L’église Saint-Géry est une église de style néo-roman située à Limelette, section de la ville belge d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, située en Région wallonne dans la province du Brabant wallon.

Historique L'ancienne église (style classique) La paroisse de Limelette fut constituée au : elle dépendait initialement de l'église Notre-Dame de Mousty et s'en sépara en 1521Panneau explicatif apposé dans le collatéral gauche de l'église.

Une église de style classique fut érigée sur ce site à l'emplacement de l'ancienne chapelle castrale à la fin du et au début du : sa tour fut érigée en 1632 et sa nef en 1720J. Desmet, Limelette en roman païs, cité sur le site des paroisses Saint-Géry, Saint-Joseph et Saint-Pie XSylvia Noble-Bossicard, L'histoire de Limelette, Ottignies et Céroux-Mousty, Éditeur Noble-Bossicard, 1983, ..

Cette église fut détruite par le bombardement aérien du . qui affecta aussi sa voisine, l'église Saint-Martin de Limal. Ce raid s'inscrivait dans le programme allié de destruction de l'infrastructure logistique allemande et visait les installations ferroviaires du nœud des lignes Bruxelles-Namur et Louvain-CharleroiCharles Scops, Ottignies à travers les âges. Notes historiques Ottignies, 1970, . et plus particulièrement la gare d'Ottignies, son dépôt de locomotives et la cinquantaine de locomotives allemandes qui s'y trouvaient.. Il fut annoncé par la radio anglaise au cours de la journée : « SEINGITTO (Ottignies à l'envers) mourra ce soir »Paul Pilloy-Cortvriendt, Curtis Sancti Stephani - Guide inventaire de Court-Saint-Étienne, Editions Philsteph, .. Ce bombardement « en tapis », mené par 196 avions alliés, largua à bombes sur une zone allant de Moriensart à Limal et fit 84 victimes, dont 41 à Limelette, 33 à Limal, 8 à Ottignies et 2 à Mousty.. Les fusées des éclaireurs ayant manqué leur cible, les bombardiers firent de nombreuses victimes civiles. mais fort peu de dégâts aux installations ciblées.

La nouvelle église (style néo-roman) Construction L'église détruite fut remplacée par une église de style néo-roman édifiée par l'architecte Max Manfroid en 1953-1955., comme l'atteste la première pierre (ou pierre d'angle) insérée à l'angle sud-ouest de l'édifice, au pied de la tour :

La première pierre en fut posée par le cardinal Van Roey le et l'édifice fut consacré le par Mr Schoenmakers, évêque auxiliaire de MalinesSite des paroisses Saint-Géry, Saint-Joseph et Saint-Pie X :

Culture En 2026-2027, l'église accueille une partie des spectacles du Centre culturel d'Ottignies-Louvain-la-Neuve (SPOTT) dont le chantier de rénovation a été contrarié par la découverte de la non conformité de l'édifice aux plans des années 1970, sur lesquels étaient basés les travaux de rénovation.. La direction du SPOTT décide en conséquence de délocaliser sa saison 2026-2027 en plusieurs lieux de la commune : l'église Saint-Géry, le théâtre Jean Vilar, la ferme du Douaire, la ferme du Biéreau et l'Aula Magna.

L'église Saint-Géry accueille les plus gros spectacles, pour lesquels l'équipe du SPOTT installe une scène de et un gradin d'environ .

L'église n'est pas désacralisée car il s'agit d'une occupation temporaire : le culte est organisé dans une « chapelle de jour » située dans le bâtiment qui abrite la salle paroissiale, à côté de l'église.

Statut patrimonial Non classée, l'église fait cependant l'objet d'une « inscription » comme monument et figure à l'Inventaire régional du patrimoine en Wallonie sous la référence 25121-INV-0018-02.

Architecture La façade occidentale vignette|droite|redresse=0.7|

L'église est édifiée en moellons de grès et pierre bleue, et couverte d'ardoises.

À l'ouest, elle présente une façade percée d'un triple portail en plein cintre à l'encadrement de pierre bleue très imposant, surmonté d'un immense oculus au motif en étoile réalisé dans le même matériau.

Cette façade est flanquée au sud d'une haute tour carrée, percée de baies d'importance croissante. Aveugle au rez-de-chaussée, la tour est percée d'un fine baie au premier étage, de trois fines baies au second et enfin d'un triplet de baies campanaires à abat-sons.

Façades latérales et chevet vignette|droite|redresse| Chacune des façades latérales présente trois chapelles percées chacune de deux fenêtres surmontées d'arcs en mitre.

Chacun des bras du transept est percé d'un triplet de fenêtres à arc en mitre logé sous un large arc en mitre fait de moellons posés sur champ, auquel des blocs de grès ferrugineux confèrent une belle polychromie. Cet arc est surmonté d'une petite meurtrière.

À l'est, l'église se termine par un chevet plat ornée d'une grande niche à arc en mitre abritant une grande croix en moellons.

Patrimoine vignette|droite|redresse=1.25| vignette|droite|redresse=1.25|

L'église abritait jadis un important patrimoine dont une partie seulement a survécu au bombardement de 1944.

Parmi le patrimoine disparu, on citera de magnifiques fonts baptismaux du ainsi qu'une statue en bois polychrome de saint Géry datée de 1691-1700.. Cette statue, haute de , avait été retrouvée dans les décombres de l'église après les bombardements de 1944 et avait même été photographiée devant les ruines de l'église en 1945. Mise à l'abri, elle a ensuite été perdue sauf sa crosse dorée, conservée dans l'église actuelle, sur le mur du collatéral gauche. En 2014, la paroisse Saint-Géry a lancé un avis de recherche pour retrouver sa statue.

Une autre statue en bois statue en bois, datée du , avait subi le même sort mais a été retrouvée au Musée de l'Ermitage à Wavre.

Le vestige le plus important de l'ancienne église est le gisant de Jeanne de Limelette et du chevalier Jean d'Ursel, une pierre tombale gothique en pierre bleue d'ÉcaussinnesL'art dans la ville - Itinéraires et promenades : Ottignies-Louvain-la-Neuve, UCL-Relations extérieures, 1 édition juin 1997, . conservée dans le collatéral gauche.

Ce gisant du , découvert lors de travaux de restauration au , se situait sous une niche près de l'autel. Sorti intact du bombardement de 1944, il représente les seigneurs du lieu, Jeanne de Limelette (1462-1518), fille de Pierre de Limelette (mort en 1468), et son second mari, le chevalier Jean d'Ursel (1434-1505)Panneau explicatif exposé par le Cercle d'Histoire, d'Archéologie et de Généalogie d'Ottignies-Louvain-la-Neuve à la ferme du Douaire en avril 2011Plaque de bronze placée à la tête du gisant. D'une longueur de 2m70, le gisant est bordé sur tout son périmètre par une inscription gothique présentant les défunts et leurs titres. Jehan et Jehanne, en vêtements d'apparat, reposent paisiblement, les yeux ouverts et les mains jointes.

C'est le plus ancien gisant conservé dans le canton de Wavre.

Bibliographie

Références

Limelette Limelette Catégorie:Patrimoine du XXe siècle Catégorie:Ottignies-Louvain-la-Neuve Limelette Limelette