Valère du Bierzo (Valerius Bergidensis(Saint) Valère du Bierzo (Valerius abbas Bergidensis)), né vers 630, décédé vers 695, était un ascète, ermite et moine du Bierzo, une région de l'Espagne wisigothique.
Vie Originaire des environs d'Astorga dans le León, Valère naît dans une famille noble du nord de l'Espagne wisigothique. Il reçoit une bonne éducation, connaît les auteurs antiques et maîtrise le latin.
Se destinant probablement à une carrière au service de la monarchie, il se convertit brutalement vers 20 ans et rejoint le monastère de Compludo (première des fondations de Fructueux de Braga dans le Léon). Après s'être consacré aux disciplines mondaines, telles qu'il les définissait, il s'approcha de la vie religieuse. Il resta au sein du monastère pendant environ un an, comme l'exigeait la règle fructosienne. Au terme de cette période, Valerius reçut une bénédiction et la possibilité d'être assisté par un maître, le doyen Maximo, copiste de manuscrits.
À la suite de cette période, il préféra se faire ermite dans les montagnes du Bierzo. Il y acquiert une certaine notoriété, mais obsédé par l'idée de la tentation du démon, il refuse à plusieurs fois la prêtrise et rejette la présence des foules qui viennent auprès de lui.
Il a laissé un certain nombre d'écrits, dont des poèmes, des visions de l'au-delà, des ouvrages exhortant à l'ascèse, trois œuvres autobiographiques : Ordo querimoniae, Replicatio sermonum et ResiduumLa géographie du pouvoir dans l'Espagne visigothique, Céline Martin, et une Lettre à la louange de la très Bienheureuse ÉgérieEpistola beatissime Egerie laude conscripta fratrum Bergidensium monachorum a Valerio conlata.
Un court ouvrage hagiographique connu sous le nom de Vita Fructuosi (Vie de Fructueux de Braga) a été considéré à tort, du au milieu du , comme ayant été écrit par ValèreFrancis Clark, The "Gregorian" dialogues and the origins of Benedictine monasticism, 2003, p. 353. Brill..
Œuvres Capita apologiae (Chapitre de l'apologie) De genere monachorum Dicta ad Donadeum Epistula beatissimae Egeriae laude conscripta (Lettre à la louange de la très bienheureuse Égérie) Ordo querimoniae Quod de superioribus querimoniis residuum sequitur Replica sermonum Visions de Maximus, Bonellus et Baldarius Manuscrits et transmission
L’énumération complète des manuscrits de Valère se retrouve dans l’Index Scriptorum Latinorum Medii Aevi Hispanorum compilation née de l’étude faite par Diaz y Diaz en 1951. Il existerait deux manuscrits distincts qui seraient les ancêtres de ceux qui nous sont aujourd'hui parvenus: le plus ancien, qui date du , vers 902, est le Madrid Biblioteca Nacional, 10 007, appelé (T)White 1977, p. 209. qui est le seul qui contiendrait toutes les trois sections en proses rassemblées sous le titre Ordo Querimoniae, Replicatio and ResiduumCollins 1986, p. 426.. Le second est celui du monastère de Santa Maria d’Alcobaça, au nord de Lisbonne, appelé Alcobaça 454 (A)Collins 1986, p. 437.. Un autre manuscrit, aujourd'hui perdu appartenant au Bierzan house of Carracedo qui pourrait dater, selon R. A. White, du ; ou plus tard, selon l’avis de Roger Collins, soit vers le . Ce manuscrit aurait servi pour une copie contemporaine datant de 1591 du MC Escorial & III.8 (F) qui contient la section d’ouverture du Ordo Querimoniae. Collins croit que le manuscrit de Carracedo aurait contenu plus que l’ouverture contenue dans sa copie de 1591, mais qu’il aurait été perdu avant qu’on produise cette copie.
Patrick Henriet rapporte que les œuvres, comme les visions de Maximus, Bonellus et Baldarius, sont méconnues hors de la péninsule hispanique puisque durant le Moyen Âge, les œuvres y sont restées essentiellement confinées, et que peu d’études contemporaines s’y sont intéresséesHenriet 2014, p. 13.. En effet, neuf manuscrits datant du contenant l’essentiel de l’œuvre de Bierzo proviennent de ce qui est aujourd’hui le Portugal et l’Espagne. Toutefois, comme le mentionne Roger Collins, ce n’est pas parce que les œuvres de Valère étaient jugées non-importantes, mais plutôt dû au contexte historique géopolitique qui a joué pour beaucoup dans le confinement de son œuvre. En effet, la chute et la destruction du royaume wisigoth en 711, survenu trop peu longtemps après la mort de Valère, aurait joué en sa défaveur dans l’intérêt pour ses œuvres puisque l'événement aurait nui au plein développement et à la diffusion de sa réputation posthume, encore trop jeuneCollins 1986, p. 425.. L’intérêt pour Valère, au-delà de la péninsule ibérique, serait donc contemporain et daterait des années 1920, soit, depuis que les historiens ont commencé à découvrir sa littérature et commencer à la comparer à celle d'Isidore de Séville. De plus, les compilations hagiographiques de Valère lui font reconnaître un certain succès d’éditeur. D’ailleurs, ses manuscrits ont été copiés au Xe aussi bien qu’au dans des communautés cénobitiques en Espagne, donc auraient survécu au-delà du haut Moyen ÂgeHenriet 2014, p. 24-25..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Œuvre éditée .
Études (ouvrages)
Consuelo Maria Aherne, Valerio of Bierzo: An ascetic of the late Visigothic period'', Washington, The Catholic University of American Press, 1949, 211 p.
Études (articles et chapitres d'ouvrages)
Articles connexes Littérature médiévale Monachisme
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