Le bombardement d'Alger est un bombardement néerlando-britannique de la ville d'Alger ayant eu lieu le .

Contexte vignette|Conseil de guerre à bord du « Queen Charlotte », commandé par Lord Exmouth, avant le bombardement d'Alger, le 26 août 1816 par Nicolaas Baur (1818). L’activité corsaire des États barbaresques prospérait aux . Elle déclina grandement au du fait de l'amélioration de la défense des navires européens.. Les États barbaresques, et notamment le dey d'Alger, Hadj Ali, profitèrent des années de guerre européennes (1802-1815) entre Napoléon et le reste de l'Europe pour piller bon nombre de navires européens qui croisaient en Méditerranée, et asservir leurs équipages. Les États-Unis attaquèrent les États barbaresques en réaction lors de la guerre de Tripoli.

Le dey d'Alger fut assassiné en . Omar Agha le remplaça et reprit les pratiques de piraterie contre les navires occidentaux. Les États-Unis attaquèrent à nouveau les États barbaresques lors de la seconde guerre barbaresque qui mit théoriquement fin aux pratiques de piraterie en 1815. Mais celles-ci reprirent à nouveau. Une flotte britannique commandée par Edward Pellew (Lord Exmouth) fut donc chargée en 1816 (les guerres napoléoniennes sont alors finies) de libérer les esclaves et de mettre un terme à la piraterie des navires occidentaux, et aux razzias qui touchaient les côtes du sud de l'Europe.

Les deys de Tunis et Tripoli acceptèrent sans résistance de libérer les esclaves, estimés à . Le dey d'Alger refusait au prétexte qu'il avait besoin de la piraterie pour payer ses troupes. Aussi, quand les Britanniques se présentèrent à lui, il feignit d'accepter leurs doléances ; mais une fois ceux-ci partis, il fit assassiner les italiens et siciliens qu'il gardait prisonniers dans ses geôles. Lord Pellew apprit la nouvelle en rentrant à Londres. Il fut donc renvoyé devant Alger, cette fois-ci pour punir le dey.

Déroulement L'amiral est rejoint à Gibraltar par une escadre du royaume des Pays-Bas, qui propose son aide. Les exigences de l'expédition sont la libération sans rançon des esclaves chrétiens, la restitution des rançons payées par les États de Savoie et le royaume de Naples pour le rachat de leurs sujets, l'abolition de l'esclavage et la paix avec les Pays-Bas. Devant le refus, la canonnade entre la flotte britanico-néerlandaise et l'artillerie côtière commence.

vignette|gauche|Disposition de la flotte anglo-hollandaise. Le , le bombardement de la rade d’Alger est effectué par une flotte de la Royal Navy et de la marine des Pays-Bas (Lord Exmouth : navire amiral de premier rang, trois-mâts carré armé de 104 canons, HMS Queen Charlotte, 26 navires commandés par Van Cappelen, 6 frégates) face à une garnison renforcée de .

L'écrivain Arsène Berteuil décrit la bataille ainsi :

Le combat a duré de 8 à 11 heures 30 ; plus de et 960 obus sont tirés par la flotte. Au moins huit navires corsaires dans le port d'Alger brûlent et les fortifications sont détruites.

vignette|250px|Bombardement d'Alger (1816), par George Chambers.

Conséquences Les pertes humaines, selon le livre Esquisse de l’État d'Alger de William Shaller paru en 1830, sont de tués et 833 Britanico-Néerlandais tués ou blessés. Le commandant du port d'Alger, lors de son rapport au sultan Mahmoud II, évalua à trois cents le nombre de tués et blessés parmi les Algérois, entre celui des Anglais, tandis qu'Arsène Berteuil écrit que les pertes algéroises furent de .

Pour l'historien américain Seymour Drescher, le bilan des pertes anglo-néerlandaises est de 141 morts et 742 blessésSeymour Drescher, Abolition: A History of Slavery and Antislavery, Cambridge University Press, 2009, p.235..

Les fusées Congreve furent utilisées durant le bombardement.

L'ultimatum est accepté : plus de sont libérés et le traité définitif est signé le avec le dey Omar aux conditions suivantes : l'abolition définitive de l'esclavage des chrétiens ; la remise de tous les esclaves dans les États du dey, à quelque nation qu'ils appartiennent, le lendemain à midi ; la restitution de toutes les rançons reçues par le dey depuis le commencement de cette année ; des indemnités au consul britannique, pour toutes les pertes qu'il avait subies à la suite de son arrestation ; des excuses de la part du dey, en présence de ses ministres et officiers, destinées au consul en particulier, dans les termes dictés par le capitaine de la Queen Charlotte.

Celui-ci ne fut pas respecté et la piraterie recommença dès le .

Omar Agha est étranglé par ses janissaires qui l'accusent de lâcheté le après ses défaites et des problèmes intérieurs.

Une nouvelle opération navale est menée de mars à juillet 1824 par la Royal Navy contre la Régence d'Alger, afin de contraindre le dey à respecter les usages diplomatiques envers le Royaume-Uni.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Barbaresques Traite des esclaves de Barbarie Régence d'Alger Guerre de Tripoli (Première guerre barbaresque) Seconde guerre barbaresque Piraterie en Méditerranée Traite orientale Traité de paix entre les États-Unis et la régence d'Alger (1815)

Liens externes

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