La région de Laponie est une vaste zone située dans la province historique de Laponie, dans le nord de la Suède, en Laponie. Plus précisément, elle s'étend sur les communes de Gällivare et Jokkmokk, le long de la frontière suédo-norvégienne. La région est inscrite au patrimoine mondial en 1996 en tant que bien mixte (naturel et culturel).

Le site comprend les parcs nationaux de Padjelanta, de Sarek, de Stora Sjöfallet et de Muddus, les réserves naturelles de Sjaunja et Stubba, tous contigüe, ainsi que trois petites zones supplémentaires.

La région est d'une grande variété de milieux naturels : à l'ouest, dans les Alpes scandinaves, Padjelanta constitue un haut plateau et Sarek se situe en haute montagne, tandis qu'à l'est, une vaste plaine se compose de taïga et de zones humides.

Habitée depuis la Préhistoire depuis les Samis, la région est colonisée par les Suédois à partir du . Malgré cela, les Samis continuent d'y pratiquer leur mode de vie traditionnel fondé sur la transhumance des rennes.

Situation thumb|left|Carte de la région de Laponie. La région de Laponie est située dans le nord de la Suède, à proximité du cercle polaire arctique, et est frontalière avec la Norvège.. Elle s'étend sur / (terre et eau réunis), mesurant au maximum de longueur ouest-est et de largeur nord-sud, et se situe sur les communes de Jokkmokk et Gällivare..

Une bande étroite du parc national de Stora Sjöfallet a été exclue de la zone inscrite au patrimoine mondial en raison d'un projet de développement hydroélectrique et de la création du lac artificiel de .

Les localités les plus proches sont Gällivare et Kiruna. La région est traversée par la route européenne 45 au niveau du parc national de Muddus et de la réserve naturelle de Stubba.

Milieu naturel

Les régions recouvertes correspondent à deux écozones telles que définies par le Centre de surveillance de la conservation de la nature : les forêts de bouleaux subarctiques (2.6.5) et la taïga ouest-eurasienne (2.3.3). Il s'agit de deux milieux naturels très différentes : à l'ouest, il s'agit de hautes montagnes, à l'est, de plaines parsemées d'inselbergs.

Sur les du parc, les différents milieux se répartissent ainsi : Montagnes arides, prairies montagneuses et landes : Forêts de conifères : Forêts de bouleaux : Zones humides : Lacs et cours d'eau : Glaciers : Autres :

Topographie

La partie Ouest de la région est située dans la chaîne des Alpes scandinaves. Le parc national de Sarek est une zone de haute montagne ; les monts sont particulièrement escarpées et sombres ; les sommets pointus contrastent avec les vallées profondes. À Sarek, on compte 200 massifs d'une altitude supérieure à et environ 100 glaciers. À l'ouest de Sarek, le parc national de Padjelanta consiste plutôt en un haut plateau.

La partie Est constitue au contraire une vaste plaine formée de roches très anciennes du bouclier scandinave primitif. Les anciens pics de la région ont été érodés. Ainsi il ne reste plus aujourd'hui que quelques inselbergs, spécifiques à la Suède septentrionale et à la Finlande en Europe.

Hydrographie

Le plateau de Padjelanta comporte de vastes lacs. À Sarek, on compte plus de 100 glaciers et de nombreuses cascades.

Climat thumb|Sarek en hiver.

Du fait de l'étendue du parc, le climat est assez différent entre l'ouest et l'est.

À Padjelanta et Sarek, le climat est partagé entre l'influence océanique à l'ouest et l'influence continentale à l'est. ; les Alpes scandinaves constituant la frontière entre les deux. La première est caractérisée par des températures douces et une importante humidité, alors que le climat continental est plus sec et présente des étés chauds et des hivers froids. Ceci se traduit dans le parc par de grandes variations de temps au cours de l'année, mais, aussi, selon l'endroit où l'on se trouve, le climat peut être inattendu et très instable, surtout à Sarek, mais aussi dans une moindre mesure à Padjelanta. Globalement, l'influence océanique domine dans le parc de Padjelanta, même si l'altitude explique la faiblesse de la température moyenne annuelle : . Le relief très découpé du parc de Sarek amplifie l'instabilité ; les variations locales sont importantes. Par exemple, les précipitations au niveau de Sarek atteignent une moyenne annuelle supérieure à , contre seulement à Ritsem non loin de là dans le parc national de Stora Sjöfallet : station 17793 (Ritsem A). Cette quantité de précipitation figure ainsi parmi les plus fortes de tout le pays.

La neige commence en général à tomber dès le mois de septembre et la couverture neigeuse s'installe durablement à partir d'octobre-novembre. Elle persiste parfois jusqu'en juin, et, sur les sommets, des névés peuvent se maintenir durant tout l'été. En outre, du fait de sa position au nord du cercle Arctique, les parcs connaissent le soleil de minuit en été et la nuit polaire en hiver. À Sarek, l'altitude influence aussi grandement la température, la température moyenne en août à au niveau du mont Boarektjåhkkå étant de , alors qu'elle est autour de dans les vallées. Le gradient de température est d'environ tous les d'altitude en pleine journée.

Le climat de Muddus est relativement continental.. Les hivers sont froids, avec une température moyenne de en janvier, et les étés sont comparativement chauds, avec une température moyenne de en juillet. Le climat est assez peu humide, avec une moyenne de de précipitations annuelle. L'été est en général la saison la plus humide, mais parfois les étés peuvent être secs ce qui peut engendrer une sécheresse, aggravée par l'excellent ensoleillement estival de la région. Durant la période hivernale, la neige se maintient environ , typiquement de mi-octobre à mi-mai. Les impacts d'éclairs, principales causes de feux de forêt, sont relativement rares, avec seulement une dizaine de jours d'orage par an..

Géologie

Le paysage d'Europe du Nord tel que nous le connaissons aujourd'hui s'est formé à la suite des glaciations successives survenues lors des ères glaciaires de l'histoire récente de la Terre (10-15 derniers millions d'années). En Laponie, les héritages de cette histoire sont les cirques glaciaires, les vallées glaciaires en U ainsi que les crêtes moraines.

Aujourd'hui encore, la région est en mouvement, ainsi on peut observer l'agrandissement des deltas et l'apparition de polygones dans la toundra ainsi que de palses en zone humide.

Le sol du parc national de Padjelanta est composé majoritairement d'argiles molles, souvent avec des poches calcaires. Au parc national de Sarek, les amphibolites sont majoritaires.

Faune thumb|Le renne, ici dans la vallée du Kebnekaise, à proximité de la région de Laponie, est l'animal emblématique de Laponie. La Laponie fournit des milieux de vie variés, de surcroît elle a été moins dégradée que les régions voisines exploitées dans l'industrie forestière. Ainsi, on trouve plus d'animaux en Laponie que dans ces régions avoisinantes ; la plupart de ceux-ci vivant dans les parties orientales faites de zones humides et forêts primaires.

La Laponie, depuis longtemps accueille beaucoup de lynx, d'ours bruns et de wolvérènes ; on trouve aussi parmi les mammifères des élans, des loutres et des martres des pins. La population d'élans du parc national de Sarek présente la caractéristique unique en Europe d'avoir été quasiment entièrement épargnée de la chasse. Ceci et la bonne qualité des pâturages dans les vallées font qu'on peut observer des élans d'une taille exceptionnelle à Sarek.

Chez les oiseaux, on trouve des rapaces, notamment des aigles (pygargues à queue blanche et aigles royaux) et des faucons pèlerins. Dans les zones humides, sont bien présents les canards et les limicoles (petits échassiers). Dans les forêts, on trouve des populations faibles mais stables de strigiformes, de poules ainsi que d'oiseaux de petite taille. Le nombre d'espèces nichant en région de Laponie est d'environ 100, incluant la majorité des espèces présentes dans les montagnes et forêts du nord de la Scandinavie.

Flore

Les Alpes scandinaves présentent la particularité d'avoir leur limite des arbres marquée par des bouleaux, quand dans la majorité des chaînes de montagnes, la limite est formée par des arbres à feuillage persistant. La forêt de bouleaux recouvre de vastes zones de la région, notamment l'est du parc national de Sarek et l'ouest de la réserve naturelle de Sjaunja. En réalité, la forêt de bouleaux consiste en des forêts de différents types.

À Padjelanta, la végétation est surtout composée de prairies recouverte de pelouse, et les sols fertiles accueillent une flore extrêmement riche. On y trouve ainsi plus de 400 espèces vernaculaires.

Dans la partie Est de la région, la végétation se divise entre taïga et tourbières, chacune occupant environ . La taïga est composée de forêts de conifères : épicéa commun et pin sylvestre. Elle constitue la limite occidentale de la taïga eurasienne, et a été globalement épargnée par l'industrie forestière. Cet état de conservation remarquable se manifeste par la présence de nombreux vieux arbres (de plus de ) et par la grande quantité de restes d'arbres morts. Les tourbières situées dans les régions les plus orientales. Il s'agit surtout de tourbières d'aapa, pouvant former aussi bien des mosaïques avec la forêt, ou s'étendre sur des vastes espaces ouverts parsemées de lacs. Le climat froid est également propice à la formation de palses, notamment dans la réserve naturelle de Sjaunja.

Histoire

Histoire ancienne

Les premiers peuplements du nord de la Scandinavie surviennent à la fin de la dernière période glaciaire, lorsque la région devient habitable, par des populations venant du sud et de l'est. Des habitations parmi les plus anciennes de Laponie ont été retrouvées dans le parc national de Stora Sjöfallet ; par ailleurs on a retrouvé des outils de l'âge de pierre, datant d'environ 7000 . Généralement, on considère que c'est à cette époque que les ancêtres des Samis arrivent dans la région.

Dans les millénaires qui suivent, ils vivent de la pêche et de la chasse, avant de commencer à se spécialiser dans la chasse du renne sauvage vers le début de notre ère. Durant l'âge du fer, ils commencent à constituer des troupeaux de rennes domestiqués, pratique qui se généralise au .

La colonisation suédoise

Au milieu du , le roi suédois Gustave Vasa décide que tout le nord de la péninsule Scandinave était une partie du royaume. Le peuple Sami doit alors payer des taxes au même titre que les autres Suédois . Au , les Samis sont évangélisés par les Suédois, qui construisent des églises et des marchés, le plus souvent aux endroits où les Samis avaient l'habitude de passer l'hiver. Cet intérêt pour le nord du pays amène aussi à la découverte de gisements, en particulier dans les montagnes. Une des premières découvertes est la mine d'argent de Nasa, dans la montagne Nasafjället. Son exploitation commence en 1630. Les Samis sont alors mis de force à contribution pour les travaux de la mine. Ainsi, lorsqu'en 1657, le Sami Jon Persson découvre un gisement d'argent dans la montagne Kierkevare, au sud-est de l'actuel parc national, il n'en fait part à personne . Mais lorsqu'on le force à aller travailler à la mine de Nasa, il raconte sa découverte en échange d'une exemption. Peu de temps après, la mine de Nasa ferme après une attaque norvégienne et la mine de Padjelanta est donc accueillie comme une bonne façon de remplacer celle de Nasa. L'exploitation de cette mine, qui s'appelle Kedkevare, commence en 1661. En 1672, un autre gisement est découvert non loin de là dans l'actuel parc national de Sarek à Alkavare . Ces deux gisements alimentent une fonderie à Kvikkjokk, créant un ensemble appelé Luleå silververk. Cependant, ces deux mines ne sont pas rentables, en particulier à cause des conditions climatiques qui rendaient le travail très difficile, et l'exploitation s'arrête en 1702.