Icknield Street ou Ryknild Street est une voie romaine de Grande-Bretagne qui conduit de Fosse Way, à hauteur de Bourton-on-the-Water (Gloucestershire, ), jusqu'à Templeborough (Yorkshire du Sud, ). Elle passe par Alcester, Studley, Redditch, Metchley Fort, Birmingham, Lichfield et Derby. On peut en voir une section préservée dans Sutton Park, à Birmingham.
Dans les textes anciens
Les Leges Edwardi Confessoris, les lois d'Édouard le Confesseur, écrites autour de 1140, citent quatre voies romaines placées sous protection royale : Watling Street, Ermine Street, Fosse Way et Hikenild ou Icknield StreetDavid Wilkin, Leges Edwardi Regis, p. 190.. On rapproche en général ce nom d'Hikenild Strete de celui du peuple des Iceni. Sous des formes diverses, dont les plus anciennes, Icenhilde Weg ou Icenilde Weg, remontent aux chartes anglo-saxonnes, on le trouve employé pour désigner des routes qui vont des frontières du Norfolk, par le Cambridgeshire, Bucks, Berks, Hants et Wilts, jusqu'à l'intérieur du Dorset. Cependant, si l'on suivait cette localisation, la quatrième voie des Leges ne s'identifierait pas à une voie romaine mais à Icknield Way, piste de l'âge du fer qui relie le Norfolk au Dorset.
Le nom de Ryknild Street apparaît quant à lui sous la plume de Ranulf Higdon, un moine de Chester qui l'emploie en 1344 dans son Polychronicon. Higdon nomme précisément la voie Rikenild Strete, laquelle, écrit-il, s'étend du sud-ouest au nord, commence à St David's et se poursuit jusqu'à l'embouchure de la Tyne, en passant par Worcester, Droitwich, Birmingham, Lichfield, Derby et Chesterfield. Elle aurait porté ce nom, ou ceux de Rigning, Reenald ou Rignall, depuis des temps reculés. Dans trois des quatre manuscrits de Higdon, il s'écrit Rikenilde, Rikenyldes et dans le quatrième, considéré comme l'un des plus anciens, Hikenil Street. La traduction anglaise de John Trevisa (1387) donne Rykeneldes StreteThomas Codrington, Roman Roads in Britain, S.P.C.K., Londres, 1903..
Harverfield, dans la Victoria County History du Warwickshire (1904)Victoria County History of Warwickshire, vol. I, 1904, p. 239., doutant que la voie ait aucun droit réel et premier à l'une ou l'autre des deux appellations, marque une préférence pour Ryknild qui pour lui n'est pas moins correcte (ou pas plus incorrecte) et permet de faire la différence avec l'Icknield Street de l'Oxfordshire et du BerkshireHutton, Highways and Byways in Shakespeare's Country, 1914.. La voie romaine est aujourd'hui appelée Icknield ou Ryknild Street pour la distinguer de la pré-romaine Icknield Way.
Dans l'Angleterre d'aujourd'hui La plus grande partie du parcours de la voie romaine est aujourd'hui occupée par des routes modernes, principalement l'A38 de Lichfield à Derby ; et de nombreuses sections ont conservé le nom d'Icknield Street, quoique pas toujours avec exactitude comme à Hockley, à Birmingham ou à Redditch (Worcestershire) où l'on trouve une route appelée Icknield Street Drive non loin du tracé antiqueVoir sur Google maps.. À Lichfield, c'est Ryknild Street qui est en usage et Ryknild Road à Derby. On peut en voir une section protégée dans Sutton Park (Birmingham)« Sutton Park », Birmingham Roman Roads Project, University of Birmingham. Consulté le 29 décembre 2008..
De Bourton-on-the-Water à Bidford-on-Avon
C'est apparemment près de Bourton-on-the-Water que la voie rejoignait Fosse Way. Environ 3 km plus au nord et 3 km à l'ouest de Stow-on-the-Wold, débute un chemin (Condicote Lane) qui semble indiquer le tracé d'Icknield Street. Il file droit vers le nord, jusqu'à Condicote, puis Hinchwick. Il s'élève ensuite à environ 260 m d'altitude, sur Bourton Down. On ne sait exactement comment était parcouru le dénivelé de 76 mètres entre Hinchwick et le Down, mais sur ce dernier un chemin qui part de Springhill vers le nord reprend quasiment la même direction, pendant km, avant de longer sur 290 m la route d'Evesham, d'où une limite de paroisse passant par Saintbury Hill semble marquer le parcours dans la descente du versant nord. Du côté ouest de Weston Park, la ligne à suivre semble se dessiner entre une hauteur de 290 m, à 3 km au sud, et Alcester, 3 km plus au nord. Sur cette ligne, une route conduit par l'ouest de Weston-sub‑Edge jusqu'à une grande route bordée par une limite de paroisse et appelée Riknild ou Icknield Street, traversée par le chemin de fer à Honeybourne Station. Elle se poursuit vers le nord jusqu'à Staple Hill, km au sud de Bidford-on-Avon, sous le nom de Buckle Street. Il s'agit probablement de la forme moderne du nom de Bucgan ou Buggilde Street, qui apparaît dans des documents antérieurs à la conquête normande. À l'approche de Bidford, il y a un léger virage et la route moderne se dirige vers le point de passage du pont médiéval, alors que le gué romain se situait en amont et que sur la rive nord une petite route a conservé le nom d'Icknield Street : les vestiges d'une chaussée romaine montrent qu'à cette époque le point de passage se situait ici« The Archaeology of Bidford on Avon », dans Warwickshire Time Trail, p. 102. Consulté le 19 février 2011..
De Bidford-on-Avon à Birmingham
Empruntant la susnommée Icknield Street, le tracé de la voie traverse Bidford en suivant Waterloo Street, puis court à travers la campagne par la B4085. À Wixford, la route moderne tourne vers l'ouest, tandis que le tracé de la voie se poursuit vers le nord par un chemin creux jusqu'à l'église St Milburga, où il devient une piste qui longe la crête à l'est de Ragley Hall, en direction d'Alcester. À Alcester le point de passage originel s'est perdu, en raison des modifications du lit de la rivière et du développement de la ville, mais on retrouve le tracé au nord, matérialisé par la moderne A435. En passant par Coughton Court, la route prend le nom local de Headon ou Haydon Road et se poursuit jusqu'à moins de deux kilomètres au-delà de Studley, où la route moderne oblique vers le nord-est. Vers le nord, le tracé se perd presque entièrement dans le développement de Redditch, néanmoins Icknield Street Drive et Battens Drive permettent d'en garder à peu près la direction jusqu'à une petite route de la zone résidentielle de Churchill, dénommée Ryknield Street sur la carte au 1: de l'Ordnance Survey et située dans l'alignement exact de Haydon Way. Le tracé paraît conduire d'Alcester jusqu'à une hauteur d'environ 150 m, km à l'est de Rowney Green et km au nord de Beoley. Devenue la B4497, la voie prend au nord à travers Beoley, croisant la M42 juste au sud d'Alcott Farm. Elle garde le nom d'Icknield Street et gravit les hauteurs de Swans Hill à partir de Weatheroak jusqu'à la jonction avec Lea End Lane. De là, une haie et un sentier attaquent directement la colline, tandis que la route moderne dévie légèrement pour s'adapter au relief, avant de rejoindre le tracé originel qui continue vers le nord jusqu'à l'entrée dans la banlieue de Birmingham, à Kings Norton, à côté du site britto-romain de Longdales RoadBirmingham University Excavations at Longdales Road, Kings Norton, 2006. Consulté le 27 mai 2011.. Il suit ensuite Walkers Heath Road via le rond-point de Parsons Hill, puis Broadmeadow Lane, Lifford Lane, Pershore Road et Hazelwell Street, pour disparaître enfin dans les extensions résidentielles de Stirchley.
À travers Birmingham
Les onze kilomètres qui séparent Stirchley, au sud de Birmingham, de Perry Bridge à Holford, au nord, constituent un sérieux problème. Il contrarie depuis longtemps les spécialistes de l'histoire locale et il est peut-être insoluble. William Hutton, premier historien de BirminghamWilliam Hutton, History of Birmingham, 1781, p. 142., donnait au un itinéraire passant « droit par Stirchley Street, coupant Bromsgrove Road à Selly Oak, laissant Harborne un mille à l'ouest, par l'observatoire de Lady Wood Lane, coupant Dudley Road à Sandpits et, le long de Worstone Lane, passant cinq stades au nord de Navigation Bridge dans Great Charles Street, à Birmingham. » Il a vu la section de route dont les habitants ont tenté de préserver les matériaux, « vingt verges de large et une verge de profondeur, remplies de pierres cimentées de mortier brut » et il disait le tracé repérable « par la piste stérile laissée à travers les prairies incultes. » Cependant Icknield Street ou Icknield Port Road ne sont pas des noms anciens, ils ne sont pas attestés dans l'histoire de la ville avant 1825 et ont pu être introduits à la suite de la théorie de Hutton. Birmingham et sa banlieue recouvrent aujourd'hui la voie antique. Hazelwell Street donne le parcours de la voie jusqu'à Metchley Fort, sur les terrains de l'hôpital Queen Elizabeth. Ce camp fortifié a été construit autour de -45 par l'armée romaine, comme base pour la conquête de la région de BirminghamVictor Skipp, The History of Greater Birmingham - down to 1830, 1980 . et élément d'un réseau de fortifications reliées par routes et couvrant les MidlandsBirmingham's Roman Fort Main Findings.. Il se situait sur le plus ancien carrefour connu de Birmingham, au point de jonction d'Icknield Street avec les voies romaines venant de Droitwich et Penkridge. De là, la voie se poursuit vers le nord jusqu'à un autre fort, à Wall, pour les Romains Letocetum, près de Lichfield. Le Perry Bridge de 1711 marquerait son point de croisement avec la Tame, à Perry Barr. Cependant, Benjamin Walker a jeté le doute sur cette vision orthodoxe du parcours de la voie dans cette régionBenjamin Walker, The Rycknield Street in the Neighbourhood of Birmingham, Trans Birmingham & Warwickshire Archaeol. Soc. n° 60, 1936, p. 42-55. et les études de résistance entreprises en 1992 de part et d'autre du point de croisement ont montré que, bien que le tracé de la voie soit clairement indiqué sur les cartes anciennes comme sur les photographies aériennes, le site a été considérablement altéré au cours du siècle passé par, entre autres facteurs, le remblai de l'autoroute M6. Le seul lieu où la voie aurait pu être détectée s'est révélé inaccessible sans des travaux considérables de dégagement, en raison de la densité du couvert de sous-bois (vestige, peut-être, d'une haie longeant la voie) et les sondages menés sur le terrain dégagé le plus proche ont eu des résultats négatifs. Un second site se trouvait sur une friche, juste au sud de la rivière. Mais le « tracé Walker » n'en effleurait que le coin avant de disparaître sous la zone industrielle voisine et les lotisseurs ne se sont rappelé d'aucune découverte durant les travaux de construction, pas plus qu'ils n'ont pu identifié une quelconque zone « dure » sur leurs terrains, par là où le tracé aurait pu se poursuivre. Une série de sondages menés sur la limite entre la zone industrielle et la friche, puis sur tout le terrain libre n'a rendu aucun résultat qui puisse être mis en relation avec le tracé Walker, mais a mis en évidence des points de basse résistance situés parallèlement à la limite est du siteHolford, Birmingham Roman Roads Project, University of Birmingham. Consulté le 27 mai 2011. West Midlands Archaeology, n° 40, 1997, p. 102..
De Birmingham à Lichfield