Saint-Hippolyte (Sàmpìlt en alsacien) est une commune française située dans le département du Haut-Rhin en région Grand Est, et depuis 2021 dans la collectivité européenne d'Alsace. Elle est historiquement une enclave de la Lorraine en Alsace.

Géographie Localisation Saint-Hippolyte est placé au pied des Vosges, au sud-ouest de Sélestat, entre Rodern et Orschwiller. La sortie directe, , depuis l’autoroute A35 donne accès à la cité. La commune domine à l’arrière sur un cône élancé, le château du Haut-Koenigsbourg et au milieu on trouve de riches vignobles qui ont fait la réputation du village. Saint-Hippolyte est une agglomération ancienne enserrée dans une enceinte rectangulaire assez bien conservée et traversée par trois rues parallèles recoupant une rue transversale présentant des bâtis très denses où les maisons à colombages sont séparées par des venellesVenelle = Petite rue. L’église construite sur une terrasse de forme ovale occupe le centre de ce village. À côté on trouve la mairie. Cloche de 1683 de l'Hôtel-de-Ville, et en contrebas l’école datant de la fin du . Saint Hippolyte se trouve aussi au pied du château du Haut-Koenigsbourg que l'on aperçoit dès l'entrée du village. En quittant le vieux bourg, en prenant la route qui mène au Haut-Koenigsbourg on entre dans le vignoble entouré de collines. Sur la gauche de la route on aperçoit de loin le village de Rodern.

C'est une des 201 communesListe des 188 communes adhérentes au parc naturel régional des ballons des Vosges, 3e Charte 2012 - 2024 du parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Géologie

Le territoire communal repose sur le bassin houiller de la vallée de Villé.. Les schistes noirs du Schaentzel et du Teufelsloch, associés aux veines de charbon, présentent une forte teneur en uraniumJean-Claude Gall, Alsace, des fossiles et des hommes Edition La nuée bleue ..

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le Bergenbach, le ruisseau l'Eckenbach, le ruisseau l'Horgiessen, le Brunnwasser, le Durrenbach et le Saarbach..

Le Bergenbach, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Bergheim et se jette dans l'Horgiessen à Sélestat, après avoir traversé .

vignette|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-HippolyteLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..|gauche

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Vosges » et « Alsace ».. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bergheim à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Saint-Hippolyte est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Colmar, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols vignette|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (54,4 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (54,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (54,4 %), cultures permanentes (21,3 %), terres arables (12,9 %), prairies (4,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3 %), zones urbanisées (2,6 %), zones agricoles hétérogènes (1,3 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Toponymie Au , le site du village est appelé Fulradovillare, « la villa de Fulrad », nom faisant référence à l’abbé de Saint-Denis Fulrad, originaire et propriétaire du lieu. Ce nom persiste au Moyen Âge sous la forme Fulradviller, mais l’appelation Sankt Bilt ou Sankt Pilt, dérivée du nom de saint Hippolyte auquel est dédié le prieuré, prend progressivement de l’importance et supplante l’autre nom à partir du .

Histoire Moyen Âge vignette|upright|Une statue de l’abbé Fulrad à Lièpvre Un prieuré est fondé entre 760 et 774 à l’instigation de l’abbé Fulrad, propriétaire des terres de la région, qu’il transmet à la fin du à son abbaye de Saint-Denis. Il fait également ramener de Rome des reliques de saint Hippolyte, qu’il confie au prieuré, ce dernier prenant alors le nom du saint. D’abord autonome, le prieuré reste néanmoins de peu d’importance et est finalement rattaché peu de temps après au prieuré de Lièpvre, lui aussi propriété de l’abbaye de Saint-Denis. Loin de leur abbaye mère, ces prieurés sont toutefois victimes des déprédations des seigneurs temporels de la région, qui tentent de s’approprier leurs terres. Les siècles suivants sont marqués par les plaintes de l’abbaye de Saint-Denis demandant aux papes, rois et empereurs d’intervenir pour confirmer leurs droits. L’appartenance de Saint-Hippolyte à l’abbaye de Saint-Denis est confirmée par Charlemagne en 800, Lothaire en 839, Henri III en 1056 et Nicolas II en 1059.

Finalement, dans la deuxième moitié du , les ducs de Lorraine deviennent avoués des possessions de l’abbaye de Saint-Denis dans la val de Lièpvre. Ils utilisent alors cette charge pour s’accaparer progressivement les terres de l’abbaye. Celle-ci est entièrement évincée à partir du début du , bien qu’elle continue de se plaindre de cette usurpation jusqu’en 1470. Possession mineure des ducs de Lorraine, Saint-Hippolyte est régulièrement l’objet de transactions ou donnée en fief ou en gage, tandis que son éloignement de la capitale ducale en fait également une cible pour les seigneurs du voisinage, qui tentent de s’agrandir à ses dépends. Elle est ainsi donnée en fief à Conon de Bergheim en 1250, mais aussi plusieurs fois incendiée par les Ribeaupierre dans la deuxième moitié du .

En , des écorcheurs des grandes compagnies traversent les Vosges et assiègent la ville. Après un premier assaut infructueux au cours duquel le capitaine écorcheur Poton de Rivière est tué, la ville choisit de se rendre pour limiter les représailles. Elle est alors occupée par une troupe commandée par le seigneur de Commercy et est incendiée à deux reprises lors des combats qui ont lieu quelques mois plus tard pour déloger les pillards.

En 1471 la ville est vendue aux Ribeaupierre, puis passe aux Ratzenhausen en 1494 avant d’être reprise par le duc Antoine de Lorraine. En 1516, Franz von Sickingen s’empare de Saint-Hippolyte par surprise pour le compte de Gangolf de Geroldseck, en conflit avec le duc Antoine de Lorraine à propos des mines du val de Lièpvre. Ce dernier reprend peu de temps après la ville.

Temps modernes vignette|Le château du Haut-Koenigsbourg vu depuis la sortie ouest de la ville au milieu des vignes Le val de Lièpvre est touché en 1525 par la guerre des paysans. À Saint-Hippolyte, le curé Wolfgang Schuh abjure le catholicisme et incite ses paroissiens à la révolte. La ville accueille les paysans révoltés, mais après avoir écrasé les révoltés à Saverne et à Scherwiller, le duc Antoine se tourne vers Saint-Hippolyte. La répression est féroce : arrêté, Wolfgang Schuh est condamné à mort.

Au , les ducs de Lorraine continuent d’utiliser la ville comme gage, le plus souvent en en louant les revenus pour une certaine durée. Cela se traduit souvent par des tensions, la priorité des bailleurs étant de rentabiliser leur investissement, ce qui les amène souvent à violer les coutumes locales et à imposer lourdement les habitants.

Au cours de la guerre de Trente Ans, Saint-Hippolyte est attaqué en 1633 par les «Suédois », qui la dévastent. À la fin du conflit en 1648, la ville est occupée par les Français, qui ne la restituent aux ducs de Lorraine qu’à la signature du traité de Vincennes en 1661. Saint-Hippolyte est repris par la France en 1670 et n'est à nouveau restituée au duc de Lorraine que lors de la signature du traité de Paris en 1718.

Mais la domination des ducs de Lorraine sur Saint-Hippolyte n’est que de courte durée. À la mort du duc Stanislas Leszczyński le , le duché de Lorraine est réuni à la couronne. À cette date, la ville compte environ 240 maisons et 1600 habitants.

Époque contemporaine En 1790, lors de la division de la France en départements, Saint-Hippolyte, qui avait toujours relevé du diocèse de Strasbourg et de la Basse-Alsace, est rattaché au département du Haut-Rhin, en dépit de la tradition qui établissait une frontière entre l’Eckenbach et le Landgraben qui était la limite entre l’Alsace du sud et celle du nord. Au cours des évènements révolutionnaires, le château des ducs de Lorraine est vendu comme bien national est des religieux sont arrêtés, notamment l’ermite qui s’occupait de la chapelle de la croix, à la sortie de Saint-Hippolyte qui est emprisonné à Colmar.