle de sa qualité, à partir de cette période. La récolte du salpêtre destiné aux « maîtres poudriers », petits industriels indépendants exploitant les nombreux moulins à poudres établis sur l'ensemble du territoire. 1601 : la charge de grand maître de l'artillerie apparaît en remplacement de celle de grand maître des arbalétriers. Elle est érigée en grand office de la couronne en 1601 par Henri IV en faveur du duc de Sully. 1633 : Louis XIV confie l'ensemble de la production des poudres et salpêtres à un Fermier Général unique, dont le premier fut François Berthelot. Il crée aussi des offices de surintendant et de commissaire général des poudres et salpêtres, membres du Conseil d'État. 1775 : création de la « Régie royale des poudres et salpêtres », organisme à financement privé ayant à sa tête quatre Régisseurs nommés par le Roi, parmi lesquels Antoine Lavoisier tenait un rôle primordial pour l'organisation technique des productions... 1791 : la Révolution « nationalise » la Régie, les employés deviennent fonctionnaire de l'administration des Finances. 1794 : création en deux temps de l'« Agence des Poudres et Salpêtres » (une agence publique et une agence privée qui seront fusionnée la même année). 13 fructidor an V() : Loi sur le régime des Poudres et Explosifs. 1800 : le Consulat recrée une Régie. 1819 : recréation du Services des Poudres et SalpêtresLe rattachement administratif fluctuera entre les Armées et le Ministère des Finances jusqu'en 1971.. 1914 : appel aux munitionnettes pour pallier l'effort de guerre de production de munitions.