Maurice Édouard Le Glay, né à Bordeaux le et mort à Casablanca le , est un militaire et écrivain colonial français.
Biographie Fils d'Edward Le Glay (1814-1894), sous-préfet, et de Marie Françoise de la Tour Saint-Igest (décédée en 1882). Carrière militaire Il s’engage dans l’armée à l’âge de 19 ans, et devient élève-officier à l'École militaire d'artillerie et du Génie de Versailles. Alors qu'il est lieutenant au bataillon d'Artillerie, domicilié à Brest, il épouse Emélie Eugénie Frossaert, à Paris, le . À cette occasion, les époux légitiment leur fille Madeleine, née le à Calais. Maurice Le Glay, après un passage par Tunis, est nommé en Algérie .
Promu capitaine fin 1908, il devient au Maroc. Il est affecté du d’artillerie, partie de la mission militaire chargée d’encadrer l’armée chérifienne.
Avant l'instauration du protectorat le , il travaille avec le colonel Joseph Émile Mangin et le commandant Édouard Brémond. Il rencontre le « capitaine Chleuh » Léopold Justinard, qui fait partie de la Mission militaire française chargée d'encadrer les troupes chérifiennes, l'armée du sultan Moulay Abdelhafid. Maurice Le Glay pénètre dans le pays à la tête des Mehallas opposés aux tribus berbères hostiles au Makhzen . Il est cité au Bulletin officiel du ministère de la Guerre le : Il a publié en 1933 ses mémoires sur cette période : Chronique marocaine - Année 1911 jusqu’à l’arrivée des Français à Fez..
En 1913, Lyautey le place comme agent politique auprès du général Henrys. Il est notamment témoin de l’action militaire française contre les Zaïanes et leur chef Moha ou Hammou qui s'achève avec la bataille d'El-Herri le . En , le capitaine Le Glay rédige des notes sur le statut coutumier des tribus berbères. Il adhère à la « politique des égards » de Lyautey envers l’élite citadine du Makhzen et les caïds des tribus ralliées et installe le premier poste des Affaires indigènes à El Hajeb, au sud-ouest de Fez.
Durant la Première Guerre mondiale, il combat les tribus des Beni M'Tir et Beni M'guild.
Carrière civile
En 1918, après son départ de l’armée, il devient contrôleur chef de la région civile des Abda-Ahmar, à Safi. .
Vice-président de la société des écrivains de l’Afrique du Nord, en 1921, il publie deux premiers ouvrages : Récits marocains de la Plaine et des Monts et Badda, fille berbère et autres récits, qui obtiennent un grand succès et lui valent le grand prix de littérature coloniale décerné par la Société coloniale des artistes français, en . .
, on a également reproché à Le Glay d’avoir inspiré une politique de division, opposant les Berbères aux Arabes. Il fut, avec Paul Marty et Georges Hardy, le concepteur de l’école berbère, dans les années 1920, qui donnera naissance au collège berbère d’Azrou en 1927.
Il a été l’un des principaux instigateurs du Dahir berbère du (décret sultanien, préparé par les autorités protectorales, pour régir la justice coutumière dans les tribus de tradition amazighe). Il a eu l’occasion de défendre ses points de vue à travers des conférences et de nombreux articles, parus dans La Vigie marocaine, le Bulletin de l’enseignement public du Maroc, La Revue des Vivants. Avec le photographe officiel Gabriel Veyre, il est un proche collaborateur d’Antoine Mas, propriétaire d’un groupe de presse comprenant La Vigie marocaine, La Vie marocaine illustrée, France-Maroc et Le Petit Marocain, dans des activités journalistiques et économiques. Il se lia particulièrement d’amitié avec Édouard de Billy, René Euloge, Jean du Pac, et fut l’« informateur » d’Henry Bordeaux au Maroc.
En 1934, ses œuvres ont inspiré le scénario écrit par l’avocat et haut fonctionnaire Georges Duvernois du film Itto, réalisé par Jean Benoit-Lévy et Marie Epstein, avec pour interprètes Simone Berriau (veuve du Colonel Berriau), Moulay Ibrahim, Aisha Fadah et Simone Bourdet.
Maurice Le Glay meurt le , à Casablanca, où il s’était retiré. Une rue portait son nom, devenue ensuite la rue Bir El Jadid près du lycée Lyautey.
Décorations Chevalier dans l’ordre de la Légion d'honneur le . Officier de la Légion d'honneur, au titre des faits de guerre au Maroc, le . Médaille militaire, le . Croix de guerre le . Commandeur dans l’ordre de la Légion d’honneur en .
Publications Récits marocains de la plaine et des monts, Paris, Berger-Levrault, 1921 (grand prix de littérature coloniale en 1922) Badda, fille berbère et autres récits, Paris, Plon-Nourrit, 1921 (grand prix de littérature coloniale en 1922) Le Chat aux oreilles percées, Paris, Plon-Nourrit, 1922 Itto, récit marocain d’amour et de bataille, Paris, Plon, 1923 La Mort du Rogui (Histoire du sultan Moulay Hafid, de son gouvernement, des Européens de Fez en 1910), Paris, Berger-Levrault, 1926 Les Pasteurs (Ichou et Itto, enfants berbères), Paris, Berger-Levrault, 1929 ; publié pour la première fois dans la revue mensuelle illustrée France-Maroc, en ; Les Sentiers de la guerre et de l’amour, récits marocains, Paris, Berger-Levrault, 1930 Trois Récits marocains, illustrés par Abascal, 150 exemplaires, Les Bibliophiles du Maroc, Casablanca, 1930 Nouveaux récits marocains de la plaine et des monts, Paris, Berger-Levrault, 1932 Chronique marocaine (Année 1911 jusqu’à l’arrivée des Français à Fez), Paris, Berger-Levrault, 1933. Réédite en 2015 par Africorient, à Casablanca, sous un nouveau titre Au Maroc, un quart d'heure avant le Protectorat, dans la collection Maroc, créée et dirigée par le journaliste français Péroncel-Hugoz. Cette réédition est enrichie des textes nouveaux du Père Michel Lafon et du docteur Jamal Hossaini-Hilali.
Notes et références
Sources Michel Lafon, Mémoire Plurielle d’Afrique du Nord, cahier Michel Lafon, Un écrivain oublié, Maurice Le Glay, in Regards sur les littératures coloniales, tome II, Paris, L’Harmattan, 1999
Liens externes
Récits marocains de la plaine et des monts Badda, fille berbère et autres récits http://bnm.bnrm.ma:86/pdf.aspx?IDc=3357 tto, récit marocain d’amour et de bataille http://bnm.bnrm.ma:86/pdf.aspx?IDc=3355 Les Pasteurs Les Mendiants, paru dans le Mercure de France du Autres récits dans la revue France-Maroc Le Berbère marocain, étude de 1930 Chronique marocaine (Année 1911 jusqu’à l’arrivée des Français à Fez) http://bnm.bnrm.ma:86/pdf.aspx?IDc=6612 Georges Hardy, L'âme marocaine d'après la littérature française, 1926; étude sur les écrivains du Maroc du premier quart du
Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1932 Catégorie:Titulaire de la médaille militaire Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Naissance en septembre 1868 Catégorie:Naissance à Bordeaux Catégorie:Décès en avril 1936 Catégorie:Décès à Casablanca Catégorie:Décès à 67 ans Catégorie:Militaire français de la conquête du Maroc par la France